Cf. Biographie p. χχιν-χχν
Gydonem cognovisse manifesto apparet anno i36g quo Romam se contulit cum Joanne V imperatore. Haec epistula autem post a. i3y6 scripta videtur quo anno Andronicus IV imperium usurpavit.
fabriquées, en effet, elles se mettaient en mouvement et ne consentaient pas à rester auprès de leurs acheteurs, si on ne les attachait pas. De même, les paroles que tu prononces s’en vont bien vite je ne sais où et laissent vide la tête de ceux qui les entendent. Mais c’est contre tes ennemis et non contre tes amis que tu devrais employer cet artifice : capable, de la sorte, de triompher d eux doublement par les armes et par la parole, tu te couvrirais de gloire ; on peut tromper ses ennemis, les lois de la guerre le disent; mais s’entretenir de cette manière avec ses amis, voilà ce qu’il faut fuir comme une indignité et comme une injustice : comme il ne t’est pas permis de leur nuire par les armes, ainsi tu ne peux leur nuire même en paroles, surtout quand il s’agit d’amis à qui tu dois faire du bien en tout pour éviter d’être blâmé. Puisque je n’ai rien pu retirer de ces paroles, pour ce qui m intéressait, tu n avais pas a songer toi-même, c’était juste, a delendre ce que tu as dit, mais à dire que moi aussi, en te disant tant de choses au petit bonheur, j’avais rempli tes oreilles de fadaises, ou a montrer par ton silence que moi-même je n’avais rien entendu. Mais j’estime puéril d’avoir l’air de plaisanter à mon tour et, enlevant tout masque à mes paroles, je vais, le plus clairement que j’en serai capable, t’exposer mon sentiment.
Je ne saurais jamais entrer à ton service tant que j’aurai mon bon sens, car il n est rien qui puisse me pousser à une telle indignité. J’ai, en effet, assez d’argent, grâce à Dieu, pour suffire à mes besoins de chaque jour et ce serait ignorer ce qui est bien, à mon sens, que de chercher un honneur supérieur à celui que tout le monde me décerne; au reste, celui que tu me promets, c’est manifeste, détruirait celui que j’ai, parce qu il me serait donné avec l’esclavage. Je ne pourrais pas non plus, pour le moment, me laisser convaincre de rester dans la ville ; je vais aller auprès du Pape, à Rome, car j ai honte d’avoir été appelé déjà deux fois et par des ambassadeurs et par lettres et de ne pas avoir obéi à celui à qui toutes les lois commandent à tous d’obéir, comme un privilège particulier, car sa haute dignité l’exige. Et, à part cela, cet homme était déjà mon ami auparavant, et il me garde jusqu’à ce jour sa considération et il le fait voir, en parlant de moi en d’excellents termes, soit dans l’intimité soit en
37 οί των A : om. U || 43 ήν A : om. U.
24 A L’EMPEREUR ANDRONIG PALÉOLOGUE 57
public. Ce serait donc de l’ingratitude, alors que je devrais être le premier à lui rendre hommage, de ne pas même lui témoigner de la reconnaissance et, alors même qu’il m’invite, de refuser de me mettre en route, retenu ici par je ne sais quelles raisons aussi fortes (que celles qui devraient m’attirer vers lui), et cela surtout lorsqu il me promet que mon séjour auprès de lui sera fort utde aux affaires des Romains. Ainsi, à supposer que je puisse être de quelque utilité à ma patrie, si je reste ici, une fois là-bas, je serai bien plus utile à mes concitoyens. Tu devrais donc ne pas chercher à m’empêcher (df partir), mais même si je voulais rester, il te faudrait me prier même de partir rapidement. Pour ces raisons, donc, je partirai, à moins que la mort ne me prévienne et n’arrête mes pas. Une fois parti, jesatisferai au désir de notre Père commun, je goûterai sa compagnie qui ne peut manquer d’être très utile à ceux qui la goûtent et je reviendrai dans la ville : car je l’aime et parce quelle est la plus belle des villes et parce qu’elle est ma patrie et parce qu’elle abrite bon nombre de mes amis que je préférerais à tous les biens du monde, comme il est naturel . Ne t’imagine donc pas me détourner de ce voyage par des promesses et d’habiles discours, mais puisqu’il se fera de toute façon, si tu as besoin, toi aussi, de quoi que ce soit làbas, dis-le moi franchement ; je m’occuperai personnellement en ami de ce qui t intéresse et le Pape ne saurait écouter aucune autre prière en ta faveur plus que les miennes. Si le Sauveur me protège, une fois de retour, je demeurerai toute ma vie auprès de toi et dans la ville, et les services que je peux te rendre, dis-tu, à toi et à tout le monde, je vous les rendrai de toute mon âme et je reviendrai capable de rendre de plus grands services aux affaires de l’État ; car mon voyage maura fait amasser plus d’expérience pour elles. Je ne parle ainsi que dans la mesure où il est possible à un homme de prédire ce qu’il fera, car, en tant qu’être vivant, il est sujet a beaucoup d incertitude de la part de la nature comme de la part des choses extérieures. J’ai dit nettement ma pensée et tu ne diras pas que moi aussi je t’ai parlé par énigme
5η A L’EMPEREUR AN DR ONIC PALÉOLOGUE
A CALOPHÉROS
fin ι3γγ.
Cydones ne sait pas ou Calopheros se trouve, mais il l’engage à supplier le Pape de venir au secours de Byzance. Les Turcs sont encore plus arrogants depuis l’alliance qu’ils ont conclue avec l’empereur (Andronic IV) contre son père (Jean V) et pour prix de laquelle ils ont reçu Gallipoli. Les Génois et les Vénitiens sont eux aussi en guerre : Andronic, lorsque son père le tenait emprisonné dans la tour Anémas, avait promis Ténédos aux Génois (26 août 1876), mais les Vénitiens les avaient prévenus (le gouverneur byzantin de 1 île la remit aux Vénitiens, à Marc Giustiniani : novembre 1877). Les Génois veulent attaquer 1 île et imposent à l’empereur leur alliance : celui-ci doit, maigre lui, se préparer à la guerre (novembre 1377). Pendant ce temps, son père (Jean V) et les fils de celui-ci (Manuel et Théodore) sont en prison : Andronic les a jetés dans la
meme tour Anémas qu il avait appris à connaître lui-même.
La lettre est très intéressante au point de vue historique. On savait que les Turcs avaient pris Gallipoli en i35â ; elle avait été reprise aux Turcs par le comte de Savoie Amédée qui l’avait rendue aux Byzantins en 1867 i on ne savait pas qu’Andronic même l’avait rendue aux Turcs en 1877. P n’j a aucun doute que cette lettre a été écrite par Cydonès à la fin de l’année 1877.
Il faudrait, puisque tu m’invites à t’écrire souvent et que, comme un tribut, tu m’imposes des lettres, il faudrait que, de ton coté, tu demeures en un lieu où il me serait possible de te les envoyer. En fait, tu agis comme si tu étais un oiseau et, usant de tes ailes plus rapidement que d’habitude, tu voudrais que je te suive à pied, sous menace d’un châtiment si je reste en arrière. Vraiment, je ne sais comment faire pour t écrire, dans l’ignorance des endroits où tu séjournes ; il y aurait même aujourd’hui des gens aux yeux de qui j’avais 1 air de manquer de bon sens, en essayant d’écrire à quelqu’un qui ne recevrait jamais ma lettre. Mais comme j’ai craint d être passible d’une peine si j’abandonnais de nouveau mon poste, j’écris, tenant pour certain que tout le monde plutôt que toi lira ma lettre. Sache-le donc, person-
anno i3yy exeunte.
Ncscit Gydones ubi terrarum sit Calopherus ; sed eum ardenter hortatur ut" Pontificem (Gregorium XI) imploret ut auxilia contra Turcas mittat, qui post societatem cum imperatore (Andronico IV) contra patrem (Joannem V) initam, insolentiores facti sunt : cuius secietatis pretium Callipolim urbem obtinuerunt. Interea bellum flagrat inter Venetos et Genuenses : Àndronicus enim a pâtre in « Anemas » turri inclusus, Tenedum Genuensibus promiserat (26 Aug. 1376); sed cum Veneti eam praeoccupavissent (Byzantinus enim insulae praefectus Venetorum in manus (Marci Giustiniam) insuiam tradidit), Genuenses ad eam vi oppugnandam arma capiunt, et imperalorem ad bellum trahunt (Nov. ι3ηη) qui quamquam invitus armorum societatem recusare non potest. Hoc ipso tempore pater (Joannes V) eiusque filii (Manuel ac Theodorus) in vinculis coniecti Andronici imperatoris opéra, in ilia ipsa taeterrima turri servantur quam ipse expertus est. Magni momenti haec epistula videtur, quod ad historiam pertinet : Callipolim enim urbem a Turcis anno i354 captam, et ab iis ab Amedeo Sabaudo ereptam et Byzantinis restitutam anno 1367 cognoscebamus ; anno ι3ηη ab Andronico IV ipso Turcis traditam plane ignorabamus. — Nullum est dubium qum Cydones anno 1377 exeunte hanc epistulam scripserit.
inc. 138r
Sources AU.
