CHAPITRE XVI
On examine les paroles du cinquième concile et le fait d'IIonorius , et l'on prouve qu'il n'en résulte rien de contraire à l'infaillibilité du pape.
1. Le bon ordre demande de faire suivre le chapitre précédent de celui-ci, parce qu'on nous oppose avec la même assurance et comme des faits décisifs les paroles de quelques conciles , particulièrement du cinquième, dans la cause des (rois chapitres, et l'excommunication fulminée parle sixième contre le pape Honorius. Et pour le premier point, voici les paroles dont on prétend faire une preuve invincible contre l'infaillibilité du pape: Nec enim, disent les Pères, nec enim polest in communibus de fuie disceptalionibus aliter veritas rnanifestari, cum unusquisque proximi adjutorio indigeat (Coll. 8). Le Gros croit y trouver le texte du raisonnement suivant : Hoc autem ideo dicebant Patres , quod Vigilius, summus ponlifex , qui tune Conslantinopoli erat , recusasset in synodum venirc , pollicitus se suam sententiam scorsim esse scripturum; ergo senliebat concilium V fidei quœsliones à solo ponlifice nec debere, nec certo posse definiri. Rêvera hos Patres audet erroris in facto accusare pater Pclitdidicr : c'est pourquoi il cherche à discréditer ce Père par les traits d'une artificieuse malignité qu'ils ont coutume d'employer contre les défenseurs des prérogatives du pape , gagés , selon eux , par la cour de Rome.
2. Si notre théologien ne s'était pas contenté de lire ce passage et son explication dans quelque écrivain de son parti, ou qu'il ne l'eût pas pris isolément et sans en chercher dans le contexte le sens véritable, l'histoire du concile à la main ; il aurait vu que non-seulement on ne peut de bonne foi en rien conclure de contraire à l'infaillibilité du pape, mais encore que ce passage en présente une nouvelle preuve. En effet, voici dans quelles circonstances ces Pères parlèrent de la sorte ( Balte , Summa concil.) : Vigile , qui se trouvait à Constanlinople pour la célébration du concile, ne voulut pas y assister, pour éviter ou de voir Entichés, évêque de Constanlinople , usurper la préséance sur les évéques d'Alexandrie et d'Antioche contre la volonté expresse de saint Léon ( qui avait annulé le vingt-huitième canon de Chalcédoinc , favorable aux prétentions de l'évêque de la nouvelle Rome ) , ou de déplaire, en ne le permettant pas, à l'empereur, ce qui aurait troublé tout le concile. On l'invita, on le pria , on le pressa par l'exemple des apôtres eux-^èmes et des
DÉMONSTRATION ï.\ vNGÊLIQI I GRÉGOIRE XVI.
quatre premiers conciles . de s'i rendre ; il refuse. L'empereur intervint, Vigile persiste (l in^ son refus ; il ne dit pas au concile de juger par lui-même, et qu'il donnera son assentiment à ce qu'on aura réglé ce qui pourrait être favorable a nos adversaires); mais il «lit qu'il saura bien examiner la chose par lui-même, et la décider d'une manière définitive. Voilà donc d'abord, de la part du pape, un monument éclatant de son infaillibilité et de sa suprématie ; l'abbé Tosini ( ht. (Ici Gians, I. 3, p. \îî ) lui-même en convient. Certainement , si c'était tout autre évêque qui refusât ainsi d'entrer au concile , on ne renouvellerait pas auprès de lui tant d'invitations , tant d'instances , tant de supplications et de prières; il serait bien plutôt l'objet des censures réservées aux ennemis de celle paix générale, qui est le principal objet des conciles.
