AID XXXIV
$ 1b., XXX VIH, 1.
MID XIT, 7:
» perpétuelle t. »—« Cest à toi et à ta postérité que je donnerai » fous ces pays ?. »— Lorsque vous viendrez dans le pays de » Canaan, que je vous donne pour possession i mnn°o » Nous pourrions augmenter de beaucoup ces cilations 3; mais en voilà assez pour qu’il reste démontré que le vrai titre des Israélites à la possession du Canaan était la promesse de Dieu, que cette possession était un don de Jéhovah.
Non. l'acte d'achat d'Abraham n’a point la signification d’un titre à la possession de la terre de Canaan; ce n’est pas celte acquisition qui contribue à donner à ses descendants le droit: de s’en emparer un jour. Son sens véritable est celui d’être un acte de foi. Abraham, en s’achetant une propriété sépulcrale dans un pays où il restera étranger, témoigne par là de sa foi en la Parole qui le lui a promis pour héritage et de fa certitude qu’il a que cette promesse, loin de subir aucune atteinte par sa mort et par celle de ses descendants immédiats, recevra au contraire un commencement d’accomplissement par la présence sur cette terre d’une tombe gardienne des cendres de ceux qni ont reçu la promesse. C’est ce qu’avait trèsbien senti Calvin, et il lexprime par ces belles paroles : « Præsertim vero in ea terra peculiare et domesticum sibi esse sepulchrum voluit, quæ în hœreditatem promissa eral; ul testatum posteris facerel, nec sua nec suorum morte exlinclam esse Dei promissionem : quin polius tunc vigere, et qui Luce solis et spiritu communi orbati erant, promissæ lamen hœæreditalis : semper manere consorles. Ipsis enim lacentibus el mutis clamabat sepulchrum mortem non fuisse obstaculo quominus ejus possessionem adirent *. »
Passons au chap. xx1v. Ce chapitre a fait naître plusieurs objections; voyons d’abord celles qui tiennent à l'emploi qui y est fait du nom de Jehovah. Quant au récit en lui-même, de Wette 5 dit qu’on pourrait être tenté de lui reconnaître le caractère historique.
| G'nèse, XVI!, 8.
2 [b. xxVi, 8, 4.
3 Lev.. X1v, 34.
4 Calvini Commentarüi in Libros Mosis, p. 122, éd. 165%. Amstelod. + Beiträge, etc., 1, 113.
cer
Mais ce que la critique trouve étrange, c’est que ceux mêmes qui ne sont pas de la famille élue se servent du nom de Jehovah.Oui,ils se servent du nom de Jehovah ;mais faites y bien attention et vous verrez que ce nom n’a pas pour eux tous la même valeur. D'abord, l’esclave d’Abraham se sert de ce nom parce que son maitre s’en sert, par imitation. fl n’en à pas autrement l'intelligence. On le voit bien ; Abraham en
lui parlant de Jehovah ajoute à ce nom, par manière d’expli-
Cation :«le Dieu du ciel et le Pieu de la terre t»puis, Pesclave
en se servant du nom de Jehovah, à son tour, y ajoute: «le
» Dieu de mon maître Abraham 2. » Quant à Laban, il emploie le nom de Jehovah par ce sentiment d’hospitalité qui est propre aux Orientaux. En effet, Rebecca avait entendu la prière que l’esclave avait adressée à haute voix à Jehovah :
. « Béni soit Jehovah, eic., min a. » « La jeune fille courut et »raconta ces paroles à la maison *.» Alors le frère de Rebecca, Laban, courut vers l’homme près de la source, et lui dit :
« Entre, homme béni de Jehovah mi a 4
On s'explique tout aussi bien lPemploi du-nem de Jehovah
dans les versets 80 et 51. Laban et Bethouel disent Fehovah par condescendance ou par respect pour le messager d’Abraham ; et d’ailleurs pourquoi ce nom n’aurait-il pas exercé Sur eux une influence momentanée assez forte pour les empêcher de faire intervenir Le nom de léur Dieu qui était une idole ? Est-ce que cela serait impossible ? Souvenez-vous du Centenier, païen comme Laban et Bethouel, et qui «ayant vu » ce qui élait arrivé, glorifia Dieu: Videns autem Centurio quod » factum fuerat glorificavit Deumn ÿ. »
Ainsi tombent toutes les objections qu’on a élevées contre Pauthenticité de ce chapitre sous le rapport de l'emploi du nom de Jehovah. De Wette est-il plus heureux quand il élève des doutes sur la vérité historique de la narration, à cause de l'esprit religieux qui domine tous les personnages qu’elle met
1Gen,, XxXIV, 8, 1.
