‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 14 sur 167 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

En dehors des molifs que nous avons donnes ça et là relalivemenl à la reproduclion de quelques ouvrages échappés à des noms célèbres sans doute , niais qui ne sonnent pas toujours un catholicisme bien pur, il est, de noire conduite, d'autres raisons que nous croyons devoir agglomérer dans ce dernier volume.

La première est que nos Démonstrations étant surtout destinées aux gens du monde et même aux adversaires du catholicisme, tombent par là même entre les mains de personnes qui, connaissant les difficultés opposées à notre Coi, ne soupçonnent rien des solutions données. Les quelques pages un peu hardies que l'on a été forcé de conserver, pour ne point tronquer le texte, ou ne pas se priver d'aveux précieux et d'arguments solides, ne sauraient donc avoir des conséquences bien graves, surtout quand, d;ms les ouvrages précédents et subséquents, les principes les plus sains sont exposés dans toute leur force. Que ceci ne sorte point de l'idée de ceux qui seraient contraires à notre manière de voir sur ce point : il n'est pas une seule objection, sur quelque matière que ce soit, qui ne soit pulvérisée en plus de cinquante endroits de cette publication. L'athlète d'une erreur se trouve constamment aux prises avec les plus vigoureux défenseurs de la vérité contraire, et il est impossible que quelques légères traces d'un esprit un peu indépendant ne soient promptemeni et entièrement effacées par les doctrines de la plus pai faite orthodoxie s:ms cesse répétées. A plus forte raison les lecteurs véritablement instruits et les bons catholiques ne peuvent-ils ressentir une fâcheuse influence.

La seconde raison est que la vérité a une force bien plus puissante quand elle son d'une bouche ennemie, ou simplement suspecte, que de celle d'un écrivain qui semble en être tellement le patron né, que chacun crierait au scandale, s'il parlait autrement qu'en apologiste. C'est ici, mais dans un sens différent, la conversion d'un seul pécheur qui cause plus de joie que la persévérance de quatre-vingt-dix-neuf justes.

La troisième raison est que nos Démonstrations sont un traité de religion, un cours de théologie, une bibliothèque de controverse et d'apologétique : or, dans quel traité de religion, dans quelle théologie, dans quel livre de controverse et même d'apologétique, établit-on les bonnes doctrines sans exposer les adverses ? Partout et toujours on a réfuté, sans les déguiser, les objections les plus fortes des schismaliques, des hérétiques et des incrédules ; pour mieux dire, nous ne concevons pas qu'il soit possible d'imaginer autrement un ouvrage de polémique. En effet, ne pas retracer les sophismes d'un adversaire, c'est ne pas lui en faire voir le faux, ou plutôt c'est ne pas le combattre, ne pas vouloir le convaincre : c'est lui paraître de mauvaise foi et lui faire dire que i'on chante sur lui un triomphe imaginaire. Les Bergier, les Guénée, les Barrucl et cent autres ont-ils craint d'étaler avec toutes leurs couleurs lesdifliculiés de la philosophie du XVI IIe siècle? Les professeurs ne mettent ils pas tous les jours dans les mains d'une jeunesse, sur qui les impressions premières sont si profondes, les sophismes de Bayle sur la prescience et de Jean-Jacques sur le déisme, et cependant ces objections S'iit les plus insolubles que l'esprit de l'homme ait jamais tirées de l'inspiration de son cœur? Ni Warbiirlon, ni Tillutson, ni Saurin , ni Dupin , ni aucun des auteurs reproduits ici , ne peuvent exercer une influence grave: pour quoi donc exiger de nous que nous respections davantage des hommes laits , et nous obliger à dédaigner des armes si puissantes que des génies égarés sur quelques points, nous prêtent sur mille autres?

La quatrième raison, en effet, est que, pour une tirade contre une croyance et souvent contre une opinion catholique, un apologiste simplement chrétien, ou simplement philosophe de bonne foi, fait ressortir une loule de vérités inconnues, niées ou méprisées pur cette masse de déistes, d'éclectiques, de progressistes, de fatalistes, de matérialistes, de pyrrhoniens et de panthéistes qui pullulent de nos jours. El plût à Dieu que tous fussent déjà montés jusqu'à la croyance, et même jusqu'au simple respect des vérités générales du Christianisme ! la voie des conséquences les aurait bientôt entraînés vers le Catholicisme. Au reste, si nous nous trompions en cette manière de voir, voici notre profession de foi :

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