‹ Démétrius Cydonès: correspondanceChapitre 36 sur 101 · A L’EMPEREUR JEAN CANTACUZÈNE · texte numérisé non relu

A L’EMPEREUR JEAN CANTACUZÈNE

Suum primum iter in Italiam narrat Cydones : cur Veneiiis moratus sit quibusque de causis Romam se non contulerit : quod quidem in animo habebat : sed amici eius et Cardinalis ipse a longo et difficili itinere insidiis et periculis gravi eum deterrucrunt : sed

Sources AU.

Tit. Τώ δεσπότη Μανουήλ Καντακουζήνω conieci : anepigrapha codd.

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pouvoir » et s’allient avec les barbares l’un contre l’autre. Cyclones est rentré et envie son ami qui est au loin et il pense se rendre dans le Péloponèse auprès de lui, dès qu’il sera allé à Rome pour s’acquitter du « vœu fait aux Saints Apôtres 1 ». Il s’agit de la guerre civile qui éclata de nouveau en 1 353 entre Jean V Paléologue et Cantacuzène, lorsque celui-ci appela à son aide les Turcs et l’autre les Serbes.

C’est aussi le propre d’un empereur que ce qu’il donne soit vraiment supérieur aux mérites de celui qui reçoit ; aussi as-tu également fait preuve de beaucoup de grandeur d’âme dans tes éloges à mon endroit, en me couvrant, dans tes lettres, de grands compliments, alors que tous le savent, je mériterais, à juste titre, sur beaucoup de points, bien des critiques. Toutefois, si je ne considérais que mon intérêt, je me serais peut-être réjoui de tes éloges excessifs, mais puisque ton intérêt me tient aussi à cœur, je ne voudrais pas que, pour me faire plaisir, tu dressas contre toi une foule de critiques qui t’accuseraient de mensonge. Abstiens-toi donc de compliments ; il me suffit, crois-le, que tu te souviennes de moi et que tu m’aimes et que tes lettres l’apprennent à autrui. Cela te vaudra des compliments de tout le monde et mettra à même mes amis de se réjouir avec moi delhonneur qui m’est fait. Par ailleurs, dire aujourd'hui que tu as été peiné de la nouvelle de mon départ pour l’étranger et que tu étais heureux démon retour, qualifier ce dernier de service rendu à ma patrie et à mes amis et déclarer que je devais revenir à ceux qui m’avaient honoré et qui m’honoreront, tout cela a engagé bien des gens à m’appeler un homme heureux, si vraiment je suis tel que je mérite d’entendre un homme aussi remarquable parler de moi en ces termes. Cela m’empccha de voir Rome vers laquelle je voguais, afin d’accomplir le vœu que j’avais fait aux saints apôtres ; il y avait, du reste, aussi les dangers qui, maintenant plus que d’habitude, menacent ceux qui parcourent l’Italie et qui viennent des brigands et des tyrans, plus nombreux aujour-

i. Ces paroles nous montrent que Cydonès n’était pas encore allé à Rome : « les deux empereurs » sont donc Cantacuzène et Jean Y.

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praecipue patriae calamitates, ubi duo imperatores « de umbra imperii » contendunt et arma invicem capiunt, barbarosque uterque vocat in societatem. Jam in patriam suam Cydones revertit et amicum beatum praedicat procul a tôt calamitatibus habitantem : in Peloponnesum apud eum se conferet, ubi primum Romam visitaverit et votum sanctis Apostolis nuncupatum persolverit. Quae omnia ad bellum civile quod anno 1 353 inter Joannem V Paleologum et Gantacuzenum rursus exarsit spectant, altero Serbas altero Turcos in auxilium vocantibus.

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d’hui que ses villes et qui s’arment chaque jour les uns contre les autres et contre les étrangers. Mes amis me conseillaient et me suppliaient de me garder de ces dangers, manifestes d’avance; la raison principale fut, d’ailleurs, les nouvelles relatives à l’empereur et à la capitale, toutes graves et telles qu’elles inspiraient de l’inquiétude non seulement à ses citoyens mais encore à tous ceux qui en entendaient parler, pour le fondement même de la ville. Voilà ce qui me persuada de tout négliger pour accourir auprès de l’empereur et de la ville afin de partager leur sort (je ne me serais pas empressé de revenir auprès d’eux si j’avais entendu dire qu’ils vivaient comme par le passé et dans les conditions où je les avais laissés), car je jugeais que ç’eût été de l’ingratitude de ne pas prendre ma part des ennuis qui accablaient ceux dont j’avais toujours partagé les joies. A mon retour, toutefois, j’ai trouvé la situation de la ville si critique qu’elle a besoin fort peu de la science des hommes mais seulement de l’aide de Dieu. C’est un bouleversement complet et il est difficile de trouver dans le monde une image du chaos qui règne ici. Les Barbares se sont emparés de tout à l’extérieur et sont la cause directe de toutes les misères de la ville, et ils lui imposent des tributs si lourds que 1 ensemble des revenus publics ne suffirait pas à les acquitter ; il faudra même frapper les pauvres d’un impôt en espèces si nous voulons calmer, au moins en partie, les exigences insatiables de nos ennemis. Mais tout le monde s’imagine que c’est impossible et que leur cupidité ne s’arrêtera jamais, et l’on songe désormais à l’esclavage comme pouvant seul nous débarrasser des maux intérieurs. Il continue à sévir, de plus, ce mal ancien qui a causé une ruine générale 1 : le différend entre les empereurs pour cette ombre du pouvoir, lutte qui les contraint tous deux à servir le Barbare, car c’est là l’unique moyen de pouvoir respirer. Celui des deux, en effet, auquel le Barbare aura donné son appui, sera vite le maître, dans l’avenir, comme tout le monde le reconnaît. Aussi, les empereurs deviennent-

i. Allusion aux différends entre les deux Andronics et à la première guerre civile, qui finit en 1 347 *

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4a απορίαν A : ευπορίαν (sic) U.

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ils fatalement ses esclaves avant les citoyens et sont réduits à vivre selon ses injonctions. Aujourd’hui, les deux empereurs, chacun avec ce qui reste de troupes, reçoivent ses ordres, le suivent et l’aident à s’emparer des villes de Phrygie et du Pont; de cette manière, la ville, privée de sa garnison, est proposée comme un prix prêt à être enlevé à ceux des ennemis qui le voudront. Et, à l’intérieur, les citoyens, non pas les premiers venus, mais bien aussi ceux qui passent pour les plus influents au palais impérial, se révoltent, se querellent entre eux et se disputent pour occuper les premières places ; chacun met toute son ardeur à tout dévorer, s’il le peut, tout seul et, s’il n’y réussit pas, menace de passer à l’ennemi et d’assiéger avec lui sa patrie et ses amis. C’est là une tragédie plus sombre que celles qu’ont racontées Homère et tous les poètes ; et qui pourrait en parler avec simplicité? Ainsi, on pourrait fort bien comparer la ville, dans sa situation actuelle, à ces malheureux qui, au milieu d’une effrayante obscurité, sont battus par la tempête et qui essaient, de l’intérieur, de faire chavirer le navire. Devant ce spectacle, je t’estime heureux, car tu es à l’abri de ces tempêtes et de ce bouleversement: si, en effet, tu es aussi atteint en partie par ces malheurs (il est difficile de trouver aujourd'hui parmi les Romains quelqu’un qui puisse espérer ne pas partager lui aussi le sort de la communauté), tu as encore, du moins, à qui commander en maître comme il te plaît, tu as des gens fort bien disposés et prêts à te servir; tu peux souvent même mépriser les Barbares et dire que tu ne céderas pas à leurs violences, mais que tu leur tiendras tête et que tu les arrêteras, autant que possible1. Il se passe aujourd’hui le contraire, chez nous et une seule chose pour nous fait loi : exécuter avec empressement ce que les ennemis peuvent ordonner, ou voir emprisonné celui qui s’y oppose. Aussi, comme je le disais, moi et les survivants de notre race, nous t’estimons heureux ; quant à moi, ceux même qui auparavant me félicitaient de mon

1. Manuel était, depuis 1 348, duc de Misthra. Le Peloponèse connut sous lui de longues années de prospérité. Ces dernières paroles de Cydonès font allusion aux succès do Manuel. La Moréc

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6ι χάντεΰθεν Α: κα/τ α3θα U |[ 6g έκείνων correxi : εκείνον codd. || ηο τραγωδίας A : om. U |j 8ι πολλάκις καί των βαρβάρων A : καί των βαρβάρων πολλάκις U .

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retour, m’appellent aujourd’hui un malheureux, car, tandis que je pouvais vivre tranquille (c’est, en effet, me disent-ils, ce que m’aurait donné mon séjour à Venise), je ne l’ai pas voulu ; j’ai préféré revenir pour sauter tout droit dans le feu et pour y trouver la fin la plus infamante. Voilà pourquoi, peu à peu, moi aussi je regrette d’être revenu et je dis aussi aux gens que leur critique est sensée, si je ne puis être d aucun secours à ma patrie et si je dois mourir avec des fous, qui sont incapables de comprendre par eux-mêmes leur devoir etqu on ne peut, comme on fait avec les mulets, attacher pour les soigner. Je cherche donc où aller pour ne pas voir les audaces tentées ici et ne pas supporter les conséquences qui en sont a craindre, et je ne trouve qu’un unique moyen de salut pour moi : c’est de m’attacher à toi et d’attendre patiemment avec toi ce qui arrivera. Peut-être, en effet, survivras-tu au naufrage général, peut-être aussi Dieu te réserve-t-il depuis longtemps pour être le port où se réfugieront les Romains survivants. Et si la tempête triomphait même de ton art, tout de même, sombrer les derniers n’offre pas un mince avantage à ceux qui veulent se tirer d’affaire d où il est possible de le faire, d’autant plus que s’exposer aux dangers avec les gens les meilleurs, qui font tout avec intelligence pour leur salut et celui de ceux qui vivent avec eux, est un grand encouragement, dans le présent comme dans 1 avenir, aussi bien pour sa sécurité que pour sa réputation. Poui le moment donc, si Dieu le permet, je veux voir Rome pour m acquitter du vœu que j’ai fait aux Apôtres ; une fois mon vœu rempli, je reviendrai et le Péloponèse me recevra, à moins que la mort ne me prévienne et ne m’interrompe brusquement dans mes intentions. Je mettrai fin à mes longues fatigues et, à tes côtés, je passerai tant bien que mal, le reste de ma vie. Ma compagnie, j’en suis convaincu, ne te paraîtra pas désagréable car, je le sais, tu as aussi plus d une fois fait ce vœu.

était ravagée par la flotte des Turcs et par les rivalités des Latins, sujets du prince d’Achaïe. Manuel réussit à conclure des accords avec les Latins et à remporter des victoires sur les Turcs (Cant., IV, i3).

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"τής επανόδου, νΟν κακοδαίμονά με ταύτης καλοΟσιν, δς εξόν ήδόμενον ζήν, τούτο γάρ μοί φασι δώσειν τήν εν τή Βενετία μονήν, τούτο μέν ούκ ήθέλησα, είλόμην δε έπανή- go κων αντικρυς εις πΟρ άλόμενος αΐσχιστα τελευτήσαιώστ5 ήρεμα καί αύτω μοι μεταμέλει τής επανόδου, καί φημί καί αυτός τοις άνδράσι νοΟν εχειν τήν μέμψιν, εί τήν πατρίδα μηδέν ώφελών, άνθρώποις μαινομένοις μέλλοιμι συναπόλλυσθαι, οδς εφ5 αυτών τό δέον μή δυναμένους g5 συνειναι, ουδέ τό των ήμιόνων ουν εξεστι δήσαντας θεραπεύειν. Ζητών δέ ου γενόμενος μήτε τάνθάδε τολμώμενα όψομαι, μήτε το διά ταΟτα προσδοκώμενα πείσομαι, μίαν ευρίσκω καταφυγήν εμαυτόν σοι προσνειμαι, καί τα συμθησόμενα μετά σοΟ καί αυτόν άναμένειν- τυχόν μέν γάρ ιοο καί περιέση τοΟ κοινοΟ ναυαγίου, του Θεού τοις περιεσομένοις 'Ρωμαίων ίσως λιμένα σε πόρρωθεν ετοιμάζοντοςεί δ5 δ χειμών καί τής σής περιγένοιτο τέχνης, άλλ’ ουν τό γε πάντων ύστατον | βαπτισθήναι ού μικρόν εχει 169Γ κέρδος τοις δθεν δυνατόν έκσωσαι βουλομένοις αυτούς' ιοδ άλλως τε καί τό τοις άρίστοις καί πάνθ’ υπέρ σωτηρίας αυτών τε καί των συνόντων μετά νοΟ ποιουσι συγκινδυνεύειν, μεγάλην εχει πρός τε τό παρόν καί τό μέλλον υπέρ τε ασφαλείας αμα καί δόξης παραμυθίαν. Διά ταΟτα νΟν μέν, εΐ γε καί δ Θεός έπιτρέποι, βούλομαι 'Ρώμην ιιο ίδεΐν υπέρ ων ηύγμαι τοις άποστόλοις- άφοσιωσάμενον δέ καί επανήκοντα ή Πελοπόννησος δέξεται, εί μή μοι τήν ορμήν ή τελευτή φθάσασα άνακόψει- ο8τω τε γάρ αυτός των μακρών άναπαύσομαι πόνων καί τό λοιπόν τοΟ βίου συνών σοι μετρίως οΐσω' καί σοι δ3 ούκ αηδή πέπεισμαι 1 1 5 φανεισθαι τήν έμήν συνουσίαν, έπεί καί αυτόν τοΰτ3 οΤδά σε πολλάκις εύξάμενον. 169Γ g

g7 τάνθάδε A : τάνθένδε U || ιο5 βουλομένοις A : πειρωμένοις U || iog τε A : om. U || ιιο έπιτρέποι A : επιτρέπει U.

Sans adhesse.

Cydonès raconte son arrivée à Venise, et répète les raisons qui l’ont retenu dans cette ville et l’ont empêché d’aller visiter Rome. Cydonès a donc écouté les conseils de ses amis et il est revenu. Son ami a quitté la ville et vit dans la tranquillité avec des hommes tout adonnés aux études. Gydonès ne peut rejoindre son ami, car sa compagnie réveillerait des soupçons qu’il faut laisser dormir. Cette dernière allusion fait penser à des controverses religieuses. Cydonès est antipalamite, mais il vit à la cour de Cantacuzène et il doit être prudent.

