‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 124 sur 167 · DE L'EDITION DE ROME · texte numérisé non relu

DE L'EDITION DE ROME

«sototeiei

On pourra trouver étrange et même téméraire que, en présence des gens de bien pleurant sur la désolation du sanctuaire, à la vue des pasteurs avilis, dépouillés, dispersés, pendant que le souverain pontife exilé , prisonnier, insulté, semble livré par la Divinité elle-même à la merci de ses impitoyables persécuteurs; en un mot, au moment même où le Siège apostolique paraît chanceler, et que l'Eglise gémit sous le poids de sa captivité , j'ose entreprendre de présenter celte même Eglise , ce même Siège apostolique eomme triomphant de leurs ennemis.

Et cependant il en est ainsi: si jamais, depuis la barbarie des premiers siècles, il a été un temps où le Saint-Siège et l'Eglise aient brillé de plus d'éclat , c'est certainement le nôtre, ce siècle que la sagesse incréée avait réservé aux plus terribles épreuves, afin que , l'enfer ayant en vain épuisé ses forces contre l'un et l'autre, l'impiété désormais impuissante pour attaquer, et l'irréligion désespérant àjamais de vaincre, rappellent par des faits si évidents aux catholiques consolés qu'il (1) est plus facile d'éteindre le soleil que de détruire l'Eglise. Je n'ai pas besoin pour le prouver de présenter ici l'horrible tableau de la persécution présente , de recueillir les magnifiquesmonumentsde celle fermeté tranquille que son chef suprême fait éclater dans celte lutte acharnée, à la honte de l'incrédulité et à la gloire de l'Eglise; il n'est pas nécessaire de montrer l'immortel Pie VI pres-

que épuisé de corps, mais toujours intrépide, du lit où l'a traîné et où le garde la tyrannie de ses barbares ennemis, et sous les chaînes de sa captivité, maintenant toujours Terme et droite la chaire de vérité , et ne cessant 'l'animer à la constance tous les autres pasteurs ; il est également inutile de décrire l'héroïsme surhumain de ces derniers, la docilité avec laquelle ils obéissent à sa voix et la ûdélilé avec laquelle ils suivent ses exemples; car l'univers entier l'a vu avec admiration, et déjà une foule d'excellents écrivains se sont empressés d'en adresser la véridique histoire à la postérité la plus reculée. En la lisant on se souviendra que , même au milieu de si grands et de si nombreux scandales, l'Eglise triomphait dans ses plus fermes appuis (1), et que si l'on avait vu la nacelle apostolique en danger , poussée et pressée par les vents , battue par les flots, presque sans espoir de salut, cependant à la fin le Seigneur s'est réveillé, a commandé à la tempête, a ramené le c lime , c'est-à-dire que les évéques qui avait n( été violemment chassés de leurs sièges sont revenus à leurs églises. Saint Jérôme nous apprend qu'il en fut ainsi au temps des Ariens, et la protection spéciale el miraculeuse dont le Seigneur entoure visiblement contre tous les efforts de l'enfer son Eglise et particulièrement son premier pontife, nous donne la douce espérance que de nos jours encore il en sera de même dans un court intervalle.

(t) Farilius pssc Eolem exslingui, quam Ecclesiam dater!. S. Jouit. Chrysost., la cap. T Isaiae.

(I) lu lanta scandalorum iiiultinidine, in suis firmissi ri» emiuebat. S, Attgusl. Epiai 03,<mstM

triomphe: ou saint siège et i>e l'église.

A ce brillant triomphe s'en joint un autre peut-être non moins éclatant, qui est propre au successeur de saint Pierre: c'est la manifestation des desseins pervers que nourrissaient contre les prérogatives de sa primauté les novateurs de Pistoie, et longtemps avant eux les patriarches de la secte : genre d'homl mes assez semblables aux hérétiques que 'nous dépeint saint Hilaire (1), (Vantant plus dangereux et redoutables qu'ils sont plus ingénieux et adroits à couvrir leurs artifices. Ces habiles et rusés imposteurs avaient l'art d'envelopper dans de belles paroles le venin corrupteur de leurs mauvaises doctrines, flattant les dupes qu'ils dépouillaient, parlant de religion à ceux qu'ils assassinaient. Ces coupables projets ont déjà été dévoilés dans deux excellents ouvrages intitulés, l'un : l'Influence du jansénisme dans la révolution de France, du savant abbé Gusta, et l'autre : Qu'importe aux Prêtres? du célèbre abbé Marchelti; et maintenant nous en trouvons la confirmation dans la conduite de leurs modernes coryphées, principalement en deçà des Alpes. Se flattant que le moment qu'ils appelaient par tant, de vœux est enfin arrivé de se mettre à l'œuvre, ils sont sortis en pleine campagne sous l'étendard de l'insubordination et de la licence, et tant par les encouragements qu'ils donnent aux autres que par leurs propres efforts, ils ont engagé cette guerre contre la terre et contre le ciel , brisant le joug de toute autorité civile et ecclésiastique. Ils font bien voir qu'ils n'ont dirigé leurs coups contre la chaire apostolique que pour entraîner dans la même ruine avec elle l'Eglise, et avec l'Eglise toute autorité légitime; ils savaient bien que, si on enlève le fondement, l'édifice s'affaisse et croule, et que, si le berger est frappé, le troupeau se disperse ; ils n'ignoraient pas non plus que telle est la liaison intime et inviolable qui attache l'Eglise au St-Siége, que l'existence de l'une est dépendante des privilèges de l'autre ; et c'est pourquoi, dans leurs trop célèbres écrits, sous le prétexte d'assurer les droits de l'Eglise, ils nièrent avec opiniâtreté les prérogatives de son chef. Or comment pourrait-on les mieux faire ressortir ces prérogatives qu'en appelant l'univers entier à contempler avec étonnement, d'un côté l'irréligion s'acharnant avec une fureur désespérée à renverser ces privilèges et en même temps à faire disparaître du monde le Pontife dont ils font la gloire, et de l'autre, Dieu lui-même, dont la providence toute-puissante semble s'appliquer à les entourer toujours de plus d'éclat et de vénération, et qui, par un miracle si longtemps continué, défend et conserve la vie en péril et presque éteinte de son vicaire. Et au milieu de ces soins si attentifs de la Divinité, quelle est celle des

