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des légats, il n'y eut plus la liberté nécessaire à l'œcuménicité du concile (S./n. Gen., port. II, Operum t. II, p. 109, et seq.). Ici Tamburini devient papiste; lui qui se fait gloire de se moquer des ordonnances du pape, maintenant qu'il y trouve l'intérêt de sa cause, il improuve qu'on n'écoute pas ses légats. Or leur ferma-t-on la bouche? Non ; ils réclamèrent, ils motivèrent leurs réclamations; seulement on passa outre. C'est là tout le crime que saint Léon reprochait à Anatole, lorsqu'il lui dit : C'est par votre refus de leur obéir, au milieu de vos entreprises illicites , que vous vous accuses vous-même (Epist. 53, ad Analol.). De tout cela que résullc-t-il , sinon que le concile, séduit par des considérations politiques et des intrigues, voulut, dans celte circonstance, faire usage de celle liberté et de cette indépendance des légats du pape, que les novateurs, et spécialement le professeur de Pavie, lui attribuent généralement et sans restriction comme un droit originaire? Mais cependant ce canon ne fut souscrit que par 18V évêques, quoique le concile de Chalcédoinc se composât de six coïts évêques d'Orient (Tambur., ibid.) ; il ne fut donc pas approuvé par le concile œcuménique. Je n'examine pas et je n'ai pas besoin d'examiner le nombre des évêques qui souscrivirent ; je dis seulement que la conséquence n'est pas bien déduite, car les conciles approuvent de diverses manières, tantôt par acclamation, tantôt par souscription : il aura donc été souscrit par quelques-uns, cl les autres l'auront voté par acclamation. En veut-on la preuve? Il ne nous en faudrait pas d'autre que le témoignage même de notre adversaire , au rapport duquel, l'affaire ayant été traitée en public, l'issue en fut favorable à l'évêque de Conslantiniplc ; la chose ne se serait pas pas ée ainsi, si, de six cents évêques qu'ils étaient, cent quatre-vingtquatre seulement s'y étaient prêles. Mais , quoique avec des hommes qui font une profession ouverte de l'erreur on ne gagne rien à les convaincre que de les y rendre plus obstinés , à celte première inconséquence j'en joins une autre qui n'admet pas de réplique. Ce canon , le concile (ont entier l'a adopté, en écrivant au pape saint Léon ad firmitalem et consonantiam, c'est-à-dire pour la confirmation et l'approbation de ces actes (Helatio S. sj/n. Chalc. ad Léon, pont., Labbe. Conc. t. \\,pag. 177V); il est pareillement attribué et sans distinction au concile par saint Léon, qui ne fait mention que de la résistance de ses levais (Ep. .')■'!, ad Anat. ,§k ad Mari, imp., :>."> mi Pulch., ap. Labbe.) Sur quel fondement accuserait-on tic fausseté la lettre du concile, et le pape lui-même d'avoir été mal informé et d'avoir l'ail une supposition erronéeî Mais poussons-les à bout. Tamburini veul-il que ce canon ne soit pas du ennuie, niais seulement d'un petit nombre d'évéques, qu'il n'ait même pas cent quaire-\ ingt-quatre signatures? Après lui avoir victorieusement prouvé le contraire , je le supposerai avec lui pour le moment. Etait-ce là, lui demanderai-je à mon tour, la véritable raison
TRIOMPHE DU SAINT-SIEGE ET DE Ï/ÉGLISE
pour laquelle saint Léon pouvait de plein droit s'opposer à ce canon ? Ne l'aurait-il pas pu s'il avait élé revêtu de l'approbation spontanée et universelle des Pères? Voilà ce que je nie absolument. Le nombre des évêques eût-il été incomparablement plus grand, le pape s'y serait opposé avec la même fermeté et par conséquent avec la même autorité. Voilà ce qu'il déclare en termes généraux : Qu'aucune assemblée synodale ne se prévale du grand nombre de ceux qui la composent , et qu'aucun nombre de prêtres, fût-il même beaucoup plus considérable que celui de ces trois cent dix-huit évêques ( de Nicée), n'ose ni se, comparer, ni se préférer à eux (1) ; et il protesle sans aucune exception que, quand même des évêques bien plus nombrexix (que ceux de Nicée ) décideraient autre chose que ce qu'ils ont réglé, il ne faudrait en tenir aucun compte (2).
