‹ Démocratie, et politique étrangèreChapitre 38 sur 134 · Cf. Sembat, p · texte numérisé non relu

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s'agit de satisfaire sans autre préoccupation que ceux <le la grandeur de la France et de la liberté publique.

La constitution de 1875 a fait du Président de la République le premier représentant de la France; et elle lui a donné le droit de parler au nom de la France, d'adresser des messages aux Chambres et au pays. Ce n'est pas moi qui lui reprocherai par conséquent d'avoir, dans les circonstances tragiques que nous traversons, proclamé les espoirs sublimes de la France, d'avoir prêté en son nom le serment de victoire ^

La constitution ne déclare pas expressément que le Président a la direction de la politique extérieure; mais elle le laisse entendre aussi clairement qu'il est possible: « Les envoyés et les ambassadeurs des puissances étrangères sont accrédités auprès de lui. — Le Président de la République négocie et ratifie les traités. — Le Président de la République ne peut déclarer la guerre sans Tassentiment préalable des deux Chambres. » Comme au roi d'Angleterre, il lui est dû communication quotidienne de la correspondance diplomatique, des dépêches de nos représentants au dehors. On raconte qu'un Président de la République aurait appris de la bouche d'un ambassadeur étranger certains graves événements internationaux ^. Il n'est pas impossible qu'il se soit trouvé des ministres, même étrangers au Parlement, pour oublier leurs devoirs élémentaires de déférence à l'égard du chef de l'État; il n'est pas impossible qu'il

1. Nous faisons allusion au discours prononcé à Nancy, au mois de mai 1915, par le chef de l'État et qui a donné lieu le 24 juin à un incident parlementaire ainsi relaté par le Journal officiel :

(( M. Hubert Rouger. — Nous regrettons que notre gouvernement n'ait pas saisi Toccasion, lui seul responsable...

« M. Mayéras. — A bas le discours de Nancy/ {Vives exclamalions. — Bruil.)

« Le Président. — Je vous rappelle à l'ordre.

« M. Hubert Rouger. — ... selon la constitution, devant le Parlement et le pays, d'opposer par l'organe du président du Conseil,. en des paroles mesurées et délibérées {1res bien.' très bien !), la conception de la paix française à la conception allemande formulée par iM. de Bethmann-lloUweg, et du reste combattue par la minorité socialiste du Reicbstag. »

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