‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 16 sur 137 · Tardieu, la France et les Alliances, pp. 238 et · texte numérisé non relu

Tardieu, la France et les Alliances, pp. 238 et

l'aptitude de la DéMOCHATIE A LA DIPLOMATIE 41

satisfaite de son :personne1 diplomalique. II faut prolester contre le préjugé, trop répandu, que la France n'esl pas servie à Texléneur comme elle mérite de Fôlre. Ce préjugé est oniretenu par les préventions politiques : les monarchistes en veulent à ce personnel d'être au service de la Képublique, les républicaine d'extrême gauche lui en vaulent de ce qu'il a conservé de traditionnel. «Quand on a Thabitude des diplomates, on rencontre, je dis parmi les plus crédités, tant de stupéfiante légèreté sous une mine imposante, tant de frivolité et de cécité mentale derrière ces belles figures réfléchies, tant d'imprévoyance avec cet «air avisé qu'on ne peut vraiment plus désespérer d'amener les foules au niveau de cette élite» (Sembat, 1.4** éd., p. i3i ).Cela, c'est le diplomate de théâtre, de vaudeville, le diplomate des romans d'Abel Hermant : le diplomate de la réalité en diiïère quelque peu *.

L'ensemble du personnel diplomatique n'est entré dans la « carrière » qu'après un examen difficile, préparé en gt^néral dans une école qui est inconleslablemenl une des plus belles créations de l'initiative prif 1. Le député Louis Marin, dans un de ses 1res remarqua-.' blés rapports (U juillet 1911, ir 1170, p. 1'), conslalait et comballail énergiquement ce ftenlimenl génén«l à l'épard du perponncl diplomatique : « Dès ces premières lignes, déclarons hautement — en considérant que l'opinion publique semble depuis quelques années perdre confiance dans la valeur et le zèle de l'ensemble de nos agents dipomaliques, — que, si l'examen des pièces comptables amènera de multiples et graves critiques, cet examen nous a fait sans ces^e constater la baute valeur professionnelle du plus grand nombre de nos agents qui servent à l'étranger, leur intégrité absolue, leur dévouement incessant en même temps que les diflicultés extérieures de toutes espèces qu'ils rencontrent, notamment au point de vue financier; les fautes relevées viennent moins de la présence exceptionnelle, parminos agents, de personnalités n'ayant la valeur intellectuelle ni morale suffisante, mais, bien plus, de défauts graves d'organisation, notamment à l'Administration centrale, de l'insuffisance absolue des crédits, de leur aménagement défectueux. »> I^ Temps s'est fait parfois l'écho des méfiances démocratiques contre les diplomates. « En notre emps de scepticisme, où les diplomates ne ^ont plus guère pris au sérieux, si ce n'est par eux-mêmes... « (N^ du H septembre 1913.) M. .L Bainville, au contraire, s'est efforcé à. plusieurs reprises de combattre ce préjugé. V. notamment le Coup d'Agadir, pp. 46, 162, 29H.

vée*, el où ila dû aborder les principes des grandes sciences historiques^ économiques, politiques. J'ai entendu un historien connu, professeur à la Sorbonne', invoquer son expérience de juge au concours du ministère des Affaires étrangères, et donner ce témoignage : il avait eu devant lui des jeunes gens d'une distinction •exlérieure incontestable, mais d'un niveau intellectuel assez bas. Il faut protester contre ce témoignage qui est grave à raison de l'autorité de celui qui le porte. Il provient, qu'il me soit permis de le dire, d'une erreur d'optique. Le rôle pratique (je laisse ici de côté la production scientifique personnelle), le rôle pratique d'un professeur de faculté des lettres est la préparation au professorat. Or, la préparation à la vie pratique, à « l'action en vue du bien de la cité », ne saurait être la même que celle d'une carrière professorale ou scientifique. Le concours du ministère des Affaires étrangères ne saurait être comparé ni aux examens de licence es lettres (bien des candidats sont d'ailleurs pourvus de ce titre), ni au concours d'agrégation. Dans ces examens et concours, les candidats annoncent d'ailleurs rarement le rôle réel qu'ils joueront dans la vie. Mais-encore un professeur éminenl pourrait être un très médiocre diplomate, et inversement d'ailleurs. C'est une chose de comprendre les problèmes et une autre de faire prévaloir les solutions. L'intelligence active peut se rencontrer avec la spéculative, mais elles peuvent aussi être sépan^es. Je suis' loin de dire que n'importe qui est bon à n'importe quoi; mais je crois que de très grands ministres des Affaires étrangères causeraient une déception fort vive si on leur donnait pendant leur retraite une chaire d'histoire (liplomatJque au Collège de France. Le premier roi de Roumanie, en dehors de l'erreur de l'alliance avec l'Autriche, a bien servi son peuple; il ne passait pas pour une intelligence supérieure. Mais Chateaubriand restant trop souvent sur les cimes où l'emportait son génie, ne pouvait distinguer les intrigues qui se

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