‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 138 sur 167 · JI · texte numérisé non relu

JI

* naissantes : pour démontrer, dis-je, tout cela, les novateurs n'allèguent-ils pas leur institution dii ineï Ni' disent-ils pas que , par elle, ils oui reçu immédiatement de Jésus-Christ l'autorité épiscopale, que cette autorité est égale fil tous, sans en excepter le pape, parce • lue L'épiscopat a partout la même origine, la même nature, et par conséquent la même autorité? Or j'admets pour le moment ce principe, et je raisonne ainsi: Si l'évéque lirait du pape son autorité de gouvernement, l'épiai ■)pal ne serait plus, dans leur système, d'institutio'n divine: donc, a part, on ne devrait plus regarder comme d'institution divine le droit que le pape recevrait par l'entremise de l'Eglise. De plus, si 1 evèque n'avait pas une juridiction absolue dans l'administration de son diocèse, clans leur système encore , ce ne serait plus de Dieu que lui viendrait l'autorité d'administrer cl de gouverner. Donc toute autorité qui a sa source immédiate en Jésus-Christ n'en reconnaît aucune qui lui soit supérieure dans le même genre , et peut être exercée avec une pleine indépendance. Ce sont autant de conséquences des prémisses des adversaires. Mais, quant à la première, si le pouvoir d'obliger les fidèles à l'obéissance ne venait qu'après le consentement de l'Eglise, ce pouvoir n'arriverait au pape que par l'intermédiaire de l'Eglise; il ne serait que le résultat et la preuve du consentement de cette même Eglise ; il ne serait donc pas de droit divin. Et pour la seconde, si le pape ne pouvait exercer ce pouvoir indépendamment de l'Eglise, ce serait l'Eglise qui aurait la supériorité ; donc ce pouvoir ne viendrait pas immédiatement de Jésus-Christ. Ces conséquences mènent nécessairement à une autre : donc le pouvoir dont nous parlons ne serait pas le pouvoir de primauté; donc la primauté ellemême serait sans pouvoir : ce qui est absurde. En effet , le pouvoir de la primauté doit être déterminé par son objet formel , qui est la conservation de l'unité : donc tous les droits du pape doivent tendre à ramener ceux qui s'égarent à l'unité : ce qui ne peut se faire sans la force coaclive. Nos adversaires seraient déjà sans peine arrivés à cette conclusion, si leurs contradictions continuelles, interrompant la marche naturelle des raisonnements et leur en faisant oublier l'enchaînement et la connexion réciproque, ne les arrêtaient souvent au milieu du chemin. C'est d'ailleurs le but vers lequel ils semblent se diriger. Résumons donc dans leur ordre logique les vérités que nous avons établies dans ce chapitre. 1° Les Pères enseignent que le précepte de Jésus-Christ de confirmer ses frères confère au pape le droit d'exiger la soumission à ses jugements, et que cette soumission consiste dans la soumission de l'esprit ; 2° donc le pape est infaillible, sans quoi les fidèles pourraient être nécessairement engagés dans L'erreur; 3" le devoir de celte soumission intellectuelle esl prouvé par les expressions mêmes des Pères et par la nature du droit, d'où ils le font dériver comme une conséquence nécessaire; h* la parité que les adversaires voudraient établir entre celte

soumission et celle qui est due aux évéquei,

n'existe pas; 5* la nécessité de cette i b sance absolue résulte plus clairement en< du pouvoir qu'a le pape d'y obliger les Bdèl< i antérieurement au contentement de l'Eglise.

Celle suite de ventes se rattache a la notion

des droits de la primauté, parmi lesquels Pères placent celui de décider. Donc la dernière conséquence , que le pape possède la

force COOClive, appartient elle-même à renseignement des Pères, puisqu'on ne peut la séparer, cette force, du droit de décider qu'ils lui reconnaissent. Oui donc pourrait nier (jue la nature du droit qu'a le pape de confirmer, et de l'obligation d'obéir imposée aux fidèles , ne nous conduise nécessairement ,i reconnaître l'infaillibilité du pape, comme la base des droits et dos devoirs respectifs du pape et des fidèles? Jésus-Christ aurait-il donné au pape un pouvoir absolu de contraindre les fidèles à l'erreur, et fait un devoir aux fidèles de la professer? Et pourtant il en serait ainsi, s'il n'avait accordé au premier le privilège de l'infaillibilité.

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