ΚΑΤΑ TOT ΠΑΤΡΙΑΡΧΟΤ ΦΙΛΟΘΕΟΥ
Contra ecclesiasticum quemdam, qui Prochori fratris memoriam violaverat eiusque doctrinas vituperaverat, quem Patriarcham Philotheum esse censeo plurimis de causis. Quo anno Prochorus Cydonis frater mortuus sit non liquet, sed anno i36g adhuc in vita Prochorum fuisse ex superiore epistula constat, anno autem 1876, qui Philothei patriarchatui finem imponit, iam Prochorum decessisse aliunde quoque apparet : anno 1369 vel 1870 mors eius tribuenda videtur.
inc. 153Τ
Sources AU.
Tit. : (κατά του πατριάρχου Φιλοθέου) conieci ex hac epistula et ex duobus ad Patriarcham missis (confer ep. 76, 77) sed incertum : Anepigrapha codd.
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aurais agi avec équité, en l’épargnant lui aussi à cause de moi, à moins que l’amitié, que tu feins d’avoir pour moi, ne soit toute en paroles ; en fait, même en me mettant à part, il ne méritait pas par lui-même d’être traité pareillement. C’était un homme, dont la vie était au-dessus de toute critique, qui, par son savoir, surpassait d’une façon surprenante tous ses contemporains et qui, par sa doctrine, en matière de théologie, même si tu te fâches de cela, rivalisait avec les meilleurs, et, par ses paroles comme par ses écrits, fermait la bouche à ceux dont la conscience est endurcie. Quoi qu’il en soit, si ni par égard pour moi ni par respect de sa vertu tu ne voulais rester tranquille, il te fallait, au moins, avoir égard à ton renom et craindre que contredire l’opinion générale ne te fasse critiquer et qu’à ton insu, tu ne récoltes des accusateurs en ceux que tu voulais fasciner par ton discours. Car, c’est l’avis partagé en commun par ceux qui étaient réunis là, de ceux qui habitent la ville et de tous ceux qui ont du bon sens : contre ces nouvelles doctrines rien n’est plus efficace que ses paroles et tous partagent cette opinion que celui qui ne les approuve pas est autant un ignorant qu’un fou. C’est ce qui t’est arrivé à toi, qui ne t’es pas gardé de ces bavardages : car il n’y eut personne parmi les auditeurs présents qui ne se levât et ne maudît la jalousie qui pousse tout le monde à attenter à la renommée des meilleurs ; et le lendemain, je trouvai moi-même le palais rempli de semblables discours et tous juraient n’avoir jamais entendu paroles plus injustes ni plus impudentes. Et d’autres ajoutaient que c’était une manifestation inopportune, que de semblables niaiseries n’étaient nullement de mise pour les deuils, pas plus que de trouver dans le malheur d’autrui l’occasion de faire étalage (de ton verbiage). Il est, en effet, ridicule d’imaginer qu’on console ceux qui souffrent pour des raisons semblables, en offensant et en insultant ceux qui ont disparu, tandis que nous essayons surtout, par notre présence, d’adoucir leur douleur, en faisant l’éloge des morts. Personnellement donc, si j’avais de l’animosité contre toi, je ne trouverais rien de plus terrible à souhaiter pour mieux me venger que de te voir
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κακώς με προθυμήθης είπεΐν αυτός γάρ ύβριζόμην οτε τόν Πρόχορον ήλαυυες, ούδ3 αύτδυ ουδέποτε σε ήδικηκότα* καίτοι, εί γε καί μετ αλήθειας ήν τά εγκλήματα, δίκαι3 &υ εποιεις δι έμε κακείυου φειδόμενος, εί μή παντελώς 5 λόγος άλλως ήυ πρός εμέ πλάττη φιλίαν νΟν δέ, καί χωρίς εμοΟ, δΕ εαυτόν εκείνος ούκ επιτήδειος ήν τοιαΟτα άκούειν, άνήρ καί Ιδιους κρείττον μέμψεως, καί λόγων ενεκα τους εφ εαυτού πάντας θαυμαστόν όσον υπερβαλλόμενος, καί τη περί τό θειον δόξη, καν δυσχεραίνης, Ι0 τοΐς μεν ακροις αμιλληθείς, τοΐς δέ κεκαυτηριασμένοις τήν συνείδησιν τούτοις καί λόγοις καί γράμμασιν έμψράξας τα στόματα. Αλλα μην ει μήτε τούμόν εν λόγω ποιούμενος μήτε τήν εκείνου δυσωπούμενος αρετήν, ήσυχάζειν Ι6ούλου, τής γοΟν σαυτού δόξης εδει φροντίσαι, μή σοί τινα ι5 μέμψιν τό τοΐς κοινή δοκοΟσιν άντιλέγειν ενέγκη, καί λαθης κατήγορους κτησαμενος ους τή δημηγορία τέρπειν προείλου· κοινή γάρ δόξα καί των αυτόθι συναθροισθέντων καί των τήν πόλιν οίκούντων καί πασιν οσοις ένεστι νους πρός τα νεα ταυτι μηδέν των εκείνου λόγων ίσχυρότερον ao είναι, καί τόν εκείνα μή επαινουντα ούκ αμαθή μάλλον ή άναίσθητον κοινή πόιντες οΐονται. "Ο δή ool μή φυλαξαμένω τήν λαλιάν εκείνην συμβέδηκεν ούδείς γάρ των Ικει καθημένων άναστάς ού κατηρατο τω φθόνω δι’ ον πάντες τή δόξη των (δελτιόνων έπιβουλεύουσι- κάγώ τή υστεραία a5 τα (δασίλεια των λόγων τούτων ευρον εμπεπλησμένα, πάντων όμνύντων μηδέποτε μήτ3 άδικωτέρων μήτ3 άναισχυντοτέρων λόγων ακοΰσαι· άλλοι δέ καί τήν άκαιρίαν προσετίθεσαν, καί τό μηδαμώς κήδεσι τάς τοιαύτας αδολεσχίας προσήκειν, καί καιρόν επιδείξεως τάς των 3ο άλλων δυστυχίας ποιεΐσθαι- γελοιον γάρ ίίβρεσι καί δυσφημίαις των οίχομένων οΐεσθαι τούς !φ3 ομοίοις άλγοΟντας παραμυθεΐσθαι, οις παρόντες μάλιστα τοΐς των τεθνηκότων
