‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 123 sur 167 · PAR MAUR CAPPELI.ARI, ACTUELLEMENT GRÉGOIRE XVI · texte numérisé non relu

PAR MAUR CAPPELI.ARI, ACTUELLEMENT GRÉGOIRE XVI

Validis absque dubio nilîlur privilegiis, qui causant de adversaru asseril instruments. Speciosa vicioria est, coulrariam partent cartulissuis, velutpropnis laqueis irretire, cl tesiimoniorum suorum vocibus connu are, et sntulùm telis suis eviucere, ut | lignataris lui argumenta mis probentur utilitatibus militare.

Euseb. Ejnsc. Gtillic. Hom. 2 de, Pascli. in Biblioth. Lugd. Vet. Pair. t. G, pag. 633.

Grpitw bebicatoive à monûctqncuv bc Sonalb, eucque tut ^up. Monseigneur, Sa Sainteté Grégoire XVI semblait s'adresser

La traduction de l'important ouvrage de ,,,,,, , „ .

aunmmer de 1 école royale Polytechnique, ancien vicaire (1) Traduit de l'italien par M. l'abbé Jammes, ancien général de Paris, elCi

Dl U0N8TRATI0N t\ kNGI ! lui i GRÉGOIRE XVI.

à l'Eglise de France, et ne pouvait cependant lui être présentée que tout les auspices d'un prélat également connu par ion attachement au Saint-Siège et distingué par sa doctrine et iei \ ei lus.

Ces titresdi vers me désignaient Votre Grandeur, monseigneur, et n'étaient pas les seuls qui devaient me rendre jaloux d'assurer à mou travail une ai haute protection. Les liens sacrés qui m'attachent à l'Eglise du Pu? me faisaient un devoir de déposer au* pieds de mon évéque cet humble hommage de mon respect et de ma reconnaissance, et la bienveillance spéciale dont il m'a toujours honoré me promenait d'ailleurs l'indulgence dont

j'ai na si grand besoin. Daignai l'agréer, monseigneur; votre suffrage, garant de loua les autr s , me laissera la douce confl in< e que l'Eglise de France elle même ne dédaignera i>.is ce léger tribut que le lui offre, il.ius la personne de Votre Grandeur, de ma vénération el d mon allât bernent filial.

J'ai l'honneur d'être avec le plus ( rofond respect, .Monseigneur,

De Voire tirailleur,

Lt très- humble et trit-ob relieur,

JA.MMES, Clian. du l'uv.

ftbirt'tô&nunt iru trafcuctmr.

L'ouvrage que nous publions aujourd'hui dans notre langue, parut pour la première fois en 1799 ; l'auteur, né en 1765, était alors âgé de 3-V ans environ. Si nous nous en rapportons à des renseignements qui nous paraissent dignes de foi, ce fut une thèse sur l'infaillibilité du pape qui y donna lieu ; le nombre des candidats et la longueur des discussions ne laissèrent pas à Maur Cappellari le temps de paraître à son tour dans cet exercice public. Cependant il s'y était préparé par un travail sans doute fort considérable, et ce fut ce travail qui, examinéensniteen particulier, fut jugé digne, non-seulement des applaudissements d'une séance scolastique, mais encore des honneurs de l'impression.

Nous ne pouvons dire exactement le nombre des éditions diverses que cet excellent ouvrage a obtenues ; celle sur laquelle nous avons traduit, est la troisième de Joseph Battagia à Venise, el elle a paru depuis l'exaltation de Sa Sainteté Grégoire \V1 , en 1832. NOUS avons tout lieu de croire, nonseulement que le souverain pontife n'est pas resté tout à fait étranger à celle nouvelle publication, mais encore qu'il y a fait quelques modifications ; et nous avons été invile à ne travailler que sur cette dernière édition.

C'est donc ici tout à la fois le fruit de ses premières études et le résultat de ses réflexions dans un âge plus mûr, confirmé par une longue habitude des plus grandes affaires de l'Eglise, et en quelque sorte consacré par la dignité éminenle où la Prov idence l'a ele\ e. D'ailleurs le lecteur intelligent verra sans peine (jue ce n'est pas le travail d'un jeune théologien; sans parler de quelques citations qui sembleraient appartenir à une date postérieure, ni de quelques considérations évidemment dirigées contre de- systèmes bien récents, l'erreur y est attaquée avec tant de vigueur, el les personnes traitées avec tant de modération, il y a tant de profondeur dans les raisonnements et tant de délicatesse dans les procèdes, tant de varié té et d'étendue

dansles recherches historiques et de maturité dans les réflexions, enfin les systèmes des adversaires el la constitution de II SOpt présentés sous tant de faces diverses", qu'on y remarque bientôt l'homme qui a longtemps médité, et qui a porté dans méditations toutes les ressources réunies de l'érudition, de l'expérience des hommes et des choses et de l'élude de soi-même, li fait de si touchantes descriptions des sollicitudes du suprême pasteur, qu'on soupçonne aisément qu'il doit les avoir éprouvées; il s'adresse à tous les fidèle- et à lous les évéques avec une si grande effusion de tendres! qu'on comprend bien que r'e>l un père qui parle à ses nombr ux enfants; enfin il discute les faits les plus importants de l'histoire ecclésiastique, les questions les plus graves de la religion, les traits les plus personnels aux papes avec tant d'assurance et d'autorité, qu'on reconnaît clairement lechef del'Eglise. qui, même sous le caractère de docteur privé, ne peut oublier entièrement sa dignité suprême.

