SOI
dans la lettre à Pulcbérie, il déclare que, dans toutes les causes e< i lésiasliques, il reste soumis aui lois de Nice i ; comme aussi, il .i^ sa lettre a Mari ieo, il oit qu't/ veille à la garde des canons avec la eonitanct d'un tervilew fui* le 2). Laissons de cété cet dernières pai oies, qui n'ont réellement pas d'auna que les premières. Or nous disons que celles-ci sont loin d'exprimer ce que i rélendentnos adversaires; et la suite du texte, qu'on ne nous présente que morcelé, le prouve jusqu'à l'éi idence. Voici l<- p isaage tel que le donne Labbe, tome IV, col. .'iMIi Edit. Albrizz. Ventée, \~1H : Coneeneionee vero epi— scopontm, tanclorum canonum apud Nicceam conditorum regulie répugnantes, unila nobiscum vestrœ ftdei pietate, in irritum mittiume, et per auctoritatem beati Pétri apoetoli, <jeneraliprorsue de finit ione cassamus; in omnibus eeclesiasticis ftis legibus obeequentee, quesaé pacificationem omnium tacerdotum per trecentos décent et octo antistites Spiritu» SanclUS instituit : ita ut, ct<<im>i multo plwes aliud, quam itli statuere, décernèrent, in nulla i rentia rit habendum quidquid fuerit à prœdictorum constitutione diversion. Or que doiton conclure de ceci? Que saint Léon ait seulement prétendu déclarer nul le canon de Chalcédoine, parce qu'il était contraire lui de Nicée? Mais si, au lieu de se borner à une telle déclaration, il l'annule, s'il le i par sa propre sentence, par une sentence générale: in irritum; si, au lieu d'alléguer l'autorité du concile de Nicée et son intention de s'y conformer, il déclare qu'il le fait de sa propre autorilé, per auctoritatem brati Pétri apostoli ; comment ne pas conclure qu'il a alors réellement exercé une autorité suprême et véritablement monarchique? Il faudrait en vérité ne pas connaître la valeur des termes, et être aussi étranger à la grammaire qu'à la logique, pour ne pas comprendre que ce qui est nul en soi ne peut cire annulé put un autre; que lorsqu'il s'agit de choses déjà existantes, on ne peut qu'en déclarer l'existence sans rien faire de nouveau; qu'une véritable annulation a pour objet immédiat de détruire ce qui existe; que, si ce qu'elle doit détruire a été établi par d'autres, elle ne peut être prononcée que par quelqu un qui leur soit supérieur ; et par conséquent, que lorsque saint Léon casse, par une décision générait, les décrets des Pères de Chalcédoine, lorsqu'il déclare qu'il s opposerait également à tout autre nombre d'ev éques plus grand encore qui renouvelleraient les mêmes décrets, il montre en lui le chef légitime du corps épiscopal. et exerce véritablement l'autorité souveraine. M;iis comment expliquerons-nous les paroles du saint docteur que nous opposent nos adversaires, ou plutôt leur chef? Nous dirons d'abord que, considérées non isolement, mais dans leur ensemble, elles ne prouvent rien contre l'autorité suprême du pape, et ensuite que les altérations
(I) lu omnibus occIcsiasUcis cuisis (Menus) legibus oksHqueitiem.
9e m cusiodiendis canooibus perFeveranlea exU-
.■uni.
ÉOo
TRIOMPHE DU SAINT-SIEGE ET DE L'ÉGLISE
failes au texte original donnent lieu de douter de la bonne foi du cilatcur. Le lecteur jugera si nos soupçons sont fondés. Voici ce qu'on lit dans l'original: In omnibus (c'està-dire en toutes choses), ecclesiasticis his legibus obsequenles, quas ad pacificationem omnium sacerdolum per trecenlos decem et octo antislitcs Spirilus Sanctusinslituit. Notre adversaire transcrit ainsi ce passage://* omnibus ecclesiasticis causis (Nicœnis) legibas obsequentem; aurait-il omis ces mots : Quas ad paci ficationem, etc., qui. dans le texte, déterminent les lois dont il est ici question, c'està-dire des lois destinées à maintenir la paix entre les ministres de l'Eglise, parce qu'il les aurait trouvées peu favorables au dessein qu'il avait de refuser au pape le pouvoir de faire à ces lois, dans aucun cas imaginable, la plus petite exception? Aurait-il uni au mot omnibus ïaà]cciitecclcsiasticis, qui, dans le texte, est joint au mot legibus, et ajouté le mot causis, qui ne se trouve pas dans l'original, afin d'arriver à la conclusion que le pape est soumis au concile généralement dans toutes les causes ecclésiastiques? Mais passons à un autre monument non moins décisif de la vénérable antiquité.
