Supérieurs intellectuels français
4° Guy DE MaAUPASSANT, cet esprit si fin et si français, qui, comme ALPHONSE DAUDET, a manqué à l’Académie, est mort fou, après avoir été interné, dix-huit mois, dans la maison de santé du docteur BLancxe ?. Et sa psychonévrose remontait bien plus loin : depuis dix ans, dit M°° Acrnonse Dauver*, on le trou-
4. Core Léox Tozsroï. Autobiographie, trad., J.-W Brensrocx. La Revue, 4906, p. 206. — Voir aussi : Léon Tolsloïi, Vie et Œuvres, Mémoires. 2 vol. Edition du Mercure de France et l'article d'ARvÈDE BARINE sur la jeunesse de Tolstoï dans le Journal des Débats du 3 octobre 1906.
2, Voir GapanËs. Guy de Maupassant chez le Dr Blanche. Chronique médicale, 1897, p. 682.
3. Mue ALPnonsEe Dauper. Souvenirs et impressions. Revue de Paris, 1897, # V, p. 9521.
GRASSET. — Demifous. 10
vait « plus physiquement changé à chaque fois par ces tiraillements, Ces Ccreusements de traits de la maladie nerveuse agitant l'être et le fatiguant par toutes ses fibres... Pour les clairvoyants et les expérimentés, ce besoin perpétuel de départ! et de solitude, mêlé à des désirs, des ambitions de vie mondaine et brillante ; c'était peut-être la mélancolie avertissante, cette première fatigue du cerveau affaibli, déjà prêt pour l'accident final ». On à pu dire ainsi ? que les racines de son mal « semblaient se confondre avec celles mêmes de son talent » et les hallucinations de l’ouie de Sur l'eau comme les hallucinations de la vue du Horla3 prouvent qu'il devait «évidemment n’avoir pas un cerveau fait comme celui de tout le monde # ». Guy DE Maupassanr avait lui-même révélé à PauL BourGeT * qu’il « voyait souvent son double. En rentrant chez lui, il se voyait assis sur son fauteuil ».
2 ViccemainT à eu des idées de persécution : il se croyait poursuivi par les Jésuites. « À chaque instant, dit une dame à qui il vient de rendre visite, il regarde sous les fauteuils et sous les chaises. Et pourquoi ? Voilà : il regarde sous le siège
4. « Son yacht loué sur la Méditerranée, MaupassanT partait, revenait inopinément, recevant souvent à Cannes les invitations qu'on lui adressait à Paris. »