‹ Démonstration de l'authenticité de la GenèseChapitre 22 sur 43 · Chapitre XV · texte numérisé non relu

Chapitre XV

IE y a un critique, son nom est Bertholdt, qui estime que la Genèse primitive se termine avec le ch. xxxum, avec le retour de Jacob de la Mésopotamie, parce que le but de l’auteur de montrer aux Israélites l’origine de leur droit sur le Canaan, dans les promesses de Dieu et par le séjour de leurs patriarches dans ce pays, se trouve alors atteint, et que le reste, XXXIV-L, forme une division à part, tant par le langage que par une autre vue des événements qui y sont exposés !. Cette

‘ Bertholdt, hist. kritische Kinl. 1, 834 sqq.

: manière de considérer la Genèse, pour être plus honnête que celle de la critique à laquelle nous avons eu affaire jusqu’ici, et qui est une véritable critique de pirate, n’en est pas moins erronée, car, enfin, on a beau regarder, on ne voit pas que la partie de la Genèse que Bertholdt traite comme n’y appartenant pas dès l'origine, ait une tendance différente de celle des 33 premiers chapitres, ni qu'elle s’en détache soit par le langage, soit par une solution de continuité quelconque dans le récit. Comment le livre peut-il être fini au ch. xxx ? Et le vœu de Jacob donc? N’avait-il pas dit: « Si Dieu est avec moi » etqu'il me garde dans le voyage que je fais... , que je retourne » en paix à la maison de mon père, si Jéhovah m'est Dieu, la » pierre que j’ai dressée pour monument sera la maison de Dieu » et je donnerai la dîime de tout ce que tu me donneras f. » Est-ce que ce vœu est déjà accompli à la fin du ch. xxx? Non; donc l’histoire n’est pas finie, et nous pouvons continuer à la suivre.

Nous le pouvons sans secousse, puisque nous avons vu que le ch. xxxiv se rattache, par le séjour de Jacob à Sichem, au ch. xxx, où l’on voit le patriarche s’y établir, non pas pour un jour, il achète une propriété foncière, mais pour un temps plus ou moins long, sans doute pour donner à Dina le temps de grandir, et pour expliquer à Bohlen comment Sichem ne l’enlève pas au maillot. Puis, si le ch. xxx1v se rattache à ce qui précède, il ne se relie pas moins par sarédaction au Pentateuque tout entier, ainsi que le prouvent avec évidence ces paroles du v. 7 : « Une telle infamie s'était commise en Israël, » ce qui ne devait point se faire. » Pour qui sait lire, Pauteur de la Thora est là en toutes lettres.

Maintenant, voyons le ch. xxxv, où Jacob nous cst montré accomplissant le vœu que nous lui avons vu faire au ch. xxvHI. ï

L'unité de ce chapitre est contestée ; Vater en fait un assemblage de trois fragments ?. Disons à cette occasion que, quoique les assertions fragmentistes de Vater et aussi celles de Hartmann et de de Wette aient été diversement modifiées de-

1 Gen. xxvil1, 20-22.

2 Commenter ete. 1, 279.

puis par Tuch, Bleek, Siaehelin, Delitzsch et autres, néanmoins on considère toujours la Genèse comme un composé de documents hétérogènes, et ainsi, l’état de la question demeure au fond la même pour la critique adverse. Revenons donc à Vater, d’après lequel le premier fragment serait le morceau qui contient les v. 4 à 8. Si c'était un fragment, il n’aurait aucun rapport nettement accentué avec ce qui précède et avec ce qui suit. Or, ce rapport existe. Le ch. xxxn1, 18-20, nous montre Jacob qui « arriva bien portant Dot (comme il lPavait » désiré dans son vœu, npvi2 beschalom !) à la ville de Sichem, » au pays de Canaan » c’est-à-dire dans la terre qui portait« la » maison de son père ?. » Afin d'exprimer sa reconnaissance pour ce retour, qui s'était opéré dans toutes les conditions qu'il avait pu désirer, il bâlit un autel à Dieu, qu’il nomma, avec un regard rétrospectif sur l'événement qui le transforma en Israël : QE] est l’Elohim d'Israël », et il s’établit près de Sichem. Le ch. xxxiv nous dit ce qui lui arriva d’affligeant durant son séjour dans ce pays, et qui, vraiment, était fait pour lui inspirer le désir de le quitter. Il le donne suffisamment à-entendre, en disant à Siméon et à Lévi : « Vous m’a- » veZ mis en horreur aux yeux des habitants du pays #. » Eh bien, ce désir, Dieu l’exauça. Où? Au verset premier du chapitre xxxv. Dieu dit à Jacob : « Lève-loi, monte vers Bethel et » demeures-y. » 11 me semble que voilà déjà notre chapitre en - plein rapport d'unité avec le chapitre qui précède, et par lui avec tout le reste. Si ce rapport est évident, celui du v. 4 avec ceux qui le suivent w’offre pas ombre d’une difficulté ; leur connexion entre eux, comme avec l’histoire des chapitres qui précèdent, est claire comme le jour. Voyez : « Les habitants » du pays. pourraient bien s’assembler contre moi et me frap- »per?, — levons-nous, montons vers Bethel. Ils partirent. » La terreur de Dieu fut sur les villes aux environs; les habi- » tants ne poursuivirent pas les enfants de Jacob 5, »Et la pen-

1 Gen. XxxIIL, 21.

2 Ibid.

? xXXII, 24-80,

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