A CALOPHÉROS 5g
nellement je vais bien, mais je souffre en commun avec la ville, car il n’y a rien en elle, dit-on, de bon. Notre fléau de vieille date, les Turcs sont devenus plus redoutables pour nous, rendus arrogants par 1 alliance signée avec le nouvel empereur contre son pere. Bien qu ils aient pris Gallipoli, comme prix de celle-ci, bien qu’ils se soient emparés en outre de beaucoup d’autres choses qui nous appartenaient, bien qu’ils se soient fait payer tant d’argent qu’on ne pourrait facilement le compter, ils n’ont pas encore été assez payés, disent-ils, de leur aide; ils commandent en maîtres absolus et nous devons obéir en tout ou, si nous négligeons quelque ordre, on nous emprisonne. Vodà à quel point en est leur puissance et à nous notre esclavage. A cela s’est encore ajouté le différend entre Génois et Vénitiens. Aux premiers, en effet, l’empereur avait promis de céder Ténédos, lorsqu’il était auprès d’eux, après s’être enfui de prison ; mais les Vénitiens l’ont prévenu et ils se sont emparés de l’île, et maintenant après avoir fortifié l’île et sa for¬
teresse par des murailles, des vivres, des hommes, des armes et tout ce qui peut rendre une forteresse imprenable, après y avoir laissé une garnison, ils sont partis dans l’espoir de revenir au printemps avec un grand nombre de trières. Mais les Génois ne peuvent supporter de rester en paix tant que leurs adversaires occupent l’île; ils s’imaginent, en effet, que, dans ces conditions, on les excluera de la mer et des bénéfices du commerce maritime, chose pire pour eux que d’être chassés même e force de leur patrie. Aussi songent-ils également à assiéger 1 de avec des trières, des navires, des machines de guerre et tous les moyens qu’inventent les belligérants, et ils obligent 1 empereur à prendre part à la guerre avec eux, autrement, isent-ils, il serait de connivence avec les Vénitiens pour ce vol et il préférerait ces derniers à eux. L’empereur donc pour éviter ce soupçon, a convenu de s’allier avec eux, et aujourd’hui, au milieu de tant de misère, il «prépare des armes, des munitions, des machines de guerre et des trières et il est obligé de prendre à sa solde des gens, chose plus difficile pour lui que de voler. Mais ce qui fait regarder comme egers ces maux, bien qu’ils soient graves, ce sont les maux
59 A CALOPHÉROS
A CALOPHÉROS 60
intérieurs. Le père et les frères (de l’empereur), en effet, vivent encore enfermés en des lieux d’où l’on ne peut fuir: la garde de Zeus ne paraîtrait pas aussi redoutable. Ainsi, les hommes, le soir, s’attendent, avec l’apparition des rayons du matin, à apprendre quelque chose de nouveau et, le jour, ils craignent que la nuit ne leur apporte quelque grave malheur. Ainsi tous courent le risque, comme dans une tempête, de faire naufrage : car ceux qui, même si on le leur permettait, ne pourraient pas vivre par eux-mêmes, que pourraientils faire, entourés de toutes parts des Rots de la guerre ? Contre ces maux il n’y avait qu’un seul espoir, le secours de 1 Eglise et des chrétiens de là-bas ; nous devons y renoncer, soit, semble-t-il, par suite de je ne sais quelle divinité malfaisante, soit plutôt à cause de nos fautes qui travaillent contre (nous), et empêchent même ce secours et qui, bien que tu n’aies jamais échoué dans ce que tu as entrepris te font jouer de malheur en ce cas et font que tu n’aboutis à rien. Mais il ne serait juste ni, après avoir perdu tout espoir, de nous contenter de nous lamenter ni, pour toi, de te laisser bouleverser et de renoncer à te donner du mal dans l’intérêt de la patrie. Au contraire, tiens pour noble l’émulation en cette matière, va trouver notre Père commun et parle-lui de la ruine de ses enfants ; entretiens-toi avec avec lui au moment opportun et persuade-le, même s’il fallait consentir quelque sacrifice, de mettre fin aux mesquines rivalités de ceux qui sont de la même race, pour appesantir sur les ennemis de Dieu, qui sont aussi les siens, la main de l’Eglise. Cela era de lui le Père et le Seigneur de tous, et si cela lui donne un grand renom chez les hommes, cela lui vaudra encore plus de crédit auprès de Dieu.
A CALOPHÉROS
Calophéros est à Rome, donnant des nouvelles de
Cydonès attendait de lui une lettre lui ses amis italiens et du schisme d’Occident.
A CALOPHÉROS τερον. Καί S ταϋτα, καίτοι τοιαΟτα οντα, κοΟφα πείθει λογίζεσθαι, τα Ινδόν εστί νοσήματα' ζή yàp ετι τδ βασιλεΐ 45 και δ πατήρ καί οΐ αδελφοί, είργμένοι μεν εν άφυκτοις, πλήν τοΟ δέους ελάττους δοκοΟσι καί αί Διδς φυλακαι.
Διά ταΟτα οι άνθρωποι εσπέρας μεν καινότερόν τι τής ακτινος φανείσης προσδοκδσιν άκούσεσθαι, ήμέρας δε χαλεπόν τι τούτοις οΐσειν τήν νύκτα- οιίτω πάντες ώσπερ 5ο εν χειμδνι κινδυνεύουσι καταδΟναι' | οι yàp μηδ ει τις 138ν αυτούς εώη, καθ’ αυτούς δυνάμενοι ζήν, τίνες &ν γενοιντο πανταχόθεν πολέμοις περικλυζόμενοι \ Προς ταΟτα μια η παρά τής εκκλησίας καί των εκεί Χριστιανών συμμαχια, ήν έλπίζοντες άπειρήκαμεν, δαίμονός τίνος, ως εοικεν, ή 55 μάλλον των ήμετέρων αμαρτημάτων άντιπραττοντων, a καί ταύτην κωλύει, καί σέ, καίτοι μηδενδς πωποθ αμαρτοντα των έπιχειρηθέντων, εις τοΟτ’ άτυχή καί μηδέν ανυοντα δείκνυσιν. Άλλ’ οΰθ’ ημάς δίκαιον τήν αγαθήν ελπίδα προδόντας μόνον θρηνειν, ούτε σε τδν υπέρ τής πατρίδος 6ο πόνων ίλιγγιάσαντα άποστήναι' άλλ’ άγαθόν νομίσας τήν εν τούτοις φιλονεικίαν, πρόσιθι τδ κοινω πατρι, και περί τής τδν παίδων καταστροφής διαλεχθητι- εις καιρόν δε αύτδ σύνει, καί πεισον εΐ τι καί ελαττωθήναι δέοι, καταλύσαντα τάς εμφυλίους μικροψυχίας τοίς εχθροις τοΟ 65 ΘεοΟ καί αύτοΟ τήν χείρα τής εκκλησίας έπαγαγείν δ πατέρα μέν αυτόν καί δεσπότην πάντων ποιήσει, πολλής δ’ αύτδ παρ’ άνθρώποις δόξης, μείζονος δε πρός τον Θεόν παρρησίας αίτιον εσται. 138’
In urbe Roma versatur Galopherus : a quo epistulam sperabat Cydones ubi de Italicis amicis atque de Occidentali schismate Calo-
Source AU.
A CALOPHÉROS 61
Le Péloponèse est ravagé par la guerre entre Génois et Vénitiens ( 1 373- 1 38 1 ) . Cydonès engage Calophéros à profiter de l’influence dont il jouit auprès du Pape (Urbain VI : 1378-1889) pour solliciter de lui un secours en faveur de Byzance : il serait sage d’employer les armes dont les Latins usent maintenant les uns contre les autres pour venir en aide a Byzance. Cydonès rappelle son voyage à Rome et parle des amis qu’il y a connus.
Je ne me serais jamais attendu à te voir garder le silence, alors que tu avais a ta disposition quelqu’un qui venait vers moi, mais (je pensais) que tu aurais profité de lui comme d’une aubaine pour me donner par écrit des nouvelles de ta santé, car il n y a rien dont je désire davantage avoir des nouvelles, et pour m’écrire aussi sur les événements extraordinaires de là-bas qui troublent tous les chrétiens, car ils sentent désormais trembler leur base, mais qui surtout m’ont abattu moi en renversant aussi les faibles espoirs que nous avions (de recevoii) du secours. Aujourd hui, le brave Jean est revenu vers moi et, comme je lui demandais ta lettre, il m’a dit qu’il ne m apportait rien ; il a rendu, tu te l’imagines, combien plus grand le découragement où m’avaient jeté les événements antérieurs. Je le sais bien ; pour me punir d’avoir gardé quelque peu le silence, tu ne m as pas écrit; car tu es juste et tu n aurais pas voulu punir quelqu un que tu croyais innocent. Mais d’abord, à supposer que quelqu’un ait péché, il ne te fallait pas l’imiter; mais, t’en tenant à ton devoir, comme tu en as 1 habitude, tu devais plutôt, au contraire, corriger, par une lettre, mon silence et critiquer par un acte °mà paresse. En second lieu, je ne savais pas non plus exactement ou tu étais et où je devais t’écrire. Car, dans le Péloponèse, d ou j’aurais pu avoir quelque nouvelle précise sur toi, il est impossible aujourd’hui d’aborder ou d’envoyer des lettres, et ceux qui viennent de là-bas évitent le port de la capitale plus que les Spartiates évitaient la fosse Céadas, tant l’empereur et les Romains, à cause des soupçons des Vénitiens, ont pris cet endroit en haine. Et il ne m’était pas possible d’avoir d un autre côté de tes nouvelles. Comment pourrait-on écrire à quelqu’un, lorsqu’on ignore absolument dans quelle partie
Ci A CALOPHÉROS
pherus se certiorem faceret. Peloponnesus bello excruciatur quod inter Genuenses et Venetos flagrat (i3^3-i38i) : auctoritate et gratia sua apud Pontificem (Urbanum VI : 1 3^8- x 38g ) Galopherus utatur ut aliquod Byzantiis auxilium conciliet : optime Pontifex consulet si arma ilia, quae nunc Latini alii contra alios inviccm capiunt ad bellum, contra Turcas in auxilium Byzantii converterit. Mentionem facit Noster de suo in Italiam itinere et de amicis suavissimis quibus tune se devinxit.