§ XLVI1I. — Quatrièmement, saint Ignace, patriarche de Constanlinople , supplia, au nom de tout un concile général, le pape Adrien de rétablir sur son siège Théodore, déjà sacré par lui métropolitain de Caira. Cet évéque avait été entraîné dans le parti de Photius, mais il n'avait cédé qu'à la persécution, et après avoir soutenu avec beaucoup de zèle la foi catholique contre l'hérésie; et d'ailleurs il avait effacé cette tache dans la pénitence (Bail. Somm. Conc. de Conc. V1I1). Natalis Alexandcr, parlant de ce fait, l'appelle un témoignage éclatant de la primauté du pontife romain, et il aurait pu dire plus proprement, de Impuissance monarchique du pontife romain. En effet, si une telle autorité appartient au pape et non au concile, il est évident que le premier est plus puissant que le second; et si l'on prétendait que le pape ne tient celte autorité que de l'Eglise, pourquoi l'Eglise lui demande-l-elle avec prières qu'il daigne en faire usage, ut dignetur, se montrant par là subordonnée et non souveraine? L'Eglise a-t-elle donc pour principe «le parler et d'agir de manière à brouiller et à confondre les idées des fidèles sur son gouvernement? El de fait, s'est-elle dépouillée de la souveraine autorité, ou bien l'a— t— elle conservée? Si elle s'en est dépouillée, elle a donc péri, puisqu'elle ne peut, sans prévariquer, renoncer à un droildivie, puisqu'elle ne peut subsister (lue telle que Jésus-Cbrisl l'a établie, et en conservant dans son intégrité le dépôt de ses pouvoirs originaires cl essentiels ; si elle a conservé celle autorité, pourquoi ne l'exercerait-elle pas? pourquoi s'exprimer et se conduire comme si elle ne l'avait pas? Ce serait une déception indigne de l'Eglise et même, d'après ce que nous avons prouvé, impossible à l'Eglise, puisqu'elle détruirait la forme extérieure du gouvernement que Dieu lui a donné, son activité immuable et vi-
sible. Il n'y a donc qu'à conclure que ces humbles prières adressées au pape Adrien, avant que le concile ne fût dissous, au nom du concile et par conséquent par le concile lui-même, sont une reconnaissance pratique de la puissance absolue, indépendante, originaire et monarchique du pontife romain.
§ XL1X. — Cinquièmement, je pourrais rappeler bien d'autres monuments aussi authentiques qu'éclatants de l'usage que les papes ont fait librement d'un pouvoir proprement monarchique. Mais comme les novateurs ne trouvent l'antiquité vénérable que lorsqu'ils s'imaginent, quoique à tort, d'y trouver un appui à leurs systèmes erronés, et qu'elle; leur paraît pour tout le reste plongée dans les ténèbres et suivant en aveugle l'ignorance des temps, je leur présenterai quelques faits plus récents; je viendrai aux siècles qu'ils appellent éclairés, c'est-à-dire à l'époque du concile de Constance, ou plutôt à ce concile lui-même, et j'espère qu'ils ne pourront m'accuser ni de manquer de sincérité dans l'exposition des faits, ni de les discuter avec une critique prévenue; je les montrerai sous leur véritable point de vue et sous toutes leurs faces. Grégoire XII, après que le concile l'eut déclaré déchu (nos adversaires disent déposé, nous verrons plus tard quel terme est le plus propre) du siège apostolique, jugeant celte assemblée irrégul ère et illégitime, convoque de nouveau et autorise le même concile, et y renonce formellement et volontairement à la papauté. Le concile ne réclame pas, il accepte même de plein gré celte nouvelle convocation, et souffre que Grégoire l'autorise; il reçoit sa renonciation, parce que, disent les Pères, « il n'est nuisible à personne, mais utile à tous de multiplier les précautions qui peuvent donner la cevlilw\c:»Quiaabundans ad certitudinemeautela nemini nocet, sed omnibus prodest. (Jue Grégoire ail agi comme un vrai monarque qui se croyait supérieur au concile, il n'y a personne qui en doute, et je me propose de prouver, dans les paragraphes suivants, que le concile non-seulement n'en a pas refusé aux papes le tarai 1ère par une décision solennelle et dogmatique, mais qu'au contraire 1 histoire de ce concile fournil de nouveaux arguments en faveur de la monarchie.