(I) Tanto magis cavendi et perlimescendi , quanlo ad suas artes occullaudaa iogeniosiores et versuliorea existebant. Callidi enim et astuii artitkio quodara iitebanlur, inclusam pemiciosam cortu lelain exqutsilorum verborum velanrine contegebant, Bubripiehant uouiine blaiidientis, occkiebanl speeie religionis. S Uilar., Ub. '6, contra Con- Hum. Aug.

prérogatives de la primauté qui brille plus que toute autre? N est-ce pas celle de son infaillibilité? C'était particulièrement contre celle-là que les novateurs dirigeaient leurs traits, espérant sans doute de réussir par là à séparer l'Eglise de la foi de Pierre; et c'est précisément pour faire reconnaître cette infaillibilité de la manière la plus solennelle et pour l'affermir par les prodiges de sa toutepuissance, que Dieu a rendu le successeur de saint Pierre d'autant plus ferme et plus courageux à soutenir et à enseigner cette foi divine, que ses farouches ennemis s'acharnent avec plus d'obstination et par plus de moyens nouveaux à lui fermer la bouche et à le renverser.

Toutefois je ne prétends pas confondre avec ces novateurs les théologiens qui ne refusent pas aux décrets du souverain pontife la soumission qui leur est due, mais qui, avant d'en faire la base de leur foi, exigent certaines conditions contre lesquelles l'Eglise ne fulmine aucune censure. Je n'oppose à ceux-ci que l'incohérence de leur système et la force du raisonnement. Si donc la connexion des idées et la suite du discours nous mènent quelquefois à des conséquences qui paraîtraient présenter comme hérétique la doctrine qui refuse au pape une infaillibilité absolue, il faut toujours l'entendre du sentiment seul des novateurs ; et, pour ce qui regarde les opinions tolérées de quelques écoles catholiques, il faudra ne voir dans cette manière de les traiter que des raisonnements théologiques : je déclare d'avance ne vouloir prévenir en rien le jugement de l'Eglise. Tel est à la vérité le but et le coupable artifice des novateurs, de faire cause commune avec les écoles et surtout avec l'Eglise de France, de leur attribuer à tort leurs erreurs afin d'accréditer leur secte, et de se prétendre également bons catholiques afin d'engager les simples dans leur mauvais parti, et de se frayer ainsi la roule au renversement qu'ils méditent de toute autorité divine et ecclésiastique. Mais leurs manœuvres sont maintenant à découvert; les écoles catholiques et l'Eglise gallicane protestent hautement contre eux ; et, par leur attachement et leur soumission aux souverains pontifes, montrent clairement, ou qu'elles n'ont point adopté les opinions particulières de quelques théologiens, ou qu'elles ne les entendent point dans le sens que leur donnent, pour en abuser à leur profit, les novateurs. El de fait, pour connaître sûrement les vrais sentiments des autres, il convient surtout de recourir à la pratique. Qu'on examine donc la conduite de l'Eglise de France par rapport aux décisions dogmatiques sorties du Vatican, particulièrement à l'occasion de la célèbre bulle Auctorem fidei, et son attachement au Saint Siège, surtout dans ces derniers temps; attachement non-seulement professé par la doctrine à la face de l'univers, dans les déclarations du clergé, mais encore scellé par le sang d'un grand nombre de ses membres et par l'inviolable constance de presque tous ses vénérables pasteurs à se laisser dé-

707. DÉMONSTRATION l'\ \\«.! I I \)[ l . u;i <,n|;;[. \\l. 7f,i

pouiller, persécuter, exiler ; el puis, que les d'Eglise, ou d'admettre que lot foureme-

oovateurs eux-mêmes nous disent si la doc- ment est monarchique; el j'arrive à celle

iriiii (if celle Bglise, loin de confirmer, un conclusion, en développant ru détail Ira di-

réprouve pas plutôt ce nu'iU avancent : el vers sp rties d< ce raisonnement très-aim-

c'esl là tut autre triomphe du B.iinl-Siég**, à pie : //«t rceonn parmi les catholique», et

la rue duquel je me sens plus de réso ii - le* no\ iteu i ?. l'admettent <-t letou-

tion et de courage pour en venir aux prises ut. qu'on ne peut changer ta forme ?*-

arec eux. t( fi Uedu ement ecclétiattiqu» ton»

Oii'on ne s'étonne donc pas si. après avoir renverser VEglite // %r fci fondementt

considéré tout cela, j'ai nus en tête de cet il» a turent eux— même» que cette forme rsi

ouvrage te Triomphe; car je me suis pro< actuellement monarchique : donc ou elle a tou~

posé de réfuter mes adversaires avec leurs /<Mir* r74 ti ion inetituti ■

propres principes, et île faire si rvir à la dé- bien t'Eglit détruite; maie Ut ni ut

rensc du grand privilège de l'infaillibilité les qu'elft ait t ujoun été telle depuii

armes mêmes avec lesqu Ile- ils l'attaquent, gine; <!<>nc . d'ap h leur* propre» ;

comme aussi de montrer contre quels écueils pet, l'Eglite dit ('hritt n'existe /nus de

l'on irait se briser en adoptant des théories not jourt. Ce tr lié sera suivi de deux

qui ne mènent i rien moins qu'à bouleverser discussions : l'une d'un novateur avec les

l'Eglise de Jésus-Christ, à répandre ensuite protestants, et l'autre d'nw protestant avec

un pvrrhnnisme théologique sur toutes les les novateurs, dans lesquelles on verra, par

vérités révélées, enfin à introduire partout l'analogie de leurs principes et par l'identité