Ουδέποτε σε προσεδόκησα σιωπήσεσθαι, έχουτα τδυ A παρ’ ημάς άψικνούμευου, άλλ’ ώς ερμαίου τούτου λα6ό- *9 μενού γράψειν μεν περί τής σής υγείας, ής ουδεν εμοί ποθεινότερου άκουσμά, γράψειν δε καί περί των εκεί παραδόξων, α πάντας μεν ταράττει Χριστιανούς, ώς ήδη 5 καί της κρηπιδος αύτοΐς σειομένης, μάλιστα δέ ήμδς κατέβαλε, καί τάς λεπτάς εκείνας ας περί της Βοήθειας εΐχομευ ελπίδας συγχέαυτα. ΝΟν δέ δ καλός Ιωάννης ήμίν έπανήκων, καί γράμματα μέν άπαιτούμενος σά, μηδέν δέ κομίξειυ είπών, πως οΐει μείζω τήν επί τοις προλαθοΟσιν ίο άθυμίαν ήμιυ ευειργάσατο ', ΟΤδα μεν ουυ ως σιωπάς τίνος άπαιτων εμέ δίκην ούκ έγραψες- ου γάρ αν, δίκαιος ώυ, είλου κολάζειν ον ανεύθυνου ώου- αλλά πρώτου | μέν ούκ 18Τ έχρήυ, εΐ τί τις ήμάρτανε, σέ τοΟτο μιμεΐσθαι, τοΟ δέ προσήκοντος, ώσπερ είώθεις, εχόμευον, τούυαυτίου μάλλον ι5 επιστολή την σιγήν διορθουσθαι, εργω τήν ήμετέραυ ραθυμίαν έλέγχουτα. "Επειτα ούδ’ ήμεις ακριβώς ηδειμευ οδ καθημέυω σοι γράψειν έχρήν είς γαρ την Πελοπόννησον, δθεν αν τι σαψές ήμίν περί τώυ σώυ υπήρξε μαθειυ, ούτε πλεΐυ εξεστι υΟυ, ούτε γράψειν έπιστολάς, οΐ τε εκειθευ ao τόυ τής μεγάλης πόλεως λιμένα μάλλον ή Λακεδαιμόνιοι τόν Κεάδαν ψυλάττονται- ουτω βασιλει καί Ρωμαιοις, διά τάς τών Βενετικών ύποψίας, τό χωρίου απήχθηται. Αλλά μήυ έτέρωθεν ούκ ήυ άκούειυ τι περί σοΟ' πώς ουυ άυ τις έγραψε, πρός τόυ ου γής εϊη παντελώς αγνοούμενου, καί a5 ταΟτα τώυ σώυ πτερών ούκ εώυτων ήμδς, εί καί βουληθείημεν, γράψειν; τί γάρ έδει κόπτεσθαι τοΟτο ποιοΟυτα
A CALOPIIÉROS 62
de la terre il se trouve d’autant plus que tes ailes ne me permettraient pas de t’écrire, même si je le voulais. A quoi bon se tourmenter pour écrire à quelqu’un, qui tantôt est en Italie et tantôt va au delà des Alpes et qu’on apprend un jour se trouver chez les Hyperboréens et qui brusquement visite l’Égypte, explore les pyramides, est contraint de remonter le Nil et ses cataractes et qui n’aspire à se fixer nulle part ? Ne mets donc pas a mon compte (la cause de mon) silence, mais repoi te la faute de moi sur toi-même, et tu auras ainsi quelqu un a accuser plus justement que moi. Mais, je tâcherai de remedier a cela, a 1 avenir, pour peu que j ’arrive à découλγιγ quelqu un qui aille te trouver. Mais écris toi aussi et saisis chaque occasion qui se présente. Tu le sais, de tout ce que tu peux faire pour me faire plaisir ce que je préfère c est une lettre de toi ; si même tu me faisais tous les plaisirs du monde, mais que tu le fasses en gardant le silence, je jugerais que ton silence me fait plus de tort que tes faveurs du bien. Veux-tu donc me priver de nouvelles de toi, alors que tout le monde proclame de toi tant de bien, ce qui a une grande influence auprès du Très Haut, te procure des honneurs de la part des grands et de la bienveillance de la part de tous? Ces nouvelles me sont douces à entendre même de la bouche d autrui, mais elles me sembleraient plus douces encore, si elles s’ornaient en plus de la grâce de ta parole. Si tu veux agir selon la justice, tu ne me priveras donc pas de ce plaisir. Dieu a aussi paré ton âme, amie de Dieu et de la philosophie, des ornements extérieurs, je veux dire, du savoir, de la culture, de l’art de dire et de toutes les qualités par lesquelles un homme peut être et peut sembler parfait ; mais, voulant que ta vertu soit utile à ton prochain, il la renforça encore en y ajoutant le pouvoir ; il te plaça auprès de celui qui est le plus grand et le plus puissant, qui étant convaincu, d’après de nombreux indices, que tu étais un homme, ne supporterait pas de ne pas avoir recours, en tout ce qu il fait, à ton opinion. Tu agirais donc en homme juste, situ saisissais l’occasion de persuader notre Père commun de prendre en pitié ses fils, qui sont en train de courir à leur
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A CALOPHÉROS
perte et de consacrer aussi une partie de ses soins prévoyants aux chrétiens d’ici. Il n’y a pas d’occasion meilleure que l’occasion présente. Tous ceux qui sont en dehors des murs (de la ville) sont asservis aux Turcs ; ceux qui sont à l’intérieur succombent par la misère, par les révoltes et par suite de mille autres maux, et ils ne voient d’autre aide que celle des chrétiens. Si tu décides le Pape à cela, tu surpasseras tous ceux qui ont jamais fait quelque noble action, car tu sauveras ceux d’ici, tu délivreras l’Occident des révoltes, en détournant vers l’Orient comme le cours d’un fleuve la cupidité de certains. Car ils vivent aujourd’hui dans la mollesse et leur trop grande satiété les rend insolents. Mais si le Seigneur et Père de tous détourne en faveur d’une entreprise utile ce qu’on gaspille aujourd’hui inutilement, il fera du bien des deux côtés, en libérant les uns de leur insatiabilité et les autres d’une terrible servitude et en réunissant de nouveau les enfants dispersés de Dieu. Mais tu sauras mieux décider toi-même, en ayant pitié delà patrie et en te procurant par cette décision une gloire immortelle. Au nombre de de ceux que tu as souvent sollicités en ma faveur, ajoute aussi aujourd hui, s il te semble opportun, ces hommes excellents, dont tu goûtes toi aussi l’amitié et persuade-les que nous aussi nous les aimons et nous les admirons, et surtout le noble Agapite : parmi les nombreuses personnes que j’ai connues alors a Rome, je n’en ai pas vu d’autre jusqu’ici qui puisse lui être comparée, je l'affirme.
Au MÊME.
(A l’empereur Manuel.)
Manuel déconseille à Cydonès de partir, mais celui-ci est décidé. La situation est telle que personne ne peut y apporter remède : aux guerres extérieures toujours plus atroces se sont ajoutées les guerres civiles entre le père (Jean V) et son fils (Andronic IV) : Jean V aurait déjà péri si Dieu même n’était venu à son secours.
A CALOPHÉROS
καί στάσει καί μυρίοις άλλοις κακοΐς άναλισκομένων, πρδς μόνην δέ τήν παρά των Χριστιανών βοήθειαν άφορώντων έφ’ ήν εί κινήσεις τδν Πάπαν, πάντας τούς πώποτέ τι πράξαντας γενναΐον ύπερβαλή- καί yàp καί τούς ένταΟθα 65 σώσεις καί τήν δύσιν στάσεων απαλλάξεις, επί τήν ανατολήν ώσπερ τι ρεύμα μετενεγκών τήν τινων φιλοχρηματίαν νΟν μέν γάρ τρυφώσι, καί διά τδν κόρον ύδρίζουσιν αν δ’ δ πάντων κύριος καί πατήρ επί τά συμφέροντα τρέψη τά μάτην αναλισκόμενα, άμφοτέρους εδ ποιήσει, ηο τούς μέν απληστίας, τούς δ’ αιχμαλωσίας δεινής άπαλλάξας, εις εν αδθις τά διεσκορπισμένα τοΟ ΘεοΟ τέκνα συνάγων. Άλλα ταΟτα μέν αυτός βέλτιον συμβουλεύσεις, τήν πατρίδα τε ελεών, καί σαυτώ δόξαν αθάνατον έκ τής συμβουλής ταύτης περιποιούμενος· τοΐς δ3 ύπέρ έμοϋ σοι πολλάκις έσπουδασμένοις πρόσθες καί νϋν, εί δοκεΐ, τούς άρίστους καί οις αυτός φίλοις χρή, ότι καί παρ’ ήμών φιλοΟνται καί θαυμάζονται πείσας· μάλιστα δέ τόν γενναΐον Αγαπητόν, δ, πολλών δντων ων τότε είδον εν ‘Ρώμη, ούδένα μέχρι νΟν τούτω παραπλήσιον εωρακέναι 8ο φημί.
Cydoni suadet Manuel ut in patria sua maneat, neu iter suscipiat ; sed firmissimum iam Noster cepit consilium : patriae calamitates quas iam nemo sanare potest, eum movent : externa quae in diem ingravescunt bella, interna quibus asperrime conflictatur propter patrem (Joannem V) et filium (Andronicum IV) discordiam ; supremam diem Joannes V obiisset nisi Deus ipse ei salutem tulisset.
Sources ABLUhh'mrsv.
Tit. : χψ αϋχω id est τω βασιλεΐ Μανουήλ B ; χω βασιλεΐ Μανουήλ L : χιο βασιλεϊ κυρώ Μανουήλ m : χω βασιλεϊ hMu ; anepigrapha, ceteri.
27 A L’EMPEREUR MANUEL PALÊOLOGUE 64
Je savais, moi aussi, que tu poursuis tes études avec sagesse et que tu ne préférerais jamais leur poursuite aux travaux qui peuvent être utiles au bien public. Et comment te comporterais-tu autrement, toi qui as montré que tu étais un homme de mesure en tout, plus par les actes que par les paroles, et qui as dit cela en premier ? Mais la beauté de ta lettre m’a fait ignorer dans la suite ce que je savais bien auparavant. Qui, en effet, en la voyant n aurait dit qu’on l’avait composée, en y consacrant de nombreux loisirs et de grands soins? Cette lettre si belle, plus d’un de ceux qui supportent de grandes fatigues pour s’adonner à l’étude ne l’aurait pas composée. Excuse-moi donc si, en voyant l’esprit obtus de la plupart d’entre nous et croyant que même toi tu ne saurais faire face à la fois aux armes et à l’étude, j’avais pris sur moi de te conseiller, en des affaires qui demandent de la perspicacité, de ne pas t’adonner complètement aux études, car il n’est pas possible de les poursuivre sans y consacrer la totalité de ses loisirs, et surtout parce que je craignais pour la patrie, que tu ne négligeasses ses intérêts en partie, car je suis persuadé que tes soins présentent pour elle l’unique chance de salut. Mais, sur ce point, tu discuteras mieux avec toi-même et tu sauras pourvoir aux circonstances non moins bien qu’Hippocrate pourvoyait aux corps. Quant à l’exhortation à rester et à ne pas bouger 1 , c’est un conseil qui est beau et qui, du reste, convient à la fois à un empereur et à un rhéteur. Un rhéteur, en effet, pourrait en tirer tant de raisonnements si beaux, en déclarant à ses concitoyens que c’est leur devoir de supporter la destinée de leur patrie, et un empereur dont le rôle est de sauver les
1. Cyclones était donc décidé à quitter sa patrie pour aller à 1 étranger; Manuel l’avait détourné de ce projet. L’allusion, à la fin de la lettre, relative à l’évasion prodigieuse de l’empereur Jean V Paléologue de la tour Anémas est claire : le moment était bien difficile. Car il ne faut pas croire que Jean V, une fois évadé, ait pu prendre immédiatement le pouvoir : la lettre suivante (lettre 28) éclaire ce point : il y a donc probablement ici une allusion aux événements qui se déroulèrent pendant les quelques mois où l’usurpateur Andronic resta sur le trône.
