‹ Démonstration de l'authenticité de la GenèseChapitre 37 sur 43 · XLII · texte numérisé non relu

XLII

? xLiv, 20, 80 seqq

arrivant en Mitsraïm, les enfants de Joseph qui, comme il le dit lui-même, yétaient nés { et ne l'avaient jamais quitté. Par a, Pauteur nous dit clairement comment il faut l’entendre. Il nous donne la généalogie de Jacob en tant qu'elle entre dansle plan de.son livre, et c’est pourquoi il en donne ici une partie par anticipation. Cette manière de procéder entre si habituellenient dans son dessein qu’on s’étonne que le critique y cherche encore un sujet à contestation. On ne déniera pas à l’auteur le droit qu’il avait de constater l’existence des enfauts dans leur père, ou celle du père dans ses enfants, suivant la convenance de son sujet. S'il compte ici tous les enfants de Jacob qu'il lui importe de compter et dont une partie est encore à naïtre, il leur substitue ailleurs le seul Jacob et cela dansun fait historique qui ne devait arriver que longtemps après la mort du patriarche, «Je descendrai avec » toi en Mitsraïm, lui dit Dieu, et je l’en ferai certainement » remonter ?. » Viendra-t-il dans lesprit de quelqu'un de sou tenir qu'il y à là un argument contre lPauthenticité du texte, parce que ce n’est pas Jacob en personne qui est revenu d'Egypte ? Non, assurément. Eh bien, alors pourquoi élever des difficultés ici où l'auteur fait aller en Égypte comme déjà existant des descendants d'Israël, qu’il savait être réservés au patriarche? L’intention de l’auteur est d’ailleurs visible. IL constitue dans la famille élue, appelée en Egypte, un noyau de 70 membres, sept dizaines, parce que sepr, scheba, schibah, est uu nombre de la symbolique sacrée, et afin de rendre nettement visible: la puissance de Dieu qui à multiplié ce nombre en si peu de temps et « La fait devenir comme les » éloiles du ciel en multitude %,v et s’est conservé ainsi «un grand peuple #, »

Les noms de Dieu qui apparaissent dans les ch. xzv et xLvi (il n’yen a pas dans le ch. xLvit) sont ceux d’Elohinr, de Haé- Jobim et de Haël. I n’y à pas de difficulté pour les v. 5 et 9, ch. x£v, où Joseph se sert du mot Elohim, parce que le sens

+ XLI, 50; SLvI, 20,

A XLYIS À 8Deut., x, 22: k a Gen., L, 20.

en revient à celui du mot Providence. Au v. 8, 11 emploie Haélohim, parce que l’idée des desseins de Jehovah sar lui se présente spontanément à son esprit au souvenir des circonstances qui l’ont sauvé de la main de ses frères ; il y reconnait l'intervention directe du Dieu personnel, ha Elohim.

Mais ce dont on pourrait s’étonner, c’est que le nom d’'Elohim soit employé dans le passage v. 1-4 ch. xzvi ; on attendrait Jehovab. L’étonnement cesse cependant quand on lit attentivement le passage. Le mot Jehovah n’y est pas, il est vrai, mais il y a son équivalent Hacl, 9Nn, sur le caractère duquel il est impossible de se méprendre, précédé comme il l’est du pronom personnel moi, 35 : mor le El, Elohim de ton père : anoki Hael Elohé abika. |

Si cependant on éprouvait encore quelque hésitation, nous espérons l’enlever par une autre explication et qui trouvera sa place au ch. £,

Nous ne pouvons quitter la section de la Genèse qui comprend les chap. XLv, xLvi, XLVu, sans dire quelques mots d’une question historique qu’elle soulève et qui est d’un certain intérêt, je veux dire, la question de la domination des rois Hyksos. Les Hyksos, dit-on, d’après Manéthon, envahirent l'Egypte vers 2100 av. J.-C. et là tinrent sous leur sceptre pendant 511 ans à, jusqu’en lan 1589 avant notre ère, par conséquent. S'il en est ainsi, il est constant que ce peuple avait quitté l'Egypte depuis plus de 60 ans lorsque Jacob y arriva en l'an 4524 av. J.-C. D'ailleurs on peut trouver la NES que l'Egypte n’était pas sous la domination des Hyksos

à l’époque de Joseph amplement fournie par le ‘Pentateuque. Rosellini ? cependant veutqu’ils y fussent au temps de Joseph, il veut que le Pharaon d'alors soit un roi pasteur, parce que Joseph recommande à ses frères de répondre au Pharaon, quand il leur demandera : Quel est votre métier ? Tes serviteurs sont pasteurs. Si le roi, dit Rosellini, n'avait appartenu lui aussi à un peuple pasteur, s’il avait été un roi indigène, l’état de pasteur, loin d’avoir pu servir de recommandation à la famille de Jacob auprès du rot, lui auraïl été

1 V. FL Joseph., Cont. Apio., 1, 6. 14, 26,

? Monumaenti storici, t. 1, ©. 5, $ 4 seqq.

fort nuisible et, en tout cas, il ne lui aurait pas cédé, pour s’y établir à demeure, le meilleur endroît du pays.

Tel est en substance le raisonnement de Rosellini, et il faut avouer qu’au premier moment on est tenté de sy rendre. Cependant il ya des objections. |

D'abord la réponse que les frères de Joseph doivent faire au Pharaon n’a pas du tout pour butdeleurservir de recomman- dation auprès du roi. Quel en était donc le but ? Mais Joseph le dit: « Afin que vous demeuriez dans le pays de Gessen !, » Ainsi ce que Joseph veut obtenir pour sa famille, c’est qu’elle demeure séparée des Egyptiens, On sait en effet que le pays de Gessen était placé en dehors du Delta, s'étendant à l’est, jusqu’à l’isthme de Suez, la lisière du désert arabique. Il ne faisait pas partie de l'Egypte proprement dite, de même que le pays opposé, à l’ouest du brascanopique. Comme celui-ci était compris sous le nom de la Libye, de même Gessen sous celui de l’Arabie ?. Aussi Hérodote appelle-t-il la. ville de : Patoumos, le Pithom de l’Exode® , situé dans le Gessen, une ville d'Arabie, "Apabin mods À,

C'est là où ont relégués les gens qui faisaient métier de paitre Les troupeaux des Egyptiens %. 1 était imnossible que la famille de Jacob püt cacher son oceupation pastorale ; Joseph sait que dès le moment que les Egyptiens la connaîtront, ils fuiront sa famille et lisoleront au milieu de l'Egypte même, « car, les pasteurs, dit-il, sont en horreur aux Egyptiens 6, » Toul ce quilui reste à faire dans cette conjoncture. c'est de lui obtenir .un isolement inévitable aux meilleures conditions possibles. est pourquoi il lui fait franchement déclarer à la première entrevue que lui accorde le Pharaon, qu’elle est pasteur de père’en fils, et il fait suivre cette déclaration de la demande d’une demeure pour elle au pays de Gessen 7, sachant bien que le roine pourra lui refuser ce séjour. On

+ Ch:, xLvi, 84. da

( on die Chron. d. Pi 15.1, 842; NO 2:

3 Exod., 1, 11.

4 Herod., 11, 158.

5 XLVI, 54; XLVH, G.

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