Gf. Novati, Epist. di Coluccio Salutati, III, p. io
3. Cf. BZ. I (1892), p. 60 et Miklosich et Müller, Acla palriarchatus Conslanlinopolitani, t. II, p, 3go-3gi.
INTRODUCTION
lionnelles. Nous savons d’autre part que Cydonès était encore tout jeune lorsqu’il entra au service de Cantacuzène 1 et il déclare lui-même que sa traduction de la Somme, achevée en 1 354 est aussi œuvre de sa première jeunesse 2. Touten interprétant le mot grec dans le sens le plus large qu’il peut avoir il semble qu’on ne pourrait pas fixer la date de sa naissance antérieurement à i3i5-i320. — C’est justement en ι32θ qu’Andronic II commençait à régner seul, après la mort de Michel IX avec lequel il avait gouverné depuis 1295 ; il mourut en i328; Andronic III ( τ 328- 1 34 1) lui succéda. On sait de quelle influence auprès de cet empereur jouissait son Grand Domestique Jean Cantacuzène. Nous avons quelques renseignements sur les premières années de la vie de Démétrius. « J’étais encore tout enfant lorsque je fus confié à un maître d’éloquence : je commençais à peine à avoir la notion des choses que je louai la décision que mes parents avaient prise à mon égard et de tout mon zèle je m’appliquai à l’étude à un tel point que je ne l’aurais pas changée pour tous les biens du monde, pensant qu’elle était un bien suffisant pour un homme libre : j’aurais toujours vécu caché pour me consacrer à l’étude, si tout de suite les circonstances ne m’en avaient éloigné malgré moi3. » Démétrius nous apprend lui-même le nom de son professeur de rhétorique : le célèbre Nil Cabasilas, mort archevêque de
1. Cf. lettre à Mathieu Cantacuzène, p. 7g: et περί εμέ πατέοα και βασιλέα μιμούμενος, ος πάνυ νέον παραλαβών... » Mais ce témoignage nous laisse dans l’incertitude : il faudrait savoir exactement en quelle année Démétrius entra à la cour de Cantacuzène.
2. Cydonès même le dit dans son Apologie : elle est écrite de la main même de Cydonès et est conservée dans le Cod. Nat. graec. 1102 fol. 55-76. Nous tenons ce précieux renseignement de Msr Giovanni Mercati, préfet de la Bibliothèque Vaticane, qui a découvert ce ms. et en prépare l’édition. Démétrius l’écrivit dans les dernières années de sa vie, et l’adresse à ses compatriotes pour leur expliquer comment il s’était converti à l’Eglise romaine et pourquoi il avait traduit en grec les chefs-d’œuvre de la théologie latine. Cydonès le répète aussi dans sa lettre à Maxime, publiée par Franco : I codici vaticani, etc. « C’est dès ma première jeunesse que je me suis occupé de traduire les écrits de Thomas. »
3. Cf. Dcmetrii Cydonii oratio ad Joannem Paleologum, éd. G. Cammelli, Byz. Ng. Jhbr. 4, 1924, p· 283.
INTRODUCTION
Thessalonique en 1 363 1 . Le père de Cydonès vivait alors à la cour, très estimé d’Andronic III et de Jean Cantacuzène. Je crois que ce que Cydonès nous dit de la place de confiance qu avait son père et des missions très importantes qui lui étaient confiées remonte à une époque antérieure à la mort d’Andronic III, alors que Jean Cantacuzène était Grand Domestique et qu’Andronic III se reposait sur lui des soucis du pouvoir, le laissait gouverner en fait et songeait même à l’associer au trône: la considération que le père de Cydonès avait à la cour et son amitié avec Cantacuzène faisaient déjà former au père de Démétrius des projets pour l’avenir de son fils: « Je me souviens que parfois, lorsque je l’embrassais à mon retour de l’école, je l’entendais formuler ce vœu: « qu’il puisse être ton maître, mon enfant » et ses paroles redisaient un désir que tu lui avais toi-même exprimé, accompagné de beaucoup de promesses et que l’on voyait partir vraiment du cœur 2. » Sur ces entrefaites, Andronic III mourut le i5 juin 1 34 1 et Cantacuzène fut nommé régent de l’empire. Mais bientôt l’ambition d’Apocaucos déchaîna la guerre civile qui devait se prolonger 5 ans et 3 mois jusqu’au jour où Cantacuzène entra en vainqueur dans la capitale (8 février 1 347)-
Cette lutte très grave en elle-même devait avoir de redoutables conséquences pour Cydonès et pour sa famille ; les calamités furent encore plus terribles avec les révolutions de Thessalonique, causées par les soulèvements des Zélotes. Cydonès nous en parle éloquemment dans sa Monodie sur les morts de Thessalonique3. Le malheur frappait de tous les côtés : l’amitié des Cydonès pour Cantacuzène attira sur eux la persécution du parti adverse. Dans son premier discours à Cantacuzène4·, Démétrius nous renseigne sur ces années de luttes et de détresse pour lui et toute sa famille qui dut payer cher sa fidélité au régent : la maison ruinée, la fortune dispersée : ce fut à peine si les Cydonès purent sauver leur vie : ce qui jadis était leur bonheur était la cause
i. Démétrius même nous le dit dans cette Apologie, dont nous venons de parler.
a. Cf. ad. Joannem Cantacuzenum imp. oratio, p. 70.