4 αέτρον μάλλον ABUhh'mv : μέτρον ά'ριστον μάλλον L || 5 προ'ηως ABU : πρώτον Lhl^mv || η καλώς ήπιστάμην ABU : ήπιστάμην καλώς Lh^mv || ίοών ABUhh'mv : ειδών L || 8 μεγάλης ABLUmv : Μεγάλο ις hh1 |J ιι βλέψας ...νομίσας AU : βλέπων ... νομίζων BLhh'mv j| ι3 έτόλμησα ABUm : έτόλμησας Lhh'v || ιη σάς ABUm : om. Lhh‘v y 19 où χείρον ABU: ούχ ήττον Lhh'mv || 32 βήτωρ ABU : εκτωρ Lhh'mv"|| καλών ABLUm : πολών hhG || a3 πολιταις AU : om. BLhh'mv || τής ABUhh1 : om. Lmv || 26 ών ABLUmv : ω hh1.
villes, quels raisonnements plus appropriés à lui-même pourrait-il choisir que ceux grâce auxquels il persuadera les habitants de rester dans leur ville, de ne pas se soustraire d’avance aux dangers et de tenir pour préférable d’affronter les périls avec lui plutôt que d’être puissants chez les étrangers. Toi donc aussi ayant entrepris de donner un semblable conseil, tu as montré une grande habileté oratoire et tu as fait preuve aussi, comme empereur, d’une grande sollicitude pour la patrie; mais cela même a montré que tu n’avais pas moins souci de ton intérêt que de la réputation des citoyens. Car il est d’un très grand intérêt pour un empereur que les villes ne se dépeuplent pas s il veut avoir des gens auxquels commander. Si donc tu t’étais exprimé ainsi en restant dans la généralité, tu aurais semble parler avec plus de persuasion que n’importe quel orateur; il aurait fallu, toutefois, quand tu donnais ce conseil, tenir compte aussi de celui qui le recevait, car souvent une chose qui, lorsqu’elle est dite en général 4, semble être utile, peut être jugée funeste par rapport à certains individus. En effet, quelqu’un qui n’a pas obéi à ses parents, loin d’être puni comme le veut tout législateur, a souvent même été félicité, car il pouvait dire justement que 1 ordre de ses parents n était pas équitable et qu’ainsi son apparente audace était justifiée ; par contre, un autre, qui s est interesse a un pauvre, au lieu de la récompense à laquelle il s était attendu, a été puni comme les voleurs, peut-être parce qu’il achetait les compliments des spectateurs avec 1 argent qu’il donnait au pauvre. Bref, quand il s’agit de conseils, ce qu on appelle circonstances accessoires a, aux deux points de vue, une grande importance, car, si celui qui veut convaincre n’en fait aucun cas et veut se contenter de
i Je crois devoir interpréter ainsi le texte grec. La pensée de Lydones semble être celle-ci : lorsqu’il s’agit de donner un conseil i faut examiner ce qu’il vaut du point de vue théorique et du point de vue pratique. Une chose peut être utile en théorie et ne pas l’être en fait, dans certains cas particuliers ; il faut donc considérer, chaque lois, les circonstances : c’est ce que Gydonès appelle περιστάσεις : cir-
65 A L’EMPEREUR MANUEL PALÉOLOCUE 27
a8 τον ABUhh1mv : το L || 3ο είσηνέγκω ABLUhh'm : είσενέγκω ν || 32-33 où τής των πολιτών μάλλον δόξης ή των σαυτω συνοισόντων φροντίσας AU : ούχ ηττον των πόλεων η των σαυτοΰ συνοισόντων έφρόντισας BLhh'mv || 35 ωφέλειαν AU : φιλοτιμίαν BLhh‘mv || τούτοις ABLhh'mv : τούτους U || 36-3γ ταΰτα λέγων παντός ρήτορος δόξαις αν πιθανώτερα λέγειν AUv : περί τούτων λέγων και Δημοσθένους πειΟανιύτερος δόξεις BLhh'm [| 38 συμβουλήν ABUhh'mv : τήν συμβουλήν L || ώς πολλάκις AU : πολλάκις γαρ BLhh'mv || 4o-4x ούχ ΰπακούσας γονεύσιν ABUhh'mv : γονεύσιν ούχ ΰπακούσας L || 42-44 έξην ... άποδεικνύναι AU : ίσως μεγάλου τινός αιτίαν αγαθού δυνάμενος δειξαι BLhhXmv || 45 αυθαοειαν ABUhh'mv : έκείνην αύθάδειαν L || 48 έπαινον ABLUhh‘m : 'έπαινος ν i| έπρίατο' καί AU : έπρίατο · γένοιτο δ’ άν τι καί παρά τόπον καί χρόνον καί τοόπον κώλυμα τοίς δοκοϋσι συμφερειν βουλευμασι, και BLhh'mv.
considérer la généralité des cas, ou a foi que cela sera utile à tous, cet homme portera souvent un grave préjudice à ceux qu’il cherche à convaincre: celui qui donne un conseil, en effet, ne cherche pas à instruire simplement des hommes, mais des Athéniens ou des Lacédémoniens, des jeunes et des vieux, des savants ou des ignorants et il faut considérer séparément leurs intérêts, afin qu’il n’arrive pas qu’en parlant d’une manière générale1, on le loue, et qu’en négligeant les intérêts particuliers pour lesquels il prend la parole, il cause les plus grands préjudices, sans s’en apercevoir, à ceux qu’il s’est proposé de conseiller. Voilà les raisons, qui ne permettent pas aux exhortations, que tu m’adresses en faveur de ma patrie, d’atteindre leur but. Je le sais, moi aussi, j’agirai en honnête homme, en aimant ma patrie, en la soutenant autant que je pourrai, surtout quand elle a besoin de gens pour l’aider ; mais il faut ajouter aux raisons invoquées en faveur de cela une autre considération : (on peut se demander) si la patrie, de son côté, le veut et si elle accepte les conseils de ceux qui sont dévoués a ses intérêts, et, si, au contraire, elle ne méprise pas celui qui la conseille ainsi, si elle ne l’entrave pas, si elle ne le repousse pas, si elle ne le menace pas de dangers, lorsqu’il s’exprime en toute franchise, et si elle ne se confie pas aux hommes politiques, qui agissent plus en faveur de ses ennemis que dans ses intérêts et ne laisse voir la tribune envahie par les flatteurs et les gens méprisables. Si elle est telle, qui ne la fuira, puisque celui qui lui donne les meilleurs conseils ne lui sera utile en rien, mais se trouvera, par ailleurs, un objet de risée pour les ignorants et que les calomniateurs pourront faire de lui ce qu’ils voudront, tandis que le flatteur, le corrupteur, le domestique, l’esclave seront ses
constances de personnes, de lieu, de temps, comme il semble l’expliquer par des exemples. Dans son cas personnel, quitter sa patrie est un acte blâmable en théorie, mais il ne l’est plus, si l’on considéré les circonstances où Cydonès se trouve.
i. Entendez : parce qu’il reste dans la généralité.
έπ’ άμφότερα τήν Ισχύν, ων εΐ τις βουλόμενος πειθειν 5ο καταφρονοίη, βούλοιτο δε μόνον τοΐς απλώς λεγομενοις συντίθεσθαι, καί ταΟτα πδσι λυσιτελήσειν πιστευοι, πολλά Gcv καί μεγάλα βλάψαι τούς πειθομένους· ου γάρ ανθρώπους απλώς δ σύμβουλος, Αθηναίους δε ή Λακεδαιμονίους και νέους ή γέροντας ή σοφούς ή ιδιώτας διδάσκει, και δει και 55 τάκείνων ιδία σκοπεΐν, ΐνα μή, τά μεν καθολου λεγων ευδόκιμη, τά δ’ επί μέρους και ων εΐνεκα τούς λόγους ποιείται παραλιμπάνων, λάθη τά μέγιστα ζημιών οις προήρηται συμβουλεύειν. ΤαΟτα καί σοΙ τας υπέρ της πατρίδος πρός εμέ παραινέσεις ούκ έ$ προχωρειν οΐδα 6ο μεν γάρ καί αύτδς όσια δράσων φιλών τε τήν πατρίδα και ταύτην άνέχων εις δύναμιν, καί μαλισθ όταν δεηται των βοηθησόντων, άλλα δει τοΐς υπέρ τούτου λόγοις προσκεΐσθαι εΐ. καί ή πατρίς τοΟτο βούλεται, καί εί τής συμβουλής τών αυτή συμφερόντων ανέχεται, αλλά μή τδν 65 μέν τούτων σύμβουλον άτιμοι καί εΐργει καί έξελαύνει καί κίνδυνον προλέγει παρρησιαζομένω, τοΐς δ’ υπέρ τών πολεμίων μάλλον ή τοΟ ταύτη συμφέροντος πολιτευομένοις ενδίδωσιν εαυτήν, καί κολάκων καί καταπτύστων ανθρώπων μεστόν άποφαίνει τό βήμα. Τοιαύτην γάρ τις ού φεύζ,εται, ηο ήν δ μέν τά βέλτιστα συμβουλεύων ούδέν ωφελήσει, εκκείσεται δέ άλλως άπαιδεύτοις μέν γέλως, συκοφάνταις
5ο βουλόμενο; AU : επιχειρών BLhh'mv || 54-55 Αθηναίου;... διδάσκει AU : "Ελληνα; δε ή 'Ρωμαίου; ή Αιγυπτίους διδάσκει, ίσως δε καί μέχρι Σωκράτου; ή Πλάτωνος κάτεισι BLhh'mv || 5η εινεκα ABU : ενεκεν Lhh'v : ενεκα m || τού; λόγου; ποιείται ABUhh'v : ποιείται τού; λόγου; Lm || 58 λάθη ABLUm : πάθει hh'v || 5g σοί ABU: σέ Lhh'mv || 6ι τε AUhh' : om. BLmv || 63 post verbum βοηθησόντων codices BLhh'mv his paucis verbis ad finem fere epistulae pervemunt, id est usque ad verba οιμαι οόξειν p. 681. iig. -τεοα δέ έστιν ύ®’ ί>ν έγώ κωλύομαι ταύτην αυτή την λειτουργίαν είσφέρειν, α καί διεξελΟεΐν χαλεπόν καί περιγενέσθαι αδύνατον (αδύνατον Lhh'mv : εκείνων άμήχανον Β). Τούτων τοίνυν κρατούντων, πολλή μοι -αντα/όθεν συγγνώμη, ει μή δυναίμην τή πατρίδι την όρειλομένην y dtp ιν έκτείνειν (έκτείνειν BLhh'v: έκτίνειν m)· εν μόνον είπων quibas verbis sequuntur οίμαι δόξειν κτλ ρ. 68 1. ng.
