Loc, cit., p
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drfier des mœurs, des babifendes, le tempérament politique d'une nftlioii ei de ses assemblées ^
L'opposition, dans son ensemble, ne pest pas grand'-chose ; un membre isolé, encore moins; el qnant à la majorité, elle ne demande qu'à approuver, les yeux fermés, la politique d'un ministère qui incarne ses conceptions financières, philosophiques, rehgieuses, économiques, sociales. Ei pourquoi une majorité radicale^ par exempte, irait-elle chercher des ennuis à un ministère orihodoxemeut radical, du même le renverser, pour la cession de quelque rizière, marais ou désert, ou bien pour quelque rectification de frontière dans un pays lointain de TEurope ou de l'Asie dont 99 électeurs sur 100 ignorent jusqu'au nom ?
Faisant allusion à la surprise qu'avait été pour nous l'agression allemande et à nos insuffisances de préparation, le président de la Chambre disait dans un de ses discours récents : «Si le Parlement avait su, s'il avait osé davantage... » Il n'a pas su, peut-être un peu par la faute du gouvernement un peu faible devant la tentation de s'entourer de mystère et de secret ; il n'a pas su surtout par sa propre faute, parce qu'il n'a pas voulu savoir. Et il n'a pas voulu savoir parce qu'il était prévenu que ce n'était pas en s'occupant de politique extérieure qu'il se serait attiré la masse des électeurs. Qu'un homme ait à son actif, avec la consolidation de l'alliance russe, la reconstitution de l'Europe en face des prétentions allemandes à l'hégémonie, ces titres seraient de peu de poids devant le corps électoral, qui préférerait quelque amélioration de la vie locale quand ce n'est pas quelque mesquine persécution contre une minorité politique.
Il s'est produit un étrange renversement des attributions qui doivent théoriquement être d'un côté
l. tt Eq matière de politique extérieure, dit le Temps, le Parlement n*est qu'un organe d'entérinement et rien de plus. »Ce Journal demande qu'au lieu d'attendre d'être interrogé, le ministre « prenne quelquefois position de demandeur et qu'en vertu d'une initiative propre il expose à la Chambre- les lignes directrices de notre action » (21 décembre 1913).
ORGANISATION EN TVE DE Uk POUTIQUE ÉTRANGÈRE VST
celles des ministres» de Fautre celles de la Chambre des députés. Les dépotés dominent et dirigent Fadministration dont ils ne devraient pas s'occuper, alprs qu'ils abandonnent pour ainsi dire aux ministres 1» direction de la politique générale au dedans et surtout au dehors. Un ministre n*est pas le maître dans son ministère : il ne peut pas s'entourer de collaborateurs de son choix, les récompenser suivant leur dé- Touement et leur mérite. Mais il peut, avec une liberté presque complète, imposer le régime commercial qui correspond à ses conceptions économiques personnelles, engager, la France dans un système d'alliances d'après ses vues politiques particulières, et même décider presque seul de la paix et de la guerre. Nous avons vu récemmeut un ministre des AJÏaires étrangères poursuivre pendant sept ans, avec une volonté calme et persistante, un plan d'alliances politiques qui ne manquait pas de grandeur. Pendant sept ans, il s'adonna à la mission qu'il s'était imposée, sans que le Parle-* ment, trop occupé à des matières qu'il jugeait plus intéressantes, lui suscitât le moindre obstacle; c'est à peine s'il lui posa quelques questions sur une poli* tique où étaient engagés les inlércMs vitaux du pays. C'est avec un véritable sursaut de stupeur qu'il apprit un jour que celte politique pouvait amener pour la France une crise des plus graves; il se débarrassa en un jour de Fauteur responsable de la politique que, par son silence, il avait approuvée pendant sept ans, et revint ensuite à ses occupations d'administration intérieure.
L'indifférence du Parlement en matière de politique étrangère ne provient pas absolument de la faute des hommes; elle découle de la nature même des choseft» Cequi leprouve, c'esLque celle indifférence se remarque dans le Parlement de toutes les démocraties. « Dans le domaine des affaires étrangères, dit le Journalde Genève^ ^ on a incliné de tout temps à vivre au jour le jour. Les Chambres n'y fpénètrent qu'à contre-cœur et le plus