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5 Ewald, Composit. der Gen., 74.
6 Bohlen, die Genesis, s. 236.
DÉFENDUE CONTRE LE RATIONALISME ALLEMAND. ces)
de trouver quelque chose pour la {rouvaille même? That is the question. Or, il arrive que le mot neoum est si antique dans la langue hébraïque, qu'on ne sait plus même en indiquer la racine. Cela serait-il possible, si son-emploi était d'une date comparativement récente, si la locution précitée n'avait été créée qu’à l’époque des prophèles? Non, évidemment. Puis, cette formule se trouve Nombres x1v, 28, où certainement elle n'est pas interpolée, preuve qu’elle ne lest pas non plus ici. C’est une formule sacrée, comme qui dirait liturgique, qui a existé de tout temps. Aussi, là où on la trouve employée dans les prophètes, elle l’est par imitation du passage de la Genèse dont il s’agit ici. C’est ce qu’il faut prouver.
Personne ne saurait nier que le neoum Jehovah dans les prophètes ne soit d’un temps poslérieur au neoum de Bileam fils de Béor !. Or ce passage est de son côlé évidemment postérieur au neoum.Jehovah de notre chapitre, parce que le neoum SV rapporte à un homme, tandis qu’ilest constant, par son emploi ordinaire, qu'il s'applique constitutivement à Jehovah, qu’il s’est établi dans la langue, dès Le principe, accolé au nom immuable de Jehovah. Le neoum de Bileam est donc une anomalie, que dans toute la Bible, on ne rencontre plus que deux fois, savoir n Rois xx, 1 et Proverbes xxx, 1. L’anomalie suppose la règle, le tyre, et ce lype, c’est dans notre chapitre qu'il apparaît le premier. Donc, il est contemporain au reste du texte.
La critique rationaliste n’est pas plus heureuse dans les efforts qu’elle fait pour élablir que la locution vnyatis v « j'ai juré par moi-même ?, » est, elle aussi, un produit de l’époque des prophèles. Si on l’écoutait, toute la langue hébraïque y passerait et ne serait plus qu’une création du temps des rois, une langue moderne. C'est ainsi que le Pentateuque disparaîtrait tout seul de lui-même. Mais la locution précitée est parfaitement à sa place ici el elle a toujours occupé celle place, puisque le fait qu’elle exprime est rappelé par tant d’autres textes du Pentateuque *, qui, si cette locu-
! Num., xx1V, 3, LE,
2 Gen, xx, 16.
3 Voir Genèse, xx1V, 7; XVI, 83 Exod., xxx, 13; xxx, 13 Num, xxx1, J1eic,
tion élait interpolée, seraient interpolés à leur tour, ce que personne qui sait lire ne saurait supposer. D'ailleurs puisque Jehovah jurait, par qui voulez-vous qu’il juràt, si ce n’est par lui-même? Quoniam neminem habuit, per quem juraret, majorem, jJuravil per semelipsum .
Enfin Bohlen, qui est l'enfant terrible de la critique, a essayé de rendre suspecte l’authentücité de la généalogie qui termine le chapitre. Ce qui le choque, c’est que le nombre des fils de Nahor est de douze. S'ils étaient onze ou treize, il ne dirait rien ; mais ils sont douze. Il ne laissera jamais passer ces douze garçons; c’est fait exprès, c’est un arrangement symétrique avec les douze fils de Jacob ?; le doute n’est pas possible.— Je vous prie de me dire ce qu’ont de commun les douze fils de Nahor avec les douze fils de Jacob? D'ailleurs sont-ce bien douze fils? Est-on bien sûr que Maacha est un garçon? Quand on aura découvert le sexe de Maacha "238, nous verrons ce que nous aurons à répondre. En attendant, indiquons, pour aider dans ces recherches, m1 Rois xv, 10. Puis, dit notre critique, de tous ces noms, il n°v a de connus que fort peu, donc les autres sont inventés et placés [à au hasard, aufs Gerathewohl. 11 nous semble que lPobscurité historique de ces noms est bien plutôt un argument en faveur de leur authen- Licité et de la véracité de l'auteur. Quel intérêt pouvait-il avoir à entasser des noms fautifs el qui ne disaient rien à personne? Aucun, évidemment. Donc, s’il rapporte ces noms, c’est pour nous dire, purement et simplement, ce qui « fut annoncé à » Abraham . »
Nous arrêterons-nous à combattre la critique qui dénie au récit du sacrifice d'Abraham son caractère historique et le traite de légende? Mais l’offrande des premiers-nés se trouve comme loi religieuse chez tous les peuples de l'antiquité. Comment Abraham ne l'aurait-il pas connue et pratiquée ? Abraham devait y satisfaire; il devait sacrifier ce qu’il avait de plus cher, son fils unique.
Mais il ne devait pas faire ce sacrifice de lui-même, de son
t Ad Hebræos. c. vi, 13.
