‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 100 sur 167 · MOUVEMENT CATHOLIQUE AU SEIN DE L'ÉGLISE ANGLICANE · texte numérisé non relu

MOUVEMENT CATHOLIQUE AU SEIN DE L'ÉGLISE ANGLICANE

chapelles de la théophilantropie ; de tels .signes pouvaient bien être regardés comme annonçant que la fin de cette longue domination approchait.

Mais ce n'en était point la fin. Condamnée à mort encore une fois, la biche blanche (1) ne devait cependant pas périr. Avant même que les honneurs funèbres fussent rendus aux cendres de Pie VI, une grande réaction avait commencé; et, après un espace de plus de quarante ans, elle semble encore en progrès. L'anarchie avait eu son jour. Un nouvel ordre de choses sortait de ce chaos : de nouvelles dynasties, de nouvelles lois, de nouveaux titres : et au milieu de tout cela se relevait l'ancienne religion. Une fable des Arabes raconte que la grande pyramide fut construite par des rois antédiluviens, et que, seule de toutes les œuvres des hommes, elle supporta l'énorme masse des eaux. Tel a élé le sort de la papauté. La grande inondation l'avait ensevelie ; mais ses fondements profonds n'avaient point été ébranlés; cl, quand les eaux baissèrent, elle apparut seule debout sur les ruines du monde qui venait d'être détruit. La république de Hollande, l'empire d'Allemagne , le grand conseil de Venise , la vieille ligue helvétique et la maison de Bourbon, et les parlements et l'aristocratie de France avaient disparu. L'Europe était pleine de créations nouvelles : un empire français, un royaume d'Italie, une confédération du Rhin. Les derniers événements n'avaient pas seulement laissé des traces dans la division des territoires et

(1) The milk-white hind. Dryden , dans une de s°s satires allégoriques, emploie celte expression pour désigner l'Eglise catholicme.

dans les institutions politiques; la distribution delà propriété, la composition et l'es prit des sociétés, avaient, sur une grande partie de l'Europe catholique, subi un changement complet ; mais l'Eglise, toujours immuable, était encore debout.

Quelque historien à venir racontera, nous l'espérons, les progrès et la résurrection catholique au dix-neuvième siècle... Nous nous bornerons à faire quelques observations qui, selon nous, méritent une attention sérieuse.

Pendant le dix-huilième siècle, l'influence de l'Eglise de Rome diminuait constamment. L'incrédulité faisait de grandes conquêtes dans toutes les contrées de l'Europe, et dans quelques-unes son triomphe était complet. La papauté était devenue un objet de dérision pour les infidèles, et de pitié plutôt que de haine pour les protestants. Pendant le dix-neuvième siècle, celte Eglise tombée a été se relevant graduellement de cet élat de déchéance, et reconquérant son ancien domaine. Quiconque réfléchit avec calme sur les événements qui, dans ces derniers temps , ont eu lieu en Espagne, en Italie, dans l'Amérique méridionale, en Irlande, dans les Pays-Bas, en Prusse et même en France, ne peut douter que son pouvoir sur le cœur et l'esprit des hommes ne soit plus grand qu'à l'époque où parurent V Encyclopédie et le Dictionnaire philosophique. Et il n'est pas moins digne de remarque que ni la révolution morale du dix-huitième siècle, ni la contrerévolution morale du dix-neuvième n'auront rien ajouté de tant soit peu perceptible au domaine du protestantisme (1).

(1) Ibid., p. 256-58.

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