maîtres et maîtres aussi de tous les hommes honnêtes, justes et libres, et leur commanderont ce qu’on commande aux esclaves, dilapideront les biens de la ville avec plus d’impudence que les biens des particuliers, bouleverseront tout par la violence, la folie, la débauché et finalement réduiront la ville entière à un esclavage cruel, tel un navire que font sombrer 1 inexpérience et la mauvaise volonté des marins. Puissions-nous aujourd’hui ne pas subir un tel sort, ô Sauveur, quand bien même la situation présente, comme si elle avait la parole, annonce le désastre à venir; et personne, même de ceux qui par leurs raisonnements peuvent prévoir l’avenir, ne les dément. Et l’homme qu’encerclent de telles difficultés et de tels malheurs, tu lui ordonnes, ô empereur, de rester, de supporter les folies de tous les jours et d’attendre d’être réduit à l’esclavage, sans appliquer d autre remede à sa honte que celui (de penser) que la patrie la voulu P Pour moi, si Ion voulait me persuader qu’un jour, après avoir retrouvé difficilement son bon sens et avoir pris en haine ces fous, elles écouterait les hommes justes, qui cherchent son bien, je prêterais l’oreille plus que tout autre à ce que tu me dis, en tenant ce conseil pour utile à moi et à ma patrie; mais si elle ne doit pas voir de terme à son mal, s’il faut croire, au contraire, que seule sa fin la libérera de ses maux, pourquoi cherches-tu à retenir un homme dont on ne peut attendre aucune aide dans les circonstances (actuelles) et qui ne pourra que succomber luimême avec elles, en gagnant, en plus des maux, la réputation de stupidité? Songe à cela, ô empereur, et, s’il est possible qu en restant je sois utile à la patrie, conseille ou plutôt commande et tu me trouveras obéissant à tes conseils comme a un oracle. Mais si cela, quand bien même un prophète le dirait, paraissait insensé, s’il te semble, au contraire, que ce que je dis a quelque valeur, et que toi aussi tu juges difficile de rester la où 1 on mourra sans gloire, pardonne, au nom de Dieu, à un homme qui aime mieux vivre avec honneur que mourir avec déshonneur : car c’est bien là ce que moi et tous nous devons attendre, en voyant à quel point en est
arrivée aujourd hui la situation, d autant plus qu'aux guerres extérieures s est ajoutée la révolution, a 1 intérieur, qui déjà auparavant apportait la désolation partout mais qui, maintenant, par notre faute a tous a etc poussée à l’irréparable. La voix de la nature n est plus reconnue, la parenté est un mot vide de sens et le seul moyen de vivre, c’est de trahir ses parents et ses concitoyens. Et cela même aujourd’hui a failli tout conduire à la ruine, si Dieu, faisant triompher la loi qu’il a établie en faveur des parents, n’avait soustrait l’empereur et les autres à la mort la plus infâme. La fuite a donc pour moi une excuse et ce n’est pas être un lâche complet que de chercher à se soustraire par la fuite à ces difficultés. J’ajouterai encore une chose et, je le crois, tu la jugeras, toi aussi, de valeur. Ne me conseille pas de supporter les maux auxquels toi-même tu t’es soustrait; ceux que je supporte aujourd hui ne sont pas plus légers que ceux que tu subis alors, car le mal va augmentant chaque jour : je ne mérite pas plus de les supporter et je ne suis d’ailleurs pas plus courageux (que toi), ô toi, qui surpasses tous tes contemporains en valeur. Si donc le diamant a cédé, pourquoi en vouloir à la cire P
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
Panégynque d Hcleno Palcologmc, fille de Cantacuzène, femme de Jean V Paleologue. Cydonès loue les vertus dont l’impératrice a lait preuve dans sa vie si agitée. La discorde, les luttes entre les membres de sa famille ont cruellement éprouvé son cœur de fille d épouse et de mère : d’abord, la guerre entre son père Cantacuzène et son mari Jean V, puis celle entre Jean V et son fils Andronic Cydones donne beaucoup de détails dont quelques-uns inédits sur ces
i. Nous datons la lettre de i379-i39i faute de données plus précises mais nous croirions volontiers qu’elle a été écrite plutôt vers i39I que vers i379. Hélène Paléologine semble s’être retirée du onde dans les toutes dernières années de la vie de Jean V Elle
entreTeTn Vtm 1Μη°0Γβ ^ PalaÎS’ à 1^Loclne des dissensions entre Jean V et son fils Manuel (i383-i387).
εις τήν νΟν οδσαν των πραγμάτων κατάστασιν άφορώντας, άλλως τε καί τοίς εξωθεν πολέμοις καί τής ένδον στάσεως νΟν προστεθείσης, ήν καί πρότερον τώ παντί λυμαινομένην ιιο νΟν είς άνήκεστον προήγαγεν ή κοινή πάντων ημών αμαρτία, οτε φύσις μεν αγνοείται, συγγένεια δε δνομα άλλως, τοΟ δέ £ήν είς πόρος ή των ομοφύλων καί πολιτών προδοσία. "Ο καί νΟν μικρού δεήσαν πάντα άνέτρεψε, εί μή Θεός, κύριον ποιων ον υπέρ των γονέων έθηκε νόμον, ιι5 τόν τε βασιλέα καί τούς άλλους αίσχίστης έξείλετο τελευτής. “Αρ5 έχει μοι παραίτησιν ή φυγή, καί ού πάνυ δειλός εγώ, ταύτας δυσχερείας άποδιδράσκων εν δ’ ετι προσθείς, οίμαι δόξειν τι λέγειν καί σοί' μή με πείθε κακά φέρειν, ων αυτός άπεπήδησας· ούτε γάρ αυτός κουφοτέρων ΐ20 νΟν τούτων ή σύ τότε πειρωμαι, τό γάρ κακόν καθη μέραν χωρει, ουτ’ εγώ δικαιότερος τούτων άνέχεσθαι, ού μήν ουδέ άνδρειότερος, ω πάντας τούς νΟν νικών αρετή. Εί τοίνυν ex. 114' άδάμας εΐξε, τί δει μέμφεσθαι τώ κηρώ ;
Helenae Palaeologinae imperatricis, Cantacuzeni filiae, Joannis \ uxoris panegyricus. Virtutes laudat Cydones quarum pluries in vita exagitatissima clarum testimonium Helena praebuit, cum inter viros sibi aeque carissimos et arctissimis sanguinis vinculis coniunctos discordia exarsit et asperrimum üagravit bellum, ita ut et filiae et uxoris et matris animus utrimque amore devinctus traheretur ac violenter excruciaretur. Quod manifeste pertinet ad bellum inter Gantacuzenum patrem et Joannem V coniugem, mox autem inter Joannem et Andronicum filium. De quibus dissensionibus plurima
i ig tt λέγειν ABU : om. Lhh'mv || με ABhh'v : om. LUm j| 120 αυτός κουφότερων AU 1 εγοι κουφότερων B 1 om. κουφότερων Lhh'mv || 121 τό γάρ κακόν καΟημέραν χωρεϊ ABU : om. Lhli'mv || 122 τούτων AU : εκείνων BLhh'mv || 123 άνορει ότερος AU : κ.αρτερι κώτερος B Lhh'mv j| νικών άρετί) AU : άνδρία νικών BLhh'mv.
Sources AU.
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
dissensions tragiques. Les renseignements sur la période qui s’étend delà fuite de Jean V de la tour Anémas à son retour à Constantinople sont particulièrement intéressants. L’impératrice et sa famille même furent accusés de complicité dans l’évasion de Jean V Paléologue : Cantacuzène même, paraît-il, fut emprisonné. La lettre est écrite au moment où Hélène se retire dans un monastère — détail également inédit — après avoir partagé ses biens entre les pauvres et avoir laissé des souvenirs à ses meilleurs amis. Cydonès, qui est du nombre de ces derniers, exprime à l’impératrice toute sa reconnaissance.
Dieu a accordé à celui-ci des grâces, à celui-là d’autres, comme bon lui a semblé et dans la mesure où elles doivent lui être utiles. A moi, ô très auguste impératrice, il m’a donné en cadeau ta bienveillance. Ce n’est pas là un don unique et simple, mais, s’il est possible de s’exprimer ainsi, il enferme en lui tout ce que les hommes qualifient biens et plaisirs. Que j aie éprouvé les bienfaits de cette faveur, toute ma vie l a prouve, car j ai obtenu de toi tout ce que je pouvais désirer et même plus. Lorsque j étais dans le besoin, tu me donnais et bien au-dela de cequ il me fallait, au point que ta faveur allégeait non pas ma pauvreté mais était plutôt le commencement de la richesse. A tes dons tu ajoutais des honneurs, loi-même m octroyant les uns, devenant la cause d’autres en intervenant auprès de l’empereur ; moi-même, par ailleurs, j ai entendu bien des éloges de moi sortir de ta bouche sage et plus encore d’autres en ont entendu, tous excessifs et tels qu il aurait ete difficile de les adresser aux meilleurs de notre temps ; aussi me faisaient-ils paraître non pas ce que j étais mais 1 un de ceux dont on célèbre bien haut la vertu et la gloire. Qui aurait cru bon, en effet, de douter de tes paroles? Tous savaient que tu tenais pour plus brillant que toute autre parure que donne le pouvoir, l’éclat que procure la vente. Ainsi tous faisaient mon éloge parce que tes moeurs confirmaient les éloges que tu faisais de moi. Si j énumérais les preuves d’assistance par lesquelles tu m’as sauvé plus d’une fois, lorsque j’étais en train de sombrer, en t’opposant à ceux qui me tendaient des pièges, ce serait trop long et je chercherais à apprendre ce que tout le monde sait.
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
nec omnia adhuc comperta, prodit Noster : scd quod maioris videtur momenti illud temporis est spatium quod inter Joannis V ex Anemas turri fugam et eius in urbem Constantinopolim ingressum intercessit, adhuc omnino inexploratum. Imperator enim eiusque propinqui tanquam consilii participes et imperatores fugae conseil accusati : Cantacuzenus ipse in vincula coniectus videtur. Quam epistulam Cydones scripsit cum Helena ad monasticam vitam secedere consilium cepit (quod etiam adhuc ignorahamus), suas divitias omnesin pauperes distribuit, et amicos suavissimos muncribus donavit quae sui apud eos in memoriam manerent : ex quibus unus est Cydones qui suum gratum animum prodit et beneficii memorem in aeternum se fore profiletur.
