EAU 11 E
Et tu aimes bien... Tu aimes comme ton père... GILBERTE, heureuse.
Vrai ?
LA l'RE, regardant sa fille dans les yeux. Tu es son vivant portrait. Tu as ses manières brusques, ses accents profonds, des mots qui partent du cœur... Tout à l'heure, quand tu parlais, il me semblait l'entendre... J'ai rencontré ton regard et j'ai vu ses yeux.
GILBERTE
Gomme il y avait longtemps que nous n'avions parlé ainsi! Gela me manquait...
LA.URE
Chère petite...
GILBERTE
Quand l'idée me prend que tu deviens indifférente au passé qui m'est cher, que nous n'avons plus les mêmes regrets, je me sens alors si seule, si malheureuse!... Il me semble que tu ne m'aimes plus...
LAURE
Rassure-toi, mon enfant. Rassure-toi sur le passé, et rassure-toi sur le présent... Mes regrets sont toujours aussi profonds, et tu es toujours ma fille chérie...
GILBERTE
Alors, c'est bien vrai, tu n'as rien oublié des jours heureux, quand nous étions tous les trois, rien que nous?...
LAURE, avec sentiment.
Non, je n'ai rien oublié...
GILBERTE
Et tu m'aimes toujours autant?
Toujours autant !
GILBERTE, joyeuse.
Alors, je ne suis plus méchante.
LAURE
A la bonne heure.
GILBERTE
Veux-tu sortir avec moi aujourd'hui ?
LAURE Avec plaisir.
GILBERTE
Le jour de l'an approche et nous sommes en retard pour nos cadeaux. Nous les achèterons bien beaux, n'est-ce pas ? Nous ferons des folies !
LAURE C'est entendu... Et Blanche? Ne lui diras-tu pas un mot gentil ?
GILBERTE
Oh! si, si, je lui parlerai, sois tranquille. Tu seras
contente de moi. A tout à l'heure ! Elle suit vivement, après
avoir donne a sa mère des baisers passioniu >