2? Bohlen, Die Genesis hist, u. krit. erliulert, s. 2a6. VS 20:
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propre mouvement, el la raison, quand on se place comme nous Île faisons dans fout le cours de notre travail, sur le lerrain du Pentateuque lui-même, est, parce qu’en Abraham s'était conservée la connaissance du vrai Dieu, et, par suite, celle des vrais rapports de Dieu avec l’homme et de l'homme avec Dieu. Dès lors, Abraham agissait suivant les vues, suivant les ordres de Dieu. Or, la loi écrile n’éxistant pas encore, ces ordres devaient être de communication directe entre Dieu et ses vrais adorateurs : Dieu se communiquait donc à Abraham de la bouche à la bouche, pour ainsi dire, ou, pour parler plus exactement, par le ministère des anges. C’est ainsi qu'il avait éprouvé la foi d'Abraham, et l'ayant trouvée ferme, il la lui avait imputée à justice !, l'avait déclaré juste.
L'épreuve subie laissait cependant encore place à une plus grande épreuve, et cette épreuve, définitive de sa nature, devait consister à demander à Abraham le sacrifice de son enfant. Mais pourquoi le sacrifice de.son enfant? Pourquoi pas le sacrifice de lui-même? Parce qu’il l'avait déjà accompli par sa foi. La foi cest le sacrifice de notre être à l’Etre par excellence, mais ce sacrifice, tout réel qu’il est, a besoin d’une consécration suprême, et cette consécration su prème, c’est la douleur. La foi qui n’a pas reçu la consécration de la douleur, est en quelque sorte une foi non confirmée. Cette dernière épreuve ne pouvait donc pas être épargnée à Abraham, et comme Sa foi était grande, il fallait que l'épreuve fût grande aussi. C’est pourquoi Dieu devait lui demander le sacrifice de son fils unique. Mais comme la mort de l'enfant ne pouvait en rien satisfaire la justice de Dieu, la victime n'étant pas d’un prix infini, le sacrifice ne devait pas s’accomplir. Dieu, en cette circonslance, devait empêcher l’effusion d’un sang inutile. L’immolation du cœur d'Abraham à la volonté de Dieu était complète et entière, cela suffisait aux desseins de Dieu sur Abraham et en lui sur toules les nations de la terre.
Cest ainsi que la vérité objective ou historique de ce récit se trouve justifiée par des raisons de l’ordre le plus élevé, qui sont aussi les raisons les plus solides et les seules vrai- !Gen., xv, G.
ment satisfaisantes pour lPexplication de l'histoire de l’homme en général.
Nous pourrions passer maintenant au chap. xxm, s’il ne fallait encore dire quelques mots de la raison que donne Hitzig !, pour déclarer interpolé le passage qui va du v. 15 au v. 48. Il est vrai qu’elle ne mérite guère d’être rélevée, tant elle est absurde. N'est-ce pas, en effet, une absurdité que d'avancer : Ce passage est une interpolation, parce que l’ange qui parle ici pour la seconde fois aurait fort bien pu dire tout cela d’abord, d’un seut trait, à la suite du v. 12. Pour sentir l’extrême faiblesse de cette objection, on n’a qu’à se limaginer érigée en principe, en maxime ?. Qu'en résulterait-il? It en résulterait qu’il n’y aurait plus d'histoire possible. S'il faut tout dire en une seule fois, il faut donc faire aussi tout en une seule fois, et alors la succession des choses, le temps même n’existe plus. On voit à quelles aberrations une telle maxime nous conduirait.
D'ailleurs, on ne saurait l'appliquer à notre récit. L’ange ne pouvait pas tout dire d’abord et en une seule fois. L'économie de l’histoire ne le permettait pas. Au moment où Abraham va sacrifier son fils, Pange lui dit de ne pas le faire, qu’il a donné de sa soumission aux volontés de- Dieu la preuve la plus évidente : «Je sais maintenant, lui dit-il, que tu as la » crainte de Dieu (iré Elohim alta), que tu es un homme » pieux. »Puis Abraham sacrifie un bélier en place de son fils. L'acte religieux accompli, l'ange confirme à Abraham toutes les promesses antérieures, et c’est ainsi que Fhistoire finit, et qu’elle finit bien. Qu'on place le passage 15-18 à la suite du v. 42, et l’on verra qu’elle perd la belle ordonnance qu’elle a; et si on l’ôte tout-à-fait, puisque c’est une interpolation, au dire de la critique, alors l'histoire d'Abraham cest tronquée. En effet, si l’acle que le patriarche accomplit ici fait essentiellement partie de son histoire, comment cetle révélalion n’en ferait-elle pas partie au même litre? Elle couronne l'œuvre.
+ Hitzig, Bergrif] der Kritik, s. 167 sqq.
2 Ranke, Untersuch. etc., [,1. 211.