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Mais le comble c’est que non seulement tu m’as couvert moi de tes bienfaits, mais tu les as fait partager aussi à tous les miens et ils peuvent, eux aussi, dire exactement ce que je dis : pour tout dire en un mot, tu as surpassé non seulement les princes les plus généreux, mais aussi les parents les plus tendres dans les bienfaits dont tu as comblé toute ma famille. Ainsi Dieu t’a donné en cadeau à moi et a fait de toi comme la panacée à tous mes maux, le manque d’argent, les maladies, les calomnies, les accès de découragement, toutes, les occasions où j’avais besoin de secours, panacée dont 1 effiacité et l’utilité étaient merveilleuses. De ces avantages j ai joui jusqu ici moi et tous ceux que je tenais particulièrement (à voir en jouir) et avec une telle prodigalité que je n ai rien à demander de plus aux hommes. Si même avec toute l’habileté oratoire du monde j’essayais de dire quoi que ce fût, je ne dirais rien qui approchât même de loin de ce que je devrais dire. Et toi, à ce qu’il semble, tu as songé non a ce que j étais digne de recevoir mais à ce qu’il convenait pour toi de donner; ta générosité était la limite de tes bienfaits, tu as ajouté des choses qui, si elles m’étaient venues à 1 esprit, auraient fait croire que je n’étais pas dans mon bon sens et tu as montré clairement quelle place j’occupe moi aussi dans ta pensée, place que les circonstances critiques n ont pas diminuée ni les dangers continus brisée ni la longueur du temps, qui entraîne l’oubli, effacée, mais qui est restée sans céder â de si grands malheurs. Comme l’or est éprouvé par la pierre de touche, ainsi tes vertus devaient être soumises à une épreuve, non pas afin que Dieu les connaisse (comment quelque chose de nous pourrait-il échapper à 1 œil de Celui qui voit ce que nous avons même à peine commencé, ou quelle chose peut rester cachée à Celui qui scrute les cœurs et les crée un par un?), mais afin que tout le monde connaisse ce que beaucoup jusque-là ignoraient et qu il devînt manifeste que tu ne lui témoignais pas de la reconnaissance dans la bonne fortune pour te laisser abattre ensuite, 1 adversité venue, et dire ce que disent tout naturellement les gens faibles de caractère ; il permet aujourd’hui
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
A. L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE ?I
encore ce qu’il permit jadis à propos de Job et il laisse le Tentateur t’éprouver comme il veut jusqu’au bout, certain désormais qu’il sera confondu s’il t’attaque. Ainsi, avec la permission de Celui qui jusqu’ici l’avait empêché, il s’est abattu sur toi et sur la maison impériale plus violent que la foudre : il ne l’a pas détruite avec le feu, après l’écroulement du toit et des murs, il n a pas enseveli ceux qui se trouvaient à l’intérieur après les avoir recouverts de décombres, de façon à ne pas faire durer peu de temps la douleur, mais il suscita chez les parents les plus proches les soupçons, l’envie, la discorde ; il fit croire à chacun que la ruine de ses parents était son propre salut, il retourna la nature contre elle-même et sépara ceux qui vivaient en harmonie, en faisant naître entre eux de telles disputes que les noms de père, de mère, de frères, par lesquels nous désignons les liens du sang les plus étroits, apparurent comme des termes désignant non pas la parenté mais plutôt la guerre et la rivalité. Eux donc, n^g^igeant leurs ennemis naturels, se jetèrent les uns contre autres les et lecourage qu’ils auraient dû montrer, en toute équité, contre ceux-là, ils le dépensèrent contre eux-mêmes et contre leurs sujets. Quant à toi, tu gémissais, à la vue du sort des uns et des autres, et tu plaignais également vainqueurs et vaincus. Néanmoins, ils ne croyaient pas que tel était ton sentiment et ceux qui à tour de rôle l’emportaient, soupçonnaient que tu plaignais ceux qui étaient vaincus et la raison de cette opinion à ton sujet était ta compassion envers les uns et les autres. En cherchant toujours à venir au secours de celui qui avait le dessous, tu avais l’air de negHger ceux qui 1 emportaient. Ainsi la balance de la guerre penchant tantôt d un côte et tantôt de l’autre, ton âme ne cessait d être assiégée, incapable, puisque tu ne pouvais les réconcilier, de savoir exactement auquel des deux partis tu pourrais t’associer. Il t’aurait fallu, en effet, trahir les uns ou les autres, tandis que tu leur devais à tous, en toute justice, un égal amour. Mais cela, tant que l’empereur tenait bon n était que le prélude de la calamité à venir. Lorsqu’avec ses fils on l’enferma en prison, lorsqu’ils avaient pour geô-
Ί* A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
αφίησι, σφόδρα θαρρών ώς έξελεγχθήσεται τιροσθαλών · καί διά τοΟτ’ εκείνος, επιτρέψαντος τοΟ τέως κατέχοντος, 6ο καί σκηπτοϋ σφοδρότερον έτιί τε σέ καί τήν βασίλειον οικίαν ήνέχθη, καί πυρί μέν αυτήν ούκ άνήλωσεν, ουδέ, τοΟ τέγους καί των τοίχων έπιπεσόντων, τούς ένδον συγχωσθέντας έκάλυψεν ώστε μή χρόνω βραχεί τήν λύπην ορίσαι, απιστίας δέ καί φθόνους τοίς οίκειοτάτοις εμφυ- 65 τεύσας καί Ιριδας, καί πείσας έ'καστον τήν των συγγενών απώλειαν οίκείαν σωτηρίαν ήγείσθαι, έπανέστησε | μέν 57ν τήν φύσιν έφ’ έαυτήν, διείλε δέ τούς δμόπνους, τοσοΟτον προς άλλήλους φιλονεικήσαντας ώς πατέρα καί μητέρα καί αδελφούς, οΤς τάς μεγίστας οικειότητας ενδεικνύμεθα, -0 ού συγγένειας, μάχης δέ μάλλον καί φιλονεικίας ονόματα δείξαι. Εκείνοι μέν ουν των φύσει πολεμίων ήμεληκότες, άλλήλοις επήεσαν, καί ω κατ’ εκείνων δικαίως αν εχρώντο θυμώ, τοΟτον εις εαυτούς καί τούς ύπηκόους άνήλισκον * σύ δέ εστενες μέν τάς έκατέρων τύχας δρώσα, καί τούς ^5 τε νικώντας τούς τε ήττωμένους ομοίως οίκτείρουσα- ού μήν κάκείνοις ταύτην είναι σοι τήν γνώμην έδόκει, άλλ’ οί κρείττους αεί γινόμενοι τούς έλαττουμένους ύπώπτευόν σε πενθείν, καί ταύτην σοι τήν δόξαν ετεκεν ή πρδς άμφοτέρους συμπάθεια- τό γάρ ήττον αεί θεραπεύουσα, των 8ο κρειττόνων εδόκεις ολιγωρείν - ώστε συνέβαινε, τής τοΟ πολέμου ροπής άστατούσης, τήν ψυχήν αεί σοι πολιορκείσθαι, μή δυναμένην, επεί διαλλάττειν ούκ είχες, άκριθώς εύρείν ποτέροις αν πρόσθοιο - προδιδόναι γάρ ήν ανάγκη τούς γε ετέρους, οις ταύτό φίλτρον εκ των δικαίων ώφεί- 85 λετο. Αλλά ταύτα μέν εως άντείχεν δ βασιλεύς, ώσπερ προοιμιαζομένης ήν εις επιδείξεις τής τύχης- έπεί δ’ εκείνος μετά των υΐέων δεσμωτήριον ώκησε, καί περιήσαν οδς τοίς εγκεκλεισμένοις ομοίως ήναγκάζου φιλεΐν, ήλγεις μέν υπέρ των είρχθέντων, ήλγεις δέ υπέρ των είρξάντων, go μέμψεις δέ παρ’ άμφοίν πάλιν - των μέν ώς ενδεώς θεραπευομένων, των δ’ ού σφίσιν οίομένων λυσιτελήσειν τάς
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
liers ceux que tu étais forcée d’aimer autant que les prisonniers, tu souffrais pour les incarcérés, tu souffrais aussi pour ceux qui les avaient incarcérés et voilà qu’il te venait de nouveau des deux côtés des blâmes, des uns comme si tes soins pour eux étaient insuffisants, des autres parce qu’ils ne croyaient pas utiles à eux les intercessions de leur mère en faveur de ses fils. Mais ce qui aurait dû davantage les apaiser les excitait encore plus ; ils méprisaient ton intercession, comme si elle se faisait en faveur de leurs ennemis et, pour cette raison, ils chargeaient des mêmes accusations et celle qui parlait et ceux en faveur de qui elle parlait. Ainsi on ne voyait pas ce que l’on pouvait faire alors, car d’un côté comme de l’autre, un abîme se creusait. Garder le silence, c’était pécher contre la nature, parler, non seulement était inutile, mais présentait du danger pour toi et pour eux: et, par contre, garder le silence n’était pas possible, car tes entrailles de mère t’en empêchaient. Or, si nous appelons mort la séparation de l’âme d’avec le corps — le plus grand malheur pour les hommes — que serait-ce de sentir l’âme divisée avec elle-même et, comme celui qui est à un carrefour, embarrassée pour choisir parmi ce qui s’offre à elle? Voilà aussi ce qui t’arrivait, dans l’impossibilité complète où tu étais alors de choisir ce qu’il y avait de mieux, pour ne pas dire d’éviter le pire. Car on ne pouvait trouver alors rien qui ressemblât à ta douleur. Mais le mal ne se limitait pas à cela. Comme si le sort s’ingéniait à faire voir que tous les malheurs, dont il avait accablé jusque-là les hommes, n’étaient qu un jeu, il fit oublier le passé par la grandeur des malheurs qui suivirent.
L’empereur avec ses fils réussit, en effet, à s’enfuir de ce labyrinthe ou de cette Céade lacédémonienne (comment appeler autrement le gouffre où on les tenait enfermés), certes grâce à l’aide de la Providence. Voilà la chose la plus merveilleuse qui se soit jamais produite chez les hommes; il aurait semblé plus facile, en effet, à une âme de fuir l’Hadès et le Tartare et de revenir à la vie qu’à eux de sortir de cet enfer. Aussi, ce fait incita-t-il à croire à l’histoire de Jonas et
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τής μητρδς ύπέρ των παίδων πρεσβείας, άλλ’ ύφ ών μδλλον έδει μαλάττεσθαι ύπδ τούτων μδλλον άγριουμένων, ical τήν πρεσβείαν, ως ύπέρ εχθρών γινομένην, άτιμα- 9^ ζόντων, καί διά τοΟτο την τε λέγουσαν καί τούς ύπέρ ων έλεγε ταις αύταΐς ύπαγόντων αΐτίαις · ώστ’ ούκ ήν δ τί τις &ν τότε δράσειεν, εκατέρωθεν επίσης κρημνού φαινομένου · εν μεν γάρ τω σιωπάν άδικειν ήν τήν φύσιν, τδ δε λέγειν ού μάταιον μόνον, αλλά σοί τε κάκείνοις κίνδυνον ιοο έχον · καί πόιλιν σιγάν ούκ ήν των σπλάγχνων βιαζομένων καίτοι ει τδ τήν ψυχήν τού σώματος διηρήσθαι θάνατον δ.νομά| ζομεν, καί τοΰθ’ υπερβάλλει τά εν άνθρώποις κακά, 58Γ ήλίκον αν εΐη τδ τήν ψυχήν πρδς έαυτήν μεμερίσθαι, καί ώσπερ εν τριόδω τήν αΐρεσιν αυτή στδσαν άπορεΐν δπο- ιοδ τέραν αν ελοιτο ; δ δή καί σοί συνέβαινε τότε αδυνάτου παντελώς ούσης τής των βελτιόνων αιρέσεως, ΐνα μή λέγω τής των χειρόνων αποφυγής- ούτως ούκ ήν εύρείν τότε του σοΰ πάθους παράδειγμα. Ού μήν τούτοις ώρίζετο τδ κακόν- άλλ’ ώσπερ ή τύχη φιλοτιμουμένη παιδιάν ιιο άποφήναι πάνθ’ όσα πώποτ’ άνθρώποις έπήνεγκεν άηδή, τά φθάσαντα τοίς έπιγενομένοις άπέκρυψεν δ μέν γαρ βασιλεύς τδν λαβύρινθον εκείνον ή τδν παρά Λακεδαιμόνιό ις Καιάδαν, τί γάρ άν τις έτερον τδ βάραθρον οδ καθεΐρκτο καλέσειε, μετά των υίέων, πάντως τυχών τής ιι5 προνοίας, άπέδρα, καί ήν τούτο των πωποτ εν άνθρώποις γενομένων παραδοξώτατον " ρδον γάρ &ν έδόκει Αιδην καί Τάρταρον ψοχήν άποδρδσαν άναθιωναι, η τουτους τοΟ χάους άναδΟναι εκείνου, ώστε τώ τότε γενομένω τδ τοΟ ’ίωνδ καί τού κήτους πάντες ήξ,ίουν πιστοΰσθαι. Εύθύς δέ Τ20 Ιν αιτίαις ή βασιλίς, καί εδόκει τήν των άποδράντων δίκην δφείλειν αύτήν, καί ώριστό σε τήν υπερορίαν παρά τοίς βαρβάροις οικήσαι, οίκήσαι δέ φωτδς καί άέρος καί των κοινοτάτων δή τούτων άπολαυειν καθαρως ειργομενην,
ιο4 μεμερίσθαι correxi : μερμερισθαι codd.