§ L. — C'est de ce concile que nos adversaires triomphent; ils veulent nous faire croire qu'il a définitivemenldécidéquele pape est soumis, qu'il est inférieur aux conciles généraux : on trouve celle décision in aginaire enregistrée partout dans leurs ou\ rages , et ils traitent de rebelles à l'autorité de l'Eglise les défenseurs de la suprématie du pape. Aussi les Français sont-ils prêts (c'est ce que le cardinal de Lorraine écrivait à son agent à Home, Lebrellon)à répandre leur sang plutôt que d'adopter les sentiments de Home et d'abandoner la doctrine fixée, à leur avis, dans les deux célèbres sessions du concile de Constance : Galli de vita potins qiutm de sentrnlia reccdunl; nous avons vu cependant que l'abbé Tosini, instruit par l'expérience, nous assure le contraire. Il est
rRATION EVANC1 LIQI l GRÉGOI I
vrai d'ailleurs qu • les n ■•..:' iurs : ne sont pas allai !: ■ ""l •'"' I» ,iul
de sacrifier leur \i<- aui doclrin s .if leur parti : ils sacrifi r ienl bien plulôl leilrs doclrin - .1 I mi >rél. Un posle plus v incé, une augmentation d • revenu», lt crainte de perdre la proleclion des grands seraient des m »tifs très suffisants pour leur faire changer d'opinion, <>" au muni-, pour modérer leur / e el leur l'aire garder le silence. En un mol, ils sont du nom lire deceuz qui, pour un raor- , m de pain, abandonnent La vérité :
bucce.Ua panis deserunt veritalem; ils ne visent qu'à ti agner la laveur des coins et ils n'ont d'autres Lois que les motifs politiques et le génie des souverains. Mais, quoique leur attachement aux décrets de Constance n'aille pas jusqu'à tant de dévouement, ils ne cessent d'en parler avec vénération et de nous les opposer eonmie des régies de foi. Il convient donc de les soumettre à une anal) se attentive et de montrer ce qu'il faut vérit iblement en penser.
g li. — Je demande donc premièrement:
où trouve-t-on un concile légitime et œcuménique, qui.au moment de définir un point de foi et de lier en cela les consciences des fidèles, se soit montré plus inquiet et tremblant sur l'objet défini , el qui ail ainsi rendu suspecte son autorité de le définir ? Où a-l on jamais vu un concile représentant L'Eglise rendre d'abord une décision solennelle et dogmatique, et chercher ensuite à donnera celle décision plus de certitude par un moyen qui conduit bien plutôt au dogme contraire ? Tel serait pourtant le concile de Constance, si on pouvait lui attribuer une telle décision. Kl pourquoi non î Grégoire le convoquant après qu'il est déjà réuni, l'autorisant lorsqu'il a déjà fait ses décrets, renonçant à sa dignité papale après avoir klëdéposé, n'a-l-il pas annoncé la prétention d être supérieur au concile, n'a-t-il pas agi comme un véritable monarque, qui, loin de pouvoir être déposé par ce concile avait seul l'autorité de le convoquer el d'en valider les décrets? El le concile lui-même, en admettant tous ces procédés par la raison qu'i'/ n'est nuisible à personne, muis, utile à tous de multiplier lesprécautions qui peuvent donner la certitude, n'al-il pas prouve évidemment qu'il n'avait pas une certitude de foi sur la légitimité de sa convocation, sur l'autorité de sa célébration, sur la validité de la déposition du pape Grégoire, et par conséquent sur la subordination du pontife romain au concile œcuménique? Qui pourra le contester! Si donc il avait défini comme de foi sa propre suprématie, il se il contredit lui-même, et celte multiplicité de précautions aurait été nuisible à toute la chrétienté, en donnant iieu de regarder l'article défini comme n'étant pas de foi. El qu'on n'objecte pas que, au milieu de tant de divisions el de schismes . le concile de C »n .lance a voulu seulement, par ce moyen, oler aux parties contendaules tout prétexte de résistance, que ce n'est qu'une mesure de prudence par laquelle il s'est conforme au précepte de l'apôtre : Que les plus forts suppor-
toit In infirmi plus faible» 1 . Car les
incile doivent montrer en eus celte certitode inébranlable qu'ils renient donner aux fidèles par leurs décision
. i e\: liquer leurs • i avec plus de clarté, pour I s mettre a la portée de l'intelligence commune : ils pourront êc* uler avec patience les rais msdes opposants • instruire ai ec charité ; ils pourront, de toute autre manière, s ai cominoder à l'infirmit faibles, mais jamais «use montrant incertains el flottants dans leurs décisions. Ce serait avouer qu'ils n'ont aucune intention de décider, comme i n en* t les i-> i de l ont montré qu'ils n'avaient rien décidé dans ces tekisn
