‹ Démocratie et libertéChapitre 24 sur 68 · LE KESPKCT DE LA LOI. — LES HOMMES DBS ANCIEN3 PARTIS · texte numérisé non relu

LE KESPKCT DE LA LOI. — LES HOMMES DBS ANCIEN3 PARTIS

que vous les accueilliez par des injures? Comment se fait-il que vous ayez oublié à ce point votre premier langage et permis des circulaires telles que celles dont je viens de vous donner lecture? Quelle était donc votre pensée? Est-ce que par hasard vous espériez que les hommes politiques éminents qui, à diverses époques, ont dirigé nos affaires, entreraient dans la lutte électorale avec des paroles de soumission abjecte et en répudiant un passé où il peut y avoir des fautes, mais où il y a encore plus, autant pour eux que pour notre pay3, de la gloire et de la grandeur? Est-ce que vous espériez qu'ils se présenteraient la tète basse, pour faire une soumission qui ne vous aurait pas même donné la force que vous en attendiez? car s'ils avaient eu la faiblesse d'agir ainsi, vous ne les auriez eus que déshonorés! (Bruit.) Ils ont agi comme il convenait à des hommes de cœur. Ils sont venus la tète haute, ne désavouant rien du passé, ne dissimulant rien de l'avenir. Ils ont placé la main sur la constitution et sur la loi, et ils vous ont dit : Vous avez, par le décret du 24 novembre, déclaré que votre Gouvernement n'était pas entouré d'un contrôle suffisant, et qu'il était désirable que les affaires publiques fussent discutées avec une liberté plus étendue. Eh bien, nous répondons à votre appel; nous voilà, nous sommes prêts à discuter. Si vous aviez eu de la mémoire, si vous aviez été intelligents et prévoyants, vous les auriez accueillis avec respect; vous auriez été heureux de laisser aux haines ardentes des partis succéder une espèce d'apaisement constitutionnel; vous auriez dû vous féliciter d'avoir en face de vous, au lieu d'un parti républicain acharné, au lieu d'un parti orléaniste intraitable, au lieu d'un parti légitimiste ne voulant rien oublier, d'avoir en présence de vous un parti nouveau, unique, démocratique, libéral, légal et constitutionnel, prêt à être pour vous quand vous aurez raison, contre vous quand vous aurez tort, mais préoccupé uniquement des intérêts généraux du pays. Vous avez manqué de mémoire, de sagesse politique; vous avez violé la loi; vous avez oublié tout ce que votre situation vous commandait, et je suis convaincu

qu'en signalant ainsi vos fautes, je suis l'écho du sentiment public...

Voix nombreuses. Non! non!

S. Exc. M. Rouher, ministre d'État. Il se manifeste ici, le sentiment public.

M. Emile Ollivibr. Je suis sûr qu'il n'est personne qui ne regrette des circulaires semblables à celle écrite contre M. Léonce de Lavergne, ou à celle dirigée à Paris contre une candidature célèbre. Il ne fallait pas procéder de la sorte. Si vous voulez fonder quelque chose de durable, si vous ne voulez pas être simplement une majorité qui profite de son nombre pour opprimer. .. (Vives réclamations.) Je ne vous dis pas que vous le soyez, je vous demande de ne pas le devenir. Je dis que si vous ne voulez pas être une majorité qui profite de son nombre pour opprimer, si vous voulez être une réunion de députés défendant avec autant de loyauté et sans doute plus de talent que nous, des principes différents des nôtres, vous devez désavouer de pareilles manifestations et vous rappeler sans cesse que, puisque vous êtes les plus forts, vous êtes obligés de rester les plus justes. (Mouvements divers.)

M. Émilb Ollivibr. Je demande la parole.

Messieurs, je veux répondre d'abord à l'honorable M. Granier de Cassagnac. Il est des expressions qu'il ne faut jamais accepter; il ne faut jamais laisser dire qu'on a déna- > turé un acte. J'ai donné lecture à la Chambre de la circulaire du préfet. Elle a pu juger elle-même si j'ai attribué aux paroles un sens qu'elles n'ont pas.

Relativement au comité sur lequel M. Granier de Cassagnac a fait tomber les qualifications acrimonieuses de la circulaire préfectorale, qu'il me permette de lui répondre ceci :

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