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de la baleine. Immédiatement on en rendit responsable l’impératrice et il semblait qu’elle devait être punie de leur évasion ; on décida de te faire résider à l’étranger chez les Barbares, en t’empêchant de jouir en toute liberté de la lumière, de 1 air, de ces biens communs a tous, condamnée à rester dans l’ignorance complète de ce qui se passait à 1 extérieur. Personne, en effet, n’osait pénétrer auprès de toi, même les serviteurs les plus nécessaires. De plus, comme si ton propre malheur n’était plus suffisant, pour augmenter ta peine, on décida d’emprisonner aussi ton père et empereur, un homme qui par ses hauts faits a consolidé avec éclat son titre — on peut se contenter de ces mots très brefs pour un homme aussi grand — et de joindre à lui les sœurs et la fille, femmes dignes de leur naissance et qui ne le cèdent en rien aux hommes qui ont vécu dans le passé, ou, pour parler plus clairement, tes sœurs, dont l’intelligence non moins que le sang montrent leur parenté avec toi. Cette mesure était non seulement une insulte envers des empereurs et des impératrices, entraînées impudemment et avec menaces en prison, mais aussi une douleur sans borne. Quand tu songeais, en effet, à eux et que tu pensais que tu étais la cause des insultes, faites à eux que tu aimais plus que ta propre vie, cela te fit oublier tes propres malheurs et te consumer de douleur devant leurs infortunes. Ils étaient donc tous enfermés et, devant les portes, des geôliers féroces, avec ordre de les affliger de la voix et du regard et par tous les moyens, gens qu auparavant ils n’auraient pas daigné avoir comme esclaves. Le mal n’atteignait pas seulement leurs âmes, mais attaquait aussi leur corps, par suite des mauvais traitements. Enfermés dans cette forteresse assiégée, comme la longueur de la guerre avait épuisé les vivres, ils étaient obligés de se nourrir du peu qui restait et qui était pourri, et de plus la peste s’ajoutait à la famine et les survivants ne suffisaient pas au transport des cadavres, alors que pendant toute leur vie ils avaient vécu dans une si grande propreté et dans un si grand luxe. A cela s’ajoutaient les paroles, plus amères que tout, lancées pour n’importe quel motif par ceux aux-
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quels la garde avait été confiée, afin, semble-t-il, que souffrît votre oreille et que souffrissent aussi vos yeux et que rien ne restât à l’abri du malheur. Qui pourrait narrer toute la comédie d’alors? On ne saurait trouver de paroles adéquates et, comme au moment où ces faits se produisaient, aujourd’hui encore leur récit, je crois, tirera des larmes. Au reste, ce qu’on peut se contenter de dire sans crainte d’être blâmé par personne, c’est qu’alors pour la première fois on livra des empereurs à des marins et l’on confia toutes les affaires à l’ignorance de ceux-ci et, chose insupportable à dire, ils obéissaient à leurs ordres, même si on leur ordonnait par la violence des choses supérieures à leurs forces et pour lesquelles ils recevaient en récompense des insultes.
Mais raconter ces faits avec exactitude ne répond peut-être ni à la nature du discours ni à mon dessein, pour le moment. Laissons ce soin à ceux qui se complaisent à dire et à entendre des choses fort extraordinaires ou aux poètes qui font représenter leurs tragédies car il n’est pas possible de trouver une tragédie plus terrible qui soit arrivée à des êtres humains et que seul le secours de Dieu peut soulager. Ce qui arriva alors aussi. Celui qui ne laisse personne être éprouvé au-dessus de ses forces mais qui avec l’épreuve donne aussi le moyen d en sortir, dissipa avec le retour de l’empereur ce nuage. Il te rendait de nouveau à nous, lumière très pure, comme on l’a dit, après ces ténèbres qui avaient enveloppé toutes les âmes. Alors, mieux encore on put voir combien tous les cœurs t étaient restés fidèles ; personne qui voulût demeurer chez lui, à l’annonce de ton retour. Comme s’il s’était agi d’un des spectacles les plus attrayants, toute la ville se répandait dans les rues, et les ruelles pour la première fois se montraient dignes de leur nom. Tous célébraient à haute voix la sage, la vertueuse, la bienfaitrice, celle qui, tant qu’elle était présente, avait été l’âme des choses et dont 1 absence avait été une cause de dommages pour tout le monde et qui maintenant, de nouveau, avec la grâce de Dieu, serait le salut pour tous. Les lèvres de chacun prononçaient ces mots avec plaisir et a cause des bienfaits que chacun
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savait avoir reçu de toi, soit à titre privé soit officiellement, on aurait dit, avec vraisemblance, qu’on cherchait les noms les plus grands pour te bénir. Et ici, moi aussi je parlerai de moi, je dirai les raisons pour lesquelles j’ai fait cette digression.
J’étais venu, moi aussi, avec bien des gens te rendre l’hommage, qui n’était nullement digne de toi mais qui t’était dû. Sans avoir rien perdu de ta grâce habituelle, sans regarder à la majesté de ton rang — et les autres femmes, nous le savons, quel faste étalent-elles continuellement! — , sans avoir perdu, ce qu’un autre aurait fait même envers un ami très cher dans l’immensité de son malheur, sans avoir perdu le souvenir de l’ami, tu me regardas avec bienveillance et tu me saluas d’une manière tout à fait digne de toi. Tu me rappelais le passé et me disais que ni l’oubli ni le temps ne te faisaient prendre moins à cœur ce qui me touchait, mais que la place que j’occupais autrefois dans ton souvenir m’était gardée et que moi aussi je devais être comme jadis et t’assurer par les sentiments que je t’exprimerais maintenant que je n’avais pas changé pendant ton absence, et tu me disais encore bien d’autres choses semblables, pleines d’amabilité et dignes de ta majesté impériale. Pour moi, rien n’était comparable à ces paroles, à mon avis et, à les entendre, je me comptais au nombre des hommes les plus heureux. Mais toi, tu confirmais non par des mots mais par des actes tes paroles, comme si les preuves que tu m’avais déjà souvent données ne suffisaient pas et tu scellas tes paroles par un don important et plus importants que ce don furent l’honneur et les paroles que tu prononças à cette occasion. Puisque tu as pare ta vie d’ici-bas de nombreuses bonnes œuvres, honoré tes créateurs, aimé tes parents, fait du bien a tes amis, sans faire de mal à tes ennemis, puisqu on t’a louée pour tes actes privés et puisque tu as rendu service à l’intérêt commun pour des choses de très grande importance et d’une très grande utilité, que sous tous les rapports tu as paru digne de la dignité impériale et que tu l’as plutôt illustrée que tu n’as paru être illustrée par elle, tu
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ΈνταΟθα καί αυτός τούμδν καί οδ χάριν επί ταΟτα εξέβην ερώ · καί γάρ μετά πάντων καί αύτόν προσελθόντα με, ιηο καί την άξίαν μεν ούδαμώς, τήν δ’ δφειλομένην είσενεγκόντα τιμήν, μηδέν τής είωθυίας χάριτος άφελοΟσα, μήτε πρός τον δγκον τοδ σχήματος άποβλέψασα, τάς δε άλλας ΐσμεν δσην διά πάντων ένδείκνυνται θρΟψιν, μήθ’, δπερ άν τις άλλος καί πρός σφόδρα φιλούμενον επαθεν τω των ig5 συμφορών μεγέθει, τήν τοΟ φίλου μνήμην άφαιρεθεΐσα, προσέβλεψάς τε ήμέρως καί μάλα σεαυτής άξίως προσεΐπες, καί των προτέρων άνεμίμνησκες, καί ως ούδενΐ παρά σοΙ διά λήθην ή χρόνον ελάττω τάμά, άλλ’ ή παλαιά χώρα μοι παρά τή σή μνήμη τετήρηται, δειν δέ κάμε τής 200 προτέρας εχεσθαι γνώμης και οίς νδν ενδείξομαι τδ μηδ’ άπούσης κεκινήσθαί με βεβαιώσαι, καί πολλά τοιαΟτα εΐρητο, χαρίτων μεστά, καί βασιλική μεγαλοπρεπεία προσήκοντα. Τούτων τότε εγώ των ρημάτων ούδέν αντάξιον ώμην, άλλ’ έν τοΐς εύδαιμονεστάτοις έμαυτδν ao5 ήρίθμουν τοιαΟτα άκούσας · σύ δέ ού λόγοις, εργοις δέ μδίλλον απερ ειρηκας βεβαιοΟσα, ώσπερ ούκ άρκούντων ων εις εμέ πολλάκις ένδέδειξαι, δώρω μεγάλω τούς λόγους έπεσφραγίσω, καί τοΟ δώρου μείζων ή τιμή καί οσα επί τούτω έρρήθη. Έπεί γάρ κατορθώμασι πολλοΐς τδν ενταΟθα 2ΐο βίον κοσμήσασαν, καί γονέας μέν τιμήσασαν, συγγενείς δέ άγαπήσασαν, καί φίλους μέν ευ ποιήσασαν, εχθρούς δέ ού λυπήσασαν, καί τοΐς μέν ίδια πραττομένοις εύδοκιμήσασαν, τώ δέ κοινω πρός τά πλείστου άξια καί πλεΐστον συνενεγκόντα λυσιτελή σασαν, καί πανταχόθεν βασιλεία δόξασαν 2 1 5 πρέπειν, καί μάλλον αυτήν κοσμήσασαν, ούχ ύπ’ αυτής δόξασαν κοσμηθήναι, εδει σε καί των μεγίστων καί τής σής άξιων ψυχής ερασθήναι- ως αν ούκ άξιώσασαν ταύτό παθεΐν τοΐς πολλοΐς, καί τοΐς όρωμένοις εναπομεΐναι,
3θ5 ωμήν Α: οίμαι U || 2θ8 ένδεδειξαι A : ένδεξειξαι U || 2ΐη δόξασαν A : om. U ; κοσμηθήναι A : κοσμηθεΐσαν U |j 218 ερασθήναι A : έρασθεντα U.