3. Ainsi, ou le concile se croyait supérieur, ou il se regardait comme inférieur à Vigile. S'il se croyait supérieur, et qu'il n'en jugeât pas la présence nécessaire, pourquoi, malgré sa résistance et son obstination , le traiter avec tant d'honneur et de respect , au lieu de prendre le ton d'autorité ? Pourquoi se donner tant de peine pour le décider à venir, comme si le concile ne pouvait, sans lui, rien conclure légitimement ? Pourquoi citer à l'appui de leurs décisions son consentement antérieur , tam sine scripto, quam in scriptis ( Coll. 8 )? Tant de déférence pour le pape ne peut certainement se concilier avec la supériorité du concile, à moins qu'on ne veuille dire; qu'il s'agissait d'assurer la foi du concile de Chalcédoine allérée dans les trois chapitres, qui se répandaient de tous côtés, que la circonstance était critique, et que ce fut à raison d'un danger si pressant que le concile se relâcha de ses droits ; mais une telle explication ferait tort au concile lui-même. Il se regardait donc comme inférieur à Vigile , et , dans cette hypothèse , quels moyens coaclifs avait-il contre celui qui se croyait en droit de rendre seul l'arrêt décisif, sans assister au concile pour y traiter la chose en commun ? Ce fut donc lorsque les Pères le virent agir ainsi avec la conscience de son infaillibilité et de son indépendance, qu'ils lui répondirent: Lieet Spiritus Sancti gratia et circa singutos apostolos abundaret , ut non indigerent alieno eonsilio ad en quœ agenda erant ; non tamen aliter volueruni île
eo , quod movebatur de finir e, priusquam
communiter congregali , etc. : c'était dire que son infaillibilité ne le dispensait pas plus d'y assister, que les apôtres ne s'en croyaient dispensés par leur infaillibilité ; que le moyen de convaincre les hérétiques, c'était de leur montrer la vérité dans toute son évidence , par l'explication de L'Ecriture , par l'examen de la tradition et la réfutation de leurs sophismes ; et que seul , quoique non sujet à l'erreur, il ne pourrait l'aire tout cela sans le concile, où l'on se communique mutuellement ses lumières : ]\~<r enim potrst in communibus </'■ fuir diseeptationibiu aliter veritas manifestai i ; on ne dit pas définir i , mais sim-
plement manife$tari. Les Pères parlent donc dans la supposition de l'infaillibilité; ils ne raisonnent pas " fortioi i . ei l 'est i e qui fait •lire a Tosini lui-même que, au temps de Vigile, l'autorité du pape jouissait, dans tout le monde , d'un ( redit et d'une vénération qu'on ne peut croire [Loc. cit., p. i 11 ). Cela montre à nos adversaires que l< ur collègue trouve la preuve d'une défétt iwe excessive pour le pape dans le monument même par lequel ils veulent établir l'indépendance du concile. Qu'ils s'accordent entre eux ; ce n'est pas mon affaire. La (onlradiction est évidente : c'est le caractère i isen-
Uel du système que j'attaque.
4. Si les paroles du cinquième concile, loin d'être contraires, sont bien plutôt favorables à l'infaillibilité du pape, nos adversaires ne peuvent pas tirer plus d'avantage du fait d'Honorius , par lequel ils se dallent d'assurer leur triomphe. Je n'entreprendrai pas de le leur ravir, en disant avec Bellarmin et Baronius que les actes du sixième concile ont éle falsifiés par Théodore de Constanlinople , qui en aurait effacé on propre nom pour insérer à la place celui d'Honorius ; je ne dirai pas avec les mêmes savants et avec Tannier , Becan , Petau .t plusieurs autres, que ce concile a pu se tromper sur le fait (!) ; enfin je ne dirai pas non plus qu'Honorius fut , à la vérité , condamné comme hérétique formel , mais seulement en sa qualité de docteur particulier (2). Je dirai uniquement qu'Honorius fut excommunié non comme hérétique formel , maii comme hérétique indirect . c'est-à-dire pour avoir, par le silence qu'il avait commande, favorisé l'impie monothélisme. Bo expliquant ainsi ce trait de l'histoire ecclésiastique , je dois échapper au reproche et de ne faire que des distinctions chimériques et ridicules, comme Guadagnini en aceuft B Igeni , et de ne suivre que les auteurs d'un parli ;je n'invoquerai que des auteurs qui ne peuvent être suspects de partialité pour le Saint-Siège. Tel est Natalis Alexander, qui , après avoir émis et motivé cette opinion, continue ainsi : Coneludcmus itaque ll< n >riutn a saneta si/nodo damnation non fuis» ut kœretieutn , sed ut heereseos et kœreticontm fautorem, iitt/ue reum negligentim m illis coereendis ( Seeul. VIII , dis. 11 , prop. S . Tel est le Pseudo-Bossuet , qui réfute ainsi
(I) C'est à tort que les novateurs voit chercher (Los Bellarmiu el Barouius un apjui à louis maxi faillibililé de l'Eglise dans les faits doctrinaux : i théologiens el historiograi hes n'y voient que la sufU fausse information, et non le résultat d"un examc et juridique.