Ainsi, quand même cet ouvrage n'aurait que le genre d'importance qae lui donnent le nom el le rang de son auteur, il serait fait pour exciter a un haut degré l'intérêt de lous les catholiques ;ils ne sont ïamais indifférents à la voix du vicaire de Jesus-C.hrist : el s ils voient avec tant de joie leurs propresél èques monter de temps en temps surla chaire evangélique, et trouvent la doctrine sacrée plus resp ctable et plus imposante lorsqu'ils 1 annoncent en personne; avec quelle jubilation plus grande encore n'enlendent-ils pas retentir dans leurs temples les majestueux accents de cette parole lointaine, qui féconde le christianisme dans tout l'univers. ;\ laquelle toutes les Bglises doivent leurs pasteurs, et les pas> ti urs leur troupeau, el qui. également puissante pour lier el pour délier, proclame & pendant le pardon et la miséricorde bienplus souvent que la condamnation? Mais Ordinairement celte parole est aussi brève qu'absolue, ces oracles sont aussi courts que décisifs :

TRIOMPHE DU SAINT-SIÈGE ET DE L'ÉGLISE

ici c'est un long discours, où, se dépouillant de son autorité, il daigne s'entretenir familièrenient avec eux de la théorie de la foi qu'ils professent, du gouvernement de l'Eglise à laquelle ils ont le bonheur d'appartenir, de lui-même, de ses devoirs et de ses droits, de ses dési.s et de son pouvoir, des motifs qu'ils ont de se réunir, de se serrer, de se presser de plus en plus autour du centre de l'unité et de leur père commun. On croit être au Vatican et parler au pape; il enseigne et on peut lui répondre ; on étudie la religion à son école ; on est admis dans sa confidence et initié aux secrets de sa divine administration; là où d'autres n'affirmeraient qu'avec quelque hésitation et en tremblant, il peut lui-même pronneer avec une noble aisance; l'on est satisfait d'être instruit par un tel maître et de contempler avec lui le magnifique ensemble, du christianisme, de la hauteur même du siège apostolique.

Mais la question principale traitée par l'auguste auteur a un autre genre d'intérêt pour nous, Français. Qui n'a pas entendu parler des libertés gallicanes, et de la célèbre déclaration de 1082, et des quatre articles ? Or esl-il vrai que le pape soit supérieur au concile, supérieur aux canons de l'Eglise, infaillible? Faut-il soutenir l'affirmative avec le pape, ou la négative avec Bossucl. qui nous a laissé là-dessus un si savant ouvrage? Continuerons-nous à jurer sur la parole de cet illustre défenseur de la religion, ou commencerons-nous à croire qu'il a, lui aussi en cette occasion, payé son tribut aux erreurs de l'humanité? N'est-ce là, comme quelquesuns le disent, qu'une question de mots, déjà presque oubliée dans les écoles, et sur laquelle on puisse impunément prendre parti pour ou contre? Ou bien a-t-elle réellement l'importance qu'y ont attachée nos parlements et les jansénistes; et les conséquences qu'ils en ont tirées sont-elles, comme le p nse le pape, d'un'1 nature telle, que, en niant l'infaillibilité du pape à lur manière, l'on soit nécessairement condut à un pynhonisme universel sur les vérités révélées? Tels sont les points fondamentaux sur lesquels le lecteur est appelé à prononcer, et quelque opinion qu'on professe là-dessus, l'on doit être curieux de connaître une pièce si intéressante dans ces graves débals. C'est la seconde raison que nous avons eue de faire passer dans notre langue, un ouvrage qui sera toujours un monument historique. On n'a pas oublie que Pie II abandonna sur le trône pontifical les opinions d'.Eneas Sylvius sur l'autorité du pape; l'on rappellera pareillement que, sur le même sujet, Grégoire XVI a conservé sous la tiare les sentiments de Maur Cappellari.

Au reste, il ne faut pas croire que la polémique du pape soit dirigée contre l'Eglise de France; il déclare, au contraire, dès le commencement, qu'il n'a garde de lui attribuer des doctrines dont les conséquences lui paraissent si funeste»; ei les témoignages nombreux qu'elle a toujours donnés de son attachement au Saint-Siège sont, aux yeux du vénérable pontife, des preuves non douteu-

ses, qu'elle ne partage point les opinions particulières de quelques théologiens, ou que, si elle a paru les professer, elle ne les e»:cnd pas de la même manière. Il paraît même répugner à croire que la Défense de la Déclaration soit réellement de Bossuet ; pour nous, nous savons à quoi nous en tenirlà-dessus ; peutêtre a-t-il jugé cet ouvrage peu digne de ce grand apologiste, dont il cite d'ailleurs l'autorité avec complaisance, toutes les fois qu'il en trouve l'occasion.