Je sais que tu mets au nombre des choses nécessaires de ne rien ignorer de ce qui me touche, j’ai donc songé à t’écrire brièvement sur ce sujet ; ces quelques nouvelles vont te permettre de connaître le reste et tu apprendras avec plus de précision que toutes nos affaires, grâce à Dieu, ont bien tourné. Sachez-le donc, grâce au Sauveur, nous eûmes une mer et des vents favorables ; en fort peu de jours et en moins de jours que n’en avaient mis jusque-là ceux qui se rendaient par mer à Venise, j’arrivai dans cette ville : une fois débarqué, je rencontrai tant d’affabilité et (reçus) tant de marques d’honneur de la part de ses habitants que personne même de ceux qui aiment le plus les honneurs n’en désirerait de plus grands. Je voulais, comme il avait été convenu, aller aussi à Rome et remplir la promesse faite aux très saints Apôtres et m’acquitter de mon vœu, ce qui était le but que j’avais proposé, en partant, à mon voyage et à mes fatigues. Mais mes amis de Venise, quand ils surent que telle était mon intention, commencèrent à m’entourer; les uns me conseillaient, les autres me suppliaient, d’autres encore me montraient même clairement qu’ils ne me laisseraient pas partir et que, s’ils le pouvaient, ils auraient recours même à la violence pour m’empêcher de m’exposer à des dangers manifestement évidents, moi et mes compagnons. « Le voyage de Rome demandait bien des jours et la route était infestée de brigands,

Anepigrafha.

Suum iter in Italiam de quo in superiore epistula narrat Cydones quibusque de causis in patriam suam redierit Vcnctiis aliquamdiu moratus. Amiens eius urbem relinquens tranquille ac placide vivit, in societate virorum qui litteris ac philosopliiae unice incumbunt. Nec Cydones ad eum se conferre potest : timet enim ne inimicorum in suspiciones incidat a quibus prorsus cavendum. Quae ad controversias theologicas illius aetatis spectare videntur. Palamae eiusque fautoribus adversalur Noster, sed apud Cantacuzenum vivens caute ac circumspecte se gerit.

τιθέμενον, ολίγα σοι γράψαι περί τούτων διενοήθην, εξ ων 169Γ ίο είδέναι καί τά λοιπά οίός τε εση, άκριθέστερον δέ ε’ίση τά πάντα τοΟ Θεού διδόντος ήμΐν εις ταύτδ συνελθεΐν. ’Ίσθι τοίνυν οτι τη χάρι,τι τοΟ Σωτήρος ήμερων τής τε θαλάττης 5 καί των πνευμάτων τυχόντες, έν πάνυ ολίγαι,ς ήμέραις καί δσων ούδείς πω πρότερον των είς Βενετίαν πλεόντων ελάττοσι,ν, εσχομέν τε είς ταύτην, καί άποβάντες εύνοιας τε καί τιμής έν ταύτη παρά πάντων των αυτόθι τυχόντες, όσης νομίζω μηδ3 αν τινα των αγαν <ριλοτίμων μείζω ίο ζητήσαι, έθουλόμεθα μεν κατά τά συγκείμενα καί τής εις ‘Ρώμην αψασθαι, καί τοΐς πανευφή μοις άποστόλοις άφοσιώσασθαι, καί την ευχήν άποδοΟναι δ καί τέλος ήμιν οΐκοθεν πρού'κειτο τής όδοΟ καί των πόνων- οί δ3 εν τή Βενετία φίλοι, τοΟθ3 ή μας βουλευομένους αίσθόμενοι καί ι5 περιστάντες, οί μεν συνεθούλευον , οι δέ εδέοντο, οί δέ δήλοι ήσαν ούκ επιτρέψοντες, άλλ3 εΐ τι δύναιντο, καί πρδς βίαν κωλύσοντες, ώστε μή προδήλοις κακοΐς έμαυτόν καί τούς εταίρους έκδοΟναι- εΐναι γάρ τήν ές ‘Ρώμην οδόν πολλών τε ήμερων άνΟσαι καί ληστών καί τυράννων καί ao

Sources AU.

SANS ADRESSE

de tyrans, de gens en guerre les uns contre les autres ; c’était là un danger certain pour ceux qui voyageaient. » Ils me prouvèrent que, parmi bien des gens qui voyageaient en Italie, certains avaient été dépouillés de tout ce qu’ils avaient jusqu’à leur chemise, d’autres torturés, amputés des membres les plus nécessaires et contraints ainsi de racheter le reste de leur corps avec les trésors de Crésus ; d’autres, incapables de tenir coup à ces tortures, y avaient trouvé la mort ; et ils me prédisaient que nous en ferions aussi l’expérience si, devant les conseils qu’ils nous donnaient dans notre intérêt, nous ne nous résignions pas à rester. Mais ce qui m’obligea plus que tout à me rendre à leurs raisons, ce furent les conseils incessants du Cardinal ; il se trouvait alors envoyé par le Pape comme administrateur avec plein pouvoir des villes voisines de Venise et du reste de la contrée environnante : fort savant, très versé dans les sciences profanes, profond théologien et non moins exercé dans la pratique de la vertu, il m’aimait et m’honorait entre tous, comme si j’avais été son fils ou l’un de ses proches parents : il m’engageait à renoncer pour le moment à mon intention de me rendre à Rome et, pour cela, il me prenait, peu s’en faut, les mains dans les siennes et me retenait, jugeant bon que je restasse là et que je n’attirasse pas sur moi-même aussi sottement des dangers qui m’arriveraient à coup sur. « Le temps viendra bien, disait-il, et nous sommes convaincus qu’il est même très proche, où, grâce à la puissance divine et à la justice, ces tyrans insolents et violents paieront à leurs victimes le châtiment (qu’ils méritent) et où sera rendu a l’Eglise de Dieu l’honneur qui lui est dù de tout temps par tous; alors, toi aussi, tu t’acquitteras sans difficulté des vœux que tu as faits aux Apôtres : joyeux, tu verras joyeux, lui aussi, notre Père commun et tu recevras les honneurs dus, comme il est naturel, à un homme aussi vertueux et aussi savant. » Voilà par quels compliments, trompé sur mon compte j’ignore comment, il jugeait bon de m’honorer. Mais peu m’importaient à moi ces dons et ces honneurs ; tu connais mon caractère; tu sais que je ne tiens vraiment pas à des

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45 πάντες A : om. U.

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choses de ce genre, pour ma part; mais ce qui me troublait, c’était ce qui avait trait aux brigands et aux malheurs, disait-on, dont étaient victimes ceux qui tombaient entre leurs mains. Persuadé donc par les conseils des autres et par ceux du Cardinal, par ceux-ci surtout (car le fait qu’il avait quitté Rome depuis peu et qu’il était au courant de la situation de là-bas et de ce qui se passait sur les routes, faisait aussi paraître ses conseils plus persuasifs), je cédai et consentis à rester, ajournant mon voyage. Mais je ne savais, de nouveau, que faire, arrêté là, car tu le sais également, cette ville n’est depuis son origine que la patrie des commerçants 1 et il est bien difficile et bien stupide d’y séjourner sans raison, si l’on n’a pas à y spéculer et si l’on n’est pas envoyé pour errer partout, pour raison de commerce. Mon séjour commençait à m’ennuyer, le souvenir de ma patrie et de mes amis m’empêchait de dormir et je me reprochais de ne pas voir que l’oisiveté diffère bien peu de la mort et, tout en faisant l’expérience chaque jour des ennuis qu’on a à l’étranger, de me résigner à vivre, privé de la vue des miens et de mes autres relations. Poussé par ces raisonnements et par d’autres (raisons), je ne résistai plus et m’embarquai, et grâce à la bonté du Sauveur, je touchai assez vite au port de ma patrie. Et maintenant, je suis ici, très heureux d’être dans ma patrie, mais fort affligé, par ailleurs, de la cupidité et de l’insolence des Barbares et du fait que pour couvrir les tributs que nous leur payons, la totalité de la contribution imposée à la ville ne suffit pas et qu’on doit y ajouter aussi la fortune personnelle des citoyens ; et cela durera jusqu’au jour où le Barbare cessera d’être cupide. \oilà ce qui chaque jour me perce le cœur et me fait regretter d’être revenu, car c’est pour moi la cause que je vois et entends chaque jour de telles indignités. Peut-être

i. C’est le mot par lequel Cydonès désigne les Vénitiens et les Génois ; le terme est, sans doute, un peu méprisant et lui-même, dans son Apologie l’emploie comme un reproche à l’adresse de ses concitoyens: « le nom de Latin n’éveillait chez les nôtres que l’idée de voiles, de rames, de marchands » (Cf. p. xvi).

ifi

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Τοιούτοις γάρ αεί με προσρήμασιν, ούκ οίδ3 βθεν έξηπατημένος, ήξίου τιμάν. ’Εμοί δε των μεν δωρεών τούτων καί των τιμών ήττον έ'μελεν οίσθα γάρ τόν έμδν τρόπον, ως ού 55 πρόχειρός τις περί τα τοιαΟτα εγώ' εθραττε δέ με τα περί των ληστών καί τής έκεΐθεν τοΐς άλοΟσιν άκολουθούσης ως ελέγετο βλάβης· καί ταις των άλλων τοίνυν συμβουλαΐς, καί ταις τοΟ Καρδηναλίου πεισθείς, καί μάλιστα ταύταις, τδ γάρ πρό μικροΟ τήν ‘Ρώμην εκείνον απολιπειν καί των Go τε αυτόθι καί των κατά τήν δδδν έμπειρον είναι πιθανωτέρας φαίνεσθαι καί τάς αύτοΟ παραινέσεις έποίει, εΪξα μέν καί μένειν ώμολόγησα, αναβολή δούς τήν αποδημίαν.

SANS ADRESSE

serais-je allégé en partie de mon mal, si, comme je l’espérais, je t’avais trouvé ici, si je t’entendais parler et si je t’entretenais de l’un de nos sujets habituels. Ainsi, en effet, je me sentirais renaître, car ta compagnie rendrait plus léger mon chagrin et deviendrait pour moi un remède aux ennuis que j’ai eus loin de ma patrie. En fait, je n’ai même pas eu le bonheur d’avoir cette consolation, à mon retour. J’apprenais, en effet, que tu avais quitté la ville et que, pour mener une existence meilleure, tu vivais dans la compagnie d’hommes qui se consacrent à la philosophie, car tu ne supportais plus de te laisser souiller par les turpitudes qui infectent le palais impérial ; et, ce qui est pis, c’est qu’il m’est impossible à moi aussi de me rencontrer avec toi, malgré mon vif désir, car je veux éviter de me trouver avec ceux qui vivent avec toi et qui appartiennent à l’autre parti, gens dont tous ceux d’ici prétendent qu’il suffit de les voir pour être accusé de trahison. Cependant, je me suis entretenu ici avec notre Père commun et j’ai appris de lui tout ce qui te touche. Je t’ai félicité de la résolution que tu as prise pour le reste de ta vie et j’ai estimé que tu avais de la chance de vivre maintenant et dans l’avenir avec des hommes vertueux et capables de rendre semblables ceux qui se trouvent avec eux. Demeure donc ferme dans ton propos et sois assuré que tu n’auras jamais à te repentir de ta décision, mais que tu t’en féliciteras chaque jour davantage, surtout aujourd’hui où, comme si tu t’avançais sur un rocher élevé, tu vois submergés sous les îlots ceux qui administrent, dit-on, l’état, et tu te réjouis d’être en sécurité personnellement, et tu en remercies Dieu et tu plains ceux qui nagent dans les îlots. La mer agitée de l’état est aujourd’hui pleine de pareils spectacles et il est bien difficile de ne pas sombrer, quand on y est tombé une fois. Je ne t’en dis pas plus long ; les circonstances ne me permettent pas d’en dire davantage, mais j’espère me rencontrer sous peu avec toi et je te dirai alors avec précision ce que je n’ai pu t’écrire dans ma lettre et j’y ajouterai ce que je crois t’être utile dans l’avenir ; car, je le sais, tu n’as jamais dédaigné un conseil de ma part.

σματωυ καθημέραυ αίτιας μοι γινόμενης- ίσως δ’ άφήρουυ άυ 85 τοΟ κακού, ει, ο προσεδοκωυ, ενταύθα περιτυχώυ σοι ήκουόυ τε των ειωθότων καί ελεγον ουτω γάρ αν εψυχαγωγούμην , της ομιλίας κουφοτεραυ μοι τήυ οδύνην ττοιούσης καί των τής αποδημίας αηδών φάρμακον γινόμενης. ΝΟν δε ουδέ τούτο μοι προυχώρησεν επαυήκουτι- ήκουον γάρ ως την go πολιν απολιπωυ, φιλοσόφοις ανδράσιν επ’ άμείυοσι σύυει, των ευ τοίς βασιλειοις κακών ούκ άυασχόμευος λοιπδυ άυαπίμπλασθαι· καί, ο χείρον, ούδ’ αυτός οΤός τέ ε’ιμι καιτοι σφόδρα βουλόμευος σοι συμμίζαι, φυλαττόμευος συυτυχεΐυ τοίς της έτέρας μερίδος παρ’ ύμΐυ διατρίβουσιν, 95 ους τούς καί μόνου ιδόντας τοίς τής προδοσίας εγκλήμασιυ ευέχεσθαι πάυτες οι τήδε φασίυ. "Ομως ενταύθα τω κοιυίρ πατρί συγγευόμευος, καί παρ’ εκείνου πάντα το περί σοΰ διδαχθείς, εμακάρισα μεν σε ωυ περί τού λοιπού βίου βεδουλευσαι, ευτυχή δε ήγησάμηυ άυδράσι συνάντα It,o καί συυεσόμενου αρετήν καί σοφίαν αύτοΐς τε κεκτημέυοις καί τούς συυόυτας όμοιους δυυαμέυοις έργάζεσθαι. “Εχου τοίυυυ τής προαιρέσεως, βεβαίως είδώς δτι των βεβουλευμέυων ουδέποτε μέυ επιτιμήσεις σαυτω, καθημέραν δέ πλέον επαιυέση, καί μάλιστα υύν δταυ ώσπερ εφ’ υψηλής ιο5 πέτρας βαίυωυ αύτός καί τούς πολιτεύεσθαι λεγομένους καταπουτιζομέυους ορών, χαίρης μέν διά τήυ ιδίαν ασφάλειαν, καί ταύτης Θεω χάριυ δμολογής, τούς δέ τοίς κύμασιν επιυηχομέυους οίκτείρης- τοιούτωυ γάρ δ υύν τής πόλεως | εΰριπος θεαμάτων όραται μεστός, καί των χαλε- 170νιιο πωτάτων μή βαπτισθήυαι του απαξ εις αυτόν έμπεσόυτα.

g6 τοίς correxi : τούς codd.

env. ι354{·

Cyclones envoie à son ami une traduction d’un ouvrage latin contre la « loi illégale », ouvrage vraisemblablement dirigé contre Palamas et, peut-être, de Barlaam. Celte traduction semble avoir été écrite à la suite du troisième synode (27 mai 1 35 1) où l’on déclara que les théories de Palamas étaient officiellement celles de l’Eglise orthodoxe. Le jugement rendu fut voté dans l’Eglise de Ste Sophie de Constantinople.