(i) Il esl prouvé que les leUrcs (TU o étaii ni pas
des lettres dogmatiques, I parce qua dans ces Lettres il n.' dé lie rien d'une manière précise < i directe ni contre l'hérésie . ni contre la l"i ; il ne fait autre chose qu'imposer silence aux parUes, ce qui i si déclarer qu'il ne veut rien déci 1er; au lieu que dans les décis tiques
el i osilivi «, o i détermine si ecialcmeni le i oinl :> 2» parce qn'eiles ne sonl pas adre>sées a toute l'Eglise ; 3" parce qu'd ne les marqua |as véritablement «le i de son aulorit '• : il n'y app sa pas >a sigaalure , ma lemeol il' ; 1° ■ n»u i-an • que ce ue lut nue qua-
rante années >l-à-dtre au temps du c< i
lis mi sorUï des archives de l'Eglise de ConstaminoiJe.
TRIOMPHE DU SAINT-SIEGE ET DE L'ÉGLISE
Rellarmin cl Baronius: Quid autcm iniqui est in decreto synodali ? Nempe inquiunt ( les deux cardinaux ) : Honorius non erat monothelila. Quid tuni posteaT quasi hœretici tantum , ac non eliam fiœreticvrum faatures defcnsoresque damncntur ( Vefcnsio , etc., i. 2, p. 3, /. 7, c. 26). Tel esl l'Herminier, qui répond à ses adversaires aver la dis'.inclion suivante: Conciiii Paires Honoritim damnaverunl ut hœrelicum conniventia et patrocinio, concedo; dogmate et scienlia, ncgo(De Jncarn. App. de IJonorii sent.) ; il cile, à ce sujet, les témoignages des Pères et des écrivains contemporains , qui ne lui reprochent pas d'autre faute, et qui étaient bien mieux à portée de connaître la véritable pensée du concile. En effet, si Honorius avait été excommunié comme hérétique formel, Léon II, qui confirma ce concile, n'aurait pas motivé l'excommunication comme il suit : Quia flammam hœretici dogmatis non, ut decuit apostolicam aucloritatem , incipientem exlinxit , sed negligendo confovit ( Epist. ad Episcopos Jlisp. ). Remarquez encore ces mots, apostolicam aucloritatem , au lieu de aposlolicam Sedem; il ne dit pas sedem , ce qui pourrait s'entendre de la doctrine, qui seule est l'objet de l'infaillibilité, mais aucloritatem , parce que, oubliant l'autorité absolue qu'il avait de réprimer les hérétiques, il se laissa lâchement et indignement intimider par eux et par les violences de l'empereur qui les protégeait, au point de leur accorder ce qu'ils désiraient, le silence sur la question d'une ou de deux opérations en Jésus-Christ. D'ailleurs , s'il n'en avait pas été ainsi , comment Léon aurait-il osé écrire à Constantin Pogonat , en présence même du concile et tout en le confirmant, qu'Honorius fut condamné uniquement, parce que hanc aposlolicam Ecclesiam non aposlolicœ traditionis doctrina illuslravit, sed profana prœdicalione immaculat'am maculait permisit?
5. Mais, dira-t-on, à quoi peuvent servir tous ces témoignages contre l'évidence des paroles du concile? Ils ne montrent que la pensée des autres, mais non celle de ce même concile. Honorius y est condamné de la même manière que les hérésiarques et sans distinction ; s'il y a identité de peine, il y a donc identité de délit. Il n'y a pas de distinction? Voyons-le. Et d'abord observons qu'il y a des auteurs contemporains ou postérieurs de peu de temps, qui n'ont pu ignorer la véritable intention des Pères , et qui., sans être contredits par ceux-ci , attestent ou supposent qu'ils n'eurent pas réellement l'intention de déclarer ce Pape hérétique formel; dans notre cas , il sulfit donc que la formule de la condamnation n'exclue pas celle distinction; nous aurons bien plus d'avantage encore, si elle semble l'exiger. Or il en esl ainsi. L'empereur lui-même, qui dans son édil placé à la suite delà huitième action, n'opi ose rien à la lettre que Léon lui avait écrite, distingue Honorius des autres hérétiques : Ad heee ri Honorium, horum hœfeseos in omnibus fauforem , concursorem et confirmatorem. Le concile fait la même distinction ; Oi'iJONSr. E\'A\r,. XVI.