l'incrédulité; or je puis dès maintenant avec de leurs déclam liions hérétiques, qo' ls ont

assurance nie promettre le triomphe, parce un intérêt commun dans leur a. h irnemi ni

que la suite des faits ne me. perm i pis de contn lessouverains Pontifes, contre l'Eglise,

douter que ma proposition ne reste victo- en un mol contre la loi : progr ssioa neees-

rietisement démontrée. sure pour qui fait le premier pas. Aussi,

On pourrait cependant nf objecter que, si quoique dans cet ouvrage apologétique j'aie le dessein des novateurs est maioten int si principalement en vue l'infaillibilité des pahien connu de tous, el si le privilège de l'in- pes, ai-je cru devoir en étendre le titre A faillihililé est aussi haut placé au-dessus de l'Eglise elle-même : parce que, nne fois qu'il toutes les attaques, les peines que je me est démontre que l'Eglise est inséparable de donne sont inutiles: que c'est vouloir donner la chaire apostolique, et qu'à l'action ie au soli il un accroissement de lumière, et celle— ci tient l'existence de relie— là. l'Eglise augmenter sans fin les innombrables et e\- jouit en paix de ses prérogatives par là même cellents ouvrages qui traitent du même su- que celles de la chaire apostolique IO«4 ljet. Mais, si l'on vient à réfléchir que ces sure: s. Par conséquent, el pour répan gens-là ne cessent jamais de dénaturer les encore plus de clarté dans ces matières, j'aufaits les plus clairs, que l'esprit de vertige rai soin, çà el là. et dans le texte et dans les qui les domine les a jusqu'ici rendus insen- noies qui se trouveront au bas des pages, sihles aux défaites les plus décisives, et d'exposer et de réfuter les opinions de» nuqu'accoulumés par une trop longue expé- val -tirs sur les caractères de l'Eglise qui e»s> rience à se déguiser selon les circonstances, respondenl aux prérogatives qu'il- refusent ils ne manqueront pas, s'ils n'ont plus à leurs à son chef : par là sera achevé le tableau ordres des phalanges armées, de prendre de qu'ils nous présentent d'eux-mêmes : tafcts u nouveau le ton des discussions théologiques, qu'ils ont tracé de leurs mains, el ou l'on ne el de se couvrir des anciennes dépouilles voit qu'un abus énorme et continuel des aupour perpétuer la guerre contre l'Eglise du torités les plus respectables de l'Ecriture, sa (Christ on verra que mon entreprise ne sera la Ir idition, de l'Eglise i t de la raison Enfin, pas inutile, que ce ne sera pas sans fruit que pour ne pas fatiguer le lecteur par la repetije me serai mis à suivre leurs traces pas à lion des arguments tirés d'autres apologistes, pas à débrouiller leurs principes, à les ton- ou je les omettrai entièrement et je renverrai fro nier les uns avec les attires, de manière aux auteurs où ils se trouvent, on bien, sj qu'on puisse d'un coup d'oeil embrass rl'en- les circonstances exigent qu'ils soient indiscmble de leur doctrine ; à les combattre avec qués, je le ferai en les présentant toujours leurs propres armes, à pénétrer par une sous un nouveau point de vue; je ne laissenouvelle voie jusque dans leurs retranche- rai jamais sans réponse les objections ême iiienls, en un mol à les cerner de lotiles les plus frivoles des adversaires, el iiiéu e je puis; on verra que mon travail peui être discuterai celles qu ils ne foi t s forint I d'une utile défense contre leurs tentatives ment, mais qu'on pourrait facilement lire nouvelles, et tourner à 1 1 lois à la gloire de leurs ihéori 's. En somme, je lâcherai, autant la suprématie ecclésiastique et à la confusion qu II me sera possible, que mon travai ae de leur perfidie et de leur malice. A celle lin soit ni i mille pour le fond, m cuiiu\< ux ii j'ai place en lèle du traité sur l'infail ibilité la forme.

du pape une dissertation, où. d'après une Que j'aie véritablement atteint ou snanq 6

nouvelle méthode cl par les démons tr lions le hut que je me proposais , c'est tes que je

les plus rigoureuses, les novateurs pr s. es laisse à de hier aux hienvei'l mis lecteuis, et

par huis propres principes, sont forcés ou je croirais fa r • injure à leur bon sens et à

de confesser qu'ils ne reconnaissent plus leur pénétration, s il in'arrivail seulement de

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douter qu ils ne soient disposés à suivre, sur- tu sois , ne critique rien avant d'avotr tout

tout pour le discours préliminaire, l'avertis- lu (1).

sèment de saint Augustin : Lecteur, qui que (|) Quisquis legis, njlàl reprehendas, nisi lolum legeris.

!3i$couv8 priltmm&iri.

§ I. — Quand on demande si un gouvernement peut subir des changements essentiels, c'est comme si l'on demandait si les lois fondamentales qui forment le plan sur lequel il est établi sont susceptibles d'être altérées et détruites ; et , comme de ces lois dépend essentiellement la nature diverse des gouvernements , dire que tel gouvernement peut recevoir des modifications essentielles , c'est dire qu'il peut dégénérer en un autre. De semblables révolutions se voient en effet dans les gouvernements politiques, quelle que soit l'origine et la source des droits de la souveraineté. Nous en trouvons dans l'histoire des Perses et des Romains les exemples les plus éclatants. Sextus Empiricus nous rapporte qu'il était d'usage chez les premiers de rester pendant quelques jours après la mort du roi sans gouvernement, et l'on voit dans Hérodote, après que Cauibyse eut expiré, les sept principaux seigneurs délibérer en conseil sur la forme du gouvernement à adopter.