Les marchands pauvres, nous le voyons, n’apportent pas leurs propres marchandises, lorsqu’ils remédient par elles aux besoins des villes, mais ils construisent un navire, parcourent les mers étendues, achètent aux producteurs mêmes leurs produits, puis jettent l’ancre dans les ports et subviennent aux besoins (des habitants) à l’aide des produits d’autrui. Moi aussi donc n’ayant pas de quoi faire part de ma science à mes concitoyens, pour les rendre plus savants, je ne les ai pas privés des fruits récoltés par moi au prix de grandes fatigues en pays étranger, mais, chaque fois que j’ai rencontré les Barbares exprimant quelque parole empreinte de sagesse, je l’ai transportée de chez eux en Grèce et je l’ai produite en public pour les gens désireux d’apprendre quelque chose de beau. Quant aux marchands dont je parlais, c’est l’argent qui est le but de leur commerce et de leurs peines ; ils ne se proposent pas seulement de faire tout leur possible pour rendre service à autrui, ils tâchent surtout d’acheter à bas prix pour revendre à prix plus élevé à ceux qui désirent acheter. Pour moi, il me suffira de voir mes amis devenir plus sages, grâce à mes efforts et célébrer, pour les biens qu’ils auront reçus, non pas moi, mais ceux qui en sont les premiers auteurs ; car nous n’attribuons pas aux interprètes les pensées de ceux qui conversent avec nous parleur moyen, ni aux canaux les pro-

1. L’année r 354 semble avoir été celle où Cyclones eut le plus de loisirs pour s’occuper de ses traductions (Cf. Introd., p. xyi-xvii).

Anepigrapha.

ca. i354·

Latinum opusculum quod ipse a latino in graecum sermonem convertit ad amicum mittitNoster, « contra non legitimam legem » : nec nllum est dubinm quin contra Palamam eiusque fautores scriptum fuerit, et fortasse ab ipso monacho Barlaamo post tertium Synodum (27 Maj. i35i) quo Palamae doctrinam ab Ecclesia orthodoxa et publiée et privatim sequendam constitutum est : quod solemniter decretum et suffragiis sacratum in Ecclesia Sanctae Sophiae dicata Constantinopolitana in urbe.

Source A.

priétés des eaux de source (qu’ils transportent). Si le lecteur croit me devoir à moi aussi une récompense, qu’il me témoigne sa reconnaissance, en me sachant gré de ma bonne volonté. Pour te permettre, à toi aussi, d’avoir quelque chose de ma cargaison, je t’envoie lelivre « Contre la loi illégale », œuvre d’un homme fort au courant des lois divines, qui, avec leur aide, la combat, la démolit et en montre le ridicule. Prions Dieu que, non seulement avec le secours de la vérité et du raisonnement, mais aussi avec celui des armes, nous puissions vaincre cette loi et ceux qui la suivent.

Sans adresse.

Le moment est venu où son ami peut tenir sa promesse et venir trouver Cydoncs. La guerre des Génois est terminée ; les empereurs se sont réconciliés et s’entendent à nouveau. Le correspondant de Cydonès retrouvera aussi Tribolès qui a beaucoup contribué à cette réconciliation. Allusion sans doute à la lutte entre Cantacuzène et Jean V Paléologue et à la guerre de Gènes contre Venise alliée aux Byzantins et aux Aragonais, l’une et l’autre terminées en 1 354 -

Tu me semblés t’inquiéter fort peu de Ptolémée, autrement il y a longtemps que tu serais auprès de moi, si tu t’en tenais à ses lois astronomiques, et tu n’aurais pas laissé passer à ce point l’équinoxe et le printemps, quand tu soutenais que tu te rencontrerais avec moi. Tu as si bien laissé passer maintenant le moment opportun que, j’imagine, tu auras bien de la peine à venir au moment du lever des Pléiades, si toutefois on doit croire que tu aies jamais l’intention de le faire : au reste, si jamais (tu te décidais), tu arriveras non pas au printemps, comme tu me le promettais, mais plutôt selon le mot d’Hésiode, quand la moisson est déjà commencée. Ce n’est pas pour te presser que je t’écris cela, mais pour que tu saches que je ne me trompais pas, lorsque je prétendais que c’était pour me faire plaisir que tu me promettais alors de revenir. Tu affirmais alors que ce serait chose cer-

SANS ADRESSE

άναγινώσκοντες νέμειν, έστω μοι παρ’ εκείνων αμοιβή | τδ 160Γ τής προθυμίας χάριν είδέναι. Άλλ’ '(να τι καί αύτδς εχης των έμων άγωγίμων, πέμπω σοι τδ κατά τοΟ παρανόμου aî> νόμου γεγραμμένον βιβλίον, ύπ’ άνδρδς ίκανώς θείων νόμων εμπείρου, καί μετά τής έκεΐθεν συμμαχίας έκείνω συμπλακέντος τε καί κατενεγκόντος καί γέλωτα δείξαντος· εύχώμεθα δή τω Θεω, ώσπερ αλήθεια καί λόγοις, ουτω δε καί τοΐς δπλοις εκείνου τε καί των εκείνω πειθομένων 3ο κρατήσαι. 160Γ 4

Anepigrapha.

Opportunissima datur occasio ut amicus promissam fidcm persolvat et ad Cvdonem veniat. Genuensium bellum iam tacet, ac duo imperatores invicem reconciliati sunt et in pristinam concordiam reducti : ad quam amicitiam reconfirmandam multum valuit Triboles, quem etiam amicus revisens laetabitur. Nullum est dubium quin epistula spectet ad pacificationem inter Cantacuzenum et Joannem V Palaeologum et ad fine ni illius belli quod Genuenses contra Venetos et Byzantinos et Aragonenses gesserunt, anno 1 354 compositum.

"Εοικας μή πάνυ τοι τω Πτολεμαίω προσκεΐσθαι- πάλαι \ γάρ αν ήσθα παρ’ ή μεν , εί τοις έκείνω περί των αστέρων inc. 93Γ άποδεδειγμένοις προσεΐχες, ούδ’ αν σε τοσοΟτον ή ισημερία καί τδ εαρ παρέδραμεν, οθ’ ήμΐν συνέσεσθαι διετείνου' νΟν δέ τοσοΟτον κατόπιν γέγονας τοΟ καιροΟ, ωστ’ οΐμαί σε 5 μόλις « Πλειηάδων επιτελλομενάων » ήξειν, εΐ γε καί τοΟτο δοίη τις διανοεΐσθαί σε τοΟ λοιποΟ, άλλ’ εί τότε, ουκ ήρος, οπερ ήμιν έπηγγέλλου, άμητοΟ δ’ άρχομένου μάλλον καθ’ Ησίοδον ήξ,εις· ταΟτα μεν ουν ουκ επείγων σε γράφω, άλλ’ ίν’ ειδής ώς ουχ ήμάρτανον φάσκων σε, ίο χαρίζεσθαί μοί βουλόμενον, τότε τήν επάνοδον ύπισχνεΐ-

Sources AU.

SANS ADRESSE

taine, puis, tu l’as oublié volontairement et tu as montré par tes hésitations que je te connaissais bien mieux que toimême. Mais, mon cher, moi aussi, je voudrais te voir rester dans ta patrie pour jouir tranquillement de ta fortune et honorer aussi celle-là par tes ouvrages; mais si le Souverain et ceux qui souffrent ici te tiennent à cœur (je ne veux pas parler de moi), c’est une occasion comme elle ne s’est pas encore présentée jusqu’ici, comme dit Thucydide. Les hostilités des Génois contre les Vénitiens et contre nous ont, en effet, pris fin et il n’y a rien à craindre des premiers (or, c’est pour éviter ces dangers, je crois, que tu as fui alors la capitale) et la mer comme le continent régalent notre ville de la splendeur de leurs dons : la voix de la nature, elle aussi, s’est fait entendre dans le cœur des empereurs ; aujourd’hui, ils ont déposé les armes et, comme auparavant, ils sont de nouveau frères et, par l’attitude qu’ils ont l’un envers l’autre, ils enseignent aussi à avoir la même à ceux qui sont sous leurs ordres, et ceux-ci imitent leurs maîtres et s’accueillent mutuellement, le sourire aux lèvres. Viens donc jouir de la douceur de la paix, puisque tu es resté, et tu as bien fait, sans goûter les amertumes de la guerre. Tu verras aussi Tribolès que la réconciliation des empereurs a rendu encore plus auguste; car c’est lui dont les lettres ont mis d’accord les intérêts de l’un et de l’autre et dont l’habile éloquence a rendu plus solides les pactes d’amitié.

A MANIKAÏTÈS

Asanès n’a pas apporté à Cydonès de lettre de Manikaïtès qui avait dit : «je ne veux pas écrire à un hérétique ». Il s’agit de la discussion sur la distinction entre l’essence de la Divinité et ses attributs. La lettre est certainement postérieure à la conversion deCvdonès (environ 1 355-1 36 1 ?)

Lajoie dont m’a rempli le retour de l’excellent Asanès a

20 SANS ADRESSE 8-9

Asanes nullam epistnlam ad Cydonem attulit a Manicaeta scriptam, qui aperte professus est se nunquam ad haereticum scripturum. Controversia ilia de natura divina atque de eius attributionibus agilatur de qua acriter eo tempore disceptatum est. Epislula post conversionem Cydonis (cire. 1 355-1 36 1 ?) scripta videtur.

ex. 93Γ

Source Β.

A MANIKAÏTÈS

étc aussi grande que la peine qu’il m’a faite, en apparaissant sans tes lettres. Déjà chagriné par ton silence, il m’a encore causé plus de peine en m’en donnant la raison : il m’a rapporté que tu aurais déclaré qu’il était de ton devoir de ne pas écrire à des hérétiques, puisque tu m’appelais ainsi. Sache-le donc, ces paroles m’ont fait de la peine, non pas parce quej’ai été offensé sans avoir jamais rien fait de mal, mais parce quelles m’ont laissé voir que c’est toi qui es plutôt atteint de ce mal, et que tu es manifestement en proie à l’erreur que tu me reproches : je l’ai reconnu. Car, accuser d’hérésie ceux qui sont avec les défenseurs de l’orthodoxie et qui regardent comme une impiété de changer le dogme traditionnel et communément accepté sur Dieu, ne montre-t-il pas, comme je le dis, que tu es certainement malade et d’une maladie bien plus grave que la phtisie et que tu es coupable de la faute dont tu m’accuses? Si tu me disais clairement la forme de mon hérésie et si tu jugeais bon de me révéler ce que tu me reproches, sache-le bien, pour repondre à ton habileté oratoire, je n’aurais pas été à court de paroles pour te démontrer qu’on me calomnie à la légère. Mais, puisque tu n’a pas montré la flèche que tu m’as décochée, tu me laisses croire que tu fais allusion à cette nouvelle théologie et a Palamas, et, puisque je n’y sacrifie pas, tu as pense que ces insultes m étaient bien appropriées. S’il n’était pas trop long de t’entretenir de ce sujet, et si la dimension des lettres ne m’empêchait de le faire, sache-le, tu te persuaderais qu'il ne faut pas admirer les racontars plus que la vérité ; mais, puisque les circonstances me contraignent à abréger ces discours, que ceux qui défendent ces paradoxes croient inutile de discuter sur leurs propositions et que la formule « Il a dit » tient lieu pour eux de démonstrations et d’arguments, laissons de côté, pour le moment, ce qu’on aurait pu dire sur ce sujet, sous forme de démonstration. Je me contente de te dire ceci. Dieu couronne les chrétiens qui croient aux choses que tu dénigres et il menace des peines futures ceux qui acceptent ces théories auxquelles tu es attaché, comme si elles étaient la vérité. Cesse donc de nous reprocher 1 adoration d’un Dieu unique, car c’est précisément cette croyance qui vous fait croire, à toi et à tes amis, que nous sommes dans l’erreur, lorsque nous l’affirmons ; si, au contraire, tu es du même avis que moi sur ce point, à

ai

A MÀN1KAÏTÈS

ενειργάσατο λύπην. Άχθεσθέντας τοίυυν τη σιωπή μ&λλον ελύπησε τήν τής σιωπής αιτίαν προσθείς· εφησε yàp σε λέγειν μή χρήν σε γράφειν αίρετικοΐς, ή μάς δέ τοΟτο 5 καλοΟντα. “Ισθιτοίνυν ήμας λυπήσας τοΐς ρήμασι τούτοις· ούχ δτι μηδέν άδικοΟντες αυτοί κακώς άκηκόαμεν, άλλ’ δτι σοΟ μάλλον νοσοΟντος ήσθόμεθα, καί ων ήμ3ς Ιγκαλεΐς τούτοις περιφανως ένεχόμενον εγνωμεν- το yàp αιρέσεως διώκειν τούς μετά των προστατών τής εύσεδείας εστώτας, ίο καί τήν άρχαίαν περί ΘεοΟ καί κοινοτάτην δόξαν κινεΐν άνόσιον ηγουμένους, πως ούχ ο λέγομεν δε'ικνυσι σαφώς σε νοσοΟντα νόσον πολύ τής φθόης χαλεπωτέραν, καί <3 προφέρεις ήμΐν τούτων αυτόν οφείλοντα δίκην ; Et μέν ουν καί τό τής αιρέσεως είδος σαφώς ήμΐν έλεγες καί ι5 τοίίνειδος άποκαλύπτειν ήξίους, ΐσθι ούκ αν ήπορήσαμεν προς τήν σήν αγχίνοιαν λόγων δεικνύντων δτι δή μάτην συκοφαντούμεθα- έπείδ’ούκ έδειξας δπερ επεμψας βέλος, δίδως είκάζειν ως αρα τήν νέαν ταύτην θεολογίαν καί τόν Παλαμαν ύπεκρούσω, κάκείνω μή θύουσιν ήμΐν τά σκώμ- 20 ματα ταΟτα προσήκειν ήγήσω 5Αλλ= ει μέν (ούκ) ήν μακρότερα πρός σέ περί τούτων διαλεχθήναι καί τό τής επιστολής ούκ εκώλυε μέτρον, ΐσθ’ αν έπείσθης ως ού χρή τούς μύθους πρό τής αλήθειας θαυμάζειν Ιπεί δ’ δ τε καιρός τούς λόγους συστέλλει, καί οΐ των παραδόξων τούτων 25 προεστηκότες τό μέν διδόναι καί λαμδάνειν λόγον περί των προκειμένων περίεργον οιονται, τό δ’ « αύτός εφα » τούς των ελέγχων αύτοΐς καί των επιχειρημάτων τόπους άναπληροΐ, S μέν αν τις είπε περί τούτων άποδεικνύς εωμεν πρός τό παρόν λέγομεν δέ σοι τοσοΟτον, ως a μέν 3ο διασύρεις j ταΟτ3 εστιν εφ3 οις Θεός στέφανοι τούς πεπι- 305Γ στευκότας, ων δ’ ως αληθών έ'χη, τούτοις τούς συνθεμένους τάς είς τό μέλλον απειλεί τιμωρίας. ΠαΟσαι τοίνυν ήμΐν τήν τού ενός ΘεοΟ προφέρων λατρείαν τούτο γάρ εστιν ο λέγοντες άδικεΐν δοκοΟμεν σοί καί τοΐς 35

3ΐ (oùx) integravi.

