‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 111 sur 137 · Bornhak, die Grenzboten, 23 février 1916, p · texte numérisé non relu

Bornhak, die Grenzboten, 23 février 1916, p

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lent contre les États qui les ont le plus outrageusement, mécoanues : contre les empires du Centre. La grande^ revendication, celle autour de laquelle se fait lunaniioité de la conscience universelle, c*est la revendication de La France su-r l'Alsace-Lorraine, partie int/êgrante de^ la pairie française» dont la mutilation fui si contraire à toute idée de droit, que Bebel et Liebknechtlo père ne^ purent s'empêcher de protester contre eUe. La Francen'aurait pas déchaîné le conflit pour le triomphe de sott droit; mais le conflit ayant été déchaîné par TAllemagner il faut, en réparation du sang versé et de l'injustice subie, que le droit triomphe.

A l'Est, la Prusse asservit, contre tout droit, 5 millions^ de populations non allemandes : il faut qu'elle les libère afin que, réunies aux tronçons autrichiens et russes de la Pologne, elles contribuent à reconstituer TÉtat polonais.

La Pologne a cessé d'être un Étal; elle est restée une^ nation. L'Autriche au contraire n'est pas une nation^ une patrie : ce n'est qu'un État. C esi un .\alionaUialen' staat^ une mosaïque de nationalités différentes. La monarchie policière des Habsburg règne sur un domaine hétéroclite, constitué morceau par morceau, moins par la force des armes et la conquête que par des mariages riches : «... Tu, Ausiria, nuhe,., » Des territoires ont été apportés en dot, comme des herbages, et des populations, comme un cheptel. Une de ces nationalités, la tchèque, aspirait en 18 j8 à la reconstitution du royaume de Bohême, sous le sceptre des Habsburg; aujourd'hui c'est l'indépendance complète qu'elle réclame. L'élite de ses penseurs, de ses poêles, de ses écrivains, a en* , que le grand bouleversement de la guerre pourrait amener la libéra tiou : certains se sont exilés, d'autres» pour affirmer l'idéal national, n'ont pas hésité à braver le moyen habituel de règne de la maison paternelle des- Habsburg : la potence. Kramarcz, Raschin, Cefviukaet Zamocol ont évité, par don de gracieux avènement do successeur de François- Joseph, le gibet auquel les a condamnés le Conseil de guerre : ils n'en auront pasmoins subi une longue année de détention jpréventive^

LA LIBERTÉ DBS NATIONS 4i0

et des mois de prison en oftendanl ht mort. Des régiments tchèques ont été froidement cl sysléraaliquement décimés par ta fusiïïade. La terreur règne à Prague *.

' Les autres nationalités opprimées par TAotnehe n'aspirent pas précisément à Faulonomie, mais à leur Téunion à des États déjà constitués. Six millions de . Serbo-Croates, aspirent à se réunir à leurs frères de race pour constituer la grande Serbie. H y a eu des soldats yougo-slaves pendus pour avoir lutl5é avec leurs frères de race contre les oppresseurs.

Les Roumains dé la Transylvanie et de la Bukovine -du Sud réclament leur entrée dans la famille roumaine qui a son centre à Bucarest ; pour répondre à leur appel, le royaume de Roumanie s'est exposé à Tinvasiçn *.

Depuis que Tltalie est unifiée, Trente et Triesle, ailles essentiellement italiennes, non seulement de race et de langue,' mais surtout de cœur, aspirent à entrer •dans la famille italienne. Le jeune royaume a entrepris une guerre héroïque pour « racheter » ces terres irredente qui lui apparaissent comme des membres déta- <;hés nécessaires à son unité nalionaîe. Si 1 on procédait à la liquidation de l'empire d'Autriche en observant le principe des nationalités, il ne lui resterait que les Allemands qui se groupent autour de Vienne, et les Magyars autour de Buda-Pesth, aujourd'hui solidaires les uns des autres dans le crime, mais qui ne peuvent cependant pas avoir complètement oublié les jours de Kossuth et de Marins Perezél, ni ceux où les soldats russes intervenaient pour maintenir la soumission des Magyars aux Allemands de Vienne.

Un autre État oppresseur de nationalités, c'est le «econd complice de l'Allemagne, un État sicaire, l'Empire ottoman. Certes au cours du dix-neuvième siècle, d'importantes nationalités se sont dégagées de l'emprise

1. On pourra consulter la Revue : la Nation Tchèque, pu iliée â Pariî?.

2. l^ar la satisfaction des aspirations nationales, la Sim bie passera de 4 à 12 millions d'habitants ; la Roumanie de '^ à 14.

turque : la Grèce, la Bulgarie, la Serbie, la Roumanie..» mais des nationalités chrétiennes, gémissept encore sous l'oppressioB ottomane. L'alliance de la Bulgarie avec ses anciens oppresseurs a suspendu les prétentions bulgares sur Andrinople, mais ce n'est là qu'une suspension momentanée. Sur le continent asiatique, le Turc ne se borne pas à tenir sous sa domination la nationalité arménienne, il a entrepris de Texterminer par des massacres froidement résolus et syslématiquemenl organisés ; la guerre a donné lieu de la part des Turcs à un redoublement d'horreurs, d'atrocités, d^exéculions en masse ; des populations entières, arrachées à leurs foyers, ont été soit passées par les armes, soit abandonnées sans ressources aux horreurs de la faim ^. Par conlre-coup, la guerre a exaspéré, chez les Arméniens le désir de l'affranchissement. La Syrie-Palestine contient des" populations diverses sur lesquelles le Turc ne maintient son empire que par la terreur; de nombreuses exécutions, parmi les notabilités syriennes^ sont la preuve de l'impatience de ces populations sous le joug. Plus au sud-est, les populations de l'Arabie sont loin d'accepter de bon gré la domination du Turc, comme le prouve la révolte actuelle du chérif de la Mecque. Il n'y a pas une seule partie de TEmpire» qui, à l'unanimité, soit satisfaite de son sort. Une liquidation de l'Empire ottoman d'après le principe des nationalités amènerait sa disparition complète de la face du mande.

Au nord-ouest de l'Europe, les Danois du Slesvig réclament leur rentrée dans la famille danoise, d'où ils ont été arrachés en 1867 : toutefois, ils n'osent guère bouger sous la férule prussienne, et sous la crainte, le Danemark ne leur donne que des encouragements timides et lointains ^,

La Belgique envahie réclame la restauration de son indépendance. Mais elle aussi prétend profiter du conflit pour achever son unité : en i83o, Gendebien refusa

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