C’est moi qui souligne
2. Il va sans dire que je ne connaissais pas en 1904 ce passage de SALEILLES paru en 1898 ; sans quoi je l'aurais déjà cité dans mon article du Journal de Psychologie.
LES DEMIFOUS DEVANT LA SOCIÉTÉ 229 «en dehors, bien entendu, de toute idée de libre arbitre », une définition de la responsabilité sociale ou sociologique.
Dans «le discernement » il y a «un facteur de l’individualité morale » ; il faut « en outre tenir compte de la force et du fonctionnement de la volonté, de tout l’ensemble de la personnalité morale » et on a « fini par s’en tenir à l’idée de normalité ». L’homme normal est une « entité capable de responsabilité » et c'est «à la faculté pour l'homme de se déterminer par voie de motifs que cette normalité doit se référer ». Elle consiste « à subir à la façon des autres hommes l'influence des motifs ordinaires qui régissent la conduite et les actions humaines, tels que ceux tirés de la religion, de la morale et de toutes les idées courantes. Ne plus subir cette influence, ne plus se laisser impressionner par ce qui impressionne tous les autres, arriver d’abord à ne plus sentir ces motifs, puis peu à peu à ne plus les comprendre, c’est s'éloigner de la normalité, jusqu’à ce que l’on en arrive à subir, sur l'impulsion des motifs ordinaires et normaux, un contre-coup et comme une réaction et un mouvement rèflexes, tout contraires à ce que ressentent les autres hommes, ou même à paraître, Ce qui n'est Jamais qu'une apparence, même pour les fous, se décider sans motif; et alors on est au pôle externe, celui de l’anormalité absolue, constitutive de l’aliénation mentale ».
A cette thèse qui paraissait « solide et définitive » on a fait de nombreuses objections. Saveirces les expose et les discute, notamment celles, très retentissantes, de von Ligzr, professeur à l'Université de Berlin, dans son rapport au I[I° Congrès international de psychologie.
Pour nous qui restons exclusivement sur le terrain de la responsabilité médicale, telle que je l’ai définie plus haut, nous pouvons conserver cette définition de la responsabilité psychique. Comme dit encore SaLeiLzes, « cet état de responsabilité, ce n’est pas par la constatation expérimentale de l’état de liberté que nous l’apprécions, mais par une simple
constatation d'ordre physique et naturel : c’est l'état de normalité physiologique. Le critérium de l’état de responsabilité devient, pour le vulgaire qui admet la liberté, ce qu’il est pour les déterministes qui ne l’admettent pas ; il se résout dans l’idée de normalité. »
D'un mot qui résume toute cette doctrime : la responsabilité d’un sujet est fonction de la normalité de ses neurones psychiques *.