A MANIKAÏTÊS

quoi bon persécuter ceux qui ont la môme foi que toi? Mais, si la pluralité (de divinités) te plaît, pourquoi ne pas te lever successivement contre tous les chrétiens pour lesquels le plus important article de la religion est de vénérer un Dieu seul? Si, par ailleurs, tu admets que nous disions qu’il n’y a qu’un seul Dieu, mais que tu t’irrites parce que nous ne lui ajoutons pas d’autres divinités, dans la croyance que la sienne ne lui suffit pas et qu’il ne saurait qu’avoir de nombreuses divinités, à l’instar des riches qui ont beaucoup de mobilier, eh bien! mon cher, sachant, nous, qu’il n’y a aucune différence entre la divinité et Dieu, nous pensons que la pluralité des Dieux va de pair avec la pluralité des divinités ! Aussi celui qui soutient qu’il y a plusieurs divinités ne doit-il pas s’irriter contre ceux qui l’accusent de polythéisme. Car, j’imagine, nous ne faisons pas ici comme les grammairiens, la distinction des genres, comme si nous devions chercher, même en théologie, le genre féminin ! Et comment celui qui prétend qu’en Dieu il y a plusieurs divinités n’attribuera-t-il pas à l’unité divine une pluralité d’actions ? Et il n’y a rien de plus réprouvable que cela. Où, comment pourra-t-il sauvegarder l’union, s’il avance pareille théorie? Etre ainsi effronté, c’est bien le propre de ces gens qui affirment d’une manière si tranchante ; et quqce qui est essentiellement simple soit composé, quel homme raisonnable l’admettra ? Il y a plus. La pluralité exigera la distinction du mieux et du pire; or, si tout a la même valeur et si toutes les divinités ont le même degré de perfection, je ne vois pas comment vous pourrez dire que ces divinités sont plus qu’une, il reste donc à admettre que les unes ont là plus de valeur que les autres et alors nous déclarerons que ce qui est parfait n’est pas composé de choses parfaites. De plus, si l’on admet beaucoup de « noumènes » comment n’être pas forcé d’admettre qu’il y a autant de substances? Et si nous disons que ces substances sont dans l’un et non dans l’autre (et c’est justement ce qu’admettent ceux qui disent tout sans réfléchir), il y aura quelque chose d’une nature inférieure et du nonêtre dans le supersubstantiel. Car, on ne peut dire d'une chose qui, pour être, a besoin d’une autre, qu’elle est, au sens propre du mot, mais qu’elle participe de l’incomplet et du non-être. Tu vois, mon très cher, toi qui si facilement m’accuses, de combien d’absurdités il te faut être l’esclave,

A MANIKAÏTÈS

εταίροις· ει μεν ουν καί σοί μεθ’ ημών τούτο δοκει, τι τους ομοπίστους ελαύνεις ; εί δέ τό riXfj θος άρέσκει σοι, τι μή προς πάντας εφεξής τούς Χριστιανούς άποδύη, ων ενα Θεδν σέδειν το κεφάλαιον τής θρησκείας ; ει δ’ ενα μέν Θεόν λέγοντας ήμδς άποδέχη, αγανακτείς δ’ δτι μή καί 4ο πλειονας θεότητας τούτο προστίθεμζν, ούκ άρκειν αύτω νομίζων τήν μίαν, αν μή καί πλείοσι ταύταις ώσπερ οί πλούσιοι σκεύεσι χρήται, άλλ3 ήμείς, ο θαυμάσιε, θεότητα καί Θεόν ούδέν διαφέρειν είδότες, οιόμεθα καί τό των θεών πλήθος τώ των θεοτήτων αριθμώ συνεισέρχεσθαι· ώσθ’ ο 45 πλείους θεότητας λέγων μή δυσχεραινέτω πρός τούς εγκαλοΰντας αύτω τήν πολυθείαν- ού γάρ δήπου τοις τών γραμματιστών γένεσι ταυτα διακρινοΟμεν, ώς δέον ήμδς καν ταΐς βεολογίαις τό θήλυ ζητεΐν. Πώς δέ καί πολλάς τις αύτάς εν τώ Θεώ φάσκων είναι, ού πραγμάτων πλήθος 5ο τή θεία προσάψει μονάδι, ου μηδέν επονειδιστότερον ; ή πώς αν φυλάξαιτο τήν σύνθεσιν ταυτα λέγων ; τό γάρ ούτως άναισχυντεΐν εκείνων έστίν άντικρυς (όεθαιούντων, συγκείσθαι δέ τό άπλούστατον τίς αν προσειτο λόγος ; αλλά μήν τό πλήθος καί τήν εις τό (όέλτιον καί χείρον 55 επιζητήσει διαίρεσιν εί γάρ ομότιμα πάντα, καί ή αυτή τελειότης εν πδσιν, ούκ οΐδα πόθεν ύμΐν ταύτας πλείους λέγειν εξέσται- λείπεται τοίνυν άλλων άλλα λέγειν εκεί τιμιότερα, καί τό άριστον ούκ εξ αρίστων εροΟμεν ετι δ3 ύφεστηκότων μέν εκείνων τών πολλών νοουμένων, πώς 6ο ού καί τοσαύτας ούσίας ανάγκη φάναι ; εί δ3 εν έτέρω φήσομεν ύφεστάναι, καί τούτο γάρ οί πάντ’ εύχερώς λέγοντες συγχωρούσιν, εσται τι τής χείρονος συστοιχίας καί τού μή όντος εν τω ύπερουσίω' τό γάρ ϊν’ή δεόμενον άλλου, ούκ άν κυρίως ον λέγοιτο, αλλά τι τής ένδειας καί 65 τού μή δντος προσειληφέναι. Όρδς, ω βέλτιστε, πόσοις, ημών εύχερώς κατηγορώ ν, αύτός άναγκάζη δουλεύειν

53 εκΐίνων correxi : εκείνην Β || 54 προσειτο correxi : πράσοιτο Β ||

64 toi! correxi : τω Β.

A MANIKAÏTÈS

et chacune d’elles renferme un grand danger pour ton âme. Si quelqu’un se fait fort de me les résoudre, je deviendrai très volontiers partisan de ces paradoxes. Je me trouve, en effet, dans un état d’âme vraiment bizarre, car je ne peux admettre que les hommes parlent au hasard quand ils discutent si longuement sur ces questions, et, d’autre part, je inspecte la vérité qui se dégage manifestement des raisonnements et qu’il n’y a pas moyen de sauvegarder avec ce qu’ils prétendent. Mais je crains qu’il ne soit impossible d’attribuer à ces hommes une assez grande habileté pour les voir, tout en restant fidèles à ce qu’ils disent, être à même de rester conséquents dans leurs paroles. Vraiment, chaque fois queje me suis trouvé avec eux, je me suis rendu compte qu’ils cherchent à parler pour ne rien dire, bien plus qu’ils ne disent quelque chose de bon, et qu’en présentant des ombres de raisonnements, ils tentaient de tromper, j’ignore, si c’est eux-mêmes, mais, en tout cas, les plus naïfs parmi les autres. Toutefois, si tu es capable de dire quelque chose de mieux, dis-le, et ne te lasse pas de chercher à faire du bien à des amis, car tu ne pourras rien me dire qui me fasse plus de plaisir. Si, au contraire, tu es, en cette matière, comme « un blanc cordeau » et si, comme souvent je te l’ai entendu dire, tu ne veux pas t’embarrasser dans ces difficultés, je ne croirai pas, moi non plus, que ce zèle puisse t’être plus opportun1, à la condition que ce que tu prétends ignorer tu ne fasses pas tous tes efforts pour le discuter, comme si tu le connaissais parfaitement. Je te souhaite d’abandonner ces théories puériles pour la doctrine sage et conforme aux Écritures, et je continuerai, par ailleurs, à voir en toi un ami comme par le passé. Bonne chance!

Sans adresse.

Cydonès défend son sermon sur l’Annonciation. Il invoque l’autorité de S. Basile contre Palamas et ses partisans. La phrase incriminée était de Basile qui dit que Dieu non seulement est bon mais a comme essence la Bonté même. Les Palamites, au contraire, soute-

i. Que de garder le silence.

A MANIKAITÊS 9-10

ατοποις, ων έκαστον ψυχή μέγαν κίνδυνον έχει. El δέ τις ταΟτα λυειν ημιν ύπισχνείται, εγώ μέν ήδιστα αν των παραδόξων τούτων γενοίμην ακροατής- άτεχνώς γάρ ηο άτοπον τί μοι πάθος εγγίνεται, μήτε τούς άνδρας άλλως τε ραψωδείν οίομένω, οΰτω μακρά περί τούτων διαλεχθεντας, καί τήν φανεράν αίδουμένω των λόγων αλήθειαν, ήν δι3 ων λέγουσι φυλάττειν αμήχανον- αλλά μή τοίς άνδράσι τοσαύτην δεινότητα προσάπτειν αδύνατον ή, | 305ν 7^ ωστ εΧ°μενους ων λέγουσιν, έχειν τύ εν τοις λόγοις ακολουθον διασωσασθαι" αληθώς γάρ, οσάκις τούτοις συνεμιξα, προθυμηθέντων μάλλον ειπεΐν ή είπόντων τι γενναιον ήσθόμην, σκιάς δέ λόγων προτείνοντες, ούκ οΤδα μεν ει και εαυτούς, των δ άλλων δέ τούς άπλουστέρους 8ο εξαπαταν επειρώντο. ‘Όμως εί μεν τι λέγειν αυτός (δέλτίον οιός τε εΤ, λέγε, καί μή κάμης φίλους άνδρας ευεργετών, ως ουκ εστιν ό τι αν ήμΐν ήδιον εΐποις- εί δέ πρός τούς λόγους τούτους λευκή τις εΐ στάθμη, καί ο πολλάκις σου λεγοντος άκηκόαμεν, ού βούλει ταΐς δυσχερείαις ταύταις 85 έγκλείεσθαι, ούδ3 ημείς έπιτηδειοτέραν σοι νομιοΟμεν τήν πολυπραγμοσύνην, μόνον αν δ φής ούκ είδέναι, τοΟΘ3 ως σφόδρα γινώσκων ούχ ύπερδιατείνης, άλλ3 εύξάμενοί σοι τήν νοΟν έχουσαν καί ταΐς γραφαΐς συμδαίνουσαν γνώσιν τής παιδικής δόξης άντιλαθεΐν, εις τάλλα φίλω go χρησόμεθα ούχ ήττον ή τόν έμπροσθεν χρόνον. Εύτύχει. 305ν n

Anepigrapha.

Suam homiliam « De Annunciatione Beatae Virginie » ab accusatoribus défendit Cydones, Sancti Basilii auctoritatem contra Palamam eiusque fautores invocans ; quod autom in oratione acriter reprehensum est ex ipso Basilii ore dictum erat : Deum non solum bonum esse sed bonitatem velut suam ipsius naturam et vim habere.

Sources AU.

SANS ADRESSE

naient qu’il fallait distinguer entre la nature de Dieu et les opérations par lesquelles il entre en rapport avec ses créatures. Palamas défendit cette doctrine dans le synode de i34i contre Barlaam, où il triompha.

Le sermon que j’ai prononcé sur l’Annonciation n’était pas un discours d’apparat ; je l’ai fait seulement pour m’acquitter envers la Mère de Dieu du grand nombre de faveurs qu’elle m’a accordées. Aussi ne voulais-je pas qu’il parvint aux oreilles de nombreuses personnes ; je l’ai envoyé à un seul de mes amis qui me l’avait demandé bien des fois, en lui recommandant de le lire, portes fermées. Il a, de propos délibéré, oublié ma recommandation et il s’est peut-être imaginé me faire plaisir, en procurant beaucoup d’auditeurs à mon sermon. Il l’a transcrit lui-même et, en pleine réunion, il en a donné une lecture solennelle et l’a offert spontanément à ceux qui voulaient en prendre copie. Aussi, maintenant, mon sermon est sur les lèvres et entre les mains d’un grand nombre de personnes : tu es, toi aussi, l’une de celles-ci et tu as raison de savoir gré non pas à moi de posséder ce sermon mais à celui qui le l’a donné, car, pour moi, tout d’abord j’étais bien décidé à ne le donner ni à toi ni à personne d’autre, mais à le laisser dans un tiroir et à le garder pour ceux de mes amis qui me le demanderaient. Mais j’ai eu plaisir à t’entendre dire qu’hier mon sermon a été fort loué et fort applaudi de ceux qui l’ont lu et qu’on n’y a trouvé qu’un point qui méritait d’être repris ; pour moi, je croyais qu’il n’y avait pas qu’un seul, mais bien des points qui devaient faire rire les lecteurs. Mais, semble-t-il, les gens qui, dis-tu, ont admiré mon sermon ou ont renoncé à une critique trop sévère à cause de leur grande affection pour moi, ou ne connaissent pas les qualités que doivent avoir les sermons pour être beaux : ils ne sont experts que dans la « nouvelle théologie », et si, par hasard, il échappe à l’orateur quelque parole opposée aux doctrines en vogue aujourd'hui, tout de suite ils croient qu’on doit tenir cet infime détail pour une offense à Dieu et que celui qui l’a prononcé est passible de la malédiction publique. Aussi ne peuvent-ils souffrir que nous

SANS ADRESSE

Palamitae contra contendebant distinguendum esse inter naturam divinam et actiones quibus Deus cum suis creaturis communicaret.

