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PADSEX, 5,
? 1b., xvu, 10-14.
$ Die Genesis, 8. 213.
fille d’Ana, fils de Tsibon, l’autre Ada, fille d’'Elon, — On ne comprend vraiment pas que des hommes qui se disent savants puissent nous présenter des choses aussi simples comine des contradictions insolubles, unauflosbare Widersprüche. Est-ce que vous trouvez une contradiction en ce que Jacob s'appelle ailleurs Israël, Esaü Edom, Matania Sédecias 1? Les orientaux, comme chacun sait, changent facilement de noms et ils en changent surtout à l’occasion d'événements qui font époque dans leur vie. Un de ces événements est le mariage: Chardin, qui connaissait bien l'Orient, nous le dit en toutes lettres dans son voyage en Perse ?. Les femmes d’Esaü en avaient donc changé aussi, et ce qui prouve qu’elles en avaient changé à l’occasion de leur mariage, c’est que lorsqu'elles apparaissent sous le noms d’Aholibama et d’Ada, le texte nous les présente comme mères de famille, ce qu’il ne fait pas lorsqu'il les nomme Judith et Basmath. Judith et Basmath étaient leurs noms de filles.
Ainsi la diversité des noms des femmes d’Esaü, loin Pi quer aucune contradiction, est au contraire une nouvelle preuve de la fidélité historique de notre récit. Mais, dit Hartmann *, les deux versets 34, 35 ne sont qu’un remplissage; ils paraissent avoir précédé le v. 46 du ch. xxvir, qui, à son tour, était sans doute suivi du v, 8, 9 du ch. xxvumr. — Si cela était, c’est alors qu’on pourrait dire, et avec raison, qu'il n'y a pas d’unité dans notre texte; mais cela n’est pas : les v, 34, 35 sont parfaitement à: leur place là où ils sont. L'ordre chronologique des événements ne permet pas de les placer ailleurs. En effet, remarquez que si les versets précités, qui relatent le mariage d'Esaü, devaient être placés avant le v. 46 du ch. xxvH, ce mariage aurait eu lieu au temps de la fuite de Jacob, ce qui est impossible, puisqu'Esaü se maria lorsqu'il
1 IV Reg., xxiv, 11.
2. Tom. ani, 553 1V, 808 8., éd. 1735. Voir un exemple curieux de la variété des noms d’un seul et même individu dans le Yaschar, col. 1262. I s'agit de. Moïse, Son père l'appelle Héber; sa mère, Jécouthiel; sa sœur, Jared; son frère, Ab Zanoé; son grand-père, Abi Guedor; sa bonne, Abi Soucca ; le peuple d'Israël, Séméia. Moïse avait donc huit noms, sans cesser d’être Moïse.
» Hist.-krit. Forsch., 8. 182.
Tate à ut Léa os Le ER UE
eut 40 ans (v. 34), et que la fuite de Jacob, d’après les calculs les plus exacts et suivant l'autorité de lous les chronologistes, eut lieu lorsque Jacob eut 77 ans t, et Esaü par conséquent aussi.
Largument de Hartmann contre l’unité du ch. xxvr va donc rejoindre dans leur néant les arguments de Bohlen et de Hitzig. Voyons maintenant celui de de Wette ?, relativement au nom de Beerseba, D’après ce critique, le nom de Beerseba reçoit dans ce chapitre une explication autre que celle qu'on lui donne au chap. xx, d’où il suit que nous
avons affaire ici à des auteurs différents. — Si le fait que
vous signalez était vrai, — oui. Mais s’il est inventé? Voyons.
Le v. 93 dit : «De à il (Isaac) monta à Beerscheba. » Le nom et la chose à laquelle Abraham lavait attaché étaient donc connus d’Isaac. — Je ne vois pas que celte connaissance résulte du passage que vous venez de citer; c’est l’auteur qui nous donne ce nom. — Je le veux bien, si vous pouvez effacer cè qui précède : lisez. « Les Philistins bouchèrent et » rempliren! de terre tous les puits que les esclaves de son » père avaient creusés du temps de son père Abraham... Isaac > creusa de nouveau les puits d’eau qu’on avait creusés du » temps de son père Abraham et que les Philistins avaient bou- » chés après la mort d'Abraham, et Ü leur donna les mêmes » noms que leur avait donné son pére *. » Il reste donc établi qu'Isaac connaissait parfaitement Beerscheba, mais tout le monde n’était pas dans le même cas. Avec la disparition du
puits, on avait oublié le fait dont il avait été le signe visible,
de sorte que lorsqu’Isaac «l’appela Scheba #, » c’est-à-dire qu'il lui rendit le nom que lui avait attribué Abraham, ce nom paraissait être nouveau, et l’auteur nous fait sentir cela avec cette perfection de style historique dont il a le secret, Or, le nom étant tombé dans l'oubli, Isaac ne pouvait pas le faire revivre de son propre chef, par un simple acte de sa
