Diplomatie du éufjrage univers^l^ p
LA UBBRTÉ DBS NATIONS * 413
le commerce peut prospérer, l'inciustrie peut prendre «m essor nouveau. L*équilibre est ainsi modifié alors 4[He la distribution des territoires reste la même. Les États seront ainsi amenés à reprocber à un autre sa prospérité, qui peut le rendre menaçant pour les autres» Une surveiltance réciproque et méfiante devient nécessairement la politique des grands États.
I>ans le droit monarchique, il fallait compter encore arec une autre cause de rupture de l'équilibre:' c'était la transmission des trônes suivant les règles du droit privé : un prince peut trouver un trône dans un héritage on dans la dot de sa femme. L'Europe ne laisse libre jeu à ces règles dynastiques que si elles ne semblent pas menacer trop directement la sécurité commune. Charles- Quint partage entre deux branches de sa famille les trônes d*Espagne et d*Autriche dont la réunion alarme TKurope ; Louis XIV est obligé de consentir à la séparation perpétuelle des trônes d'Espagne et de France...
On devine dans ces conditions que la politique de réquilibre ouvre le champ à des combinaisons diplomatiques perpélnelles, à des conférences, à des congrès, où se donnent jeu ces diplomates de l'école dite classique dont nous avons essayé ailleurs d'esquisser le portrait *.
Cette politi^iue ne paratt pas d*ailleurs avoir en dans rhistoins une vertu particulièrement pacifique : elle peut justifier une guerre préventive faite à un Étal pour Temp^cher de devenir trop puissant. Ainsi, la campagne de Crim e a été motivée par la crainte de voir la Hnssre devenir trop puisî^ante au détriment de l'Empire turc. Tout K\af a le droit de faire la guerre pour s'agrandir, les autres filais ont le droit de faire la « guerre d'é<juilibre » jTtjur l'on empêcher ^. Ce qui caraclérise cette politique, c'est l'absence d'un principe supérieur à celte répartition purement malérielle des forces. La Sainte- Alliîincj» invo(|UP sans doute les « préceptes de justice, de paix, de charité » de la religion chrétienne^. Mais laju^li('t* nriisi conçue est enclore infiniment loin des