Quam doctrinam Palamas contra Barlaam insvnodoa. i34i défendit ibique de adversario triumphavit.

SANS ADRESSE

disions que Dieu non seulement est bon mais que la bonté est son essence. Et voici qu’ils ont cru que cette parole sonnait faux et avait été lancée à dessein contre Palamas et contre ses dogmes. Lui, en effet, distingue Dieu et sa bonté et leur assigne certains degrés. Il faut se garder, déclarent-ils, de dire quoi que ce soit de contraire à ses opinions, à moins qu’on ne veuille se montrer impudent à l’égard du Tome et de tous les archevêques pour qui ce dernier remplace les Tables de Moïse. Dis donc à ceux qui, chaque fois qu’ils peuvent trouver matière à blâme dans mes paroles, le considèrent comme une aubaine, que je me soucie peu de leurs compliments. Quant à la courte phrase que j’ai prononcée et qui, disent-ils, a déplu aux partisans de Palamas, qu’ils cessent de me la reprocher à moi et qu’ils retournent l’accusation contre le grand Basile et la justesse de ses paroles. Car ce sont ses termes mêmes qui leur semblent absurdes. Pour moi, afin de ne pas avoir Pair d’exprimer une opinion personnelle, tout en ayant ajouté des raisonnements qui montraient ce que je voulais, je n’ai pas hésité à citer, à côté de mes paroles, les déclarations même du Maître. « 11 est bon, en effet, dit-il, Lui qui est né de la bonté ; il a la bonté pour essence. » Et ce témoignage se trouve, comme on peut le voir, cité à côté de mes paroles. Qu’ils me laissent donc en paix et qu’ils se battent avec lui et avec ses pensées, si cela leur plaît. Quant à moi, protégé par le bouclier de Basile, je me défendrai énergiquement contre leurs coups ; s’il fallait même aller au-devant de difficultés, il serait beau de courir des dangers avec un homme pareil : je le crois, du reste, j’aurais non seulement Basile comme défenseur mais tous ceux qui lui ressemblent et je rirai de bon cœur, en voyant les scarabées vouloir rivaliser en volant avec les aigles.

A ANDRÉ ASANÈS

Cydonès est à Mitylène, dans l’île de Lesbos ; il s’adonne aux

SANS ADRESSE

Mitylene in urbe in insula Lesbo est Cydones ac venandi studio ac voluptate captus videtur : nihil aliud enim insula praebet quo

Sources BOU.

A ANDRÉ ASANÈS

plaisirs de la chasse : mise à part l’amitié du roi François (Gattilusio), l’ile n’offre rien d’intéressant.

Groirais-lu que j’ai négligé les études et mes occupations habituelles pour perdre mon temps à la chasse? Avant l’aube, je prends mes chiens, je pars dépister le gibier, je recherche avec soin les refuges et ses traces, je pousse mon cheval sur les rocs escarpés, peu s’en faut que je ne vole avec les faucons, je remplis l’air de mes cris et je fais toutes ces folies que jadis je vous reprochais, car il me semblait que vous viviez plus avec les bêtes qu’avec les hommes. Cela te paraîtrait peut-être incroyable, si d’autres te le disaient, et pourtant, qu’il en soit ainsi, c’est la pure vérité. Je crains qu’insensiblement je n’oublie tout le reste et ne fasse de la chasse le but de ma vie. Elle a, en effet, en elle-même un certain plaisir: et celui-ci, selon Platon, est comme un clou qui rive les âmes aux corps. Ce qui, en cette matière, pourrait diminuer l’entrain des autres, j’entends, le manque de chevaux, de chiens, l’absence de compagnons, tout prêts à partager les fatigues (de la chasse), nous avons tout cela sans compter ; ajoute que non seulement nous présentons sur notre table des oiseaux1 et que ce n’est pas seulement leur nourriture qui est le but de nos peines (voilà ce qui faisait votre bonheur et, lorsque tu te vantais, j’ai ri de toi plus d’une fois), mais nous régalons aussi de notre chasse les faucons, nous-mêmes et nos voisins, à déjeuner comme à dîner, et, du même coup, cela suffit à notre distraction et à nos besoins, car nous avons ici des perdrix en plus grand nombre qu’il n’y avait de chouettes chez les Athéniens. Il est à craindre, comme je te le disais, que je ne troque mes études contre ce passe-temps et que par ce changement j’aie Pair ridicule à vos yeux. La faute en est à Mitylène. Mis à part son prince et son équité, elle n’offre rien à quoi l’on puisse s’intéresser, rien de spirituel ; elle est à même

1 . Le passage est délicat à comprendre et plus encore à traduire : je donne au verbe « παραοοίλλειν » la signification de présenter, servir sur table, et j’entends: « non seulement la chasse sert à fournir notre table de gibier, mais elle est aussi un amusement pour nous, une raison pour inviter les voisins... »

a6 A ANDRÉ ASANÉS H

Cydones delectetur, si tantum Francisci Gattilusii benevolentiam exceperis.

Αρα πιστεύεις ώς εγο λόγων καί ων εϊώθειν ήμεληκώς, β Θήρα σχολάζω, καί πρδ των ακτινών επί τα θηρία μετά 184Γ2ΐ κυνων ΐεμαι, και τας εκείνων καταδύσεις περιεργάζομαι και τα ίχνη, καί κατά κρημνών τόν ίππον ελαύνω, μόνον ού συμπετόμενος τοΐς Ιέραξι, καί βοής τόν άέρα πληρώ, 5 καί πάντα ποιώ τά των μαινομένων, έφ’ οΤς πρότερον ύμδς εμεμφόμην, ότι δή μοι τοις θηρίοις μδλλον ή τοΐς άνθρωποις συζήν εδοκεΐτε ] ταΟτα μεν οδν ίσως άπίθανά σοι δόξει, παρ’ άλλων λεγόμενα, παντός δε μδλλον τάληθές ούτως εχει- και δέδοικα μή κατά μικρόν πάντων επιλα- ίο θόμενος τήν κυνηγετικήν τέλος τοΟ βίου ποιήσωμαΓ έχει γαρ τι και ηδονής, η δη κατά Πλάτωνα τοις σώμασι τάς ψυχας, ώσπερ τις ήλος, προσπερονδ- ο γάρ αν εν τούτοις τούς άλλους δκνηροτέρους ποιήσειεν, ίππων απορία λέγω καί κυνων καί προθυμουμένης συμπόνων εταιρείας, τούτων ι5 πάντων παρ ήμΐν αφθονία- καί πρόσεστι τό μή μόνον τά όρνεα παραβάλλειν, καί τήν εκείνων μόνον τροφήν τέλος ήμΐν γίνεσθαι τής ταλαιπωρίας, ταυτα δή τά ύμέτερα εύτυχήματα, δ δή σοΟ μεγαλαυχουμένου | πολλάκις εγέ- 184ν λασα, άλλ’ δτι τή Θήρα καί τούς ίέρακας Ισταομεν κα[ ao ήμδς αυτούς καί τούς γείτονας καί δειπνοΟντας καί άριστωντας, καί ταύτόν ημΐν πρός τε παιδιάυ καί χρείαν άρκει- πλείους γάρ παρ’ ήμΐν οί πέρδικες ή παρ’ Άθηναίοις αί γλαυκές- ώσθ’ δπερ εφην, δέος μή τήν παιδιάν τής παιδείας άλλάξωμαι, καί καταγέλαστος ύμΐν τής 25 μεταβολής είναι δόξω. Αίτιον δε τούτων ή Μιτυλήνη, πλήν τοΟ αρχοντος καί τής εκείνου δικαιοσύνης, ούδέν είς

3 κυνων ΒΟ : των κυνων U || 4 κρημνών ΒΟ : των κρημνών U || ΐ5 συμπόνων ΒΟ : συμπνεϊν U || ιη μόνον ΒΟ : om. D || ig δή σου ΒΟ : δή καί σοΰ U ; πολλάκις έγελασα ΒΟ : πολλάκις άκουσας ίγε'λασα U || 21 δειπνοΰντας καί άριστωντας OU : δειπνούντων καί αριστώντων Β.

A ANDRÉ ASANÈS

de remplir le ventre et de vider la tête, et à cela elle s’entend fort bien. Si ce n’était par égard pour son prince, qui désire tant que je reste avec lui, je négligerais tout le reste et j’aurais vite fait de voler vers vous. Mais maintenant, il me faut tenir compte de l’invitation qu’il m’a faite et des honneurs qu’il (me rend et) ne rend pas même à ses frères et me résigner à rester dans ce pays quelque temps. Je reviendrai alors vers vous, si vous n’appelez pas fuite mon séjour à l’étranger ni malveillance envers vous mon amitié envers vos alliés et si vous ne croyez pas les calomnies d’autrui plus que ma manière d’agir.

A L’IMPÉRATRICE (HÉLÈNE

i36i-i3gi .

Cydonès loue l’impératrice de son amour pour les lettres. Il lui offre une traduction de saint Augustin, faite par lui-même1.

Quelle joie, t’imagines-tu, est la mienne, en te voyant prendre goût à l’étude et préférer absolument à tout les recherches philosophiques. Car, non seulement ton amour de l’étude engage à se réjouir ceux qui désirent qu’on dise toujours quelque chose de grand sur toi, mais c’est que grâce à ton zèle les études semblent ne pas être complètement négligées et qu’il y a des gens qui ont encore du goût pour elles. Si ce que les princes tiennent en honneur a beaucoup d’amateurs, peut-être, en te voyant, recherchera-t-on la gloire littéraire et engagera-t-on les autres à supporter pour elle les fatigues nécessaires ; ainsi, grâce à toi, les études retrouveront leur crédit eton les regardera comme le vrai bien. Je voudrais donc, moi aussi, t’apporter quelque contribution et voir mon

1. Cydonès traduisit plusieurs ouvrages de S* Augustin: i° le Florilège comprenant 388 extraits des sermons, composé par son disciple saint Prospère (codd. Vat. gr. 606 et 1096, Yallic. 1 3 1) ; 2° 5 extraits du Contre Julien d’Éclane (dans les mêmes mss.); 3° le sermon sur le passage : Vado ad Patrem (Vat. gr. iii5); 4° l’ouvrage connu sous le titre : Soliloques ou Monologue faussement

37 A ANDRÉ ASANÊS 11-12

ο τις Sv σπουδασειευ ούδ3 αστείου παρεχόμενη, γαστέρα μεν αποπιμπλδυ ικανή, διάνοιαν δε κευοΟν καί μάλα δεινή" ής ει μή τόυ άρχοντα ήδούμηυ, πάνυ δή βουλόμευου αύτέρ με συυειυαι, ταχύ, πάντων &υ ύπεριδών, έφ5 ύμδς έπετόμην. ΝΟυ δ ανάγκη τήν κλήσιυ ή με κέκληκευ αίσχυνόμευον καί τήν τιμήν ής ούδέ τοΐς άδελφοΐς μεταδίδωσι, μέχρι τιυδς αυεχεσθαι τοΟ χωρίου" και τόθ3 ύμΐυ έπαυήξομευ, ει μή φυγήν τήν αποδημίαν ημών ταύτηυ καλεΐτε μηδε προς ύμας δύσυοιαυ τήν πρδς τούς συμμάχους φιλίαν, μηδέ των εμωυ τρόπων τάς ετέρων διαθολάς πιθανωτέρας ήγεισθε.

i36i-i3gi .

Summis laudibus Cydones effert Helenam imperatricem propter eius litterarum studium, eique opusculum suum offert quo ipse quaedam Su Augustini scripta ex latino in graecum sermonem convertit.

Sources ΒΟ.

Tit. Tr) Βασιλϊδι codd. : (Έλέντ;) adieci ut manifeste ex hac epistula et ex aliis patet || ι πάντων O : πάντα B. || ζητεϊν B ; ζην O.

204vio

A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE

offrande développer encore ton beau désir insatiable pour le beau. Mais puisque mon esprit a ce désir et que mon intelligence ne suffit pas pour cette contribution personnelle, j’ai emprunté à d’autres; ainsi je n’ai pas laissé de te payer mon tribut. Celui qui m’a fourni les moyens de suppléer à mon indigence est un homme savant, instruit des choses du royaume céleste, capable de tirer de ses riches connaissances des choses nouvelles, bien que vieilles, car il n’y a rien de plus vieux ni de plus nouveau que la vérité qui ne vieillit pas et qui conserve, à travers les siècles, sa jeunesse et sa force. Les Romains, chez qui il est né, l’honorent plus que personne et tous les synodes des Chrétiens ont pour lui une si profonde vénération qu’ils ont décidé qu’une chose était vraie du fait même qu’il l’avait dite. Et qui, mieux que lui, avait vu dans Platon et dans Aristote ce qui est d’accord avec la foi et a combattu plus énergiquement ce qui lui est contraire? Qui, plus que lui, a critiqué les hérésies, dissipé les doutes de ceux qui cherchent la vérité, donné des règles à ceux qui choisissent de vivre en philosophes et, par ses paroles charitables, ramené de toute part à l’Église les enfants de Dieu égarés, en montrant que hors d’elle le culte de la justice ne saurait nullement être utile? Qui, en un mot, a en tout aussi bien servi l’Église au point de mériter d’être appelé le père des Pères, et cela par les plus grands des Pères, qui proclament Augustin le plus grand maître et le maître par excellence de la vérité ? Si l’on n’écoute pas ses paroles comme des oracles, on sera rangé avec les damnés. Je t’offre ses sermons à la place des miens: ce n’est pas, comme on dit, de l’or au lieu de bronze, mais au lieu de la terre le ciel. Ce qui s’y trouve de grand, de clair, et capable d’être utile à l’âme, tiens-le pour l’œuvre de son intelligence et approuve-le ; si quelques détails restent obscurs et ne semblent pas cadrer avec le reste, il faudra parfois peut-être avoir recours à un maître; peut-être serait-il plus juste d'en

attribué à saint Augustin (codd. Vat. gr. 607 et 1750, Vallic. i3i). Cf. Jugie, 0. c., p. 3g6. On ne peut dire à laquelle de ces traductions Cydonès fait allusion dans cette lettre.

A. L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE

A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE

demander compte au traducteur. Mais, plutôt que les lecteurs pardonnent à celui-ci ; car nous n’avons pas à notre disposition beaucoup de livres des Romains et celui d’où j’ai extrait ces pages était mal écrit et il fallait souvent deviner les lettres, et, par ailleurs, pour les passages douteux, personne ici ne peut me servir de guide. Mais je sais que tu t’attacheras aux pensées et que, toute pénétrée de la seule piété de l’écrivain, tu te moqueras de ceux qui, lorsqu’on parle du Christ, veulent distinguer le Grec et le Scythe et recherchent la patrie des écrivains de préférence à leur pensée.

