‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 11 sur 137 · Faites un roi..., p · texte numérisé non relu

Faites un roi..., p

je crois, qu'il y a loujours quelque âme de bonté dans les choses mauvaises. Tout n'est pas faux dans celte Ibèse ; mais elle est faite d'un ensemble de vérités mutilées et partielles que Ton a forcées jusqu'à en faire des erreurs complètes.

La thèse monarchiste apparaît plutôt comme une vue académique que comme une théorie véritablement politique. On suppose, comme point de départ, une monarchie idéale que l'on pare de toutes les qualités contraires aux défauts de la démocratie : et on proclame sa supériorité sur le régime actuel. On suppose une opinion inexistante^ un peuple sans volonté, sans désirs, sans divisions, une masse inerte et obéissante de sujets dans laquelle il n'y aurait pas de citoyens. Mais (et, pour ma part, je crois que c'est heureusement; le peuple français a une opinion, une volonté : l'enfant a grandi; et restent complètement inutiles les regrets des parents et tous leurs discours sur. sa genlillesi^e et son obéissance quand il était au berceau. Certes, je siiis des premiers à revendiquer pour le pa- Irimoine moral de la France le souvenir « delà royauté magniti<{ue de Louis XIV ». Mais elle n'esi plus, elle ne peut plus (>lre qu'un souvenir. A s'hypnotiser sur un passé irrémédiablement mort, dont on ne voit d'ailleurs que les gloires ei dont on se dissimule les misères, on se condamne à un pessimisme stérile qui est aux antipodes d'une doctrine véritablement politique, créatrice d'action pour le bien du pays.

Mais la thèse soulève aussi bien des objections de dé^ tail.

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