‹ Démétrius Cydonès: correspondanceChapitre 38 sur 101 · A GALOPHÉROS · texte numérisé non relu

A GALOPHÉROS

leurs efforts et regardent comme un avantage personnel la gloire de ces personnes. Je connais par expérience des hommes de cette nature à Rome ; quand j’étais présent, ils témoignaient leur joie et cherchaient à m’honorer de toutes les manières; si j’étais absent, ils se souvenaient de moi en termes amicaux et voulaient me conserver auprès d’eux et n’hésitaient même pas à me supplier. Toi aussi, tu connais ces hommes et tu sais combien, pour avoir vécu avec eux, ta fortune et ta renommée y ont gagné. 11 est donc naturel de chercher à revenir vers ceux qui furent pour toi les auteurs du bonheur. J’aurais bien partagé avec toi, moi aussi, puisque tu le désires, les fatigues de la traversée et, comme tu le dis, nous aurions été d’une grande ressource l’un pour l’autre, si je ne sais quelle pudeur stupide ne m’avait retenu. J’aurais été gêné, parce que je suis parti avec l’empereur, de reparaître sans lui aux yeux de mes concitoyens : c’est là la raison qui m’a fait négliger Rome et les honneurs que j’y recevais; mais maintenant que j’ai suffisamment satisfait à ce scrupule de conscience envers l’empereur et qu’il est revenu, on ne saurait me blâmer de faire ce qui me plaît. Aussi, au printemps, je pense visiter la Gaule, si Dieu me l’octroie, pour explorer le pays et me rencontrer avec les dialecticiens de là-bas, dont l’art n’est pas moins important pour mon bonheur, à mon avis, que les lois de l’Égypte, et aussi pour me perfectionner dans la connaissance de la langue qu’il serait honteux de ne pas connaître parfaitement, car elle me semble être proche déjà de la perfection. Si donc tu as plaisir à te trouver avec moi et si tu veux jouir de mes qualités, comme tu dis, viens ici aussi et tu y verras ton ami, et, tout en donnant alors bien peu de moi-même, je profiterai, je le sais fort bien, plus et mieux de toi.

i3yo-i3y6 ou i3yg-i3gi ?

Conrad d’Ancône a besoin de l’aide de l’empereur : il est main-

44 A CALOPIIÉllOS

μή δόικνεσθαι, άλλα καί συνήδεσθαι τοΐς ευδοκιμούσι, καί συμπροθυμεΐσθαι, καί κέρδος αύτών τήν εκείνων δόξαν ήγεΐσθαι. Οΐων εγώ των άνδρών εν ‘Ρώμη πεπείραμαιπαρόντι τε yàp έχαιρον καί πασιν οίς είχον ετίμων, καί άττόντος μετ’ ευφημίας έμέμνηντο, καί -παρ’ εαυτοΐς έχειν 4ο έθούλοντο, ούκ όκνούντες καί δεΐσθαι- σύ δε καί αυτός οΤσθα τούς άνδρας, καί δσον εκείνοις συγγεγονώς καί τοΐς ουσι καί τη δόξη προσέθηκας· καλόν ουν επί τάς άφορμάς των αγαθών έπανήκειν. Έκοινώνησα | δ’ αν σοι καί αυτός, 215Γ επεί τούτο βούλει, καί τού πλοΰ καί των πόνων, καί μέγα 45 αν, ως φής, ή μεν άλλήλοις, εΐ μή μέ τις άλογος έπέσχεν αιδώς, αίσχυνόμενον συναποδημήσαντα τω βασιλεΐ, χωρίς εκείνου τοΐς πολίταις οφθήναι, δ με καί της ‘Ρώμης έπεισε καί των αυτόθι καταφρονήσαι τιμών επεί δε τά πρός εκείνον ίκανώς άφοσίωται καί ο βασιλεύς έπανήκεν, 5ο ούδ’ ήμΐν έγκλημα πρόιξαι τό δοκουν. "Ωστ1 ήρος διανοούμαι τάς Γαλλίας ίδεΐν, αν Θεός επιτρέπη, τήν τε χώραν ιστόρησών καί τοΐς αυτόθι διαλεκτικοΐς συνεσόμενος, ών τής τέχνης καί τούς τής Αίγυπτου νόμους έλάττους εις ευδαιμονίας λόγον νομίζω, αμα δε καί τή 55 γλώττη προσθήσων, ήν αισχρόν μή πρός τό άκριθές έξασκήσαι, εγγύς ήδη τού τέλους δοκούσαν άφΐχθαι. Εί δη χαίρεις ήμΐν συνών, καί βούλει τών παρ’ ήμΐν καλών, ως φής, άπολαύειν, εκεί καί αυτός γενόμενος δψει τόν φίλον, καί τότε ολίγων σοι τών παρ’ ήμΐν μεταδόντες ευ οιδ’ δτι 6ο πλείω καί μείζω τών ύμετέρων άντιληψόμεθα. 215Γι3

i3yo-i3y6 an i3yg-i3gi ?