Sans adresse.

/ 362-1 3 jo.

Le pape Urbain V a bien fait d’envoyer l’ami de Cydonès dans une ville de la France qui a besoin d’être guidée par sa sagesse et par sa vertu. L’empereur continue à le tenir en grande estime et le félicite de l’intérêt qu’il prend au sort de Byzance. Mais, hélas, les ambassadeurs sont passés en proverbe, les Francs sont sourds à tout appel. L’empereur a encore envoyé une lettre au Pape; Cydonès enëaoe son correspondant à ne pas se relâcher de son zèle auprès des Latins.

J’ai reçu bien des lettres de toi et je ne t’ai pas encore remercié de l’honneur que tu m’as fait. La raison n’en n’est pas que je t aime moins que les autres ou que le plaisir que me procurent tes lettres soit mince, mais c’est d’abord la nécessité de franchir les Alpes pour me rencontrer avec toi, en second lieu, celui qui les a franchies a souvent regretté le voyage entrepris, soit parce que vous restiez en arrière et qu’il vous avait dépassé, soit même parce qu’il était contraint de courir jusqu’à la mer, au delà de Cadix. Comme, aujourd’hui encore, je ne sais où tu es pour t’écrire, je confie ma lettre au Hasard et je l’envoie autant à tout le monde qu à toi, car tous la verront, j’imagine, et la liront. La

A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE

Anepigrapha.

ι 36a-i3yo .

Optime Urbanus V pontifex consultât, cum amicum Cydonis in Gallicsm urbcm misit quae eius sapicntia et virtute multum egebat. Imperator ipse Bvzantinorum Demetrii nostri sodalem permagni extimat, ac magnopere laetatur quod palriae memor, res Byzantii non neglegat. Sed legationes quae in Occidentem continuo mittuntur iam in proverbii consuetudinem veniunt et Francarum gentium frustra surdes aures fatigant : litteras ad Pontifïcem rursus Imperator misit : sperat Cydones amicum suum operam diligenter daturum ut Latinos ad auxilium commoveat.

Source Β.

SANS ADRESSE

recevras-tu jamais, toi aussi ? 11 faudrait avoir recours aujourd’hui à un prophète et, si cela arrive, nous l’attribuerons à la chance. C’est aussi ce que m’apprenaient tes lettres, car l’excellent Dromokratès me les a remises au début de l’été et tu m’y disais que tu les avais écrites en pleines vendanges. Le bienheureux Urbain mérite donc d’être comblé d’éloges pour bien des raisons et aussi pour avoir pris une décision heureuse, semble-t-il, à ton sujet, en te transférant dans une autre ville qui, comme un navire, a besoin d’un pilote plus sûr. Je dis cela, non pas parce que tu n’étais pas capable, étant donné ta science, d’occuper un poste encore plus élevé, mais bien parce que ce changement, semble-t-il, montre qu’il (Urbain) désapprouve ceux qui avant lui ne t’ont pas honoré comme il fallait. Au reste, après avoir bien débuté, en ce qui te concerne, il ne serait pas naturel qu’il se défiât de toimême pour les missions les plus importantes ; fatalement,

1 opinion qu il avait de toi devait aboutir à quelque chose de grand et de beau, lous, nous louons la décision prise par l’autorité ecclésiastique à ton égard, non seulement, parce que, comme dit le proverbe, les succès d’un ami sont partagés par ses amis, mais aussi parce que tes triomphes font le plus grand honneur à la Grèce entière ; par là, les Romains voient les vertus de nos illustres aïeux fleurir aussi chez nos hommes d’aujourd’hui. Nous nous réjouissons donc non seulement de tes succès, mais nous t’en souhaitons d’autres encore plus grands et d’autant plus que, nous le pensons, les honneurs qu’on te rend nous les partageons, nous aussi. Voilà les éloges que nous faisons de toi ; mais l’excellent empereur, après avoir reçu tes lettres et se les être fait lire par moi, s’est plaint (et c’est naturel) des reproches que souvent tu lui faisais dans celles-ci de t’avoir négligé ; il essayait, au contraire, de me prouver que tu es le premier fautif de cette négligence, car tu as eu 1 air de faire peu de cas de sa compagnie et que, pour cette raison, tu t’es logé loin du palais impérial et tu n’es venu qu’une seule fois lui rendre visite. Ce jour-là précisément, il y eut quelque chose qui empêcha votre entretien de se prolonger, comme il l’eût fallu. Ceux qui gou-

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καθημένω σοι γράψω, τύχη δέ έπιτρέψας τά γράμματα, Ι0 °υχ ήττον πδσιυ ή σοΙ ταΟτ5 επιστέλλω, πάντας οψεσθαι ταΟτα νομίζων καί άναγνώσεσθαι · ει δέ ποτέ καί αύτδς ταΟτα δέξη, τοΟτ5 rjôrj μάντεως δεΐται, καί ημείς άγαθη τύχη το συμβάν λογιούμεθα' τοΟτο γάρ καί τά σά γράμματ εδίδασκεν, είπερ άρ|χομένου θέρους ήμΐν ταΟτα 267Γι5 δέδωκεν δ χρηστός Δρομοκράτης, τρυγητοΟ δέ μεσοΟντος ταΟτ ελεγες αυτός ύπδ σοΟ συυτεθεΐσθαι. Ό μεν ουν μακάριος Ουρβανός τη τε άλλη πολλών αζιος εγκωμίων, καί δτι περί σοΟ τά προσήκοντα δοκεΐ βεβουλεΟσθαι έφ’ ετεραν μεταστησας σε πολιν, ώσπερ ναΟν κυβερνήτου 20 μείζουος δεομένην λέγω δέ τοΟτο οόχ ως καί μείζοσιν ούκ άρκούσης τής σής επιστήμης, άλλ5 δτι τώ μεταθεΐναι δοκεΐ των προτέρων επιλαμβάνεσθαι μή τά προσή κοντά τετιμη κοτών καλώς ουν περί των σων προοιμιασάμενος, ούκ αν εικότως άπιστοιτο καί περί των μει- 25 ζόνων, άλλ5 ανάγκη τήν περί των σων κρίσιν εις μέγα τι καί καλόν τελευτή σειν. Ήμΐν δέ κοινή πανήγυρις α περί σοΟ το κοινον τής εκκλησίας εψήφισται, ού διά τήν παροιμίαν μόνου καί τό των φίλων εύτυχήματα κοινά τοΐς φιλοΟσιυ ύπάρχειυ, άλλ5 δτι καί τό κοινόν των Ελλήνων 3ο οι σοί στέφανοι λαμπρότερου άποφαίυουσι, τάς των παλαιών εκείνων άυδρών άρετάς καν τοΐς υΟν παρ5 ήμΐν ουσιν αυθρωποις των Ρωμαίων όρώυτωυ ■ ώστ5 ού χαίρομεν μόνου έφ5 οίς αύτός έπιδίδως, άλλά καί συυευχόμεθα τα βελτιω καί τοσοΟτον μδλλου δσον καί κοινά υομίζο- 35 μεν αγαθά τά σοί δεδομένα. ΤαΟτα μέν σοι παρ’ ημών τά εγκώμια' ο δέ πάντα αριστος βασιλεύς δεξάμευός σου τά γράμματα καί δι5 ημών ταΟτ5 άυαγνούς ήλγησε μέν, ώς εικός, ύπέρ ών αύτώ πολλάκις ευ εκείνοις ως ήμελημένψ έμέμφου, αίτιον δέ σέ τής όλιγωρίας εκείνης έδείκνυ, ώς μικροΟ τίνος ύπεριδεΐν δόξαντα τής ομιλίας εκείνου, καί διά τοΟτο πόρρω μέν των βασιλείων οίκήσαντα, απαξ δέ είς δψιν έλθόντα, καί τότε δέ ήυ τι τό

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vernent de grands états ne s’appartiennent pas eux-mêmes, mais, comme le navire doit suivre les vents, ainsi eux-mêmes doivent suivre les affaires. Puisque l’intérêt public l’accaparait, il fallait que ceux qui étaient inférieurs eussent patience et saisir l’occasion pour revenir auprès de l’empereur. Toi, au contraire, comme un homme en colère, tu as limité tes manifestations d’amitié à cet unique soir et à ces quelques paroles : tu dois donc, tout naturellement, t’adresser des reproches à toi-même si l’on te fait quelque chose qui soit même contre la justice : jamais, disait-il, il n’aurait traité avec dédain un homme vertueux ; il répétait, au contraire, que tu mérites les plus grands honneurs, il ajoutait des compliments sur ton caractère et déclarait que ton zèle à rendre service à toute ta race est inlassable ; il a remarqué (la valeur de) ton conseil, la sagesse et la souplesse de ton intelligence (il a vu) comment partout tu suggérais avec bienveillance ce qu’il y avait de mieux à faire, il a aimé ton amitié et le souci qu’entre tous, tu as de son renom.

Si l’on n’a pas désigné les ambassadeurs pour ce que tu conseillais, la faute en est au caractère des Romains : comme une chansonnette en vogue, ces voyages périodiques sont sur les lèvres de tous ; il n’y a personne, en effet, parmi nous qui n’en ait entendu parler en soi, comme d’une chose qui devait arriver d’un moment à l’autre, mais l'affaire, comme dit Démosthène, traîne et traînera encore, à mon avis. Les Francs, en effet, bornent leurs bienfaits aux paroles, aux écrits et aux promesses : aussi les Turcs même demandent-ils aujourd’hui, en riant, si l’on peut donner des nouvelles de Pasagios. C’est pourquoi, tout en ayant beaucoup parlé en faveur de l’ambassade et l’avoir vivement conseillé, je n’ai pas réussi à la faire envoyer, car tout le monde crie qu’il est inutile de dépenser et de supplier pour obtenir l’impossible et qu’il est plus facile de s’attendre à voir venir de l’aide des antipodes que des Francs. On rappelait aussi les trières et les promesses de Smyrne d’abord, puis celles du Légat et l’on déclarait que les promesses du

3i SANS ADRESSE 13

67 Φράγκων correxi : Φράγγων Β.

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Pape ne sont rien d’autre qu’emphase et enflure de style à contre-temps ; il valait bien la peine, à leur avis, de tourner les yeux vers le roi de Chypre : sans l’avoir imploré par des ambassadeurs, il est venu en personne demander du secours à ceux qui professent la même religion et qui sont de la même race que lui, assuré qu’au prix de tant de dépenses il n’échouerait, vraisemblablement, en rien. Mais voilà qu’il court le risque de se reprocher d’avoir eu des espérances et de s’en retourner sans avoir gagné à son voyage autre chose que la réputation d’être un gaspilleur et un mégalomane ; quant à ses ennemis, loin de les intimider, son voyage les a rendus plus puissants, parce qu’il a dépensé tout ce qui lui aurait permis d’appeler d’autres pour les combattre. « Si cet homme, disaient-ils, qu’il aurait été juste de voir obtenir tout ce qu’il demandait, aujourd’hui espère l’aide de tout autre côté plutôt que de ceux qui sont de sa race, qui est assez fou pour s’imaginer que nous devons tant nous tourmenter pour rien? » Ces raisons ont empêché le départ des ambassadeurs, et, à leur place, l’empereur a envoyé au Pape des lettres où il le prie d’avoir pitié de la foi qui se meurt et des chrétiens survivants, et de faire tout ce que personnellement tu conseillais dans tes lettres. Que fera-t-il ? Dieu seul peut le savoir. Mais, moi aussi, je cours le risque de me ranger du côté de l’opinion commune et de croire que l’on parle chaque année ainsi uniquement pour apaiser les esprits ; car, nous le savons, jusqu’ici nous n’avons reçu que des paroles, bien qu’une fort importante expédition doive faire voile, dit-on, vers l’Asie, bien que tous dussent se mettre en route et que l’on dût voir les magnifiques débuts des grands événements à venir. Aujourd’hui, au contraire, l'affaire ressemble à une prophétie, si, alors que personne ne s’y prépare et qu’aucun indice ne l’annonce manifestement, un fait aussi nouveau se produit aussi brusquement sur la terre. Je serais bien étonné si une chose aussi importante se réalisait aussi facilement. Fais-moi donc savoir s’il faut s’en tenir fermement à ce qui se dit et essayer de persuader ceux qui en rient : car nous avons renoncé à convaincre par des paroles

32 SANS ADRESSE 13

λεγάτου τριηρεις καί υποσχέσεις, καί ούδέν πλέον τα εκ τοΟ Πάπα ή γραμμάτων όγκος καί σεμνότης παρά καιρόν ήξίουν δε αφοράν καί πρδς τόν ρήγα τής Κύπρου δς, ούχί δια πρέσβεων δεηθείς, άλλ’ αυτός δι’ έαυτοΟ τήν συμμαχιαν αιτησας τη τε κοινωνία τής πίστεως καί τοΟ 8ο γένους, καί τω τοσαΟτ άναλΩσαι εικότως &ν ούδενός ατυχήσαι πιστευσας, κινδυνεύει λοιπόν αύτώ τΩν ελπίδων μεμφόμενος άναστρέφειν, ούδέν ετερον εκ τής αποδημίας κερδάνας ή τό δόξ,αι μόνον άναλωτικός τις καί μεγαλόψυχος είναι - τούς δ’ εχθρούς αυτού I τοσοΟτ’ άπέσχε διά 268Γ τήν αποδημίαν φοβήσαι ώστ’ αυτούς ήδη καί προσεπήρε, πάντων αναλωμένων αύτω δι’ ων δν άλλους καλέσας αύτοις άντετάξατο. « Εί δ5 εκείνος, έ'φασκον, δικαίως δν πάντων ων έδεΐτο τυχών νΟν πανταχόθεν μάλλον ή παρά των ομογενών τήν συμμαχίαν ελπίζει, τίς ούτω μαίνεται go ώστ5 άξιοΟν ήμδς είκή κόπτεσθαι ; » Ταϋτα τούς πρέσβεις εκώλυσεν έξ,ελθειν, γράμμασιν αντί τούτων πρός τόν Πάπαν χρησαμένου τοϋ βασιλέως, δι’ ων αύτοΟ δειται τής άπολλυμένης πίστεως καί των λειπομένων Χριστιανών οίκτον λαβειν, καί πάντα ποιήσαι όσα καί αυτός εν τοΐς 95 γράμμασι συνεβούλευες. Εκείνος μεν ουν ο ποιήσει Θεός αν είδείη, εγώ δε καί αυτός κινδυνεύω τή των πολλών δόξη προστίθεσθαι, καί νομίζειν ψυχαγωγίας μόνης εΐνεκα ταΟτα λέγεσθαι καθ’ έκαστον έτος- ούδέν γάρ άλλο πλήν λόγων μόνον γινόμενον ΐσμεν, καίτοι τοσαύτης επί τήν ιοο Ασίαν, ως λέγεται, στρατιάς διαβησομένης, πάντας έδει κινείσθαι, καί των εσομένων πραγμάτων μεγάλα φαίνεσθαι τά προοίμια. ΝΟν δ’ έ'οικε τό πράγμα μαντεία τινί, ε μηδενός παρασκευαζομένου, μηδέ τινων τεκμηρίων προφαινομένων, τοσαύτη καινοτομία περί τήν οικουμένην ιοδ έξαίφνης γενήσεται- όπερ θαυμάσαιμ’ άν, εί τοσοΟτον πράγμα καθ’ ησυχίαν ούτωσί προχωρήσει. Δίδαξον τοίνυν ή μάς εί δει βεβαίως τής φήμης έ'χεσθαι, καί πείθειν τούς τούτης καταγελώντας - άπειρήκαμεν γάρ λόγοις έλέγχοντες