§ XLVL — Mais quoi? là où le pape saint Léon nous paraît déployer la puissance monarchique dans toute sa plénitude, les novateurs ne trouvent que le simple ministère, non d'un chef suprême, mais d'un exécuteur subordonné des canons de Nicée, qui n'aurait pu s'en dispenser sans prévarication. Saint Léon, dit Tamburini, devait s'opposer à ce canon, parce qu'il était contraire au sixième canon de Nicée (Vera Idea, l. c). 11 devait? et qui le dit? Celui-là même qui réduit tous les moyens mis à la disposition du pape pour faire observer les canons dans un péril évident, à crier aux armes et à convoquer tous les évêques en concile général; et qui reconnaît le. même droit aux princes, en leur qualité de protecteurs de l' Eglise et de gardiens de la tranquillité publique (lbid.,§ 16). Et de qui dit-il de telles choses? d'un pape qui, dans le péril évident où les canons de Nicée étaient d'être transgressés à cause de celte multitude d'évêques ambitieux, adulateurs et séduits en présence de l'intervention impériale, au lieu de convoquer un nouveau concile d'évêques pour aviser au remède, déclare et proteste que c'est chose tout à fait inutile, qu'il ne sert de rien de multiplier les conciles ou de rendre plus nombreux les Pères qui les composent, et qui ensuite annule les décrets de ceux de Chalcédoinc. Et en quelles circonstances le dit-il ? Dans une circonstance où les empereurs, à qui il attribue comme au pare le lirait de convoquer le concile œcuménique et d'y faire décider les causes controversées, pouvaient paralyser le zèle et les cfforls de sainl Léon; où, par leur obstination à soutenir le canon de Chalcédoinc, on pouvait craindre qu'ils ne le lissent en effet, au grand préjudice de la tranquillité publique el de la paix de l'Eglise. Pourquoi le ditil? Pour assurer l'observation d'un canon de simple discipline , d'une discipline qui, à la
(1) Nulla siiiiiii: i de mullipiicaiione congrceau'onis sy. noilaliii concil ;t blandiaulur, nequti Lrecenlis illis il'"
octo episcopis quaniumlibel copiostoc uumerus bacent luiii v.-l comparare se audeat, vel prasferre. Kp. 63 m Analol,
(2) Etiamsi raullo (Jures aliudquam ilîi(NicieDi |jiiv>,> slaluere décernèrent, In nulla reverenlia su habcndvun. En. %."» ail l'iilcU.
DÉMONSTRATION I \ tNGÉ! il l GRÉGOIRE XM.
rigueur, peut être modifiée, et par rapporl à laquelle par conséquent /' i com i/< i </• aéraujc sut "»/ précédé peuvent être réformée par ceua qui U - tuix i n<. Mail i <• canon était accepté par l'Eglise universelle, lit, le fût-il, qui doit être fe juge d'un règlement de discipline, qui abeolument peut changer? Est-ce le pape ou le concile? Si c'est le pape, donc il dépend de son jugement de changer celle discipline, même <'ii présence «lu concile; ce sera le papeel non le concile qui si ra lin— lerprèle de l'Eglise, et en ce cas la question est décidée ; si c'est le concile, comment celui de Chalcédoine ignorait-il ses prérogatives? Pourquoi ne les opposa-t-il pas a saint Léon'.' Comment se lit-il qu'aucun île ces évéques ne se doutât d'un tel privilège, et qu'ils enlendissent tous, sans réclamer, le pape leur déclarer qu'ils ne pouvaient rien établir de contraire au canon déjà cité? Et quand même ils auraient reconnu plus tard que l'opposition du pape était juste et bien motivée, du moins pour prévenir les équivoques et les malentendus qui auraient pu élever l'autorité du pape aux dépens de celle du corps hiérarchique, ne devaient-ils pas se récrier contre une intimation si impérieuse, et dire : C'est à nous à déterminer notre pouvoir et à prononcer sur l'immutabilité des constitutions ecclésiastiques ? Certainement ils n'auraient pas manqué de faire cette déclaration ierme et courageuse, s'ils s'étaient doutés d'avoir des droits d'une aussi merveilleuse étendue que ceux qu'on leur a découverts dans ces derniers temps, et qui alors étaient entièrement inconnus. Concluons donc que si saint Léon devait s'opposer au canon de Chalcédoine, il ne le devait pas comme un simple exécuteur, comme un ministre subordonné qui n'a pas le pouvoir absolu de faire autrement, mais qu'il remplissait un devoir de justice, un devoir que lui imposait la vénération due au concile de Nicée, en même temps qu'il exerçait le droit de réprimer l'audace et l'ambition non d'un ou de deux évéques, mais des conciles les plus nombreux qui auraient voulu changer une institution quelconque, même la plus variable de ce même concile ; il était dans le cas d'un sage monarque qui se fait un devoir sacré de conserver, dans toute leur vigueur, certaines lois portées par ses prédécesseurs et toujours maintenues jusque-là fidèlement, quoiqu'il ait le pouvoir absolu et originaire de les abroger.
§ XLVII. — Néanmoins les modernes novaleurs persistent avec leur opiniâtreté accoutumée à nier que le pape saint Léon, en résistant aux tentatives du concile de Chalcédoine, ait exercé une autorité absolue; et après s'être efforcés de prouver qu'il n'a fait que déclarer nul le canon de ce concile, en s'appuyant sur l'autorité de celui de Nicée, que toutes les Eglises reconnaissaient (Vera idea. etc., part. II, c. 3, § 24-), à l'appui de celte explication que nous avons déjà complètement réfutée ils citent quelques expressions isolées du pape lui-même qui, à la première vue, leur paraissent favorables. Ainsi.