Conradus Anconitanus imperatoris auxilio eget : in Graecia nunc

Sources AUk.

Tit. : (Τω βασιλεΐ Ιωάννη Παλαιολόγο)} conieci, ut ex epistula colligi potest : anepigrapha codd.

tenant en Grèce, et se trouve dans une situation difficile. Cydonès engage l’empereur Jean V Paléologue à se souvenir des honneurs que Conrad leur fit accorder, quand ils touchèrent Ancône, alors qu’ils faisaient voile pour Venise.

Tu connais, ô empereur, Conrad d’Ancône, cet homme sage, juste, doux, plein de bon sens, qui aurait dépensé bien volontiers (sa fortune) pour faire tes volontés, qui t’a rendu bien des services et qui, à cause de toi, nous a été bien utile à nous-mêmes, lorsqu’en ta compagnie, nous nous arrêtions à Ancône, quand nous naviguions sur la mer Ionienne; cet homme, dis-je, qui persuada sa ville natale entière de se porter en dehors des portes et de te rendre alors de si grands honneurs, cet homme, à qui toi-même, pour récompenser ce zèle, tu conféras par lettres autographes l’exemption d’impôts dans la capitale, eh bien, les pertes subies par sa patrie ont nui d’abord à sa maison et, en dépensant une grande partie de sa fortune pour celle-là, il n’a plus rien et voilà qu’un mal lui est tombé sur les pieds et Ta condamné au lit, lui qui auparavant avait des ailes : il git immobile comme les pierres, il se désole de ne pouvoir se servir de ses pieds pour procurer le nécessaire à sa famille, il se désole non moins de voir la maladie l’empêcher d’accourir auprès de toi, lui qui bien des fois fit voile pour te voir, sans avoir de raison pour venir dans la capitale : il est convaincu que toi seul pourrais le secourir dans son besoin. Au reste, tout cloué au lit qu’il soit, il n’a pas renoncé à ses belles espérances, mais sachant combien tu es secourable envers ceux que le malheur accable, il a envoyé une lettre à ta Majesté et une autre à moi, pour que je fasse appel en sa faveur à ta bonté d’àme. Pour l’amour de Dieu, ô empereur, accorde quelques secours à un homme qui a servi tes volontés, bien des fois, par ce qu’il a fait et qui les exécuterait encore plus souvent par ce qu’il serait disposé à faire. En lui faisant du bien, tu engageras nombre de gens à montrer plus d’empressement à travailler pour toi. Je ne demande rien d’excessif ni qu’on puisse trouver lourd ou contraire aux circonstances présentes, mais seulement un don qui ne semble pas trop inférieur aux ser-

versatur et reram inopia excruciatur. Imporatorem (Joannem V Palaeologum) Cydones admonet quot et quantis honoribus, Conrado auctore, Anconitani omnes Joannem et Gydonem prosecuti sint, cum Anconam appulerint antequam Venetias ad urbem solverent.

ΟΪσθα, βασιλεύ, τον εξ Άγκωνος Κορράδον, τον σώφρονα A καί επιεική καί πρδον καί φρόνιμον, καί ήδιστα αν 1 3GV a 6 ύπέρ των σοι δοκούντων άναλωθέντα, καί πολλά σοι ρέν ύπηρετηκότα, πολλά δέ διά σε καί ή μας πάντας | ώφελη- 131Γ κότα, δτε τδν Αγκώνα μετά σοΰ παραπλέοντες τόν Ίόνιον 5 εσχομεν, εκείνον λέγω τόν την πατρίδα πάσαν πεπεικότα, των πυλών προχυθεΐσαν, ταΐς μεγάλαις σε τιμαΐς τότε τιμήσαι, καί ω σύ της προθυμίας εκείνης άμειβόμενος, διά των τής χειρός γραμμάτων, έν τή μεγάλη πόλει ατέλειαν εδωρήσω. Τούτω μεν οδν καί αί τής πατρίδος ζημίαι τόν ίο οίκον πρότερον έβλαψαν, πολύ δέ καί ούτος τής ουσίας ύπέρ αυτής άναλίσκων εκένωσε' νΟν δέ καί τοΐς ποσίν άλγος έπιπεσόν, τή κλίνη τόν πριν ύπόπτερον έδωκεν καί κειται κατά τούς λίθους, αλγών μεν δτι μή δύναιτο τοΐν ποδοίν χρώμενος τροψάς οικία συλλέγειν, αλγών δ’ ούχ ι5 ήττον δτι καί παρά σε δραμειν υπό τής νόσου κωλύεται, ύπέρ ου πολλάκις, καί μηδέν τής μεγάλης πόλεως δεόμενος, επλευσε, καί δν μόνον αύτω παραμυθήσεσθαι την ενδειαν πέπεισται. Πλήν ούδ3 ουτω κείμενος των χρηστών ελπίδων ύψήκεν, άλλ” ειδώς οιος σύ τοΐς πιεζομενοις ao επίκουρος, γράμματα τά μέν τή σή κορυψή, τά δ εμοί πέπομψεν, ύπέρ αύτοΰ τής σής φιλανθρωπίας δεησομένω.