17 SANS ADRESSE 4i
craindre les meilleurs des hommes, pendant leur vie et les accuser, après leur mort, puisque tu ne pouvais les confondre de leur vivant. Mais, puisque je ne songe pas encore à briser mon amitié avec toi, j’agirai en toute justice en te donnant ces conseils qui, si tu les suis, te seront profitables et m’éviteront, j’espère, à l’avenir, tout ennui avec toi. Je t’en prie donc, par amour pour Dieu et pour la religion, qui nous est commune, ne t’occupe en rien ni de Prochoros ni de moi, ne dis rien de nous ni en bien ni en mal, mais comporte-toi (envers nous) comme envers des gens qui n’ont jamais existé et, comme tu ne dirais rien d’eux, ainsi garde le silence à notre égard. Mais, si vraiment tu as besoin de dire du mal de l’un des deux, laisse-le tranquille, lui ; tourne-toi contre moi et réjouis-toi de m’attaquer en paroles, si tu en as le temps, car les imperfections de ma vie faciliteront tes attaques et peutêtre trouveras-tu des gens pour t’approuver. En fait, tu vois quelle honte il y a à chercher à déchirer Prochoros, après sa mort, car, alors qu’il était encore en vie et capable de parler, ceux qui étaient pleins d’audace, tels des choucas, pris subitement de crainte à la vue d’un énorme vautour, avant qu’il ne parût, s’enfuyaient, en poussant les hauts cris. Mais si tu mets en avant l’Eglise, si, comme maître, tu crains par ton silence de trahir la dignité des maîtres — c’est bien ainsi que tu t’appelles — de manière à ne pas avoir l’air, si tu te tais, de t’être vainement opposé à nous, alors personne ne t’empêchera, si tu le désires, de faire étalage (de ta science); mais, à une condition : observe les lois, en combattant. Le maître les transgresse qui, au lieu de chercher à persuader, insulte, comme c’est le propre des femmes et de ceux qui sont incapables par leur faiblesse de se défendre, ce que tout le monde sait. Prends donc ses ouvrages, car cet homme n’est pas mort sans avoir parlé, et, après t’être rendu compte de la force de ses arguments, oppose-leur, si tu peux, les tiens que tu dis plus sensés: si ceux qui sont à même déjuger des sujets de ce genre préfèrent les tiens aux siens, aie confiance et réclame la couronne; qu’elle soit même, si tu le veux, en or, comme aux Panathénées : alors tout le monde dira du
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mal de Prochoros et te saluera en toute justice du titre de maître. Mais si tu ne t’inquiètes pas d’essayer de nous persuader, si tu espères remporter la victoire rien que par des injures et par des offenses, j’hésiterai personnellement à te répondre avec les mêmes armes, car je ne voudrais pas repousser les vilenies d’autrui par des vilenies. Là encore j’imiterai Prochoros qui, insulté par le métropolite d’Ephèse, ne voulut pas répondre par l’insulte, mais se contenta de dire, en souriant, au synode : « Voilà qui vous convient! Un évêque qui connaît mieux l’art d’insulter que la théologie ! » Pour moi donc, comme je l’ai dit, je garderai le silence, estimant tirer suffisamment vengeance de toi, du fait que, pour le moment, afin d’obtenir quelque avantage personnel tu parles publiquement contre la vérité et que sous peu tu diras le contraire, lorsque tu verras que l’avantage est du côté opposé ; car, c’est une chose que tu as supportée souvent plutôt que tu ne l’as faite: l’expérience l’a montré à tout le monde. Mais prends garde que quelque autre dieu ne réveille les Troyens et qu’ayant négligé de discuter et d’enseigner comme toi, ils ne s’occupent de ta vie et ne disent des choses qui te suffoqueront. Tu sais de quoi il s’agit, et tu l’as dit. Plus ils sembleront dire des choses exactes, moins personne n’osera comparer Prochoros à toi pour la vertu. Je parle en toute assurance, car j’ai tout le monde d’accord avec moi.
