‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 64 sur 119 · Journal des Goncourt. t. IE, p. 80 et t. VI, p · texte numérisé non relu

Journal des Goncourt. t. IE, p. 80 et t. VI, p

dans ses lectures, en se mordillant la langne et en se tortillant “ne mèche de cheveux avec les doigts qu'il lui arrivait, à un moment, de choir à terre. Un jour, il se coupa le nez en tombant contre une vitre de bibliothèque... Ce matin, Poucuer m'entraine dans une allée écartée et me dit : Il n’est pas mort d’un coup de sang, il est mort d’une attaque d'épilepsie..…. il a été seize ans sans plus en avoir... samedi il est mort d’une attaque d’épilepsie congestive... oui, avec touslessymptômes, avec de l’écume à la bouche... Tenez, sa nièce désirait qu'on moulât sa main... on ne l’a pas pu... elle avait gardé une si terrible contracture!. »

Biver SancLé? maintient le diagnostic d’épilepsie pour la névrose de FLauBerr, tandis que Fécix REGNaAULT * préfère celui d'hystérie. René Dumesnic ‘ qui à repris la question dans son ensemble conclut à de l’hystéroneurasthénie et attribue la mort à une hémorrhagie ventriculaire.

En tout cas, FLauserr avait une psychonévrose indiscutable. Quand il décrivait lempoisonnement de M"*Bovary, il sentait le goût de l’arsenic sur la langue’ et il en fut lui-même empoisonné au point de vomir. « Quand je fais un roman, dit-ilf, jai la pensée de rendre une coloration, une nuance. Par exemple, dans un roman carthaginois, je veux faire quelque chose de pourpre. Dans Madame Bovary, je n’ai que l’idée d’un son, cette couleur de moisissure de l'existence des cloportes.

1. Micuaut (Chronique médicale, 1900) ne croit pas que FLaugerr soit mort d’un accès ultime d'épilepsie. Voir les réponses de GeLiNeau. 1bidem, p- 670 et de MicHauT. Jbidem, p. 703.

2. Bixer SanGLé. L’épilepsie chez Gustave Flaubert. Chronique médicale, +900, p. 641 et 1901, p.62.

3. Fécix ReGnaurr. Les observations d'épilepsie sur les hommes de g“nie et notamment sur Gustave Flaubert, ont été jusqu'à présent mal prises. Fevue de l'hypnotisme, 1900-1901, t. XV, p. 270.

4. RENÉ Dumesniz. Flaubert. Son hérédité. Son milieu. Sa méthode, 1903.

5. Sur ce point, dit Ripor (Psycholoyie des sentiments. Bibliothèque de philosophie contemporaine, 5e édit., 1905, Paris, F. Alcan, p. 365), « la déclaration de FLAUBERT rapportée par TAINE a été révoquée en doute, sans aucune raison. »

6. MicHaur. Un livre à écrire sur Gustave Flaubert. Chronique médicale, 4900, p. 775.

L'histoire, l'aventure d’un roman, ça m'est égal! » Forrin!, le médecin particulier de KFcLauBerT, dit que pour écrire il « tombait dans un deuxième état (état second) en s’extériorisant ». — « Croiras-tu désormais au présage des bottes”? écrivait FLAUBERT à Louis Bourcunér en 1855. Te rappelles-tu que le jour où j'ai porté ta pièce chez Laffitte, je t’ai dit dans la rue Sainte- Anne : ça ira bien, je viens de voir des bottes. Et les bottes

étaient neuves et on les tenait par les tirants?. »

6° BAUDELAIRE est mort de paralysie générale (LomBroso).

Ses parents, dit-il lui-même, « idiots ou fous, moururent tous victimes d’une folie terrible ». Il abusait de l’opium, du tabac, du vin”, et paraît avoir été un olfactif avec perversions sensorielles. « [1 préfère aux bonnes odeurs, dit LomBroso, les odeurs qui, pour l’homme sain, constituent une puanteur. La pourriture, la décomposition, la pestilence ravissent son nez. » Et BERNARD‘ ajoute : « BAUDELAIRE, un autre gourmet d'odeurs, disait de lui : mon âme voltige sur des parfums, comme l’âme des autres hommes voltige sur la musique. BaupgLatRe disait vrai : il y avait en lui une sorte d'amour maladif des parfums. »

« Il se teignait les cheveux en vert » et avait des actes impulsifs : un jour il essaya d’étrangler son beau-père.

Voici la description qu’il donne d’une de ses « plaisanteries nerveuses * ». S’étant « levé maussade, triste, fatigué d’oisiveté, et poussé, lui semblait-il, à faire quelque chose de orand, une action d'éclat », il ouvre la fenêtre et voit tout d'abord un vitrier dont le cri perçant, discordant, monte

4. ForrTiNx. Le subconscient chez Flaubert. Chronique médicale, 1901, p. 28.

2. Echo du merveilleux, 1900, p. 253 (Chronique médicale, 1900, p. 62;).

3. Une division des Paradis artificiels porte ce titre : du vin et du haschisch comparés comme moyens de multiplication de lindividualité.

4. BerNarp. Conférence citée plus loin sur les odeurs dans les romans de Zola, p. 8.

Page 1