S LU. - J si qu'on dit que le i condescendit a c s procédés de Grégoire que par amour de la paix, et une ce lui par le même molif qu'il n çut la renonciation - Belle d'Egidius Uognos, chanoine de Barcelone, élu seulement par trois cardinaux i le nom de Clément VIII, quoique se, vîmes prétentions le rendissent la risée de tout le m 'ii le et que ce ne fût qu'un fantôme di; pape. Certainement le concile pouvait MB! hésiter exercer une véritable juridiction sur Clément Yill , en qui on ne voyait généraleme t qu'un pape de nom; cependant il accepta sa renonciation; si donc les Pères laissèrent Grégoire parler et agir comme il lui plut, ce fut par amour de !a paix, et non qu'ils doutassent ou qu'ils crussent qu'on pût douter de la légitimité et de l'autorité de lui s décrets. .Mai- il n'y a pas de parité qu'on nous montre que le concile se soi; l'occasion de la renonciation de Clément VIII comme pour celle de Grégoire. Parce qu'il n'est nuisible à personne , mais utile à tous de multiplier les précautions qui peuvent donner la certitude. Voilà le motif que Les Pères donnèrent de leur conduite envers le dernier : et c'est précisément sur ce motif qu'est fondé noire raisonnement; ils ne dirent rien de semblable de Clément \\\\. Toutefois remercions nos adversaires de nous avoir fait une difficulté qui dev ienl la preuve la plus v iclorieusc de ce quenous voulons établir. Ru elTi t, pourquoi nous la font-ilsî Pour nous convaincre que le concile usa d'une égale condesceu dance et envers Grégoire, qui était au moins un pape douteux, et envers Clément VIII, qui était évidemment un faux pape. Cs reconnaiss ut donc qu'on pouvait, sans courir le risque d'être mal compris, recevoir 1 1 démission volontaire de ce dernier, cl ce fut pour cela que le concile la recul sans explication. La position de Grégoire était différente, et le concile déclare alors qu'il le fait pour plus grande assurance el par mesure de prudence . ce qui ne se pratique que pour les choses douteuses et qui peuvent être mises en question. Or le dont ! ne pouvait tomber ici que sur 1 1 légitimité des acli s du concile, ,-e sans la convocation et l'approbation i\u pape, ou sur le ; ouvoir d'ôler à un pape
TltlOMl'IHi DU SAlNf-SiEGE ET DE L'ÉGLISE
seulement douteux le trône pontifical , qui pouvait lui appartenir. Ce fut clone pour terminer tous ces doutes que le concile laissa faire Grégoire. Si ce n'est pas là ce que les Pères ont voulu dire par les paroles que nous avons citées, qu'on nous en dise le sens véritable , sans recourir aux chicanes qu'enfante une imagination prévenue.
i § LUI. — Mais , nous objectera -t-on peutêtre, si Grégoire renonça volontairement à la papauté, Jean XXI11 n'y renonça pas; et tout ce qu'il fit, ce fut de respecter, en se soumettant, l'autorité du concile qui l'avait déposé. Si donc les Pères ne montrèrent aucune incertitude par rapport à Jean, ils ne pouvaient en avoir davantage par rapporta Grégoire, et par conséquent il faut expliquer autrement la raison qu'ils donnent de leur conduite, envers ce dernier. Quel irrésistible argument? Voyons si nous y trouverons une réponse. Jean XXIII avait promis à ceux que le concile lui avait envoyés pour l'engager à s'y rendre , de signer et de ratifier tous les décrets que le concile pourrait faire même contre sa personne. Ne peut-on pas dire que, par cette déclaration absolueet générale, il lui ait, de son côté , accordé le pouvoir même de le déposer? C'était là ce que Jean devait prévoir dans toutes les protestations solennelles par lesquelles il annonçait que, pour le bien de l'Eglise, il renonçait à sa dignité, et c'était là aussi ce que le concile entreprenait contre sa personne ; il voulait l'obliger à remplir sa promesse. Ce fut pour cela que le concile voulut faire précéder les actes de sa déposition, de sa soumission volontaire; par ces paroles il montrait suffisamment que déjà il se croyait autorisé par Jean lui-même; ce titre équivalait à la démission de Grégoire, qu'il avait acceptée, pour donner à l'univers l'assurance qu'il n'était plus pape. Que nos adversaires nous disent donc où ils ont appris cette manière d'argumenter. Le concile décréta la déposition de Jean ; celui-ci y souscrivit; donc il reconnut dans le concile le pouvoir originaire de le déposer. Ne voientils pas que cet acte de souscrire équivaut à une véritable renoncialion?Et puis quel est le véritable point de la question ? c'est de savoir si le concile peut, malgré le pape, le déposer de la papauté. Si donc on veut établir la su-
f>rématie du concile , il faut prouver qu'il a 'autorité de déposer un pape nonobstant son refus. Or pour Jean XXIII, où est son refus? En promettant d'abord son assentiment à tous les décrets du concile, quand même ils seraient contre sa personne, ne l'autorise-t-il pas d'avance à procéder librement contre lui, et ne confirme-t-il pas celle première autorisation en approuvant ensuite ce qui fut décidé à son sujet, c'est-à-dire en souscrivant le décret de sa déposilion? Ce fait ne prouve donc pas que le concile puisse légitimement et validement déposer un pape qui n'y consent pas, ni par conséquent qu'il ail sur lui une autorité souveraine.
