‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 119 sur 167 · HISTOIRE DES INSTITUTIONS DE MOÏSE ET DU PEUPLE HÉRREU · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES INSTITUTIONS DE MOÏSE ET DU PEUPLE HÉRREU

Le peuple juif a exercé une influence si (1) Paris, I»fâ8, 3 vol. in-R .

grand»' sur les sociétés humaines ; son existence offre de >i singuliers contrastes, et ici annales ont été si souvent invoquées au pro-

JÉSUS DEVANT CAIPHE ET PILATE

fit du despotisme théocratique, qui les regarde comme les litres fondamentaux, de ses droits, que M. Salvador a jugé convenable de soumettre à un nouvel examen sa législation et son histoire. Pour cela, il est remonté aux sources mêmes , il a étudié les livres ! originaux, et il a réuni avec soin tous les faits qui se rapportaient à son sujet.

Le résultat de ses recherches a été que les idées généralement répandues sur l'organisation primitive et l'histoire des Hébreux étaient pour la plupart erronées ; que l'importance accordée à la partie merveilleuse, | et la manière dont nous étions entretenus l de ces récits dès l'enfance, avaient vicié les ■- opinions, et fait négliger tout ce qu'il y avait de plus positif, de plus intéressant et de plus curieux dans les recueils sacrés et dans la destinée de ce peuple, surnommé le peuple de Dieu.

Moïse passa toute sa jeunesse à la cour d'Egypte, parmi les hommes les plus savants de ce royaume célèbre; il fut initié à leurs connaissances mystérieuses , et en même temps instruit des doctrines qu'un homme vénéré dans tout l'Orient, Abraham, avait léguées à ses descendants. Ensuite il se retira dans la solitude, et se livra à des méditations profondes pendant de très-longues années, dont on suppose qu'une partie fut employée à des voyages. Voilà déjà les circonstances les plus favorables pour développer un génie puissant; et, si à cela on ajoute un patriotisme ardent et un caractère inébranlable, on ne sera plus étonné , sans avoir même recours a d'autres motifs, du rôle immense que cet homme supérieur a joué parmi les siens et sur la scène du monde.

Toute l'histoire des Juifs est, en quelque sorte, dans Moïse lui-même : il domine tous les temps qui lui sont postérieurs, et lorsque les dispositions particulières des Hébreux ou les circonstances extérieures tendent à dissoudre, par violence, l'association qu'il a formée, la force de ses institutions lutte avec succès pour les retenir sous sa main, et pour les conduire au but qu'il s'est proposé dès l'origine.

La division fondamentale par castes est la première base des théocraties de l'Orient. Moïse, au contraire, dut prendre pour base Yunité du peuple. Le peuple, en effet, est tout dans sa législation, et l'auteur nous montre qu'en définitive tout fut fait pour lui, par lui

et avec lui. La tribu de Lévi n'est établie que pour répondre à un besoin secondaire; elle fut loin d'obtenir toutes les fonctions qu on se plaît à lui attribuer ; ce n'est pas elle qui fait la loi, ni qui la développe; ce n'est pas elle qui doit juger et gouverner : tous les membres, et le grand pontife lui-même, sont soumis au contrôle des anciens du peuple ou d'un sénat légalement assemblé. La parole de Dieu, la voix de Jéhovah, quelle que soit la manière dont elle arrive dans l'esprit de celui qui l'entend, a pour but d'indiquer les intérêts généraux et temporels ; elle appartient au domaine public, en ce sens que le droit de faire parler Dieu n'est pas dévolu à une caste particulière, comme dans les véritables théocraties; mais que le sénat, tous les magistrats , tous les citoyens peuvent et doivent, dès qu'ils sont capables de l'entendre , répéter cette parole supérieure , cette raison suprême, qui ne devient la loi qu'après avoir été revêtue de la sanction du peuple.

C'est dans le chapitre intitulé: Des orateurs publics ou prophètes, que M. Salvador développe principalerrïent ce point, et prouve avec évidence que chez nul peuple la liberté' de la parole n'a été plus étendue que chez les Hébreux. « Ainsi, dit-il, quelle nouvelle différence entre Israël et l'Egypte! Chez celle-ci la masse des citoyens n'oserait, sans encourir les plus terribles peines, prononcer quelques mots des affaires de l'Etat ; c'est Harpocrate ayant le doigt sur la bouche, c'est le silence qui est Dieu : en Israël, c'est la parole ! Qu'importent certains abus? Mieux vaut laisser leur libre cours à des torrents de paroles vaines, qu'en arrêter une seule qui viendrait de par l'Eternel. »

Les bornes de cet aperçu ne nous permettent pas de suivre l'auteur dans toutes les parties de ce grand ouvrage. Nous nous contenterons d'indiquer les titres de ses livres dans lesquels viennent se ranger tous les événements historiques sur lesquels il appuie sa théorie : Introduction, Théorie de la foi, Fonctions législatives, Richesses, Justice, Rapports étrangers, Force publique, Famille, Morale, Santé publique, Culte, Résumé de la législation ; et dans la seconde partie : Théo' sophie, Formation du globe, Traditions allé' goriques et historiques des temps antérieurs à Moïse, Prophéties politiques de ce législateur, Messie, Conclusion. \

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