A L’EMPEREUR JEAN GANTAGUZÈNE
cusation de mensonge. Toutefois, si j’ai commis quelque négligence, je suis prêt dans l’avenir, je te le promets, à m’offrir de réparer celte négligence, mais à une condition : mets fin une bonne fois à tes longues et interminables randonnées et écris-moi où je dois me rendre pour trouver celui que je désire voir, de crainte qu’après t’avoir préféré à tout ce que je possède et avoir fait pour te rencontrer une traversée aussi longue, j’aie l’air de ne pas même recueillir le prix de mes peines et ne sois contraint de faire le tour du monde habité et inhabité, en m’informant si quelqu’un pourra me donner quelque renseignement sur celui qui rivalise avec les oiseaux pour les vaincre en rapidité. Tu sais combien il est triste d’être déçu dans ses espérances, surtout lorsque ce qu’on désire est une des choses les plus chères et source d’une grande utilité comme le serait pour moi, j’en suis convaincu, ta compagnie. Mets donc fin une bonne fois à tes nombreuses fatigues, borne-toi et songe que les circonstances actuelles t’y engagent aussi, car elles présentent pour tous des dangers auxquels personne ne se serait jamais attendu; songe que ces randonnées offrent pour toi bien des dangers et choisis parmi les villes d’Italie celle qui te donnera la sécurité personnelle, sauvera ta fortune et te permettra d’en jouir, comme tu le voudras. Je viendrai alors, moi aussi, l’habiter avec un immense plaisir, assuré de vivre désormais là-bas avec un homme si remarquable que les sages et les chefs de nation l’admirent. Ainsi cheminant tous deux ensemble, nous jouirons, comme il est naturel, l’un de l’autre, nous aurons un certain plaisir à nous souvenir du passé et nous réglerons désormais le plus sagement possible notre vie à venir. C’est bien le moment, du reste, non pas de le décider mais de l’avoir déjà décidé.
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Gydonès exalte la victoire de Jean VI Gantacuzène qui réussit à
A L’EMPEREUR JEAN GANTACUZÈNE
Joannis VI Cantacuzeni victoriam ad sidéra tollit Cydones, cum
67 δή correxi : δε codd. ; sed manifeste corrigendum ; ήν enim primum deerat, et cum postea super lineam inscriptum est, δ'ε falso permansit.
A L’EMPEREUR JEAN GANTAGUZÈNE
triompher des soulèvements des Zélotes en 1 34g- 1 35o, à Thessalonique.
Aujourd’hui la félicité de Platon nous est échue, je crois, car à celui qui l’emporte en tout sur tous et à son âme nourrie de philosophie Dieu a rendu le soin de veiller au bien public et a mis à la tête des affaires une intelligence à la place des Telchines précédents ; ils remplissaient tout de carnages et de troubles, livraient à l’ennemi ceux dont ils prétendaient prendre soin et refusaient de laisser régner celui qui les aurait entravés, afin de pouvoir, eux, commettre impunément des actes dont le seul récit fait frémir et voir les autres subir les souffrances de ceux qui sont châtiés chez Hadès. Mais Dieu connaissait depuis longtemps celui qui devait prendre soin de la justice et qui devait établir son gouvernement sur les lois de là-haut. Ainsi, après avoir commencé par montrer les difficultés, après avoir fait voir que rien ne saurait faire changer un homme au ferme propos, maintenant, comme dit Platon, à la fin de la course, il couronne celui qui a combattu comme il le devait ; à ces misérables il a fait voir une fin plus horrible que n’importe quelle tragédie et à toi, comme prix de vaillance, il t’a, ainsi que dans un tournoi, donné l’empire. Avec toi se réjouissent de ton gouvernement les peuples, les villes, les îles et les continents ; ils célèbrent ton caractère, ils chantent tes victoires sur tous, ils nous estiment heureux d’avoir pour ami l’empereur ; ils nous prédisent à quel haut point parviendra notre destinée : tous les peuples seront défaits, toutes les villes recevront de toi des lois, tous ne connaîtront qu’un seul maître : la vertu fleurira, la science connaîtra la liberté de pensée et l’empereur sera pour ses sujets le symbole de tous les biens. Ainsi, telle une colonne qui s’élève jusqu’au ciel, tu te dresses non seulement dans le Péloponèse, comme Iphicrate, mais dans toutes les âmes et dans toutes les pensées. Et moi, qui dès le début ai pris parti pour toi et qui me tourmentais, dans mon âme, lorsque quelque chose ne marchait pas comme tu le voulais et me réjouissais lorsqu’il m’arrivait d’excellentes