§LIV. — Passe pour Grégoire et pour Jean ; mais il reste encore une grande difficulté dans la déposilion de Benoît XIII, qui ne voulut Di'mov.t f], iSG Wi
ni renoncer ni souscrire la sentence de sa déposilion , et qui mourut dans le schisme. Donc , concluent nos adversaires, quoiqu'il en soit des autres deux, il est toujours un fait décisif, qui ne nous permet pas de douter que les Pères ne fussent fermement établis dans la croyance de leur autorité suprême , et ce fait lie tellement les mains aux papistes qu'il ne sauraient se dégager: car la déposition de Benoît est universellement regardée comme légitime, et cependant c'est la déposilion d'un pape qui n'y consent pas. En esl-ce donc fait des papistes , sont-ils vaincus? Ce serait folie de le croire. Par là, au contraire, on leur ouvre le chemin à de nouvelles victoires. Comment? le voici. L'Eglise de Benoît ne s'étendait pas hors de l'enceinte de Paniscola , depuis que ses partisans , et , avec eux, les trois cardinaux qui l'avaient élu, s'étaient souslâ*aits à son obéissance. Le concile était donc bien autorisé à croire que ses fauteurs eux-mêmes avaient reconnu l'illégitimité et la nullité de son élévation au siège apostolique , et il ne devait pas d'ailleurs coopérer à la prolongation du schisme, en le laissant dans la paisible possession de son prétendu pontificat. 11 avait donc, dans cette hypothèse, le droit, c'était même pour lui un devoir de pourvoir à la tranquillité de l'Eglise en déposant Benoît; et l'on ne peut en inférer qu'il eût le même droit contre un pape évidemment légitime. En effet il prononça cette dernière sentence, et il l'exécuta en s'appuyanl non sur sa supériorité au pape, mais sur la supposition bien fondée que Benoît n'était pas pape ; or la puissance de l'Eglise , en de pareils cas, est aussi incontestable qu'il est évidentqueJésus-Christ, en établissant, pour la sécurité des Gdèles, un gouvernement immuable, visible et perpétuel, doit avoir pourvu son Eglise de tous les moyens qui lui sont nécessaires pour repousser un chef illégitime. Il lui a donc certainement conféré le droit, dans le cas d'un doute fondé raisonnable sur la légitimité d'un pape, de procéder à l'élection d'un autre, surtout si celui dont la légitimité serait suspecte ne cessait de l'inquiéter en mille manières. 11 y aurait lieu d'accuser Dieu lui-même de n'avoir pas suffisamment pourvu à son indéfeclibililé, s'il ne lui avait pas laissé les facultés nécessaires en de telles circonstances. Or quelles inquiétudes n'éprouvait pas l'Eglise delà part de Benoît, qui par le fait même de sa papauté, s'opiniâlrail à attaquer l'article de son symbole, unam, sanctam ! 11 fulminait les plus terribles anathèmes contre le concile et contre les partisans des autres papes, et il avait recours aux moyens les plus hardis et les plus téméraires pour se maintenir sur le trône qu'il occupait illégitimement, prétendant que l'Eglise de Jésus- Christ avait péri dans toutes les autres parlies du monde, qu'elle se trouvait réduite à la seule ville de Paniscola ; ce fut ce qu'il répondit aux envoyés du concile : L'Eglise n'est pas là; c'est à Paniscola, dis-jc, qu'est la vraie Eglise ; c'est ici qu'est l'arche deNoé(l).
(1) Ibi uon est, Ecclesia ; sed in PaoiKPb est vera,
Vingt six.)