‹ Démoctatie, et politique étrangère;Chapitre 77 sur 137 · Ainsi Chardon, la licjnibliqiie vicloiietise · texte numérisé non relu

Ainsi Chardon, la licjnibliqiie vicloiietise

2. :)l.<)<iî>.00".u(» clciprôs les calruKs do M. Nejniarrk, 43 milliards d'après ceux de M. Cliarics Gide, Ccmniunicalion à la Sociélé d études docunienlaires et critiques sur la guerre, 28 mai 1916, p. 3.

eo igiS. — Quant au budget de Tannée 1914, volé d'ailleurs avec un retard considérable au mois de juillet de la môme année, il prévoyait une dépense pour la guerre de 1 milliard 2o4 millions et de 5i3 millions pour la marine, soit un total de 1.717 millions, ce qui supposait un accroissement d'une année à l'autre de 17 p. 100. En outre, ce budget prévoyait 848 millionsr de dépenses militaires dites non renouvelables (service de trois ans, constructions navales, Maroc). Il s'élevait donc en réalité à 2 milliards 565 millions, c'està-dire à plus du double de celui de 1910. Sans doute,, ce budget est resté sur le papier, mais il n'eu reste pas moins comme un document capital dans notre controverse : il prouve que la démocratie française a parfaitement consenti à prévoir.

Sans doute, toutes les dépenses publiques ont augmenté, et par conséquent ces chiffres ne portent pas en eux-mêmes toute leur signification : ils l'acquièrent par comparaison avec les autres dépenses. Or, M. Gide, dans la remarquable étude que nous avons citée, démontre que, depuis la guerre de 1870-71, l'accroissement des dépenses militaires a été quatre fois plus considérable que celui des dépenses civiles; et il ne fait pas entrer dans ses calculs le budget de 1914» dans lequel les dépenses militaires atteignaient 46 p- loo^ soit près de la moitié de l'ensemble du budget.

D'autre part, si l'on fait abstraction des dépenses inévitables et improductives : frais de recouvrement ' (10 p. 100) et service de la dette, publique (35 p. loo)^ on constate que, au cours de ces 42 dernières années,, les dépenses militaires (27 p. 100) sont sensiblement aussi importantes que les dépenses civiles (28 p. 100). Qu'est-ce qui résulte de ces chiffres? « (Jn pays qui, au cours de près d'un demi-siècle, après avoir dû prélevcT près de la moitié de ses revenus pour payer les intérêts de l'ancienne dette hypothéquée sur les produits de son travail ainsi que les autres charges financières, trouve encore le moyen de prélever sur la partie restante près de la moitié pour ses armements, ne gardant qu'un peu plus du quart ('>8 p. 100, soit 4'^ mil-

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liards sur iSy) pour <out te reste de ses besoins : adminrslration, joslice, police, instruction, assistance^ solidarîlé sociale, hygiène publique, travaux publics, et tous autres services d'utilité publicjue; un pays qui a consenti de tels sacrifices peut-il accepter sans protestation cette imputation qu'il ne s'était pas préparé à la guerre * ? »

e) Il y aurait incompatibilité absolue entiT I3esprit militaire et Tesprit démocratique. L'esprit militaire supposerait la hiérarchie, l'inégalité, l'esprit de caste; l'esprit démocratique, au contraire, comporterait la haine de la hiérarchie, la passion de l'égalité, la haine des corps particnRers : « S'il n'y a pas d'armée sans esprit militaire, disait Jules Simon le î3 décembre 18G7, je iiemande que nous ayons une armée qrri n'en soit pas une. » Dans ces conditions, se hâte-t-on de conclure^ la démocratie ne peut pas avoir d'^rioée. — Cette argumentation est fondée sur une méihcde que nous avons plusieurs fois combattue : on présente un« caricature de l'esprit militaire, unt^ autre caricature de l'esprit déraocralîque, et on les oppose. Or, nous nouscBorçons depuis le début de cette étude d'atteindre la vérité du portrait. — 11 y a une chose détestable : c'est Tesprit d'une armée qui prétendrait former une caste gouvernante, non seulement en dehors, mais au-dessus de la nation et contre elle; qui voudrait constilucr une force autonome, et, parce quelle aurait la force nratérielle, tendrait à imposer une politique intérieure, à déterminer les sympathies ou les antipathies de la nation envers les autres, à se rendre maîtresse de la guerre et de la paix : c'est l'esprit de coup d^Étal, de pronuncia^ micnto; Tesprit des Janissaires, des Ligues militaires, des Junkers. Ce n'est pas l'e.sprit militaire, c'est l'esprit militariste. — Il y a uneaulrc chose aussi détestable : c'est celte maladie mentale que l'on a appelée Yinvidla dcmocratlca; la haine de Taulorité, de la hiérarchie néoessaire, fondée, comme disait la Déclaration des droits, sur le talent et la vertu ; la peur du sacrifice à la com-

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