SUR LA SITUATION POLITIQUE ET RELIGIEUSE DE LA GRANDE BRETAGNE
MlLORD ,
Le désir que Votre Seigneurie a bien voulu m' exprimer d'être mis au courant de toutes les circonstances dignes d'intérêt que présente la crise religieuse actuelle en ce pays , m'enhardit à vous adresser celle lettre , et si vous la recevez par le moyen de la presse plutôt que par la poste , la raison en est , vous le sentirez , qu'il est bon nombre d'autres personnes auxquelles je voudrais que cette expression de mes sentiments pût parvenir.
(1) L'Univers, en reproduisant celte lettre dans ses numéros des 14, 15, 27 et 51 octobre et du 2 novembre 1811, la fait précéder des réflexions suivantes : «Celle lettre, écrite avant la formation du nouveau ministère, n'a été publiée que depuis, et l'auteur n'a pas cru devoir y faire aucun changement; mais il proteste, en commençant, contre toute interprétation qui lui attribuerait un but autre que la gloire de Dieu et de son Eglise. Celte publication, qui a produit en Angleterre une si vive sensation, est également toutii fait étrangère a l'appel fait dernièrement aux catholiques anglais par lord Slirewsbury, et dont nous avons entretenu nos lecieurs dans le numéro du 5 octobre. L'attention sérieuse que prèle le pieux évêque aux travaux des théologiens d'Oxford , et les espérances que ces travaux lui inspirent, achèveront de prouver aux plus déliants qtis le noBTemenl imprimé 3 une partie de l'Église anglicans par l'école du docteur l'uscy, a de la signification et de la Dorlé'e. » M.
La publication de cette lettre en un pareil moment pourra paraître une expression de mes sentiments politiques; peut-être aussi youdra-t-on l'expliquer en y cherchant quelques rapports avec les changements ministériels qui vont s'opérer. Quoi qu'il en soit, je puis, en toute sincérité, assurera Votre Seigneurie que ni mon but ni mes opinions ne peuvent justifier celte interprétation. Dco et Ecclesiœ, voilà la seule dédicace que je veuille mettre à la tête des quelques observations que je vous adresse. En même temps, je dois dire que je suis convaincu que tout ministère appelé à consacrer ses talents au gouvernement de cet empire, a, sous la main , une corde puissante, une corde encore vierge, dont il pourrait, aujourd'hui avec plus de bonheur que jamais , essayer d'appliquer les vibrations magiques au rétablissement de l'harmonie si longtemps troublée. Et je suis sûr que Votre Seigneurie conviendra avec moi que tenter seulement de guérir les plaies religieuses de ce noble pays serait assez pour immortaliser le ministère qui oserait l'entreprendre. Ne puis-je pas ajouter que négliger celte grande plaie morale surfil pour paralyser, à la fin, tous les autres remèdes appliqués à ses maux
DÉMONSTRATION ÉV.w.hUQLE.