1 Hengstenberg, Beiträge etc., 111, 348 sq.
2? Beiträge ete.,11, 110, Gens XVI D, 18:
volonté : un nom n’était pas une chose morte ou abstraite alors ; il fallait, pour le faire ressusciter, pouvoir lui donner une signification vivante. C’est pourquoi il profita d'un événement analogue à celui dont son père avait pris occasion pour appeler ce puits Beerscheba, et il lui rendit ce nom le jour où il jura une alliance avec Abimélech !.
Ainsi, on le voit, il ne s’agit pas ici d’une explication. di nom de Beerseba,-qui serait différente de celle du ch. xx, il s’agit du renouvellement de ce nom. L’argument de de Wette était poussière et s'en est FCROMCNE en poussière. RÉRHEENS in pace ! :
Cependant nous n’en avons pas fini encore avec ce chapitre, Il y a une locution qu’on rencontre aussi en beaucoup d’autres endroits de la Genèse et dont la critique des Hartmann et des Bohlen se fait une arme pour combattre l’authenticité de ce livre ; c’est la locution qui se trouve dans le v. 33: «Il lap- » pela Scheba : c’est pourquoi la ville a été nommée Beers- » cheba jusqu’à ce jour. » Ce « jusqu’à ce jour nm on 5 dd haïom hazé » choque nos critiques, parce qu’on le trouve aussi dans ce passage du Deutéronome : « Jaïr, fils de Ma- » nassé, prit toute la contrée d’Argob.…., il les appela les (villes » du) Basan, d’après son nom Havoth (bourgs) Jaïr, « (nom » qu’ils ont) jusqu’à ce jour ?. » Ce «jusqu’à ce jour, » dit la. critique, ne peut avoir été mis 1à par Ia main du prétendu. auteur du Pentateuque, puisque la mort de Moïse suivit de trop près la prise du Basan pour qu'il eût pu se servir de cette locution; elle n’aurait pas eu de sens dans sa bouche, elle a donc été ajoutée par une main postérieure à Moïse, donc élle. a pu l'être aussi partout ailleurs el d'autres passages ont pu l’être comme elle ; donc il y a des révisions et des interpolations, plusieurs rédactions en un moi; donc le Pentateuque n’est pas authentique 3.
J'avoue que si la prémisse de ce raisonnement était vraie, il n’y aurait rien à objecter contre les conséquences qu’on en tire. S'il y a une seule interpolation dans le Pentateuque, il
1 Gen., XXVI., 31-33.
2 Deut., 111, 14.
3 Hartmann, Hist,.-krit, Forschung., 8. 691.
peut, il doit y en avoir plusieurs, il y en à nécessairement. Cela est si évident que je ne m'arrêterai pas à le démontrer.
Mais rassurons-nous, il n'y à pas d'interpolation dans le Pentateuque, le Pentaleuque est authentique d’un bout à l’autre et dans toutes ses parties, et la locution qui doit servir dans la pensée de nos critiques, à ébranler lauthenticité du Livre, la raffermit plus que jamais.
Il est bien vrai pour que la locution précitée puisse être employée dans un récit historique, il faut qu'il y ait un certain temps d’écoulé entre le fait auquel elle se rapporte et je moment où l’auteur en parle comme d’une chose qui subsiste encore; mais il n’est point vrai que cet intervalle de temps doive être nécessairement long, ainsi que Bohlen Je donne à entendre !. On peut tout de suite fournir une preuve sans réplique de l'exactitude de cette remarque. Ouvrez l'Evangile de S. Matthieu, au ch. xxvix, et lisez le verset 8. Chacun sait que S. Matthieu a écrit son Evangile peu de temps après les événements qu’il raconte et dont il a été le témoin oculaire ?.
Ainsi voilà déjà la critique convaincue de fausseté quant à la valeur générale de son assertion; voyons maintenant le cas particulier, celui dont il s’agit ici.
