Chapitre XIX
La critique adverse n’a pas trouvé grand’chose à dire contre : Le chap. xxxIx. Seulement Bohien a tenu à nous montrer qu'il est aussi fort sur la science égyptienne que sur celle de lac- conchement, et il trouve que l’auteur a grandement mauqué aux mœurs égyptiennes en laissant approcher Joseph aussi près de la femme de Putipbar, attendu que là où il ÿ a des eunuques, il y a aussi des hareius, et les harems ne sont accessibles qu'aux eunuques... Ce raisonnement qui est just par rapport aux Orientaux, ne vaut rien dès qu’on applique à l'Egypte. On peut voir par les monuments et par Hérodote, puis par ce qu’en disent Wilkinson ? et Taylor $, que la vie des femmes chez les Égyptiens n’était point limitée dans les murs un harem où d’un gynécée comme en Orient et en Grèce; elles joussaient de beaucoup de liberté et la société des hommes ne leur était point interdite. Chez les Egyptiens, dit Hérodote, les femmes vont sur la place el s'occupent du cominerce, et cela est un sujet d’étonnement pour Sophocle.
Hartmann trouve invraisemblable que Putiphar n'ait pas aussitôt puni de mort l’esclave qui, comme il le éroyait, avait -osé altenter à l'honneur de sa femme. Mais si Putiphar entendait la chose ainsi, qu’y faire? Rien apparemment ne le forçait de faire mourir celui qui «avait gagné sa bienveillance. » . bailleurs l’auteur ne cesse de répéter le nom de Jéhovah
111, 35, GO, 85. Cf. Sophocle Œdipe à Colone, v. 531. 3 Manners and customs eic., 11, 389.
3 Illustrations of the Bible from the monuments of Egypt, 171. # XXXIX 4,
. : Roue 138 L'AUTHENTICITÉ MOSAÏQUE DE LA GENÈSE Fe pour nous dire que Jéhovah était avec Joseph. En effet, il élait avec lui à ce us que son maître même s’en aperçut!. Ce n’était pourtant qu’un païien.
C’est le nom de Jéhovah qui domine cetle narration où commence l'histoire d'Israël en Egypte proprement dite. Le nom d'Elohim ne s’y trouve qu’une seule fois, au v. 9, et Joseph Pemploie, cela est évident, parce que la ferime païenne à laquelle il parlait n'aurait rien compris au nom de Jéhovah. Quant à l'emploi répété de ce nom s<olennei dans plusieurs passages du chapitre, on en comprend aisément la raison, si on réfléchit que le séjour de Joseph en Egypte est dans le rap-. port le plus direct avec cette parole de Jéhovah à Abraham : « Sache bien que ta postérité sera étrangère dans un pays qui. » ne lui appartient pas; on les assujettira, on les persécutera » rendant quatre cents ans.Maisje jugerai aussile peuple à qui » ilsseront assujettis ?, » C’est pour faire sentir plus vivement le rapport de partie intégrante du séjour de Joseph en Egypte. avec la caplivité proprement dite, que Pauteur se sert du nom de Jéhovah plus qu’il n'aurait éié nécessaire sans cela. IH va de soi qu'il ne pouyait employer ici aucun des autres noms de Dieu; le nom de Jéhovah seul était. propre pour marquer ès l’abord le caracière de l’époque qui se termine par les srandes et solennelles manifestations que le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob opère pour Le salut de son peuple.
Si nous passons maintenant au ch. xL, nous rencontrerons
comme objection principale celle de Boblen, qu'iltire du v.10, en disant : Une date importante pour lâge relativement modvrne de cettenarration est dans le songe &e léchansop, parce qu’il suppose la culture de la vigne en Egypie. Les premiers essais de celte culture sont postérieurs à Psammilch, et coïucident ainsi avec l’époque où régnait en Juda le roi Josias. Ces essais ne réussirent guère, parce que le pays étant plat, la plante se trouvait sous l’eau jusle au temps ou les raisins marissent. Les Egyptiens se servaient pour boisson d'une espèce de bière, et Héroïlote dit expressément qu’il n’y avait pas de vignes dans le pays. Les Egvotiens considéraient d’ailleurs: