‹ Démétrius: tragédie en cinq actesChapitre 36 sur 56 · ACTE III, SCÈNE IV. vj · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV. vj

Je puis ,-saii$ m^avilir , descendre à l'artifice; ' ' •' Seul , tranquille , en ces lieux j'abuse Laodice^ A Rome Pharasmin me devait égorger ^ Mort , il me prête ici son noin pour me venger ! » - Je suis , à tes regards , Fappui de ton empire ; ' Je parais te servir , et c'est moi qui conspire , Reine ^ c'est moi qui seul ai pris soin d'exciter Le peuple en ma faveur prêt à se révolter !

Moi seul , autour de toi j'ai grossi la tempête Qui gronde et va bientôt éclater sur ta tête !

WICANOR.

Lorsqu'un dieu protecteur veille ici sur vos jours , Souffirez que j'aille au camp , vous prêtant mon secours , £t de nos ennemis trompant la vigilance, De» soldats al^attus ranimer la vaillance.

DÉMÉTRIDS.

J'ai cbargé de ce soin l'intrépide Anténor.

L'ami de votre père ici respire encor ?

Oui : ce noble guerrier , compagnon de Tygrane ,

Banni par Laodice , habitait Ecbatane. *

Accablé de misère , il pleurait mon trépas ;

Guidé par la vengeance , il a suivi mes pas.

Instruit de mes projets , à mes ordres docile ,

Il entre seul au camp ; seul j'entre dans la ville !...

Je vois le peuple en deuil ^ oubliant mon danger ,

Sur ta fiUe , sur toi, je l'ose interroger.

J'apprends que par la reine à son fils destinée ,

Ta fille doit choisir la mort ou l'hyménée ^

J'apprends que dans les fers tu dois finir tes jours ^

Et je viens , iocoimu y tous ofinr mes seeours. Mon père 1 si tu veux que moD sort s^accomplisae , D'Uéliodore en moi ne vois que le complice.

Nomme-moi Pbarasmîn. Un seul mot indiscret Assure mon trépas s'il trahit moiir secret.

La reine que j'abuse en affectant le z^e En son roi qui ht perd voit un sujet fidèle : Elle craint ses soldats prêts à se révolter.

Bientôt ils me verront ! mais , avant <d>'éclater , Avant d'aller au camp ceindre le diadème , Je veux de ce palais arracher ce que j^aime !...

(Nicanor fait un mouvement. )

Ton fils sauva mes jours ; Fhohneur mé fait la loi De les sacrifier pour ta fille , pour toi , Et d'accomplir le vœu de la reconnaissance , > Avant de réclamer les droits de la naissance !

NIGÀNOR, allant ponr se jeter encore dans ses bras.

Mon cher fils !

( Se reprenant tout à coup et sUncIinant avec respect. )

O mon maître !

DËMETRIUS, le relevant vivement.

On vient ! tu me trahis !

Songe que je ne suis ni ton roi , ni ton fils î Oh ! cache ton respect, commande à ta len<tresse !

ATCE iri^ SCÈNE V. 47>

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