§ II. — Rien de semblable ne peut arriver dans le gouvernement ecclésiastique, qui de sa nature est immuable dans sa constitution essentielle, et auquel on ne pourra jamais rien changer, malgré tous les efforts de l'insubordination, parce qu'il a son fondement dans l'institution de Jé»us-Christ , qui s'est engagé par serment à assister son Eglise dans tous les siècles. C'est là une vérité avouée et énergiquemenl soutenue par Tamburini luimême : Car, dit-il, en changeant la forme essentielle on détruirait tout l'ordre sur lequel Jésus-Christ a fondé son Et/lise, et en ce point il ne lui a laissé aucun pouvoir. La forme qu'il a établie doit être permanente et perpétuelle. Le gouvernement des hommes est sujet parfois à des changements de cette sorte, et la forme nouvelle qu'on y introduit acquiert avec le temps le droit de la paisible possession : mais Jésus-Christ a constitué son Eglise pour quelle resie telle qu'il t'a fuite jusqu'à la consommation des siècles ( Yera idea sopr. la S. S. par. 2, c. 1, § 1). Ce seul témoignage suffit pour rendre superflus tous les autres arguments qu'on pourrait apporter aux illuminés de nos jours ; car celui de qui nous l'empruntons est l'oracle universel sur lequel ils se règlent tous aveuglément.

§ III. — De l'immutabilité du gouvernement ecclésiastique et de sa liaison intime et nécessaire avec l'existence de l'Eglise, il suit naturellement que, la perpétuité étant assurée à l'Eglise par les promesses divines, son gouvernement ne changera jamais et qu'il n'a jamais changé essentiellement : mais, au lieu de celle légitime conséquence, les nova-

teurs au contraire supposent des innovalions pour faire croire, comme on le verra dans la suite, que l'Eglise visible a disparu. 11 est donc néressaire de faire précéder quelques principes pré iminaires et d'exposer dans leur vrai jour les raisons mêmes, sur lesquelles d'ailleurs tout le monde est d'accord, pour lesquelles le divin fondateur de l'Eglise a voulu établir et organiser immédiatement un gouvernement. Par là chacun pourra de soi-même prendre une idée claire du dessein de nos adversaires et ensuite les combattre victorieusement et sans de longues discussions, attendu que ces raisons sont de telle sorte, qu'elles nous promettent toutes également l'assistance immanquable de la Divinité pour maintenir jusqu'à la consommation des siècles ce gouvernement toujours semblable à lui-même malgré les violences de l'orgueil humain.

§ IV. — Quelles sont donc ces raisons? Voici les principales. Premièrement, en fondant son Eglise et en l'accommodant aux besoins de l'humanité, Jésus-Christ voulut furmer une société chargée de pourvoir aux besoins spirituels des peuples. Secondement, il y ouvrit en conséquence une école et y érigea un tribunal qui devait être consulté dans les doutes, et dont les décisions devaient être respectées et reçues avec une entière soumission. Troisièmement, il fallait que les fidèles appelés de toutes les parties du monde à celle source commune y puisassent les vérités révélées, et que, membres distincts d'un même corps, ils conservassent dans l'admirable harmonie de leurs fonctions l'unité de l'esprit dans le lien de la paix ; et par conséquent il voulut qu'il y eût un gardien établi avec autorité pour proléger celte unilé contre les atteintes de ceux qui voudraient la violer. Quatrièmement , afin que des parties les plus reculées de l'univers toutes les nations accourussent , attirées par son éclat, à cette nouvelle Jérusalem, pour apprendre les voies du Seigneur et se soumettre au doux joug de sa loi , il plaça sa cité sainte sur la plus haute montagne, selon cette belle description d'Isaïe, où l'on ne peut s'empêcher de reconnaître avec Opstrael la figure de l'Eglise, qui devait être visible, manifeste à tous, et, par l'autorité avec laquelle elle enseignerait et gouvernerait, bien élevée au-dessus de toutes les autres sociétés {De loc. Thcol. de Yisibilit. Eccles.). Or ces fins diverses ne pourraient en aucune manière être obtenues sans un gouvernement dépositaire de l'autorité.

§ V. — J'ai dit que ces mêmes raisons prouvent que l'ordre établi par Jésus-Christ dan»

DÉMONSTRATION l VANGÉLIQUI GRÉGOIRE Wl

ion Eglfsedoit nécessairemenl être perpi lue) et Immuable. En effet, s'il pouvait dam la suite des lempa éprouver dei cbangemeiiti essentiels selon la diversité des caractères ,

la nature des lieux , la multitude «les Ddèles et autres circonstances accidentelles , il faudrait dire OU que la Sagi SSe incarnée n'a pas su, ou nue la toute-puissance n'a pas pu, ou que la divine volonté n'a pas voulu Caire une institution qui, par l'inaltérable solidité de toutes ses parties et malgré les as-, mis les plus imprévus et les plus violents , attestât l'action de sou divin et immuable auteur, et qu'on ne pût jamais confondre avec le gouvernement de» homme», gouvernement essentiellement variable, précisément parce que l'exercice de la souveraineté. L'exécution des lois constitutives , tout , en un mot, dépend de la volonté inconstante de l'homme, sur laquelle tout repose ; et celui qui admettrait de pareilles absurdités ne se rangerait-il pas par là même parmi ceux qui, dans leurs rêves impies, se figurent la Divinité impuissante , afin de se persuader à eux-mêmes qu'ils peuvent impunément l'insulter dans l'ouvrage de ses mains, et qu'il tombera aux premiers coups de l'audace des hommes. Le pharisien Gamaliel nous enseignait à raisonner autrement, quand il émit dans la synagogue cet avis si sajje et vraiment philosophique : Si cette pensée, cette entreprise est (les hommes, elle tombera d'elle-même ; mais .-i elle est de Dieu, vous ne pourrez la renverser (1). 11 faudrait donc prouver qu'il n'est pas écrit dans les décrets divins que l'Eglise soit à jamais chargée de paître le troupeau de Jésus-Christ, d'instruire et de confirmer les faibles, de/edresser ceux qui s'égarent, de garder la foi intacte, de conserver l'unité, de dicter des lois, de commander aux nations, et de se faire reconnaître du monde entier comme l'unique dépositaire des doctrines célestes et comme le seul temple de la Divinité.

§ VI. — Mais peut-être la forme du gouvernement ecclésiastique a-t-elle été laissée par ce divin fondateur indécise et indéterminée, comme étant indifférente au système de dogme et de morale qu'il voulait établir dans l'Eglise; donc il ne lui a conféré aucune autorité, ou bien il a laissé dans le doute à qui il la conférait, si c'était au corps des pasteurs indistinctement, s'il en donnait une plus grande parla quelqu'un d'eux, ou s'il la partageait également entre tous les fidèles, permettant à chacun de la revendiquer à son gré et d'en prendre sa part; car une autorité précise et déterminée déterminerait la forme intrinsèque du gouvernement; d'ailleurs, ajoutera-t-on peut-être, les diverses fins dont on a parlé peuvent être obtenues même sans aucun gouvernement, ou avec les formes diverses de gouvernement que le temps et les constitutions des hommes pourraient substituer successivement à la forme essentielle et primitive, bien que celle-ci fût d'institution

(I) Si cni ei homfnibus coosilium hoc sut opus, dis9ol-

vetur ; si von* ex Deo csi , non poterifis dissofvere illud. A.CI. Av., V. 38, 39.

divine. Donc, ou I Eglise pourra commandei

tans autorité, ce qui répugne, ou la di\

mission «nielle a ri çue p urra in liffércromeiit être remplie par une suciéié quelconque , quoiqu'elle ne soit pas l'Eglise véritable, puisque, dans une telle hypothèse, on ne pourrai) plus discerner h s vrais fidèles: d'où il suivrait que la différent e caractéristique qui distingue l'Eglise de Jésus-Cbrisl de celte prétendue Eglise, ne consiste pas dans le

plan sur lequel Dieu même l'a fondée ; et ainsi elle sérail toujours |.| même, quand même les disciples prendraient la place d n docteurs, les docteurs «elle des dis! ip es, les

sujets celle des juges et les juges celle d sujets, les ouailles celle des pasteurs, les pasteurs celle des ouailles, abandonnant tous les devoirs qui leur sont propres, et, par «et échange d'autorité et de postes , confondant et brouillant tout : conséquences que Tamburini lui-même, d'accord avec tous h « catholiques, repousse formellement, parce que, dit-il, et ferait renver»er l'ordre tout entier sur lequel Jésus-Christ a (onde son Eglise, et par conséquent l'Eglise elle-même.

§ VII. — Celle vente incontestable est encore démontrée par la nature des soi letés politiques, qui diffèrent et se distinguent les unes des autres selon la diversité des formes de leur gouvernement : Civita» si est societa» [societas aulem civium), variata reipubliae forma, et ulia effecta, nectssarium ulique videretur, ciritatem i/uof/ue non eamdnn permanere; ni et chorum alium e*»e dicimut, dam traejicus est quant dum comicus, etsi iidem tint moraines, eodemque item modo, omnem aliam socielatem et composftionem, si speeie» compositionis alia fiât, ceu harmonia earumdem vocum, aliam esse dicimut, modo doricqsn, modo phrygiam voeitamus Aristot., I. 111. Polit., c. 2). Essaiera— t-on de nier que l'Eglise soit véritablement une société? les novateurs n'en sont pas encore venus à tant d'extravagance. Donc elle ne serait plus la même, par le seul changement de la nature de son gouvernement qui rèi'le les relations essentielles et réciproques de tous ses membres. Joigne/ à cela que les protestants eux- . mêmes reconnaissent cette vérité, et que pour prouver que l'Eglise a péri parmi les partisans du pontife romain, et par là justifier leur mission usurpée, ils ne cherchent qu'une chose : à persuader que la forme primilive a été effectivement altérée dans son essence.

S VIII. — Mais soit, supposons cette institution divine sujette au changement; donc l'œuvre de Dieu serait imparfaite: vous en doutez, je le prouve. Ou l'on prétend qu'elle est variable par son essence. « csl-à-dire parce qu'elle noterait pas nécessairement au corps hiérarchique la liberté de la modifier; ou bien seulement parce que Jesus-Christ ne se serait pas cn^a^e à la maintenir toujours la même et sans altération contre les efforts d'une licence en\ ahiss inte. de l'insubordination, du caprice cl de l'intérêt De quelque manière qu'on la suppose susceptible de variation, elle serait toujours impar-

TRIOMPHE DU SAINT-SIEGE ET DE E'ÉGLISE

faite; car, dans le premier cas, l'homme serait juge de l'opportunité d'une institution divine; Dieu n'aurait pas assez bien prévu d'abord les circonstances des temps , des lieux, des mœurs, pour constituer son Eglise sur un plan applicable à toutes ces diversités. Le gouvernement ne serait pas empreint des caractères de la Divinité, qui, étant une dans son essence, doit être une dans les propriétés intrinsèques de ses œuvres ; l'Eglise se donnerait comme ne relevant que d'ellemême, puisque, selon la manière générale de penser, celui-là seul peut changer les lois fondamentales qui possède l'autorité absolue, sans dépendre en rien d'une autorité supérieure : par conséquent elle ne garderait plus envers Dieu aucune relation qui annonçât sa dépendance, son état de corps obéissant et ministériel. Toutes les formes de gouvernement pourraient facilement paraître légitimes aux yeux des fidèles ; il n'y aurait plus de schisme qui n'y trouvât une justification plausible, dès qu'il n'y aurait plus de centre immobile où l'on pût reconnaître l'institution divineet l'unité du ministère. L'œuvre des hommes détruit celle de Dieu, et ne peut passer pour la continuer et, en quelque sorte, l'annonc r; un gouvernement sujet à changer dans son plan essentiel au gré de l'Eglise, tendrait donc à la précipiter de celte montagne, la plus élevée de toutes, sur laquelle Isaïe nous la montre, dans le plus profond des abîmes, pour y être pêle-mêle et confondue avec les inventions de l'homme. L'Etat des Athéniens, par exemple, ainsi que celui des Romains, pouvait, malgréleurs révolutions si importantes, être connu du monde entier, parce que, indépendamment de leur gouvernement, les Romains et les Athéniens étaient des nations distinctes; mais il n'en est pas de même de l'Eglise, répandue sur toute la face de la terre, sans détermination de lieu, sans distinction de peuple, et qui n'est reconnaissais, au milieu des sectes qui lui disputent l'autorité divine, que par la nature du plan de son fondateur, et par sa fidélité à le conserver; si donc on le détruisait, ce plan, Jésus-Christ n'aurait pas montré sa puissance dominatrice ni atteint son but. Son œuvre serait donc imparfaite, puisqu'il y a imperfection dans ce qui n'arrive pas à sa fin.

§ IX. — On objectera peut-être que Jésus - Christ a donné à son Eglise toute l'autorité qu'il avait lui-même comme Dieu, et qu'ainsi Dieu pouvant établir un gouvernement ou purement aristocratique, ou démocratique, ou monarchique, l'Eglise peut de même, selon l'exigence des circonstances, changer son gouvernement primitif. Mais, de grâce, que l'on observe que nous raisonnons en ce moment contre des hommes qui déclarent illégitime un tel changement, et que, si l'on admet que l'Eglise puisse le légitimer, la question est dès lors résolue: ils seraient obligés de professer pour ce nouveau gouvernement la même obéissance et la même vénération. En démontrant l'impossibilité absolue de ce changement illégitime, nous avons surtout

en vue de répondre à leurs déclamations; toutefois, pour couper court à toute réplique, nous ne nous refusons pas à examiner cette objection qu'il suffit de mettre en forme pour la résoudre. Le divin Sauveur ne {mouvait tracer un plan de gouvernement à son Eglise sans déterminer s'il voulait confier l'autorité à une ou à plusieurs personnes ; car c'est une seule et même chose que de composer un gouvernement, et de déclarer quel est, dans cette société, celui qu'on établit pour maintenir l'ordre: par conséquent dire que l'Eglise a reçu de Dieu le pouvoir de changer la nature de son gouvernement, c'est dire qu'elle peut changer ce gardien de l'ordre, c'est-à-dire qu'elle peut réunir dans un seul les droits que Dieu originairement partagea entre plusieurs, ou partager entre plusieurs les privilèges réservés à un seul par l'institution divine, au grand détriment de ceux-là ou de celui-ci ; de manière que, dans le premier cas, cette réunion de personnes à qui Dieu avait confié le pouvoir perde sa souveraineté, et que, dans le second, celle personne unique passe de l'état de dépendance où Dieu l'avait placée à la dignité d'un dominateur absolu, à travers les troubles de la hiérarchie ecclésiastique bouleversée.

Telle est l'autorité qu'on prétendrait avoir été donnée de Dieu à l'Eglise. Or discutons un moment l'hypothèse ou Dieu l'aurait exclusivement attribuée au corps des paslcurs, et où le gouvernement, d'aristocratique qu'il aurait été par l'institution divine, deviendrait ensuite monarchique. Donc le corps des pasteurs renoncera à ses droits, se dépouillera de toute l'autorité essentielle du gouvernement, restera soumis avec tous les autres à celui-là seul à qui le pouvoir aura été transféré; car s'il conserve encore radicalement le pouvoir, il y aura changement, non dansla nature du gouvernement, maissculemcntdans la manière de l'exercer : comme il arrivait parfois dans la république romaine de concentrer dans les mains d'un seul, pour un objet particulier, toutes les forces matérielles de l'Etat, ce qui n'emportait pas de changement essentiel dans la forme intrinsèque du gouvernement. Mais Dieu, par l'action même de conférer dans une (elle proportion son autorité au corps des pasteurs, établit et fonde son l'.glise sur eux , de manière que pour nous il est aussi impossible de séparer l'Eglise de cette autorité qu'il le serait de lui arracher son être : autrement comment serions-nous certains que les payeurs formassent la véritable et légitime Eglise de Jésus-Christ? Donc en renonçant à cet état de corps, ainsi spécialement designé et autorisé, ils cesseraient nécessairement d'être et de représenter l'Eglise établie et réglée par Jésus-Christ, et ils cesseraient de manière à ne pouvoir plus d'eux-mêmes se rétablir dans leur ancien état, parce que, après s'être radicalement dépouillés de leurs droits, ils ne pourraient pas plus les reprendre que s'ils ne les avaient jamais possédés. S'ils pouvaient les reprendre, ils conserveraient encore l'essence do la souveraineté, et la renonciation qu'ils au-

raient faite

DÉMONSTRATION ÊVANCÉUQt E OUI GOIBI XVI.

De devrait s'entendre que de l'exercice; comme lé monarque cesse d tel par l'acte même d'une abdication libre, mais continue encore à réeuers'il peut à son gré recouvrer l'autorité. Or qui ne voit I absurdité! Jésus-Christ trace le pi m de son Eglise, en j' lie les fondements, èlèi e un édifice dont la solidité « 1< » i t braver les fureurs de l'enfer, et il laissera cette institution supérieure à la rage de l'enfer et du monde tomber d'elle-même, et ne servir que par sis ruines à une nouvelle fondation, iTiin autre

dessein et d'une construction nouvelle! (> Dieu qui s'eng igea par scrutent, envers l'Eglise qu'il fondait en ce moment, de l'assister dans tous le> siècles, etde maintenir toujours vivante en elle l'autorité de régler les mœurs cl les croyances, et qui lui marqua le canal par lequel celte autorité lui arriverait sans interruption, c'est-à-dire la succession apostolique, ce Dieu lui aura en même temps laisse la l'ai ullé de ré. udier un tel secours 1 1 d'établir un autre moyen pour l'obtenir! Quelle confusion 1 11 est impossible que 1 Eglise fondée par Jésus-Christ, et fondée d'une manière qui lui assure une constante identité, cesse d'être l'Eglise : il est donc impossible qu'elle se dépouille de son autorité, et aussi impossible qu'il l'est que Dieu mente. Il lui a bien, à la vérité, conféré sa propre puissance, mais l'objet de celle puissance c'est le ministère lui-même, comme Jésus- Chrisll'eipliquadans ce même moment:/? untes. docete.baptizate, Allez, enseignez, baptisez, etc.; mais non le renversement du gouvernement. Le même raisonnement s'appliquerait au cas où Dieu aurait établi un gouvernement monarchique : s'il devenait aristocratique, l'Eglise ne sérail plus la même. Quelle est donc celle manière de raisonner?" Dieu, par essence, maître absolu de tous les êtres créés, peut confier à un ou à plusieurs hommes l'exercice de son souverain domaine sur 'es autres hommes; il le confie précisément à une collection d'hommes déterminée : donc il leur aura tout à la fois donné la faculté de se dépouiller de toute supériorité sur eux. Où a-t-on jamais trouvé et comment prouverait-on que le premier pouvoir renferme le second? Ne devrait-on pas plutôt dire que, de même que Dieu ne peut reponcer à l'autorité essentielle de son être, de même celle Eglise particulière et déterminée, choisie par lui et expressément établie pour être son ministre, ne peut renoncer aux droits de son ministère? Il y aurait sans doute plus de parité. Ajoutez les inconvénients qui, dans l'esprit et les dispositions générales des fidèles, résulteraient de ce changement, tant pour la perfection de l'œuvre divine que par rapport à l'établissement qui lui succéderait, inconvénients que j'ai déjà en partie cl généralement indiqués, et qu'on décide de l'importance de la difficulté qui nous est opposée. Mais rentrons au fond de la question.

§X.— On sérail conduit à une semblable conséquence si l'on prétendait que le gouvernement de l'Eglise peut changer de la se-

conde manière qn BOUI avons dit. . i '< || àdire que par si naliuc il cm lui , a la \ . i .lé , tout changement essentiel, et qu'ainsi informe qui le détruirait ne pourrait jain <is c i r légitimée d mis le cours dei i« i i : mi que cependant Jé»us— Cbrisl ne l'esl poi t engagé à le maintenir indépendamment de l'homme, toujours lu mène, malgi é 1 orgueil, l'ignorance, la faiblesse et l'intérêt ministres. Eu effet, s'il perrai liait qu ■ Vigno~ rance du corps des pas le u ire ré*< tant l'Eglise allai jusqu à l'altérer, il n'aurait pas l'ail l'Eglise infaillible ; car l'infaillibilité pour le dépôt > t la tradition successif a des d . et des pi éceptes > enferme aussi l'infaillibilité pour rec nnaitre dan» tous lu temps, eotuer» l' i >i expliquer celte forme de gouvernem que le Fils de Dieu élublii immuable, dont il fit une prescription immuable à .-on JJi/li-e immuable et infaillible (Boaretti, Uutt. de' VI'. (jr. ti.m. II, p. 360). La nature dé cette institution appartient elle-même au dogme. Si h violence ou d'autres causes pouvaient la renverser, OU il n'y aurait pas connexion intime et nécessaire entre el:e ci la feli ilé élern lie des (i lèles , pour qui elle lui faite . puisque , pour avoir celte connexion . il faut . comme l'observe Boaretti déjà cilé, qu'elle entre dans l'ordre é cruel qui en Dieu esl un , et qui de même doit être un pour le bonheur do l'homme; ou bien Dieu pourrait, permettre que, par une malice étrangère, les ho ...nés perdissent de vue le guide uuiqpe qui doit leur montrer et i ur faciliter le chemin du ciel , et s'égarassent nécessairement: ce oui revient à dire qu'il se sérail joue du salul des hommes, à qui cependant le divin Sauveur se dévoua tout entier : et dans l'un et l'autre cas l'œuvre de 1 i Di \ inile serait entachée d'une très-grande imperfection : dans le premier cas elle serait inutile; et, dan-, le. second , difficile à concilier avec sa véracité, sa justice et sa iniséricord •. El on ne gagnerait rien à objecter qu'il abandonne pareille* ment au libre arbitre de l'homme l accomplissement de la loi divine : car d'abord la transgression Je cette loi n'aller. • pas intrinsèquement la loi me ne, qui, foulée aux pieds par l'impie, reste cependant toujours ohligiloire et lacile à discerner; et ensuite elle n'impose aux autres aucune obligation de transgresser et ne préjudicie n cessairewunt qu'au transgresseur; au lieu que, si l'homme pouvait changer l'essence du gouvernement de l'Eglise, un prejudicegener.il et inévitable en résulterait pour le genre humain tout entier, à qui le moyen du salul éternel serait enlevé. L'hérétique et le sebism ilique pourront donc se donner d'autres formes de gouvernement; mais celle nouvelle institution ne parviendra jamais à renverser 11 g isi de Dieu. Enfin, si Jésus- Chris] a voulu que son Eglise Tùl infaillible el indéfectible malgré les efforts de l'irréligion, afin que I»' li lèie j r coure dans ses incertitudes el ses b soins spiriiu.ds , s'il veut la conserver telle jusqu'à la , iMtummalion des siècles, comment ourraUil abandonner au caprice ou à la Ion e le corps de - i inistres, qui seuls apprenuent

triomphe nu saint-siége et de léglise.