Nous n'avons donc pas à craindre de ranimer sans fruit des disputes assoupies depuis longtemps, et de, réveiller dans les coeurs les germes d'aigreur qu'elles y avaient déposés. On ne trouvera pas ici l'emportement et la fougue d'un écrivain passionné ; tout y ressent la modération et la douceur, la sagesse et la gravité que demande un tel sujet, etqui conviennent à un docteur d'un si haut rang. Mais, si la discussion n'a rien d'amer et de violent, ni surtout rien d'hostile contre l'Eglise de France, dont l'éioge y est répété plus d'une fois et pour laquelle le saint-père montre tant d'affection, l'objet n'en est pas moins, si je puis parler ainsi, éminemment français ; car ceux qui en font les principaux frais et qui y sont réfutés, sont presque tous, ou des écrivains de notre nation, ou des théologiens étrangers qui ne raisonnent que d'après leurs principes et ne sont forts que de leur autorité. Ce livre < st donc fait surtout pour la France, et on pourrait l'appeler une apologie de la conduite de l'Eglise gallicane contre les doctrines particulières de quelques théologiens, et surtout des jansénistes, qui ont abusé de son nom et de sa gloire pour autoriser leurs erreurs.

Le plan en est d'ailleurs magnifique etaussi vaste que simple. Ce n'est pas un traité ordinaire de UiéologicsmTinfaillibilité du pape ; c'est un grand travail sur l'essence du catholicisme, sur la constitution de l'Église, sur les bases de la foi, sur l'interprétation de l'Ecriture et de la tradition, sur la nature et l'étendue des droits respectifs du pape et des évêques. Le théologien y trouvera des décisions précieuses sur divers points de dogme et de discipline, et le fidèle lui même, des règles de conduite par rapport à ces deux grands pouvoirs de la hiérarchie, que les temps où nous vivons peuvent rendre d'une utilité encore plus pratique : enfin l'école qu'avait voulu fonder parmi nous un écrivain célèbre pourra y remarquer des principes évidemment applicables à son autorité générale et à ce! examen cartésien que quelques-uns de ses disciples ont prétendu être contraire à la certitude de la foi C'est même un ouvrage véritablement neuf sur une question déjà ancienne : car le pape n'emploie en général que des preuves et des faits dont on n'avait pas fait usage avant lui, et, comme il réfute les novateurs par leurs propres principes, il donne le résumé c\;k I de tout ce qui a été dit là-dessus dansées derniers temps, surtout en Italie et en France. Or tout cela peut se réduire au s;\ llogisme suivant : Le pape e->t, dans l'Eglise, un véritable monarque ; or il

DÉMONSTRATION Ê\ \^<.M IQUI GR1 <.<HRE XVI.

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De peut l'être que par L'infaillibilité ; donc il est infaillible : oa bien, si l'on veut, au développement de cei paroles du psaume, également applicables a Jésus-Christ et à son

vicaire: Specir tua et pulchritudine tua intende,procede, et bbgnj raoPTaa vemtatsm...

(Ps. XI. I\ , '■>. ijj: Régnei par la vérité.

Je ne dirai que quelques mois de mon tra- Tail. Le traducteur d'un ouvrage pure m ni littéraire peut et doit quelquefois sacrifier l'exactitude à l'élégance; s'il rencontre des images ou des figures que sa langue n'admet pas, on ne lui sait pas mauvais gré de les abandonner et de les remplacer le plus heureusement qu'il peut: jamais il ne lui est permis d'être fidèle aux dépens du bon goût. Il peut donc lutter avec l'original d'esprit , d'imagination et de grâces. Le nom de l'auteur que je traduis et le sujet qu'il traite m'interdisent une pareille rivalité ; j'ai regarde le texte , en quelque sorte, comme sacré , et je n'ai pas cru pouvoir en modifier en rien la rédaction : ie me suis donc borné à être exact,

TCO

clair et COrre t, pensant qu'un me pardonnerail plus facili nient de manquer d'élégance , que de fidélité. II s'agit d'aillenrs d'an ouvrage de doctrine; la théologie a ses termes didactiques et contai rés dans les écoles : ces écoles elles-mêmes ont des distinctions si nombreuses el si tabules que, dans bien des occasions, on ne peut, sans altérer la pensée d'un écrivain, rem. lacer un mol OU modifier une proposition. C'est pour cela que je me sui- astreint à suivre mon auteur pat à pas et. pour ainsi dire, phrase par phrase. Cependant comme la langue italienne est bien plus souple que la notre et permet des périodes d'une longueur que nous ne supporterions pas, j'ai du les briser, et j'ai lâché de le faire sans rompre la suite des idées et la chaîne du raisonnement. On jugera du succès. Il me sera sans doute échappé bien des fautes; j'en ai remarqué quelques-unes, mais qui ne me paraissent pas essentielles: je compte que le lecteur aura assez de pénétration pour y suppléer, et assez d'indulgence pour les excuser.

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