‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 109 sur 167 · RTIONS DE LAD! MORGAN · texte numérisé non relu

RTIONS DE LAD! MORGAN

presbytérienne ou que les murs d'une salie de réunion {meeting house) ; oh! alors on nous dirait qu'il n'y a point de données pour juger de son antiquité, et qu'elle a pu être fabriquée à une époque ou dans un lieu quelconque. En un mot, quand on a pris le parti de ne pas croire, on ne manque jamais de raisons pour douter.

Mais il n'y aura pas d'homme versé dans les antiquités ecclésiastiques qui attache la moindre force à l'argument de M. Owen.

C'est un fait démontré , que les premiers chrétiens, qui savaient bien ^n'une idole n'est rien, ne se faisaient pas de scrupule de convertir à de pieux usages et d'employer dans les cérémonies de l'Eglise des objets ornés de symboles idolâtriques. Aringhi l'a suffisamment prouvé par rapport à un grand nombre d'emblèmes appartenant au culte païen, qu'on trouve appliqués aux doctrines du christianisme [Romasubterr., t. II, p. 450ï. Il a consacré un chapitre spécial aux nombreuses représentations d'Orphée, qu'on rencontre dans les plus anciennes peintures des catacombes , et qu'il suppose être des symboles de notre Sauveur (Ibid., p. 560). Boldetti aussi , dans son explication du sarcophage d'Aurelia Agapetilla, qui, quoique appartenant évidemment à une chrétienne, est orné de sculptures païennes , discute à fond cette question et prouve, par de nombreux exemples, que les premiers chrétiens ne faisaient pas de difficulté de convertir à leur propre usage des monuments chargés de représentations païennes (1). Le savant Marangoni a composé un écrit spécial sur cette matière, intitulé : Délie cose gentilesche ad uso délie chiese. A ces autorités on peut ajouter les noms de Boltari , Ciampini , Mamachi, Allegranza et le sénateur Buonarroti, tous hommes de première ligne dans la science des monuments sacrés , qui partagent la même opinion. Mais la démonstration la plus moderne de ce point est la dissertation du chanoine Giuseppe Antonio Botazzi, qui a pour titre : Des emblèmes ou symboles du très-antique sarcophage de Tortone(2). Ce monument, du règne d'Adrien, a été supposé païen par Mabillon et Monlfaucon, à cause des emblèmes païens dont il est orné. 11 est reconnu que le savant antiquaire dont nous venons de parler a détruit toutes leurs objections contre l'origine chrétienne du monument, et prouvé d'une manière satisfaisante qu'il peut y avoir de es sortes de symboles sur des monuments chrétiens. Nous avons de nombreux exemples de l'emploi de ces ornements païens. Souvent des sarcophages tenaient lieu d'autels dans les plus antiques basiliques; grand nombre d'églises, qui avaient été primitivement des temples païens, conservèrent les ornements dont elles étaient enrichies. Le mausolée de

(t) Osservazloni sopra i cimiteri de SS. Marlyri, Rome 17-20, p. 16».

(-1) Degti iMiil>leiiii osimboli <lell' antirliissimosarrolnyo Turtotiese. Tortone , 1*21 Ko considération de ce Livre, sa majesté le roi de Bardaigne lui a cooSéré le litre d'auii pialre sacré.

[)EJ!ONSTUATION EVANCÉLI^I E.

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limpéralriceConBtaaro, lur la ^«^J0.; tana, conserve encore lei peintures dont .1 élaU orné, comme temple éeBacchu5;Anas- .,,„ B0UI apprend -i"" le pape Simplicius conincra l'église de Saint-André, sur le mont

chTà?mstffredeDianeetde8acba»se,q«i v était représentée en mosaïque. Ceux qui on t voyage en Sicile se rappelleront Urne maRyquïdeGirgenlKAgrigenteKqniaer Oc Foiits baptismaw dans la cathédrale , et ïui est enrkhie des plus superbes bas-reliefs '!',.. On précieux monument de ce genre ?»t la châsse en ivoire donnée par saint Grégoire le Grand au monastère âe Bobbio, et Surcontient des cendres de martyrs. Elle a 2lé oubliée pour la première fois par Bottazzi, l [a Un tic son explication du sarcophage de Tortorte, et représente l'histoire fabuleuse