Πρός ΘεοΟ τοίνυν, βασιλεύ, νεΐμόν τι βοήθειας ανθρωπω πολλά μέν οις έπραξε, πλείω δέ οις προτεθύμηται, τοΐς σοι δοκούσι διακονήσαντι, καί ον ευ ποιήσας πολλούς εν 25 τοΐς ύπέρ σοΟ πόνοις προθυμοτέρους εργάση· ΑιτοΟμεν δε ουδέν μέΥα, ούδ’ otov αν φορτικόν καί παρά τόν καιρόν νομισθή ναι, άλλ3 δσον μή πάνυ δοκεΐν των εκεινω προς

ι Κορράδον correxi : Κορράδον codd. || 5 παραπλέοντες τόν Ίόνιον Ak : τόν Ίόνιον παραπλέοντες U.

vices qu’il nous a rendus. Du reste, tout le monde dirait, connaissant ton caractère, que même s’il te demandait mille fois plus, il ne semblerait pas dépasser la mesure, car plus on est élevé en dignité, plus aussi les dons des princes doivent l’emporter sur les contributions des simples particuliers. Mais, eu égard aux circonstances, n’examinons pas de près cette question et contentons-nous de promettre un don qui ne gêne pas le trésor et qui lui permette à lui de respirer un peu. Et lui aussi te donnera, vraisemblablement, quelque chose en échange, le seul tribut que les malades puissent apporter à ceux qui sont bien portants, lorsque, heureux du don qu’ils ont reçu, ils prient Dieu de conserver la santé à leurs bienfaiteurs.

A CALOPHÉROS

La guerre entre Génois et Vénitiens ne permet à personne d’aborder dans le Péloponèse : voilà la raison du silence de Cydonès. Pourtant Agallon a osé, contre l’avis de tout le monde, se mettre en voyage pour chercher un abri auprès de son ami. Que Calophéros veille sur lui et sur son bonheur.

De nouveau, le silence que j’ai observé jusqu’ici te donnera sujet, j’en suis convaincu, de me faire des reproches: tu diras que j’ai interrompu l’envoi de mes lettres et tu verras en cela une preuve que je t’oublie complètement. Mais si tu m’accuses ainsi, tu seras injuste, je le dis : car s’il y a quelqu’un que tu as vu se hâter de venir d’ici dans le Péloponnèse sans lettre de moi, persiste dans ton occupation qui, la chose n’est pas douteuse, sera, en toute justice, couronnée de succès. Mais, si les voyages par mer aussi bien que les voyages par terre sont arrêtés par la guerre des marchands2,

i. Le contenu de la lettre ne permet pas d’en fixer avec précision la date ; nous penchons cependant à croire que Gydonès fait allusion à la guerre entre Gènes et Venise, en i 3"73-i38 i plutôt qu’à celle de

a. Cf. Note p. 16.

Bellum inter Genuenses et Yenetos impedit quominus ad Peloponnesum naves ullae appellantur : quod impedimentum causa fuit qua nullam a Cydone epistulam Calopherus adhuc acciperet. Sed Agallon, quamvis omnes eum ab itinere deterrerent, iter suscipere ausus est ut ad amicum confugeret. Erga eum igitur Galopherus gratum animum demonstret eiusque saluti atque fortunae consulat.

29 λείπεσΟαι Ak : άπολείπεσΟαι U [| 33 τάς ίδιωτικάς εισφοράς των βασιλικών δωρεών habent codd. : corrigendum censui. 38 άντεισοίσει Uk : άνπσοίσει A.

Sources AU.

Tit. : Καλοφέρω A : anepigrapha U.

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