3 Jbid., 27, 28.
“ Ibid., 29, 31.
M # Luc, xxn, 47.
en action ? Evidemment non; car cet esprit religieux, comme le remarque Haevernick‘,;en fait au contraire un tableau vraiment fidèle des mœurs de ce temps primitif. Du reste, cet esprit n’est pas uniformement le même chez tous; il ya des nuances très-marquées, absolument comme cela se voit dans la réalité, eten lisant ce récit, il vous semble que toules ces figures vivent et agissent. Elles sont peintes avec des couleurs si vraies qu’elles ne peuvent être peintes que d’après nature. Voyez le vieil esclave comme d’un bout à l’autre duchapitre, il est, qu’on me passe l’expression, pris sur le fait. Abraham « veut le faire jurer (remarquez la forme toute particulière du serment qu’on ne retrouve plus qu’une seule fois ?), Abraham veut le faire jurer, qu’il ne prendra point pour son fils une femme des filles des Cananéens, mais qu’ilira lachercher dans … Ja famille du patriarche, à Haran, la ville de Nahor. A cetordre, lesclave répond par une objection et ne prête le serment demandé que lorsque son maître a levé ses doutes et qu'il Pa assuré de l'assistance de Dieu dans l’accomplissement de sa … mission. Ces rapports du vieux patriarche à son vieux serviteur sont si profondément caractéristiques, qu’ils établissent à eux seuls l’authenticité du chapitre. Puis, suivez l’esclave dans son voyage; voyez-le s'arrêter hors de la ville près le puits d’eau et adresser au Dieu de son maître Abraham la demande, qu’il lui fasse faire la rencontre de la jeune fille qui convienne à Isaac. Il n’attend cependant pas que Dieu le di … rige dans le choix qu’il va faire, c’est lui qui trace à Dieu la marche à suivre en cette conjoncture, et cela encore est si naturel, cela peint avec tant de vérité la religion un peu païenne de cet homme, sa foi dans les présages, que le récit … en est frappé d’un cachet de réalité inimitable. On peut suivre ainsi la narration pas à pas et en faire l'analyse dans tous ses | détails, sans craindre que jamais les caractères cessent de se dessiner identiques à eux-mêmes et toujours par le seul fait de l’action et des événements. Non, l’art, l’imitalion, n’auraient jamais écrit ce passage qui achève de peindre l’esclave: « Get homme la regardait avec étonnement ; il se taisait pour
1 Handbuch der h.-kr. Einl., 1, 11, 846 sq.
2 Gen., xLvII, 29, 31,
cé #5 14 Er: ROUE Le Lee A} # 3 Pa, RÉ LL des 2 tre ere
- » savoir si Jehovah avait fait réussir son voyage ou nont.»
ra
Je conclus que le professeur de Bâle, dont les disciples sont nombreux, est non recevable en son hypothèse d’invraisemblance des faits relatés en ce chapitre; qu’en critiquant, par exemple, la prompte résolution de Rebecca d'aller avec Pesclave, il a prouvé qu’il ignorait profondément les mœurs de l'Orient et le privilége de la position particulière de la fille de
- Bethouel, fils de Nahor, frère d'Abraham, dont la généa-
logie, donnée déjà au ch. xx1t, v. 20-23 et remontant de là au ch. x1, 29, est un point de rattache solide avec tout ce qui
précède,