car, après avoir condamné les auteurs et les défenseurs formels de l'hérésie , il excommunie le pape en particulier et sans le confondre avec ies autres : Analhematizari prœcipimus cl Honorium , eo quod invenimus , per scripta quœ ab eo facta sunt ad Sergium , quia in omnibus ejus mentem seculus esl , et, impia dogmata eovfirmavit (Act., Xllij. Ain i l'empereur l'accuse d'avoir favorisé le monolhélisme, d'y avoir coopéré, de l'avoir confirmé; el le concile l'anathcmatise en particulier, en motivant l'excommunication sur ce que, dans sa lettre à Sergius, in omnibus ejus mentem secutus est; ce qui veut dire , parce qu'il se prêta à ses avances, à ses vues, à ses intentions, quoiqu'il n'en sût pas le but , le mystère de l'hérésie ayant été couvert des apparences d'un zèle orthodoxe, et parce qu'il confirma ses doctrines impies par le silence qu'il avait imposé. Rcpoussera-t-on celte explication ? El pourquoi donc le concile ajoule-t-il : et impia dogmata confirmavit ? Si, en déclarant qu'il avait suivi en tout la pensée de Sergius , on avait voulu dire qu'il avait embrassé ses hérésies, il était inutile d'ajouter qu'il confirma ses dogmes impies. Celui qui embrasse l'hérésie, la confirme par le fait; mais il peut arriver que, par une conduite imprudente, on la confirme indirectement, sans erreur dans l'esprit, et par conséquent sans l'embrasser. Par conséquent sur quel fondement prétendrait-on que le concile ait condamné ce pape comme hérétique formel? Les novateurs auraient besoin de l'expliquer ainsi , tout à la fois pour prouver que le concile était bien éloigné de croire le pape infaillible , et pour établir par cet exemple le système erroné de la faillibililé de l'Eglise dans les faits doctrinaux. Mais l'impossibilité d'y réussir est déjà démontrée, sans qu'il soit besoin de rappeler encore la profession de foi que les papes nouvellement élus faisaient en présence de l'Eglise, et où ils excommuniaient auctorcs novi hœretici dogmatis, etc., una cum Uonorio , qui praxis eorum assertionibus silentium impendit. D'ailleurs si nos adversaires prétendent que le mot d'hérétique doive toujours se prendre dans un sens rigoureux et signifier celui qui est coupable d'une hérésie formelle, nous leur rappellerons Théognis et Eusèhe de Nicomédie dans le concile de Nuée, Théodore! et Jean, etc., dans celui de Chalcédoine, cités parBolgeni; cl ils devront reconnaître qu'on appelle généralement de ce nom ceux qui fomentent et ne combattent pas ouvertement l'hérésie (1).
(1) Iiijc ne | uis m 'empêcher d'être surprisde la malice de Guiidagiiini, Le célèbre Bolgeui i rouve(|iie l'Eglise est. dans l'nsiigii d'appeler aussi hérétiques les Hauteurs de l'hérésie et de les condamner à la même peine que les hérétiques formels {Falli domm c. 4, prop. (i) , et c'est ainsi qu'il ex| liquu la rondan. nation d'Houorius cou. me héiéiique (h. 55j ; il lut condamné , dit-il , « parce qu'en imposant comme il (i I ■ silence .sur la qu< stiou ;,!< is affilée, et i m (:•'■ ri dani d'enseiiçni r ni une in deux opéi alions il avorisa beaucoup l'hérésie, » <i il établit que telle lut exclusivemenl la nensée (in concile. Or qui ne voit que dans eeiio liyiKjihèse, l'infaillibilité du pape esta couvert ' aussi h en que ci 11' de l'Eglise dans les laits dogmatiques,' [Trente, el une.)
DÉMONSTRATION ÊVANGELIQUE. GRÉGOIRE XVI CHAPITRE X\ il
9TÎ
L'acceptation postérieure que let novateur* exigent pour reconnaître un concile comme légitime et œcuménique, n'est bonne qu'A lut ûter tonte autorité dans l'Eglise.