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devaist’éprendre des choses les plus grandes et des choses dignes de ton âme. Tu n’aurais pu juger bon de te conduire comme la généralité et t’arrêter à ce qui se voit, mais tu devais laisser derrière toi cela et toutes les autres sensations, comme objets des soins d’âmes inférieures et tendre, autant que possible, à la cité de Paul et au ciel, car lorsqu’on l’atteint, disparaissent tout deuil, toute douleur, toutes les larmes. Mais il te fallait auparavant, selon le précepte, distribuer les biens qui te restaient pour montrer qu’en cela aussi tu obéissais à Celui qui t invitait à la perfection. Et une fois cette décision prise, tu devais, selon le précepte, renoncer avant tout aux choses qui sont les plus recherchées des gens qui aiment la vie ; tu en mis la plus grande partie entre les mains des pauvres, en faveur desquels tu vidas toujours tes trésors et qui, tu le savais, te serviraient de guides en ce voyage et seraient tes défenseurs auprès du Juge; mais tu prélevas un peu en faveur de tes amis que tu voulais honorer et voir se souvenir de tes bienfaits. Je fus, moi aussi, l’un de ceux-là, car j’étais l’un de tes familiers et je te semblais digne de considération, et tu ajoutas ce comble de bonheur à tes nombreux bienfaits, afin que ta façon d’agir envers moi fût la même du commencement à la fin.
Je reçois donc ce don, en considérant non pas sa valeur, quand bien même on l’achèterait très cher pour l’avoir, mais le sentiment qui te guida lorsque tu pensas à me le faire. Ce don sera pour moi plus précieux que tout l’or qui est sous la terre et sur la terre, car si les hommes font très grand cas de l’estime du premier venu, que serait-ce d’obtenir aussi cette estime de la part d’empereurs? de toi surtout qui l’emportes en vertu et en science, comme moi-même je le sais, et tout le monde est de mon avis. Et ce don il ne reposera pas dans un ecrin ou dans un meuble que convoitent les voleurs et les vers, mais au fond de mon âme, où nous déposons les biens les plus beaux et les plus précieux, souvenir de ta vertu, prix de l’attachement que j’ai pour toi et aux yeux d autrui preuve de l’estime en laquelle tu me tiens, car il n y a rien parmi ce que je possède qui me rendra aussi fier
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αλλά ταΟτα μέν καί πασαν άλλην αΐσθησιν ώς μικρών aao ψυχών σπουδάσματα κατόπιν άψεΐναι, πρός δέ τδ Παύλου πολίτευμα καί τδν ουρανόν ώς έψικτδν έπειχθήναι, ου τοΐς λαβομένοις άπέδρα πδσα οδύνη καί λύπη καί στεναγμός.
Έχρήν δέ πρό τούτου τα περιλειφθέντα σοι των όντων κατά την εντολήν διαδοΟναι, ΐνα καν τούτω | τώ πρός τό 59vaa5 τέλειον έγκαλουμένω σε πείθεσθαι δόξης ■ έπεί τοίνυν ταυτα εδόκει καί εδει τα τοις ψιλοκόσμοις περισπούδαστα πρότερον κατά τήν εντολήν άποθέσθαι, τα μέν άλλα χεΐρες είχον πενήτων, εις ους αεί τά όντα εκένους, καί οδς ήδεις σοι τής πορείας ταύτης ήγησομένους καί συνηγόρους a3o σοι πρός τόν δικαστήν εσομένους, ολίγα δέ εξειλες τοΐς ψίλοις ο9ς εχρήν υπό σοΟ τιμηθήναι καί ων ευ πεπόνθεσαν υπό σοΟ μνημονεύειν- οις συνεξηταζόμην κάγώ, ώς αν τις των οικείων καί ψροντίδος άξιός σοι δοκών· καί τούτον ταΐς πολλαΐς εύεργεσίαις επέθηκας κολοφώνα, ΐνα σοι a35 περί εμέ τά εξαρχής είς τέλος συμβαίνη. Έγώ μέν οδν δέξομαι τό δώρον ούκ είς τούς οβολούς άποβλέπων, εί καί πολλοϋ τοΟτ’ εδει πριάμενον εχειν, άλλ’ είς τήν γνώμην αφ’ ής επήλθέ σοι τοιαΟτα περί εμού διανοηθήναι, καί μοι παντός τοΟ τε υπό γήν τού τε ύπέρ γήν χρυσοΟ τουτί a4o τιμιώτερον * εί γάρ τό καί παρά των τυχόντων τιμδσθαι περισπούδαστο ν τοις άνθρώποις, ήλίκον άν εΐη τό καί παρά βασιλέων τούτου τυγχάνειν ; καί πρός γε ετι τοσοΟτον προεχούσης αρετή καί σοφία, οίαν εγώ τέ σε πέπεισμαι καί πάντας εχω συμφθεγγομένους ; καί μοι a45 τούτο ουκ εν κιβωτίω ιή τινι άλλω σκεύει οΐς κλέπται καί σήτες έπιβουλεύουσι κείσεται, άλλ’ εν μέση τή ψυχή, ου δή τά κάλλιστα καί τιμιώτατα των κτημάτων άποτιθέμεθα, μνημεΐον μέν τής σής αρετής, αθλον δέ τής εμής εύνοιας, πρός δέ τούς άλλους ενδειξις τιμής ή a5o τετίμημαι παρά σοϋ · ού γάρ έστιν έφ’ δτω μοι των όντων
aa6 σε A : om. U.
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
que cela. 0 gloire de la race, parure de la dignité impériale, ô femme éprise de la science, toi qui cultives la vertu et qui à cette fin dépenses tout ton zèle, toi qui, autant que tu l’as pu, as remis en honneur les études déjà presque mortes et qui as retire des études tant de profits que tu as surpassé bien des hommes vieillis dans cet art, ô femme, qui te dresses comme un modèle dans tes paroles comme dans tes actes pour ceux qui savent voir, continue de suivre cette voie heureuse que tu as choisie, au terme de laquelle bien peu arrivent, et ne cesse d’aimer, jusqu’à ce que tu l’aies rejoint, ce qui est seul digne d’amour, qui te donnera, j’en suis sûr, la couronne de justice et tu parviendras à la bienheureuse vision de Lui, avec Marie et Marthe et toutes celles qui ont servi loyalement le Christ, non point comme cellesci jadis (pour peu de temps sur la terre), mais une fois les visions et les images disparues, tu t’en enivreras sans fin. C’est là, pour les sages, le but de toute parole et de toute action. Quant à moi, sous prétexte que je suis encore attaché aux choses du monde que tu as méprisées, ne m’adresse pas à d autres dans l’avenir, après m’avoir fermé l’accès auprès de toi auquel j étais habitué ; mais, songeant que développer sa vertu, c’est aussi développer sa charité et sa bonté prévoyante envers les humbles, lorsqu’au moment opportun je viendrai vers toi, ne me prive pas de ce plaisir auquel j’étais habitue. Ainsi, tu me donneras en réalité un cadeau tel que je ne pourrais pas souhaiter en recevoir de plus grand.
A L’EMPEREUR MATHIEU (GANTAGUZÈNE)
Gydonès loue la sagesse avec laquelle Mathieu Gantacuzène gouverne le Péloponèse : il lui rappelle en quelle estime il était tenu à la cour de son père (Jean Cantacuzène) et il souhaite apprendre bien
i. Le nom do Jean VI Cantacuzène disparaît presque complètement de l’histoire, après sa retraite de i355. Cette lettre nous éclaire sur son activité, pendant les dernières années de sa vie.
A L’IMPÉRATRICE HÉLÈNE
τοσοΟτον δσον επί τούτω μεγαλαυχήσομαι. Άλλ’ ω τοΟ μέν γένους κόσμος, τής βασιλείας δέ στέφανος, δ σοφίας μεν ερασθεΐσα, άρετήν δέ άσκήσασα, εις ταΟτα δέ πάσαν άναλώσασα τήν επιθυμίαν, καί λόγοις μέν δη κειμένοις 255 τήν τιμήν τό κατά σαυτήν επαναγαγοΟσα, λόγων δέ άποναμένη τοσοΟτον ώς πολλών εν τώ λέγειν καταγηρασάντων προέχειν, ω καί λόγου καί πράξεως έστώσα παράδειγμα τοΐς δυναμένοις δράν, σύ μέν τόν ευτυχή τοΟτον δρόμον Sv εΐλου, καί μόλις ολίγοις άνυόμενον, τρέχε- καί μή λήγοις aôo έρωτος, μέχρις αν επί τό μόνον έφετόν καταντήσης, παρ3 οδ καί τόν τής δικαιοσύνης, εδ οΐδα, στέφανον άπολήψη, τής μακαρίας οψεως εκείνου μετά Μαρίας καί Μάρθας καί εΐ τις άλλη γνησίως Χριστώ διηκόνησεν, ούχ ώσπερ έκεΐναι πρότερον άψομένη, | αλλά τών τύπων καί τών 60Γ 2 εικόνων ύποχωρησάντων, άκορέστως εμφορουμένη- δ δη τέλος τοις ευ φρονήσουσι παντός καί λόγου καί πράξεως εμέ δέ μή ώς τοΐς κοσμικοΐς έτι προσηλωμένον ων αυτή κατεφρόνησας επ’ άλλους πέμπε λοιπόν, άποκλείσασά μοι τάς είωθυίας εισόδους - αλλά τήν τής αρετής προσθήκην 270 φιλανθρωπίας προσθήκην καί τών ταπεινοτέρων πρόνοιας είναι νομίσασα, δτε καιρός ερχόμενον παρά σέ τών είωθότων μή στέρει- καί ουτω τώ δντι δώσεις μοι δώρον, ου μείζονος ούκ άν εύξαίμην τυχεΐν. 601' 8
TÜI ΒΑΣΙΛΕΙ ΜΑΤΘΑΙΩΙ (ΚΑΝΤΑΚΟΥΖΗΝΩΙ)
Matthaeum Gantacuzenum eiusque sapientiam qua Peloponnesum gubernat laudat Noster : quanto amore a pâtre eius (Joanne Cantacuzeno) dilectus fuerit admonet ; se moi auditurum sperat amicum
271 προνοίας corrigendum putavi : πρόνοιαν codd.
Sources AU.
Tit. : Καντακουζήνω integravi : Τώ βασιλεΐ Ματθαίο) codd.