‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 101 sur 137 · Diplomalie du suffrage universel, p · texte numérisé non relu

Diplomalie du suffrage universel, p

lilulionnelle de 1814 à i848. Peul-êlre ont-ils contribué à maintenir une période relativement longue de paix ; ils ont abouli dans tous les cas, avec un minimum d'effusion de sang, à deux créations importantes : la Belgique qui nous • séparés d'un voisin jaloux que le congrt's de Vienne avait installé à nos côtés, et la Grèce*.

Celte politique de solidarité dans Téquilibre s'impose aux nations et l'équilibre se venge par lui-même des atteintes que l'Europe lui laisserait porter. En 1870-71, l'Europe a manqué à sa mission historique : la France, disait-elle, aura beau Otre démembrée, il y aura toutours une France. C'c-^t vrai. Mais il n'y a plus eu d'Europe. El bien des nations paient aujourd'hui leurabslenlion coupable d'il y a quarante-cinq ans.

Colle notion de l'équilibre européen était à la base ilc6 Irailés de \\'eslphalie (1G48; : les puissances, négocianl à MuiisUm^ el à Osnabruck, s'elTorcèrent d'établir un* ré]>arlilion des forces telle qu'aucune puissance ne put menacer l'indépcMulance dos autres; en particulier elles |)rirciil les mesures nécessaires pour empêcher ruiiilicalion de ri']mpire allemand, qu'elles considéraionl ronnne un grave danger pour Tindépendance de l'Europe el pour la paix du monde. L'équilibre était établi au [>rulil de la l'^rance el contre l'Allemagne. Au trailé d Ulrechl ri7i.*5;, Louis XIV est obligé de renoncer pour lui el pour tons ses successeurs à une réunion des couronnes de l'^rance et d'Espagne: l'équilibre est celle fois-ci maintenu contre la France.

L'é(jnilii)r(î est une des clauses du testament politique des Bourbons. Verg(;nnes est un de ceux qui ont poursuivi avec le plus de netteté ce programme de désintéressement: la France doit clierciier sa force non dans son propre agrandissement, mais dans l'impuissance de

1. Oublies que soient les déceptions que nous réserve la politique de la Grèce, peut-on dire qu'il eût mieux valu, à un point de vue quelconque, qu'elle restât turque? — Cette oBservation, écrite il y a de longJi mois, i)rend une force nouvelle au moment où s'imprime ce livre, alors que, la Grèce refaisant son unité sous le gouvernement de Venizelos, a déclaré la guerre aux empires du Centre.

ses voisins à la dominer. Ces principes, abandonnés par ia Révolution pour celui des nationalités et celui des frontières naturelles et d'autres encore, sont ceux de Louis XVIII qui s'efforce de les faire triompher au Congrès de Viêîme.

Un des soins de l'ancienne politique royale était de veiller jalousement sur le maintien du caractère fédératif, divisé, dispersé de l'Allemagne. Mais celte mosaïque gothique de duchés, de principautés heurte l'esprit logique de Sieyès et aussi celui de Napoléon : l'Empereur prétend mettre de l'ordre dans tout cet empirisme, et c'est de celte entreprise d'uuificatioa qu'est sortie l'unité allemande après l'unité italienne*.

L'acte de Vienne est non seulement basé sur la théorie de l'équilibre, mais il l'invoque expressément: c( Voulant, dil le préambule, établir une paix solide fondée sur une juste répartition des forces entre les puissances... » Mais J'épithèle «juste n ne correspond ici à aucune idée de morale ; elle est employée en un sens purement dynamique : elle indique seulement que Ton prétend arriver à un équilibre purement matériel, analogue à cefui qu'on obtient sur une balance, même avec de faux poids. C'était un équilibre dirigé contre la France au profil de l'Angleterre, de la Uus.sie, de l'Autriche et de la IVusse 11 y a, au lendemain de i8i5, une Europe agissante, qui dirige ses elîorts tant en faveur du maintien de la répartition de forces alors opérée que contre toute modification des institutions politiques internes dans un sens libéral.

La politique de l'équilibre a épargné à l'Europe la réalisation des trois rêves de monarchie universelle conçus par Charles-Quint, par Louis XIV, par Napoléon. Fautil rapprocher de ces grands noms celui de Guillaume II ? En etïet, après la périotle d'éclipsé, ouverte par la diplomatie du second Empire, la politique de l'équilibre a été recréée, il y a un quart de siècle, par la menace toujours croissante des ambitions allemandes. L'Alliance francorusse, puis la Triple-Entente sont sorties de la logique

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