Neurasihénie et psychasthénie
Je dois, en terminant, mentionner la maladie que PIERRE JaAxET ! a décrite sous le nom de psychasthénie et qui est une forme psychique dépressive de neurasthénie.
Pour JanEr, « la psychasthénie est une psychonévrose très voisine de la neurasthénie et peut-être de certaines formes de paranoïas ; elle se place entre l’épilepsie et l'hystérie. Toutes ces psychonévroses sont caractérisées par une insuffisance du fonctionnement cérébral... état vague d’engourdissement ou d'intoxication... Dans la psychasthénie, la chute de la tension mentale est beaucoup moins brusque, moins profonde et plus prolongée que dans les accès épileptiques ; elle n’amène point le rétrécissement du champ de la conscience, la localisation sur certains points comme dans l’hystérie ; elle semble, dans cette psychonévrose, rester générale et déterminer dans toutes les opérations de l'esprit une simple diminution de la perfection et de la puissance d'adaptation à la réalité. Les fonctions les plus troublées sont les fonctions qui mettent l’esprit en rapport avec la réalité, l’attention, la volonté, le sentiment et l'émotion adaptée au présent. D’autres fonctions semblent rester intactes et elles se révèlent ainsi comme inférieures ; ce sont l'intelligence discursive et le langage, les émotions exagérées et incoordonnées, les mouvements mal adaptés et en partie automatiques. Cette diminution de la tension psychologique détermine un malaise mental, un état d’inquiétude, des sentiments d’incomplétude d'autant plus forts que le sujet a mieux conservé son intelligence. Sous l'influence de cette inquiétude excitante et par le fait de la suppression des phénomènes supérieurs, les phénomènes inférieurs conservés prennent une grande exagération et donnent naissance à des tics, à des agitations motrices, à des émotions angoissantes, à des ruminations mentales très variées. Enfin des
1. Ravmonp et Pierre JANET. Les obsessions el la psychasthénie, 2 vol., Paris, F. Alcan 401.
ÉTUDE MÉDICALE 129 idées se forment suivant les circonstances pour résumer et interpréter tous ces troubles et les idées ainsi formées continuent à présenter les caractères de l’état mental précédent ; elles sont permanentes et obsédantes parce qu elles résument et expriment un état permanent, elles ne se terminent pas, ne donnent pas naissance à de véritables convictions délirantes, mais gardent la forme des émotions angoissantes et des ruminations »...
DuriL' résume ainsi l’état mental neurasthénique : « un affaiblissement des facultés psychiques, et notamment de Ia volonté, une disposition habituelle de l'esprit à la tristesse, au pessimisme, aux préoccupations hypocondriaques, un défaut de résistance aux sensations, aux impressions morales, une émotivité exagérée, un état d’apathie traversé par des mouvements d'humeur et de colère, en un mot un amoindrissement conscient de la personnalité morale ».…