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ceux qui tirent leur force des faits qui nous contredisent. Seulement, dis-le toi bien : s’ils ne mettent pas à exécution aujourd’hui leurs menaces contre les Infidèles, si cette année se passe encore en décrets et en préparatifs, la capitale sera prise : voilà ce que les faits nous enseignent, comme s’ils étaient doués de la parole, et, une fois cette ville vaincue, ils seront obligés de faire la guerre contre les Barbares en Italie et sur le Rhin, non seulement contre ceux-là mais aussi contre ceux qui habitent la Méolide, le Bosphore et l’Asie entière. L’empire une fois tombé, tous ces peuples seront les esclaves des vainqueurs et ceux-ci ne seront pas satisfaits s’ils voient l’Orient tombé en esclavage et d’autres (peuples) en Occident jouir paisiblement de l’existence, mais ils se vengeront avec l’aide des Barbares de ceux qui pouvant empêcher le mal ne le voulurent pas et ils feront tout leur possible pour qu’eux aussi soient asservis avec eux. Et qu’on ne s’imagine pas que leur souhait est irréalisable : car si les Barbares, lorsqu’ils étaient seuls et pauvres, ont contraint à la servitude tant de peuples et de villes, ne leur sera-t-il pas très facile après s’être tellement agrandis de mépriser ceux qui restent? Il vaudrait donc mieux combattre les Turcs avec nous pour défendre notre ville que de combattre ensuite contre tous et courir un plus grand danger. En essayant de les (les Latins) émouvoir par ces raisonnements, tu diras des choses justes, exactes et utiles : qu’ils se décident à faire quelque chose de noble, ou mieux qu’ils le fassent, car ce n’est plus le moment de prendre une décision, mais bien de l’avoir prise.

Sans adresse.

Cydonès prie son ami de lui faire restituer un livre incriminé par le Patriarche. Cydonès blâme celui-ci de sa conduite. Il s’agit vraisemblablement du Patriarche Philothée contre lequel Cydonès écrivit deux lettres assez violentes (cf. Lettres 76 et 77).

Dieu te récompensera des efforts que tu fais pour ménager

SANS ADRESSE

τούς εκ των πραγμάτων των άντιλεγόντων κρατούντας- no ΐσθι δέ ώς εί μηδέ νΰν εις εργον αξουσι τάς κατά των ασεδων άπειλάς, άλλ3 εν τω ψηφίζεσθαι καί παρασκευάζεσθαι καί τούτο παρέλθοι τό έτος, άλώσεται μέν ή μεγάλη πόλις- τούτο γάρ μονονουχί φωνήν άφιέντα διδάσκει τά πράγματα, κρατηθείσης δέ ταύτης, περί την Ιταλίαν καί 1 1 5 τόν ‘Ρήνον άναγκασθήσονται πολεμειν τοις βαρβάροις, ούκ εκείνοις δέ μόνον, αλλά καί πδσιν οσοι τήν Μαιωτιν καί τήν Βόσπορον καί τήν Ασίαν ολην οίκοΰσι " τής γάρ βασιλείας άλούσης, πάντες ουτοι δου|λεύσουσι τοις κράτη- 268ν σουσι, καί ούκ άγαπήσουσιν εΙ τής ανατολής δουλευούσης iao άλλοι τρυφώεν επί τής εσπέρας καθήμενοι, άλλ3 άμυνοΰνται μετά των βαρβάρων τούς εξόν τά δεινά κωλύειν μη βουληθέντας, καί πάντα ποιήσουσιν ώστε μετ’ αυτών κάκείνους δουλεύειν. Καί μηδείς αδυνάτων τούτους έπιθυμήσειν οίέσθω - εί γάρ μόνοι καί πένητες οντες οι βάρβαροι ia5 τοσαΰτ3 έθνη καί πόλεις δουλεύειν ήνάγκασαν, πώς ού ρ&στον τοσαΰτα προσλαβόντας καί τών υπολοίπων καταφρονήσαι; βέλτιον ουν μεθ3 ημών υπέρ τής πόλεως πολεμήσαι τοις Τούρκοις ή πρός πάντας ειρεξής άγωνίζεσθαι, μάλλον δέ κινδυνεύειν. Τούτοις τοις λόγοις κινών αυτούς ι3ο καί δίκαια ερεΐς καί αληθή καί συμφέροντα, καί βουλευέσθωσαν γενναιόν τι δρασαι, μάλλον δέ δράτωσαν · ήδη γάρ ού χρεία βουλεύεσθαι, αλλά βεβουλεΰσθαι. 268νιι

Anepjgrapha.

Amicum suum orat Noster ut quoddam suum opusculum a Patriarcha vituperatum curet ut sibi restituatur : Patriarcham ipsum accusât, eiusque vitae mores reprehendit. Quod de Patriarcha Philotheo a Gydone dictum censeo, contra quem duas epistulas acerrimas scripsit Gydones (cf. Lettres 76 et 77)

90Γ afi

Sources AU.

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une réconciliation: il te réservera comme récompense celle des pacificateurs. Pour toutes les peines que tu t’es données pour moi, je déclare, moi aussi, te devoir de la reconnaissance et je te la témoignerai, en payant ton zèle de grands éloges, car dans la lutte que tu as menée, tu as vraiment montré ton amour de la vertu et ton amitié : le prix de la lutte eût été vraiment beau, si l’on avait voulu t’écouter ; mais puisque tu as dû dépenser en vain ton éloquence aussi belle que riche et que tu as une intelligence qui mérite d’être couronnée, ajoute donc à ce que tu as fait ce qui reste à faire et qui n’est que justice. C’est l’équité, diraient même les Scythes, que ce bref écrit me revienne en mains : le Patriarche, homme admirable, est comme Pilate : ce qu’il écrit est écrit et il s’imagine que sa haine contre moi lui procurera une gloire universelle. J’ai bien lieu de penser ainsi : car il n’a pas trouvé jusqu’ici d’autre prétexte à sa colère injustifiée, que je n’appellerai zèle que le jour oû, à l’aide de raisons sérieuses, il me convaincra de mensonge ou celui oû il déploiera son zèle contre tout ce qui aujourd’hui ne marche pas bien. Mais, tant que chaque jour il passera sous silence bon nombre de faits les plus critiquables, la décision qu’il a prise contre moi doit s’appeler autrement. Je l’accepterai peut-être même avec plaisir: j’ai conscience de n’avoir rien fait de répréhensible et ce sera aussi pour moi un motif de joie, à la pensée des récompenses réservées à ceux qu’on insulte et qu’on persécute au nom du Christ et de la vérité. Car ce n’est ni pour avoir pillé ou volé mon proche ni pour avoir commis quelque autre crime qu’on a jugé bon de m’infliger ces souffrances; on m’a demandé justice pour avoir dit la vérité : je ne ferai défection à celle-ci, pour complaire à certains, que le jour où je serai convaincu que le mensonge est plus utile qu’elle, mais tant que j’aurai mon bon sens, je préférerai suivre sa destinée. Remettons, du reste, tout cela entre les mains de Dieu qui ne permet pas de se venger de ceux qui ont commencé (à vous attaquer). Quant à toi, mon excellent ami, comme je te le disais, réclame mon écrit et envoie-le moi. Il n’y aura certainement

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ool Θεός, και σοι παρ αύτώ μισθός, δ των είρηνοποιών, αποκείσεται- των δ5 ύττέρ ημών σοι πεπονημένων, αυτός σοι φημι χάριν δφείλειν, ήν αποδώσω μακροΐς επαίνοις αμειθομενός σου τήν προθυμίαν · άτεχνώς γάρ | καί τόν 5 τής αρετής εραστήν καί τόν φίλον εδειξας εν οις ήγωνίσω ην δ αν τι καί των αγώνων αθλον καλόν, εΐ τις ήν ο βουλόμενος πείθεσθαι · επεί δέ μάτην άνηλώσθαί σοι τους ούχ ήττον καλούς ή πολλούς συμδέθηκε λόγους, εχεις (δέ) τήν γνώμην των στεφάνων αξίαν, πρόσθες δή τοίς Ι0 είργασμένοις ο λοιπόν τε καί δίκαιον · δίκαιον δ’ αν εΐποιεν καί οι Σκΰθαι επανήκειν μοι τό μικρόν γραμμάτιον · έπείπερ ο θαυμαστός πατριάρχης, κατά τό Πιλάτου, δ γεγραφε γέγραφε, καί νομίζει τό πρός εμέ μίσος δόξαν παρα πδσιν οΐσειν αύτώ. Τούτο γάρ οΐεσθαι πείθει τό χ5 μηδεμίαν άλλην πρόφασιν μέχρι νΰν εύρήσθαι τής ού δικαίας οργής, ήν τότε ζήλον καλέσω, δταν ή ψευδόμενον εκείνος με λόγοις άληθέσιν έλέγξη, ή κατά πάντα των νΟν ού καλώς γινομένων τούτον ένδείξηται. "Εως δ’ δν καθη μέραν πολλά των χειρόνων σιγή παρατρέχη, άλλο τι ao τήν κατ3 εμού ψήφον δνομαστέον · ήν οΐσω καί ίσως μεθ3 ήδονής· τό γάρ μηδέν άδικον εμαυτω συνειδέναι καί χαίρειν παρασκευάσει, τά των ύπέρ Χριστού καί τής αλήθειας όνειδιζομένων καί διωκομένων ενθυμούμενον αθλα. Ού γάρ δή λείαν τινός έλάσαντες ή χρήματα άφελό- 25 μενοι, ή τι δλλο κακουργήσαντες, ταΰτα παθείν έκρίθημεν επιτήδειοι, άλλ3 άληθείας άπαιτούμεθα δίκας, ής τότ3 άποστησόμεθά τισι χαριζόμενοι δταν καί τό ψεύδος ήμίν αύτοΐς ώφελιμώτερον εκείνης πιστεύσωμεν, εως δ3 δν ημών αύτών ώμεν, τήν μετ’ αύτής αίρησόμεθα μοίραν. 3ο Ταύτα μέν ουν άφείσθω Θεώ, δς ούδ3 άμύνασθαι συγχωρεί τούς ύπάρξαντας, σύ δ3 δπερ εφην, ω αριστε, απαιτεί τό γράμμα καί πέμπε - πάντως τά ήμέτερ3 αύτών άπαιτοΰντες

ίο δέ adilidi : om. codd.

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aucune injustice à réclamer ce qui m’appartient en propre. Si, comme cela s’est passé jusqu’ici, ce qui a été écrit, suffit, restons-y fidèle aujourd’hui encore, déposons les armes et honorons le Dieu de paix; mais s’il faut feindre aujourd’hui ce qu on ne pense pas et, au lieu de s en tenir aux preuves, parler contre la raison, je ne simulerai pas et je ne changerai pas de masque, à l’instar des comédiens, : ce n’est pas dans mes habitudes. Je resterai aux côte's de la vérité et, fort de mon droit, je réclamerai ce qui est à moi. Et, je le dis, ma réclamation sera juste.

(A JEAN CANTACUZÊNE)

Cantacuzène a, paraît-il, largement répandu sa réfutation de l’ouvrage de Prochoros Cydonès sur la lumière du Mont Thabor. Démétrius l’en blâme ouvertement. L’ouvrage de Prochoros, Disputatio de lumine Thaborio, est postérieure à la mort de Pâlamas. Cette dispute théologique-littéraire entre Prochoros et Cantacuzène eut lieu, semble-t-il, au commencement de i368 ; cette même année Prochoros fut non seulement condamné par un nouveau synode, mais obligé de reconnaître la théorie palamitique comme seule orthodoxe.

J aurais pu, pour bien des raisons, répondre en toute justice au livre que tu viens de publier contre Prochoros, ou, pour mieux dire, contre la vérité, mais je me suis abstenu, faisant passer toutes les raisons qui me poussaient à agir après la vénération que j’ai pour toi ; mais tu aurais dû, de ton côté, user d’égards envers moi et, ou bien témoigner des regrets, comme c’était juste, et faire complètement disparaître ton traité ou, à tout le moins, ne pas le produire en public et dénigrer un homme de cette valeur et que sa science met au-dessus de tous ses contemporains, ou, troisième attitude, me le faire lire à moi-même, afin que j’approuve ce que tu y disais d’opportun et que je renonce aux idées que j ai aujourd’hui pour me rallier aux tiennes et à

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ουκ αδικησομεν* ει μέν γάρ ώσπερ πρότερον άρκεΐ τά γεγραμμενα, καί νΟυ εμμενετέον εκείνοις καί καταθεμένοις 35 τά δπλα, τδν τής ειρήνης τιμητέον Θεόν · εΐ δε δει προσποιησασθαι νΟν τα μή δοκοΟντα καί τχρό των ελέγχων κατα των λογισμών κινήσαι τήν γλωτταν, εγώ μέν ούχ υποκρινοΟμαι, ουδ ωσττερ οΐ τρυγοδαίμονες αμείψω τδ πρόσωπον, ού γάρ είμι τούτων εθάς, μετά δέ τής αλήθειας 4ο ιστάμενος δικαίως απαιτήσω τα εμαυτοΟ · ψημί δέ δίκαια πΡ“^είν· ex. 90ν

Libellum quem contra Prochorum Cydonem eiusque doctrines ediderat, late, ut videtur, Cantacuzenus diffuderat j quem apertis verbis Noster coarguit. Suam disputationem de lumine Thaborio post Palamam mortuum Prochorus scripserat : eiusque controversia cum Cantacuzeno anno i368 meunte orta esse videtur j hoc ipso anno a synodo damnatus est et ad obsequium Palamitarum doctrinarum coactus 1 .