Il n'y a p.is <lc réfutation plus décisive du système de nos adv< rsaires, que relie qui résulte naturellement du rapprochement méthodique de leurs principes. Il se détruit par lui-même, (anl on y rencontre de contradictions à chaque pas. Mais il n*a pasde principe de ruine plus évident que l'acceptation postérieure qu'il exige comme une condition «à laquelle seule on puisse reconnaître l'œcuménicilé et la légitimité des conciles. Pour nous, c'est la confirmation du pape que nous considérons comme la condition essentiellement nécessaire et comme le moyen tout à la l'ois le plus sûr et le plus simple de reconnaître si l'Eglise y a élé représentée. C'est celle confirmation qui manifeste l'unité, assure la foi et met les réfractaires à découvert : cl tels sont, au dire des Pères, les objets pour lesquels la primauté a élé établie. Par là on s'explique pourquoi l'opposition de Libère annula le concile de Riinini, et celle de Léon le brigandage d'Ephèse et le vingt-huitième canon de Chalcédoine; et l'on comprend tout à fait pourquoi saint Gélase a pu dire : Apostolica Scdes, quoniam non consentit, soin submovit : car si la confirmation du pape est nécessaire à la légitimité des conciles, on ne peut, à son défaut, y reconnaître la voix et l'autorilé de l'Eglise. Mais 1 s novateurs modernes ont bien vu, qu'accorder ce droit au pape, c'est le reconnaître infaillible; aussi font-ils tous leurs efforts pour nous enlever un argument si décisif; ils voudraient réduire la confirmation du pape à un simple témoignage, que tout s'y est passé
et qu'on [cul, s;ins attaquer le concile, soutenir que les lettres d'H norius sont do la plus pure orthodoxie ? b.1 cependant voi i comment Guadagnini, soil qu'il ne comprenne pas 1 1 doctrine de cet auteur , s lit qu'il I altère a dessein pour la combattre , s'exprime à son sujet ; il en rapporte d'abord les paroles suivantes : «C'est une chose claire et certaine qu'Honorais n'enseigna pas et n'approuva pas l'erreur des n onothélites , el mê ne qu* dans celle lettre il faii u te profession très-claire du dogme cutholi nie. » Guadagnini ajoute :« Veut-il (Bolgeni)se lato hérétique? qu'il cesse donc de vouloir convaincre d'hérésie celui qui ne croit pas l'Eglise infaillible sur le fait . et qui se i unième de croire a son infaillibilité sur le droit.* Voilà donc son raisonnement : Kolgeni appelle hérétique celui qui ne condamne pas ou qui lieni pnir catholiques les écril •larés hérétiques par l'Eglise: or il dé.end les é l'ii norius condamnés connue hérétiques par le sixième concile : d ne il se déclare lui-même li r '.tique. Ne veutil pas l'être ? Qu'il confesse donc qu'il suffit de reconnaître l'Infaillibilité de l'Eglise sur le dogme. S.' t eut-il une plus Imziitc sottise? DejaBoljjeni avait prévenu cet argument, en réduisant a ceci tout.' son raisonuemeut : Ceux-là sont hérétiques qui soutiennent des écrits condamnés comme formellement hérétiques, je l'accorde; coumii ment I. •'•reliques, je le me: or les lettres d'Honorius tirent o&ndaïunéesc-.mme indirect ement hérétiques, je l'açrorde; comme formellement hérétiques , je le nie : ej vous défonêela monstrueuse atumie dirigée contre un écrivain qui a si bien niènlé de l'Eglise. Cela montre de plus rn
pIllS quelle foi me Viloltt nos adversaires dans Us inlei-pro-
taiions des Pères. Le concile dont nous venons de parler a dit une chose dicisivo contre eux : ffiErettcornm propriwn esse, drcuntiruacaUu Paitvm toeet àepoTurc. i n effet, r« sont tous de nouveaux Macaircs.