d On ' ne ' neul donc tirer aucune objection contre l'authenticité de noire relique des scolOtures païennes dont elle est ornée, pas S que de la prétendue inscription arabe Se ladv Morgan. Ces sculptures sont an contraire^ comme nous lavons démontré, des uVeuvés décisives de son antiquité ; et .nous pouvons même faire remarquer quelles en sont également de son authenticité. Car, à une certaine époque de l'histoire ecclésiastique, dans ces temps communément désignes comme les siècles ténébreux de 1 ignorance cTdeTa superstition, il eût été difficile pour ne pas dire impossible, de proposer a la vénération publique des emblèmes du paganisme En effet, les hommes de cette époque les ecclésiastiques surtout, sont généralement •obiet le la critique des archéologues modernes, qui leur reprochent, en termes qui ne sont pas trop mesurés, d'avoir porle leur 7èle contre l'idolâtrie jusqu'à mettre en pieces et détruire entièrement beaucoup de monuments précieux, par cela seul qu ils étaient naïeas 11 est donc un peu inconséquent de les accuser, dune part, d'avoir pousse si loin le 7èlc de la religion, qu'ils n ont rien épargné de ce qui était païen , et de leur reprocher cependant, d'un autre côte, d avoir recueilli ces objets précieux pour les exposer à la vénération publique. Ajoutez a cela qu'il est bien peu probable qu une chaise païenne, composée de matières aussi fragiles nue le bois et l'ivoire , aussi tentantes pour l'avarice que du pur or, eût pu échapper aux ravages de la guerre, aux accidents des âges ou même à la pieuse cupidité des zélateurs, s'il ne s'y rattachait pas quelques souvenirs religieux, et si la piele n'était pas intéressée d'une manière toute particulière a sa conservation. Ainsi pouvons-nous considérer les ornements païens dont notre relique est enrichie comme une preuve, non-seulement de son antiquité, mais même de son aulhenti-

' Peut-être mes lecteurs penseront-ils que là devrait se terminer la réfutation des taus

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un point qui, a mon a\ is, semli 'e le- -,-aire

pour achevi 1 de ! onvaim re l'incréduli • quelques-uns de ses admiratea s. S m ré< >i . diront-ils, 1 eut bien n'être pas p >i n* n exact, mail "' est impossible qu'il ne soil pas appuyé sur quelque chose. Est-il croyable que 1 lie dame . ou les - >un es auxquelles elle a puisé, n'aient bit qu<

tans le moindre fondement .' Eli bien I pour

satisfaire 1 es nouve iux advei res, je \ai> exposer les circonstances qui . je n'en «tout • pas . lui ont servi de base , afin de ne laisser aucune objection sans réponse. La coalrorerse littéraire dans les détails de laquelle j'aurai à enlrercsl peu ou point connue ea Aiil'I terre, mais elle peut présenter de lintérêl sous 11a aulre point de rue.

Dans régli6e de Saint-Pierre de Venise, qui fut église patriarcale jusqu'en I8OT1, on a longtemps conservé une chaise ea pierre, appelée par le peuple la chaire de saint Pierre. Elle n*< si placée sur auoaa autel, mais elle est accolée au mur entre le,»»* coud et le troisième autel. En 1"'»'». Flaminio Coraaro, ou Cornélius, publia - Ecclesiœ Veneta anliqua Monumenta, Dans le second volume, page li>i. on voit Bl vurc représentant ce monument, avec ans description qui en donne l'explication. 1- histoire qu'il en l'ait est ce qui est consigné sur un écrileau placé au-dessus de la chaise . ou il est dit qu'elle fui donnée | ar l'empereur Michel au doge Pierre Grandontque en LMO. Le dossier de celle chaise esl cependant orne d'une riche inscription couUque, que Cornaro pria le savant Jos. Assémani de déchiffrer, pour en rendre compte dans son livre. Il S*N inutile de chercher à expliquer ou a excuser l'interprétation fausse qui en fut donne- par ce savant : ce qu il y a de certain . c'est qu il ne voulut point par là encourager aucune fraude ou tromperie. Cette inscription, d après sa manière de lire, contenait plusieurs versets du second psaume . et . entre autres choses, ces mois : L'œuvre d'Abdutla, le tervitetir de Dieu, cl : Anlioche , la cite de Dieu. Le savant orientaliste Norberg confirma eu partie cette explication. D'après les calculs faits par Assémani en conséquence de celle inscription , Cornaro établit ainsi la date du monument : Donc cette chaire a vie construite dans le huitième siècle, et l'on peut affirmer avec certitude que jamais die n a été a I usage du prince des apôtres, ni même d'aucun de ses successeurs sur le siège d'Antiuclie avant I m ~\± Apud Tt/cltsen.ubi inf.,p.Sj.