Έγώ πολλών εΐνεκα δικαίως Sv άντειπών τώ παρά σοΟ Α48νη κατά τοΟ Προχόρου, μάλλον δέ κατά τής αλήθειας, πρώην εξενηνεγμένω βιθλίω, έπέσχον, πάντα τά πρδς τοΟτό με κινοΟντα τής εις σέ τιμής δεύτερα θέμενος· έχρήν δέ καί σέ τήν έμήν εύλάθειαν αίσχυνθήναι, καί ή μεταγνόντα 5 παντάπασιν, ώσπερ δίκαιον, άψανίσαι τδν λόγον, ή γοΟν μή θέατρον καθίζειν αύτώ, ανδρα τοσοΟτον καί οϋτω σοψία παρενεγκόντα πάντας τούς νΟν διασύροντα, ή', τό γε τρίτον, κάμοί τής άναγνώσεως κοινωνήσαι, ΐν’ εΐ τι καίριον ελεγες επαινέσας, ής μέν νΟν εχω δόξης άπόσχωμαι, ϊο τιμήσω δέ τά σοΙ καί τώ Παλαμδ δεδογμένα. Δήλον γάρ

Sources AU.

Tit. Ιωάννη Καντακουζήνω conieci ex epistula: anepigrapha codd.

i. Gonfer Tom. contra Prochorum in Migne GLl, col. 695.

A JEAN CANTACUZÈNE

celles de Palamas. Évidemment, vaincu par ta Muse et après avoir entendu tes paroles habiles à persuader, je n’aurais pas préféré Prochoros à la vérité. Mais, semble-t-il, tu tiens à ton traité, tu n’as pas le courage de le désavouer; bien mieux, tu lui donnes entière liberté de parole : ainsi agissent les pères envers leurs fris ; ils cherchent à grossir leurs mérites et à les faire briller devant tout le monde. Comme tu te rends compte qu’il (ton traité) est bien faible, tu n’invites à l’entendre personne de sensé, tu te contentes de convoquer ceux qui par suite de leur simplicité d’esprit en feront des éloges, tu en fais faire un grand nombre d’exemplaires, tu l’expédies partout gratuitement à ceux qui veulent bien lui faire bon accueil ; tu veux qu’ils le lisent et tu les contrains, en outre, à en faire l’éloge ; tu en as envoyé une grande quantité en Ionie, une grande quantité à Chypre, en Crète, en Palestine, en Égypte, à Trébizonde et dans la Chersonnèse et tu as rempli tout le monde de cette nouvelle théologie. La faiblesse des arguments amena les uns à penser le contraire, mais il en est aussi a qui leur ignorance a fait croire que tu disais quelque chose de sensé : car partout les gens de bon sens sont peu nombreux, nombreux, par contre, sont les fous. De ces derniers, j’en ai vu un personnellement chez nous. Tu venais de lui envoyer depuis peu ton livre ; il était si loin de pouvoir juger ce qui était écrit qu’il restait ébloui à la seule vue des caractères de l’écriture et qu’il avait besoin pour le lire du maître d ecole. Voilà les auditeurs qu il te faut, à mon avis, car tu te contentes d’aller quêter non pas des oreilles mais des langues dont tu récompenses même les éloges mensongers. Pourquoi donc ne pas me montrer de la reconnaissance à moi, qui ai laissé courir en silence tant de sottises, alors que tant de raisons me poussaient à te répondre ? Car, s il est juste de prendre la défense de ses amis, Prochoros était mon frère. II te sera, n’est-ce pas, permis de t’emporter en faveur des opinions de Palamas et de soutenir en de longs écrits la pourriture de ses idées et moi je serai coupable de prendre la défense de mon frère ! Il y a plus : on m’offensait personnellement aussi, en le calomniant, et les ânes, comme

A JEAN CANTACUZÈNE

A JEAN CANTACUZÈNE

dit le proverbe, peuvent eux aussi rendre coup pour coup. Ton traité, du reste, renferme un grand nombre de calomnies contre la vérité, qui t’amènent même à blasphémer contre la vérité première, en faveur de laquelle ceux qui interviennent en paroles et en actions ne doivent reculer devant aucun danger. Ceux qui veulent les réfuter n’ont pas beaucoup de peine ; un enfant même, comme l’on dit, pourrait le faire: ne serait-ce donc pas justice que tu me remercies de sacrifier autant de légitimes raisons, afin de sauvegarder ton honneur? Mais, sur ce point, il suffit: si tu gardes ton traité par devers toi et si tu renonces à en tirer vanité, nous ne te garderons pas rancune de ce qui s’est passé ; mais si tu interprètes mon silence, non comme une faveur mais comme une chose qui t’est due et si, par suite, tu prends la liberté de nous calomnier, alors, tout en honorant l’empereur, nous combattrons ton ouvrage et nous défendrons Dieu et nous-mêmes.

Au MÊME.

(A son frère Prochoros Cydonès.)

fin i36g.

Cydonès est à Rome avec l’empereur Jean V Paléologue : il parle de l’accueil enthousiaste des Romains et de la sympathie que lui témoignent le Pape même et tout le monde : tous veulent lui faire honneur et sont désireux d’apprendre la langue grecque1. Mais les malheurs de sa patrie rendent triste Cydonès et les controverses religieuses entre les deux Églises sont un obstacle aux démarches de l’empereur.

Ce qui est pour moi la plus grande souffrance, c’est qu’après avoir été arraché à ma patrie et à vous tous, après avoir couru bien des dangers sur terre et sur mer, je me

i. Les paroles de Coluccio Salutati nous ont montré ( Introd . , cf. p. xxxn) avec quel enthousiasme les humanistes italiens, désireux d’apprendre le grec, avaient accueilli Cydonès.

37 A JEAN GANTACUZÈNE 15-16

anno i36g exeunte.

Gum Joanne V Palaeologo Romae versatur Cydones, fratrique suo se liberalissime a Romanis viris exception scribit : quantam benevolentiam Pontifex ipse erga Nostram praestiterit ex tota epistula apparet, et quibus honoribus Latini omnes eum prosecuti sint, graecae linguae discendae studiosi. Sed patriae calamitates animum Nostri excruciant, et quae inter Graecam et Romanam Ecclesiam controversiae agitantur impedimento sunt quominus imperatoris ipsius praesentia nonnihil ad patriae salutem proficiat.

'Ημάς τό μάλιστα λυπούν τοΟτ3 εστιν, οτι τής πατρίδος Β καί υμών πάντων άφελκυσθέντες, πολλών έ'κ τε τής inc* 215ν ηπείρου καί τής θαλάττης δεινών εις πείραν ελθόντες,

Sources ΒΟ.

Tit. : τω αΰτω (τψ άδελφψ) codd.

A PROCHOROS GYDONÈS

vois privé des plaisirs dont vous jouissez et je reste sans goûter ceux d’ici. Car, ne cesser d’être occupé par les affaires de l’empereur, aller frapper chaque jour à la porte de ceux qui nous seront utiles pour celles-ci et chercher de quelle façon elles aboutiront à une issue heureuse, cela me prive de tout ce dont, quand j’étais au milieu de vous, tu le sais, nous parlions tant. Je n’ai pu encore me procurer l’amitié d’aucun des savants (d’ici) ni les entendre converser ou enseigner ou discuter. Je n’ai pas même eu le temps de me pencher sur les livres romains, et cependant cette grande ville offre sans compter science, vertu et toutes les magnificences à qui voudrait en profiter. Car quiconque a conscience de sa valeur accourt vers l’Église et vers son chef, et l’on peut voir chaque jour des troupes d'hommes qui savent et peuvent enseigner les plus nobles choses et, non moins nombreux que ceux-ci, ceux qui joignent l’acte à la parole. Mais, comme je le disais, je suis occupé à d’autres choses et, tout en ayant à portée de la main ces merveilles et ces choses (admirables) dont j’étais épris de loin, je passe à côté d’elles, à peu près comme quelqu’un qui courrait de chez lui à une source, s’assiérait à côté, puis, oubliant d’étancher sa soif, compterait ceux qui boivent et reviendrait ensuite chez lui, en rapportant sa soif. Au reste, aucun de ceux qui passent ici pour être quelque chose ne m’ignore complètement, mais les plus grands d’entre eux et ceux qui commandent aux autres me connaissent et m’aiment et m’invitent chez eux : ils ont plaisir à me parler et plus de plaisir encore à m’entendre, et fréquentent aussi chez moi ceux qui leur sont inférieurs par la fortune ou par la situation, mais non en vertu. Tous ont plaisir à me rencontrer ; ils considèrent comme un gain ce qu’ils m’entendent dire, ils se fâchent lorsqu’ils m’entendent parler de retour, ils cherchent à me retenir, même malgré moi et me promettent Rome et leur compagnie en échange de mes amis et de ma patrie. Et celui qui est leur chef à tous et leur guide à tous croit que ma présence ne sera pas peu utile à ses afiaires : aussi m’accorde-t-il honneurs et audiences dès aujourd’hui et m’en promet d’autres, si je reste encore

38 A PROCHOROS GYDONÈS

των τε παρ ύμίν ήδέωυ άπεστερήμεθα καί τδν ενταύθα μένομεν άγευστοι· τό γάρ συνεχώς τοις πράγμασι τοΟ 5 βασιλεως προσκεισθαι, καί των πρύς ταΰτα συμπραζόντων ήμιν καθη μέραν τάς θύρας περιιέναι, καί ζητεΐν δπως ταΟτ5 επί συνοισόν τι τελευτήσει, πάντων ήμδς άφίστησιν ων εΐνεκα παροντες ύμίν, ώς οίσθα, τούς πολλούς εποιούμεθα λόγους· καί ούτε των σοφών τις ήμιν γέγονε φίλος, ίο ού'θ ομιλούντων ή διδασκόντων ή διαλεγομένων ήκούσαμεν άλλ’ ουδέ σχολή τις ήμιν γέγονε 'Ρωμαϊκοίς βιδλίοις έγκύψαι, καίτοι καί σοφίας καί αρετής καί των σεμνών πάντων τής μεγάλης πόλεως πολλήν ευπορίαν, εΐ τις βούλοιτο χρήσθαι, παρεχομένης. Πδς γάρ μέγα τι εαυτώ ι5 συνειδώς επί τήν εκκλησίαν και τον ταύτης αρχοντα τρέχει, καί ΐδοις δν καθημέραν άγέλας των τά μεγάλα καί είδότων καί δυναμένων διδάσκειν, καί τούτων οόκ έλάττους τούς καί το πράττειν οις λέγουσι προστιθέντας· άλλ3, δπερ εφην, αλλοις προσέχοντες, τά θαυμαστά ταΰτα εν χεροιν 20 εχοντες καί ών πόρρωθεν εγλιχόμεθα παρατρέχομεν, παραπλήσιον ώσπερ δν εΐ τις οΐκοθεν δραμών επί τήν πηγήν καί παρακαθήμενος, εΐτ3 άμελήσας τό δίψος παραμυθείσθαι τούς πίνοντας άριθμοίη καί μετά ταΰτ3 έπανήκοι τήν ένδειαν περιφέρων. Πλήν ούδείς των ενταύθα δοκούντων 25 εΐναί τι παντάπασιν ήμδς αγνοεί, αλλά καί ΐσασι καί φιλοΰσι καί καλοΟσι μέν παρ’ εαυτούς ot μέγιστοι καί των άλλων ήγούμενοι, καί λέγουσί τι πρός ήμδς ήδέως καί άκούουσιν ήδιον, φοιτωσι δέ παρ3 ήμδς οΐ μετ’ εκείνους μέν τοις πράγμασι καί τή τύχη, τήν δ3 αρετήν ούκ 3ο έλάττους- πάντες δέ χαίρουσιν εντυγχάνοντες, καί κέρδος καλοΰσιν δ τι δν των ήμετέρων άκούσωσι, καί τήν επάνοδον άκούοντες αχθονται καί πειρώνται καί ακοντας κατασχείν, αντί των φίλων καί τής πατρίδος τήν 'Ρώμην καί εαυτούς ύπισχνούμενοι. Ό δέ πάντων μέν αρχών, πάντων δέ 35 ήγεμών ούκ ολίγον συνοίσειν | τοις αυτού πράγμασι τήν 216Γ

2 4 έπανήκοί correxi : έ— ανήκει codd.

A PROCHOROS CYDONÈS 3g

un peu. Mais tout m’est insipide, car je pense au sort de ma patrie, à nos ennemis qui rient de nous, et (je me dis) que dans l’avenir ses murs seront pour nous une prison et que du haut de ceux-ci nous verrons les ennemis emmener leur butin, car, pour le moment, je n’ai rien réussi à conclure de ce à quoi j’ai travaillé. Les Romains, en effet, nous reprochent nos croyances sur la divinité comme n’étant pas bonnes ainsi que nos innovations au sujet de l’Église et de la foi et ils qualifient de châtiments de ces croyances l’insolence des Barbares. Cela me rend le séjour pénible et, par ailleurs, le retour amer : si je reste, les critiques de mes concitoyens me seront douleureuses, si je reviens, leurs malheurs auxquels s’ajouteront les miens me tourmenteront. Prie donc Dieu de me guider vers la solution avantageuse ; celui qui ne le prie pas ne saurait obtenir aucun bien, et ta vie, qui te donne un grand crédit auprès de lui, l’inclinera aisément à me venir en aide, lui qui est bon.

Sans adresse.

(Contre le Patriarche Philothée) (P)

Contre un ecclésiastique qui avait offensé la mémoire de Prochoros et critiqué sa doctrine. 11 s’agit vraisemblablement du Patriarche Philothée. Nous ne connaissons pas l’année de la mort de Prochoros, mais il dut mourir entre i36g (la lettre précédente le montre encore en vie cette année), et 1376, dernière année du second patriarchat de Philothée1.

Je ne sais quel tort je t’ai fait dans le passé pour montrer cet empressement à me calomnier dans une réunion commune car c’est moi qui étais l’offensé quand tu poursuivais Prochoros, qui ne t’avait fait, lui non plus, jamais de mal. Pourtant, à supposer même que tes reproches fussent justifiés, tu

1. Nous sommes portés, cependant , à croire que Prochoros n’a pas survécu longtemps à la condamnation du synode de 1 368 et qu’il est mort vers 1370.

39 A PROCHOROS CYDONÈS 16-17

ÀNEPIGRA.PHA.

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