CONCLUSIONS
Dans ce long et encore insuffisant chapitre, je me suis efflorcé d'établir la thèse fondamentale de ce livre : l'existence des demifous, que l’on ne peut, sans une égale erreur et une égale injustice, classer ni parmi les fous ni parmi les psychiques normaux. Ils se distinguent des sains d'esprit en ce qu'ils sont psychiquement malades et se distinguent des fous en ce qu'ils conservent un certain degré de conscience et de raison. Quelques-uns de ces malades deviennent plus tard ou ont antérieurement été fous : la demifolie n’est alors qu'une période de leur histoire. Certains guérissent et ne sont, eux aussi, demifous que pour un temps. D’autres, au contraire, le sont toute leur vie sans jamais être, à aucune époque, ni complètement raisonnables ni complètement fous.
Une caractéristique médicale unique est difficile à indiquer pour un groupe aussi vaste et aussi complexe. On peut dire
4. Doris. Trailé de Palhologie mentale de Gilbert Ballet, p. 842.
Grasset. — Demifous. 9
130 DEMIFOUS ET DEMIRESPONSAPLES
cependant que chez les demifous ily 4 afjaiblissement du psychisme supérieur et hyperactivité fonctionnelle, non contrôlée, du psychisme inférieur. C’est ainsi que la doctrine de la distinction des deux psychismes (supérieur et inférieur) me paraît de nature à éclairer et à faciliter l'étude médicale des