Qu'est-ce que nous dit ce v. 14 du ch. ir, du Deutéronome? Que Jaïr prit le pays de Basan, dont le roi était Og, el qu’il attribua son nom aux villes où bourgs (havoth) de ce pays. Quand fit-il cela? Peu de jours avant la mort de Moïse? Nullement, câr voici qu’il est dit dans ce ch. in, v. 3-7 : « Jehovah » le livra (le roi d’Amori) entre nos mains, ainsi que Og, roi de » Basan, et tout son peuple; nous le battimes au point de ne » pas lui laisser de reste. En ce temps nous primes toutes ses
» villes; iln’v eut pas de villes que nous ne leur prissions: » soixante villes, toute la contrée d'Argob’le royaume d’Og à » Basan. Toutes ces villes, closes de hautes murailles, de portes » etde barres, outre les villes non murées, en très-crand nom- » bre. Nous les mîimes à l’interdit, comme nous avions fait à » Sihon, roi de Hesbon; mettant en interdit toule la ville,
! Die Genesis Einleit., LXVI..
2 Haneberg, il est vrai, dit qu’il ne l’écrivit qu'entre 63 et 65 ap. J.-C. (Gesch. d. Bibl. Off., 11, 312) | |
» hommes, femmes et petits enfants. Et nous pillâmes pour nous
»“ tout le bétail et le butin des villes. » Rapprochez maintenant
de ce passage le v. 14 : «Jaïr, fils de Manassé, prit toute la con-
» trée d’Argob.…. et il les ni d’après son nom, etc. » Que résulte-t-il de cette lecture, sinon que cette conquête fut l'œuvre de tout Israël !, et que si Jaïr est nommé, c’est parce qu’elle se fit sous sa conduite immédiate, comme aussi Sous celle de Machir. Nous insistons fortement sur cétte conquête faite par tout Israël, parce qu’on pourrait nous objecler Nombres xxx11, et dire qu’elle eut lieu beaucoup plus tard et par le fait d’une fraction d'Israël seulement. Cela n’est pas, car en y regardant de près on voit qu’elle est faite déjà et qu’il s’agit dans ce chapitre de l’envoi en possession du
pays que Jehovah a frappé «en face d’Israël assemblé. » Or donc, cette œuvre de conquête du Basan par tout Israël eut lieu immédiatement après celle du pays de Sïhon, roi des : Amorréens, attribuée aussi à tout Israël; eutre les deux conquêtes, il ne se passa que Le temps qu’il faut pour se retour- ner; c'est à la letire. Lisez : « Sihon sortit contre nous, lui et » toutson peuple, pour le combat, à Jahtsa. Jehovah notre Dieu
» Le livra devant nous; nous le battimes, lui et ses enfants et » {out son peuple... Nous nous tournâmes, et nous montâmes » par le chemin de Basan. Og, roi de Basan, sortit contre nous,
» lui et tout son peuple, pour Le combat, à Edréi... Jehovah » le livra entre nos mains... Nous le battimes 2,»
Ainsi la conquête du Basan eut lieu immédiatement apres la conquête d'Amori, et les deux conquêtes précédèrent l’entrée d'Israël dans les plaines de Moab, vis-à-vis de Jericho *, c'est-à-dire qu’elles eurent lieu cinq mois au moins avant la mort de Moïse. Cet espace de temps est suffisant pour justifier Pexpression « jusqu’à ce jour, » car bien qu’il soit court en lui-même, il est long, si l’on considère tous les événements qui y sont arrivés, et dont le récit remplit les quatorze der- - . niers chapitres des Nombres, xxu-xxxvi. Ces quelques mois valent des années, et si, suivant la remarque très-juste de
! V. ncore Num., xxI, 34, 35.
? Deut.,; 1, 32,33; ni, 1, 3.
? Num., xx1, 35; xx, 1.
Hengstenberg !, l'emploi du « jusqu'a ce jour » peut dans telles circonstances être plus à propos pour des faits arrivés depuis peu que pour d’autres qui se sont passés il y a des
siècles, combien cela n'est-il pas applicable à l’usage que fait
de cette locution le Deutéronome. Le Deutéronome, quoique intimement lié aux quatre livres qui le précèctent ?, forme
cependant par son caractère récapitulaloire une œuvre parti-
culière en ceci, qu’il exprime avec une grande netteté le
rapport du présent à un passé qu’il considère comme défini
livement clos et acquis à l’histoire. Il s'ensuit qu’il emploie indistinctement le « jusqu’à ce jour » pour des événements ires-rapprochés et pour des événements très-éloignés, à peu près comme nous employons le passé défini pour un fait accompli depuis hier seulement, comme pour celui qui est accompli depuis des siècles.
Ainsi la loculion « jusqu’à ce jour, » partout où nous la
rencontrons dans le Pentateuque, n’est jamais pour nous une
formule embarrassante on importune die lâstige Formel *, comme Hartmann se l’imagine. Elle ne saurait en aucune manière prévaloir contre l’authenticité du Pentateuque dans PeSprit de quiconque sail lire et comprendre ce grand ouvrage.