Ceux qui n'ont jamais essayé à déchiffrer des inscriptions, et ceux par - dessus tout „ui ne connaissent pas les difficultés de la langue arabe et des caractères coufiques, pourront trouver surprenant qu une inscription comme celle-ci soit enveloppée d un si profond mystère. Cei.endant il n'y a jamais eu que peu d'homme- en Europe qui aient osé entreprendre de l'interpréter avec une

■M-ande probabilité de succès, et de ce peut nombre a été, à la fin du siècle dernier, le

(.81) REMARQUES SUR LES ASSli

savant professeur do Iloslock, Oiaus Gérard Tychsen. Au moyen de la gravure contenue dans le livre de Cornaro, il a déchiffré l'inscription et l'a publiée dans une intéressante dissertation qui eut bientôt obtenu deux éditions.

La première parut en 1787; la seconde, imprimée à Rostock deux ans plus tard, portait pour titre : Jnterprelatio inscriptionis cuficœ in marmorea lempli patriarchalisS. Pétri cathedra, qua sanclus ttpostolus Pelrus Antiocfiiœ sedisse tradilur. Dans cette dissertation il prouve clairement que l'inscription est mahomélane et composée de plusieurs versets du Coran (1). îl est bien singulier que dans le litre qui vient d'élre cité on ne trouve point le nom de Venise; ce qui fait qu'un lecteur superficiel pourra facilement entendre par église patriarcale de Saint-Pierre la basilique du Vatican.

Mes lecteurs apercevront du premier coup que c'est ce livre qui a dû donner origine au conte adopté sans examen et publié avec une telle assurance par lady Morgan. Mais, dans le cas présent, le clergé catholique a-t-il cherché à ensevelir cette découverte dans le silence? Nous avons déjà vu la conduite de Cornaro et de Jos. Assémani ; on retrouve empreint dans la conduite des autres écrivains catholiques qui sont venus après eux le même amour sincère de la vérité. Monsignor Gioannelli. patriarche de Venise, dès la première apparition de l'essai de Tychsen, le communiqua au célèbre Simon Assémani, le trésor de Padoue, comme Sacy avait coutume de l'appeler. Ce savant et aimable orientaliste qui , par sa mort arrivée en avril 1821, a terminé la longue carrière des Assémani en Europe, l'adopta lotit d'abord, sauf quelques expressions qui étaient inexactes dans la gravure de Cornaro, et qu'un examen plus approfondi du monument le mit en état de corriger. Mais il y avait deux points sur lesquels Assémani différait beaucoup de Tychsen : il les lui communiqua par rentremise de leur commun ami de Rossi de Parme. Cette communication ne lui parvint pas à temps pour la seconde édition; Assémani en attribua l'omission à une autre cause, et il s'ensuivit une correspondance active qui fut publiée par Tychsen (2), et fait également honneur à ces deux savants. Les points dont il s'agit étaient ceux-ci : 1° Assémani prétend que les deux versets du Coran s'appliquent manifestement, non à une chaire, mais à des hommes morts dans un combat contre les chrétiens ; donc le dossier sur lequel ils sont gravés ne fait point partie de la chaire ; c'est, au contraire, un cippe ou pierre sépulcrale. 2' Ce qui confirme encore ce sentiment, c'est que ce dossier est un mon eau de pierre à part, d'une qualité différente du reste. En

(1) Os vr.rsels sont Sura lll, l'U;\\\lll, | |S. I.i M •«•-

mièrp édition [Bvelnmvii, 1787), contenait u >.nwr

dans le litre, plaçant h chaire dans l'église do saint Marc, au lieu ue I église de s-aint Pierre.

(2) Dans sonAppendliadHfscriptionis culicœ Vfenetîls In marmorea lempli patriarchalis sancli Pétri cathedra conspiciue Interprelaiionem. Ro*tock, l7!io.

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