au fidèle à qui il doit obéir et se soumettre? Chacun alors pounait raisonner ainsi : Ou Une Eglise, l'Eglise unique et véritable, peut exister sans le corps des ministres et le gouvernement voulus de Dieu et établis dans celte Eglise, ou non ; si elle peut exister ainsi, donc or. peut ta chercher parmi les sociétés de l'Orient et du Nord , aussi bien que dans celles de l'Occident ; si elle ne peut exister danscetie condition, donc il suffit d'un changement essentiel dans son gouvernement pour que l'Eglise périsse. Or, supposons-le un instant , les usurpations des papes et la faiblesse du reste des pasteurs ont déjà produit ce changement essentiel: donc l'Eglise a péri. § XI. — Après avoir brièvement exposé quelques-unes des conséquences absurdes auxquelles donne lieu l'hypothèse d'un changement essentiel permis de Dieu dans le gouvernement ecclésiastique, et qui suffisent pour montrer qu'il ne le permettra jamais,' je vais prouver par le, raisonnement le plus rigoureux que même il ne peut pas absolument le permettre. Dieu ne peut faire une œuvre imparfaite dans son genre , ni se soumettre à l'homme, ni se contredire lui-même: or c'est ci' qui arriverait si Dieu le permettait; en effet j'ai déjà démontré que son œuvre serait imparfaite, et je prouve à l'instant que ce serait se soumettre à l'homme. Ce changement ne peut avoir lieu par l'autorité de l'Eglise, puisque, malgré l'autorité divine dont elle est revêtue , cependant en ce point, et Tamburini lui-môme l'avoue, elle n'a reçu aucun pouvoir, aucune faculté de renverser l'ordre sur lequel elle a été fondée; elle n'a d'autorité que pour conserver : cette autorité peut être employée à des modifications accidentelles pour des besoins particuliers ; mais elle ne peut l'être pour la destruction totale du plan Hivln ; elle n'a originairement d'autre pouvoir que celui que Jésus-Christ lui adonné pour des objets et dans une mesure déterminés. Autrement il faudrait dire que l'Eglise, comme Eglise, a le pouvoir de se détruire elle-même, et dans ce cas toute domination serait exercée par la violence de l'hom ne dénué de droit. De même que dans la guerre la plus inique et au milieu de la rébellion la plus illégitime, si celui qui est injustement attaqué se relire de lui-même et volontairement devant son adversaire et le tUmultc qu'il a excité, on lié dira pas qu'il est vaincu, puisqu'il n'a pas combattu , mais on dira et il sera vrai de dire qu'il a cédé, qu'il a eu le dessous , puisqu'il ne règne plus : par la même raison I Eglise, et par conséquent Jésus-Christ son fondateur et son roi, se soumettrait à la puissance de l'homme s'il lui donnait de prévaloir. El je n'aurai p s plus de peine à faire voir que ieu se contredirait lui-même, puisqu'il voudrait et ne voudrait pas tout à la fois montrer d'une manière efficace son autorité absolue et son domaine souvi r lin sur l'homme. Il le voudrait, puisqu'il fonde son Eglise sans l'homme et même malgré l'homme, qui s'y oppose de luules ses forte! et qu'il déclare vouloir la maintenir telle qu'il l'a faite et , en dépit des assauts ,

toujours inébranlable et visible, comme son corps, sa maison, sa ville sainte, son royaume; et il ne le voudrait pas efficacement, puisqu'il permettrait que la violence de l'homme détruisît dans son Eglise l'unité du ministère , qui est précisément le signe auquel elle est reconnue comme le royaume, la cité , la mat-* son et le corps mystique de Jésus-Christ; or cela est intrinsèquement impossible : donc il est d'une égale impossibilité que Dieu souffre un changement essentiel dans le gouvernement qu'il a établi.

§ XII. — La conséquence légitime et évidente qui découle de loul ce qui a élé dit jusqu'ici, c'est que l'Eglise ne consentira jamais et s'opposera toujours victorieusèmentà toute innovation qui pourrait amener un changement essentiel dans la forme de son gouvernement. Il est, en effet, bien clair que, si Dieu ne. peut absolument permettre ce changement essentiel, il aura donné à son Eglise cette force invincible dont elle a besoin pour conserver sa forme primitive. Or, si l'Eglise a reçu celle force, elle devra en faire et en fera certain '1110111 usage; sans quoi , et par là même qu'elle manquerait à un de ses devoirs essentiels envers Dieu, elle ne sérail plus son Eglise; celle force ne serait plus indépendante de l'homme , puisqu'elle ne pourrait vaincre l'inertie et la faiblesse des pasteurs représent. ait l'Eglise. Dieu ne voudrait plus efficacement la conservation de son plan ; le fi .èie ne trouverait j.lus dans l'Eglise renseignement infaillible des dogmes catholiques, doul fait partie le dépôt même des droi's que Dieu lui a donnés, droits qui constituent la hiérarchie et le gouvernement ecclési slique et qu'elle ne peut perdre : car le lidele ne peut les connaître ces droits , qu'autant qu'ils influent sur le gouvernement et se fontl< ni nécessairement en lui pour ne former qu'un tout. Ainsi l'Eglise en ce point serait pour lui aussi peu infaillible que si elle embrassait, même par ignorance et involontaire* ment, une hérésie formelle; puisque dans les deux cas il serait toujours vrai de dire qu'elle n'enseignerait pas, comme Eglise, la foi catholique : autant de blasphèmes et d'hérésies.

§ XIIL — Et ce raisonnement ne s'arrête pas là; une autre conséquence non moins évidente, c'est que la partie des pasteurs (jui, au milieu des contradictions les plus adroites, des prétentions les moins fondées , des Usurpations les plus illégitimes , en un mot à travers les plus épaisses ténèbres du fanatisme, de la violence et de l'ambition, opposerait une résistance invincible et seule échapperait à la séduction, ce clergé, dis— je, composerait exclusivement la véritable Eglise cl durait par conséquent les notes et I s qualités de la \éi ilable Eglise, qUi ne peut en é.rc dépouillée, non plus que de la connaissance théorique et pratique de sou gouvernement: et ci ci peut être porté jusqu'à l'évidence par ce snn|)ie rai son m ment : L'Eglise doii Iiïiijouis subsister h lie que Jésus-Christ Va établie, cl par conséquent maintenir toujours et maigre loutes les attaques la forme essen-

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