PROFESSION DE FOI
Je remets au jugement du Saint-Siège, dans les sen- ble science s'éclipse devant la sienne, comme la lueur
timenls de la plus sincère et de la plus humble sou- d'un flambeau devant le soleil en son midi. Car à
mission, ces DEMONSTRATIONS ÉVAJNGÉUQUES; mes yeux, comme aux yeux de tout homme entiè-
et si, par suite de l'entraînement d'une célérité excès- rement catholique, la sainte Eglise romaine, que
sive, de l'insuffisance de ma faible érudition, ou de la le souverain pontife, son seul chef visible et inimé-
mulliplicité des affaires qui m'accablent et des ma- diat, gouverne sous la direction de son chef invisible,
lières qu'il m'a fallu embrasser, il s'était glissé dans Jésus-Christ; li sainte Eglise romaine, dis-je, est
celle publication quelque chose qui pût porter al- pour moi la mère el la reine de toutes les Eglises, le
leinlc, même de loin, soit à l'exactitude du dogme, centre de l'unilé, la source de toute juridiction, l'm-
soit à la sainteté de la morale, soit à la pureté de la lerprèle de la vérité , l'organe de la morale, la
discipline de l'Eglise catholique, je prononce moi- règle de la justice, l'arbitre de toutes les controver-
nième un anathème inexorable contre une erreur ses, la gardienne infaillible et indéfectible de la saine
qui, quelle que puisse êlre sa nature, a certaine- doctrine : or ces sublimes prérogatives, en révélant
ment été involontaire de ma part. Que la vois de l'au- l'Eglise romaine des litres les plus glorieux et les
gusle pontife: dont l'univers chrétien admire les ver- plus imprescriptibles à la souveraineté spirituelle et
lus el bénit l'heureux gouvernement, que la voix de aux hommages de la chrétienté, m'imposent par là
Grégoire XVI se fasse entendre : j'approuve d'avance même le devoir rigoureux d'un profond respect el
ce qu'il approuvera, je condamne d'avance ce qu'il si- d'une obéissance s;ms bornes. gnalera comme peu exact : je reconnais dans le Saint' En effet, si elle est la mère des autres Eglises,
Siège mon matirc, mon docteur ci mon juge ; ma l'ai- brebis fécondes du Suiveur, à plus forle raison dois-
If.Ol I.SMON DE I n|
je Il respecter conOM DM mère, iikii le moindre d'enue les tgneam «lu iroapeiu divin , Incapable de rien produire de moi méine et par met proprei rot ces. Oui, l'Eglise romaine est nu mère, et elle l'est l> ! u^ véritablement que la femme n'esl mère de l'eni.ini qu'elle :i conçu : car si ce dernier ne peul s<passer 'lu sein maternel pour venir nu monde, bientôt aes Forces, croissant avec ses membres, I etteui
à même de subvenir :i ses besoins ; au lieu que, mm l'Eglise romaine, je ne puii pas plus vivre que je n'ai
pu naître. Comme on voit le bom^i le la vigne se
dessécher el périr si l> sève qui lui donna nai ne continue à l'alimenter : ainsi dès que ma vie S'isole de la vie <!<■ l'Eglise romaine, mon âme -■• Dé tril et je meurs.
.Mais -i l'Eglise romaine est ma mère, ma conduite envers elle doit doue être celle d'un liis : il faut que son nom soil toujours surme-, lèvres, son amour dans mon cœur, ses bienfaits dans mon souvenir ; d faut que je me réjouisse de ses triomphes et que je m'afflige de ses douleurs.
Si elle esl la reine des autres Eglises, à plus forte raison est-elle la souveraine d'un pauvre piètre! je doisdoncme montrer docile à ses conseil-, et à ses préceptes ; je dois donc puiser ma science à la source do sa science, ma sagesse dans les trésors inépuisables de sa sagesse.
Si elle e-l le centre de l'unité, je dois donc repouser tout ce qu'elle repousse, m'attacber à tout ce qu'elle consacre par son enseignement; hors de sou sein l'unité esl rompue et profanée par le schisme, qui déchire ses entrailles maternelles, ou par l'hérésie, qui foule aux pieds la vérité et distille le venin du l'erreur.
Si elle est la source de toute juridiction, je ne puis donc m'envoyer moi-même ; je dois me tenir étroitement uni à elle, et ne reconnaître de véritable pouvoir (pie celui qu'elle a iiiédiateinenl ou immédiatement conféré.
Si elle est l'interprète de la vérité , je dois donc lui soumettre toutes mes pensées, croire et accepter comme vrai tout ce qu'elle aura déchiré tel. regarder comme faux et détester tout ce qu'elle aura déclaré suspect, ou frappé d'anathème.
Si elle e-t la lè-le de la justice el l'organe de la morale, je dois donc lin soumettre toutes mes actions, approuver ce qu'elle aura proclamé bien, rejeter et fuir ce qu'elle aura proclamé mal.
Si elle esi l'arbitre des controverses, je dois donc humblement déposer à ses pieds tontes mes difficultés cl tous mes doutes, cl tenir pour cei tains el irrévocablement fixés tous les points sur lesquels elle aura prononcé : Rome a parlé, ["affaire es/ dcchlée.
Si elle esl la gardienne infaillible du dépôt sacré de la loi , je dois donc croire à la justice souveraine de ses décision-, soit qu'elles aient consacré et approuvé, soit qu'elles aient condamné et flétri certaines doctrines. Je dois , de plus , n'écouter qu'elle seule : parce que elle seule peut délivrer mon âme des angoisses du doute, dissiper les nuages qui obseurci-senl mon intelligence el mctlre un tenue aux aberrations de mon esprit vacillant cl irrésolu, en lui montrant la vérité tout entière dans les articles de foi qu'elle lui propose; parce que elle peut seule aussi donner la paix à mon cœur, en lui offrant dans la pratique de ses préceptes moraux les joies ineffables d'une conscience pure cl à l'abri du remords.
Si elle esl indéfectible, elle n'animait donc point ces sectes qui , depuis dix-huit siècles, ont paru et disparu tour à tour sur la scène du monde, toujours flouantes entre la vie cl la mort. Toute société qui cherche la vie bon du sein de cette Eglise lutte en vain contre sa ruine : elle doit succomber lot ou tard.
U sainte Eglise romaine 1 oui l'économie de la religion vous réclame , telle que vous êtes, avec toute*
les prérogative» ti le ■ Wmqpelt ChriaCaaM» ( bel a votre t onslilution; vous êtes tellement i que si la main de Dieu ne voui eut | mine- auraient dû vous Inveniei i o eidirigei le monde intellectuel. Que tous les hommes l'atUu lent donc a vous du fond di ;• - ; que
tous rendent giâcc, de \. d , ù ,,ul
\ ou- a fondée !
le Eglise rom :r„iii bienproduit, j- . „„, i,.s ,1|a, i, s ,,,,.avex rendus depuis f .le votre divin . «t présenté au respect et à l'admiration de ton, i. > hommes les richesses inépuisables ■: d.- votre prudence, de votre saint* té.