‹ Démocratie, et politique étrangèreChapitre 30 sur 134 · Édition française Jèze, t. II, p · texte numérisé non relu

Édition française Jèze, t. II, p

2. Cette doctrine de Laband a été combattue par Leoni, Bei- Irag zur Lehre von der gûlligkeil der Siaalsverirâge, dans Arch. f. off. Rechl, t. I, 1886.

rôle et considérera qu'il n'a plus sa liberté. Et comme il est à présumer d'autre part qu'il est convaincu de la parfaite conformité de ses engagements avec l'intérêt de son pays, il faut s'attendre à ce qu'il fasse tous sesefforts pour en obtenir l'observation pratique. Une partie des erreurs de la diplomatie des Alliés dans les Balkans^^ vient peut-être de ce qu'ils ont trop cru à la valeur des limitations constitutionnelles du pouvoir royal dans la politique étrangère. A quoi nous servirait de démontrer <îue les engagements du tsar des Bulgares, comme ceux du roi des Hellènes envers les empires du Centre^ étaient contraires aux règles du droit public de leurs royaumes? Ils ont produit leur effet. Les « barrières de papier » des constitutions n'acquièrent de valeur quesi elles peuvent s'étayer sur la volonté d'un peuple d'éducation politique avancée et décidé à les faire respecter. C'est ce qui est arrivé en Roumanie. Comme nous l'avons déjà indiqué, et comme nous aurons l'occasion d'y revenir, le roi Carol avait prétendu engager la Roumanie envers la Triple- Alliance par un traité contresigné seulement par son premier ministre, et non approuvé par le Parlement, ainsi que l'exige la constitution roumaine pour tous les traités. Mais ce n'est pas en vain que le sang des Romains, c'est-à-dire des premiers juristes du monde, coule dans les veines des Roumains. Lorsque, au mois d'août 1914, le roi Carol exhiba le traité au Conseil de la Couronne pour en exiger l'exécution, tous les ministres et anciens ministres, à l'exception de M. Carp, qui l'avait le premier contresigné, le déclarèrent nul dans la forme, et refusèrent d'approuver ce qui devait en être, dans la pensée du roi, la conclusion pratique : la déclaration de guerre à la Russie. Le traité, expose M. Basilesco, professeur à la faculté de droit de Bucarest *, avait été conclu par le roi Carol, seul et directement. Il était, c'est vrai, contresigné par le président du Conseil; mais, en vertu de la constitution roumaine, toutes les conventions internationales,, même les simples conventions commerciales, postales^.

Page 1