Sidncy Low, The governance of England, p
les relations internationales, sur lesquelles le" roi exerce une aussi heureuse influence, la monarchie trouverait dans Taristocratie qui entoure le trône un personnel diplomatique de premier ordre, des hommes de grande situation pécuniaire, apparentés peut-être aux grandes familles des pays dans lesquels ils seraient envoyés, préparés à ces hautes fonctions par une éducation spé* ciale reçue depuis la jeunesse, mis au courant des grandes affaires politiques par le milieu même dans lequel ils ont vécu, etc. Mathieu de Montmorency, ambassadeur de la Restauration, était grand d'Espagne et se trouvait ainsi faire partie de Télite même du pays dans lequel il représentait les intérêts de la France*. L'Allemagne réussit à se faire représenter par des membres des familles princières, qui, outre le prestige que leur assure leur rang dans la société du pays où ils sont envoyés, ont quelquefois l'avantage de liens de parenté ou d'alliance avec le souverain de ce pays. Une honorable impécuniosité avait fait ambassadeur à Vienne, il y a quelques années, un membre de cette famille régnante de Reuss, qui a essaimé à travers toute TÂllemagne. Au cours de la présente guerre, le prince de Hohenlohe, chargé d'une mission à Bucarest, est le beau-fn r^ de la reine de Roumanie. Le duc Jean-Albert de Mecklembourg,qui, accompagné d'ailleurs d'un diplomate de carrière, a travaillé les Balkans en faveur de l'Allemagne, est apparenté à la reine de Bulgarie. On devine les avantages que cette supériorité donnait à ces grands seigneurs sur les simples fonctionnaires d'une démocratie.
d) L'histoire, — Enfin les publicisles adversaires de la démocratie prétendent confinmer leurs raisonnements dogmatiques par l'examen des faits. Pour eux, l'histoire se synthétise dans cette vue schématique : la diplomatie royale a toujours été profitable à la France, la diplomatie de la République lui a toujours été nuisible'.
1. V. dans le Journal des Débats du 22 février 1816 le compte rendu de la « couverture >» de M. de Montmorency.
2. Ernest Daudet, les Dernières années de Bismarck {Revue des Deux Mondes, 15 déc. 1915, p. 774).
l'aptitude de la démocratie a la diplomatie 2i
C'est donc qu'il y a dans l'excellence ou au contraire dans la nullité de la diplomatie quelque chose qui tient au régime; la source de ces différences de valeur, du tout au tout, est essentiellement constitutionnelle.
La République se trouverait condamnée à ce dilemme : ou bien n'avoir pas de politique, ou bien tenter des systèmes voués à ua inéluctable échec: la conception de M. Hanotaux nous a conduits à Fachoda, le plan de M. Delcassé à Tanger et Agadir. — La République a commencé de perdre et perdra complètement les colonies que la monarchie avait léguées à la France, C'est toute la thèse de Kiel et Tanger, deux prétendues faillites que M. Maurras explique seulement par le milieu républicain. « Delcassé ou Hanotaux auraient pu réussir s'ils avaient été adossés à la monarchie. » M. Sembat, avec son point de départ différent et des conclusions finales opposées, croit cependant devoir faire les mêmes constatations *. La France républicaine ne peut pas avoir d'alliance, et la preuve, c'est qu'elle n'en a pas. Qu'on n'objecte pas au brillant polémiste Talliance russe : « L'alliance russe n'a jamais été une alliance parce qu'il n'y a jamais eu prise de contact réelle et intime entre les deux alliés. Jamais les deux gouvernements, par manque des organes nécessaires, n'ont pu écluyager leurs idées secrètes, se, communiquer leurs désirs intimes, combiner une action simultanée pour les satisfaire. »
Succès constants de la diplomatie royale, insuccès non moins persistants de la diplomatie républicaine : tels seraient les faits. La conclusion s'impose.
SECTION II