A CALOPHÉROS
i3jo.
Cydonès, revenu d’un long voyage, vient de débarquer dans le Péloponèse. il a reçu les lettres de Calophéros et se réjouit de le savoir parti pour l’Italie : Cydonès en est revenu, mais uniquement parce qu’il ne voulait pas laisser revenir tout seul l’empereur ; autrement il serait resté à Rome ; il pense de nouveau repartir ; il voudrait aller en France. La lettre a été écrite aussitôt après le retour en Grèce de Jean V Palcologue que Cydonès avait accompagné dans son voyage en Italie.
J’ai échappé à cette longue pérégrination, à sa fatigue et à ces tourments qui n’étaient qu'inutiles et sans le moindre
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Post longum iter Cydones in Peloponnesum navem appellit ; Calopheri epistulam accepit, eumque in Italiam profectum esse cognovit, quam ob rem laetalur. Ipse ex Italia nuper rediit cum Joanne V Palaeologo imperatore, quem in patriam incomitatum redire non passus est. Quod nisi fuisset, Romæ diutius moratus esset : iam cum nuper domum redierit, rursus ad Galliam profecturus est.
Source Β.
214r aa
A CALOPHÉROS
profit, quel qu’il soit, pour ma patrie. Le Péloponnèse m’a accueilli et a allégé mes peines de bien des manières, mais surtout en me gratifiant de tes lettres. Je les désirais depuis longtemps; aujourd’hui que je les ai, c’est le plus grand bonheur, à mon avis, qui me soit arrivé. Par elles, j’ai appris les ennuis que te causaient ces envieux et comment te sauva de leurs traits le Seigneur, qui défend toujours ceux qu’on jalouse. En tout cas, même si tu ne voulais pas me l’écrire, j’aurais affirmé, à coup sûr, qu’il en aurait été ainsi, car partout la jalousie attaque les honnêtes gens et toi, qui souvent t’es mesuré avec cette bête féroce, non seulement tu as été plus fort que ses morsures, mais tu as triomphé des envieux et les très grands honneurs que tu as obtenus après la guerre ont rendu leur défaite plus douloureuse ; ainsi tu leur faisais payer, en toute équité, leur fureur insensée. Je t’ai approuvé d’avoir voulu t’éloigner de ces Telchines, pour voir l’Italie et jouir de la sécurité en ces régions. Car, ce n’est pas être sensé que d’habiter longtemps avec de méchantes gens, surtout avec des gens qui regardent comme un malheur (personnel) le bonheur de ceux qui vivent à leurs côtés. D’abord, en effet, en admettant que celui qui vit avec eux soit au-dessus de leur manière de penser et d’agir, même dans ce cas, la compagnie des méchants a en soi quelque chose de pénible; ensuite, il n’y aurait rien de surprenant à ce qu’en vivant avec eux pendant longtemps on n’en éprouvât quelque préjudice. Car, ne jamais s’irriter lorsqu’on vous frappe sans arrêt, c’est vraiment une vertu divine et au-dessus de la nature humaine, tandis que la victoire sourit tantôt à l’un, tantôt à l’autre. Nous le savons, la jalousie de Mélitos fut cause que Socrate but la ciguë et que Palamède, parce que les Grecs souffraient de cette même intirmité, fut lapidé contre toute justice. Il n’est donc pas prudent de devenir les compagnons de ceux que nos avantages irritent. Plus que tout, l’Italie sera prête à te préserver d’eux, à t’offrir la compagnie d’hommes excellents, qui, par caractère, non seulement si quelqu’un réussit ne s’en affligent pas, mais partagent la joie des gens qui sont estimés, les aident de
A CALOPHÉROS