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4 xx1v, 19.
» V, Rosenmuller, Biblische Geogr.; n, 148 6q.
séquent, il ne suivi pas Abraham el Lot en Chanaan. Or, ces deux choses sont bonnes à savoir, et nous expliquent comment nous trouvons plus tard établi à Haran la famille de Nahor !, qui était d’abord restée à Ur, ainsi qu’il résulte du v. 31 du chap. xr. Ici encore Vater ? veut trouver des contradictions ; mais j’avoue qu'ayant lu et relu le passage où il Les dénonce, je ne suis pas parvenu à saisir son objection, tellement elle est inintelligible. Je me rends mieux compte de celle qu’il signale entre Les passages x£, 29 et xx, 42, dans l’un desquels Sara est qualifiée de belle-fille et dans l’autre la fille de Tharah. Mais Abraham explique fort bien à Abimélech, cotument cela peut être possible. Et quant à l’objection de Vater qui consiste à dire, que si l’auteur du chap. xr avait su que Sara était la fille de Tharab, il Paurait dit, puisque dans le même versel il précise si bien le degré de parenté de Milca, l’autre belle-fille de Tharah,1l oublie que toutauteur est maître de traiter son sujet comme il Pentend, cl que, si, par exemple, Pauteur avait déjà révélé cette parenté dans le passage précité, il aurait enlevé d’avance à l’histoire du chap. xx tout le charme que lui donne le caractère d'Abraham.
Remarquons ici combien ce mariage d'Abraham avec sa sœur prouve l’authenticité de notre texte. Si ce texle avait été forgé dans les temps de la théocralie, comme le disent nos critiques, est-ce qu’on aurait osé mettre une telle action sur le compte d'Abraham, le patriarche vénéré du peuple d'Israël? N’aurait-on pas cru se rendre participant d’un crime que la loi frappait de malédiction publique et dont l’auteur était puni de mort$? Mais pour l’auteur réel du Pentateuque, la chose n’offrait aucune difficulté, parce qu’il avait conscience de sa mission qui était d'exposer la vérité historique telle quelle. Aussi. bien que ce soit Jui qui ait promulgué les lois que nous venons d'indiquer contre l'inceste, ne songe-t-il pas un seul instant que dans l’action d'Abraham d’épouser sa sœur, il puisse y avoir de l'inceste. C’est que réellement il n’y
‘ xxIV, 10 Sqq.; XXIX, 4, sqq.
2 Ou. cit., 473.
s Lev., xvinr, 9; xx, 17, Deut., xxvir, 22.
en a pas, pas plus qu’il n’y en a dans l’action d’Adam de prendre pour femme los de ses os, la chair de sa chair !. La prohibition du mariage au degré défendu ? est de sa nature une loi essentiellement sociale ; il ne faut donc pas s'étonner de ne pas la trouver établie là où la société politique n’est pas encore formée. Les mariages entre frères et sœurs ne se trouvent interdits chez aucun peuple à l’origine de la société; nous les voyons même encore pratiqués en Grèce du temps de Cimon, au 5° siècle avant Jésus-Christ, patrio more, et chez les Arabes ils étaient autorisés jusqu’à Mahomet. Lui, le premier, les défendit %, sans y mettre cependant une grande importance, car voici ce qu'il dit: «11 vous est interdit d’épouser vos » mères, vos filles, vos sœurs... Si le fait est accompli, Dieu » sera indulgent el miséricordieux. »
Enfin, pour ne rien laisser sans réponse, nous dirons que la symétrie qu’on a cru remarquer entre la généalogie du chap. v et celle du chap. x1, et d’où on a voulu tirer la conclusion qu’elles sont fictives, n’existe que dans l'imagination de Vater, de Bohlen, de Welle et de Schumann. 11 n’est point yrai que les deux généalogies présentent exactement le même nombre de membres. « Just eben so viele Patriarchen stehen hier zwischen Sem und Tharah, als dort zwischen Adam und Noah » dit Vater. Comptez donc.
Noé est le 10° membre de la généalogie qu’il termine, tandis que Tharah ferme la sienne, lui le 9°. La symétrie n’existe que pour le nombre de fils de Noé et celui de Tharah, mais il faut avouer que si cette symétrie était forgée, l’auteur n'aurait pu s’arrêler en si beau chemin, puisqu'au point où il en est resté, on est encore à deviner, quel a pu être son but.
Que la critique adverse nous révèle donc ce but, et qu’elle se lave ainsi un peu du reproche qu’on est autorisé à lui adresser, de ne savoir dire que des paroles en Pair.
lGen.,11, 23:
3 Le Talmud, traité Sanhédrin, fol. 56, le 5e de la section IV (Nesikin), fait remonter cette prohibition à Noé, et par là même il reste prouvé qu’elle n’est pas primitive.
5 Coran, surate, 1v, 21.