‹ Demifous et demiresponsablesChapitre 83 sur 119 · CABANËs. Chronique médicale, 1903, p · texte numérisé non relu

CABANËs. Chronique médicale, 1903, p

des saveurs plus pimentées, son instabilité, qu'il travestissait en principes et par-dessus tout le choix de ses héros et de ses héroïnes, ceux-ci considérés comme types physiologiques (une galerie de malades !) tout cela réuni forme un tableau de maladie qui ne laisse aucun doute. WAGxeR est une névrose. nos médecins et nos physiologues ont en Wacxer leur cas le plus intéressant, tout au moins un cas très complet ».

Max Norpau : «Ricaarp WaGxer est chargé à lui seul d’une plus grande quantité de dégénérescence que tous les dégénérés ensemble que nous avons vus Jusqu'ici. Les stigmates de cet état morbide se trouvent réunis chez lui au grand complet et dans le plus riche épanouissement. Il présente, dans sa constitution d'esprit général, le délire des persécutions, la folie des grandeurs et le mysticisme ; dans ses instincts, la philanthropie vague, l’anarchisme, la rage de révolte et de contradiction ; dans ses écrits, tous les caractères de la oéraphomanie, c'est-à-dire l’incohérence, la fuite d'idées et le penchant aux calembours niais, et, comme fond de son être, l'émotivité caractéristique, de teinte à la fois érotomane et

religieuse. »

b° Mozart‘ est le type des précoces ; il joue du clavecin à trois ans, accompagne des quatuors et compose des concertos à cinq ans et entreprend sa première tournée de concerts à Vienne à six ans. [Il est extrêmement nerveux. A l’âge de dix ans, il suffit de lui montrer une trompette pour le mettre en fuite ; si on insiste, il s’'évanouit. — À quinze ans, il aime une jeune fille qui a dix ans de plus que lui. — IL fournit un travail énorme ?, mais s’affaiblit physiquement très vite : pour un rien, il s’évanouit ou s’alite. — Dans les derniers mois de sa vie, il vit sous le coup « d’une idée fixe épouvantable,

1. Barnatp. À quelle maladie a succombé Mozart? Chronique médicale, 4905, p. 737.

2. Il a composé 179 ouvrages « l'œuvre d'un Titan » et meurt à trente- Cinq ans.

d’une véritable hallucination d’aliéné » : il se croit obligé de travailler à sa propre messe d’enterrement. [Il voit constamment l’homme qui lui a commandé ce àequiem. « Je le vois continuellement devant moi, il me presse, me sollicite sans relâche et me pousse à la composition malgré moi. Aussi, lorsque je veux m'arrêter, le repos me fatigue et me harasse plus que le travail. »

6° BEeraoven ! a été sourd à trente ans, c’est-à-dire qu’il n’a jamais entendu exécuter ses plus beaux chefs-d’œuvre. — C'était en même temps un original. « Dans son intérieur régnait un désordre génial... Pour se laver il prenait de préférence de l’eau glaciale. Ilen avait toujours plusieurs cruches sur sa toilette. Avec ses mains il portait en grognant et en hurlant quantité d’eau sur sa figure et ses cheveux, sans s’'apercevoir qu’il y avait une flaque par terre, dans laqueile il barbotait comme un canard. Très souvent le parquet était traversé et l’eau tachaiït le plafond des habitants de l’étage de dessous... [1 lui arrivait assez souvent, pour lutter contre des bouflées de chaleur qui l’incommodaient pendant son travail, de se plonger la tête dans une cuvette d’eau la plus froide possible. Il avait encore l’habitude, non moins fâcheuse, de partir de chez lui de grand matin, de rester des journées entières au milieu des bois, composant toujours, s’exposant à l'humidité de leurs ombrages, la tête toujours découverte.» — Îl paraît être mort d’une cirrhose atrophique d'alcoolique.

1° Sur les troubles psychiques de Rossini, la Chronique médicale ? a récemment rappelé l’étude de Frciprr (1892).

Rossinr fut atteint « de troubles neurasthéniques graves à partir de sa cinquante-cinquième année *.. Déjà, en 1850, il

1. Korz-Foresr. La surdité de Beethoven. Chronique médicale, 1905, p. 321 ; Bararoux et Marcez Nartier. lbidem, p. 492; Pierre BONNIER et (ARNAULT. Jbidem, p. 521 ; Kcorz-Foresr. La dernière maladie et la mort de Beethoven. Ibidem, 1906, p. 209 et 241.

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