dans l'ordre voulu, et, à la p'ace, il- nous nient l'acceptation de 1 Eglise universelle comme la noie essentielle d'an concile légitime; ili ne fonl pas attention que mettre à cette condition notre soumission aux i. sions des conciles, c'est ne reconnaître dans
; se aucun tribunal suprême détenu conséquence horrible pour tout catboli |ue. et a laquelle veulent peut-être nous préparer, au moins pour ce qui regar le 1 1 doctrine, l<s ennemis de la | rimauté de juridiction. Car, si c'est l'Eglise universelle, qui, par son acceptation, consacre le concile, on pourra toujours demander si celle I . mpresd
aussi ou exclut les partisans des doctrines qu'il a proscrites; si elle les comprend, il en résultera qu'un concile ne pourra être repute légitime cl œcuménique, tant qu'il n'aura pas été accepté par les défenseurs de l'hén lie, < I par conséquent tant qu'ils ne se seront p rétractés ; or, dans celle hypothèse, il n'y aurait plus de concile œcuménique. Si elle iules comprend pas, il en résultera qu'un concile devra être tenu pour œcuménique et légitime, dès qu'il aura obtenu l'assentiment de tous ceux qui en adoptent la doctrine ; or, dans celte nouvelle hypo hèse, voilà reconnus pour légitimes et œcuméniques, el le brigandage d'Ephèse, et le conciliabule de Phoiius; voilà également déclarés œcuméniques el légitimes le concile de Florence cl le cinquième de Lalran, quoique nos ad vers tin s ne les admettent pas. Il faudrait donc reconnaître dans l'Eglise des conciles contradictoires entre eux, puisque a m un d'eux ne manque de partisans el de défenseurs. Voilà précisément l'unité imaginée par les notaleurs modernes.
2. En effet, leur demanderai-je. pour quelle raison priveraient- ils les réfractaires du droit d'accorder ou de refuser librement leur consentement, c'est-à-dire d'accepter ou île rejeter un concile? Serail-ce parce qu'ils ne seraient plus dans l'Eglise? puce qu'ils ne formeraient plus avec elle un seul tribunal? Comment donc? En ont-ils été chasses par un jugement canonique? Si. avant ce jugement. ils étaient de celle Eglise, disputaient dans son sein, y (liaient un appui et an parti (Tlicol. J'iac. lelt. 3. p. 105 j, quand pourat-on regarder cou. me canonique le jugement qui les condamne? A l'acceptation, repondon, de ce concile par l'Eglise dispei sée ! Donc, au moment où il a été rendu, il n'était pas encore tenu pour canonique; donc avant l'acceptation de l'Eglise universelle, les réfractaires n'étaient pas encore canoniquement chassés de son sein; donc i'.s en étaient encore une partie, quoique morte; ils contribuaient donc à en constituer l'universalité : donc leur acceptation était aussi nécessaire. Si 00 répugne à cette conséquence, il f.iulen revenir et se résigner à celles qui précèdent. Donc ils ne faisaient pas partie de l'Eglise; donc ils étaient retranches de son sein ; donc le jugement prononcé contre eux était canonique, dès le moment où il avait élé prononce; donc il avait ce caractère antérieurement à l'acceptation de l'Eglise uni-
TIUOMPIIE DU SAINT-SIEGE ET DE L'EGLISE
versellc; donc, avant celle acceptation , le concile devait êire tenu pour œcuménique et légitime. Donc, dans le cas même de l'opposition de tous les autres évêques dispersés, bien loin de ne pas le recevoir comme tel, on aurait
glise catholique elle-même est faillible ; au lieu de se contenter de nier l'œcuménicité de ce concile, et, en continuant à répandre leurs doctrines, de protester de leur docilité à les rétracter aussitôt qu'il serait accepté par TE
dû plutôt les chasserdu sein de l'Eglise. Ose- glise universelle, à laquelle ils appartien ra-l-on dire encore que l'acceptation du concile soit le signe de sa légitimité et de son œcuménicité, tandis que le refus de l'accepter est au contraire le signe de l'hérésie? Il suffit, réplique-t-on, que la partie la plus saine accepte. Mais celle qualification ne peut être appliquée que d'après la doctrine professée ou rejelée; or on suppose que cette doctrine est encore controversée, ou au moins qu'elle n'est pas irrévocablement définie. Au moins l'acceptation de la plus grande partie pourrait-elle suffire ? Pas même; car ils prétendent, comme nous l'avons vu ailleurs , que l'universalité, qui seule peut donner une règle certaine, doit embrasser à la fois le plus grand nombre cl le plus petit. Qu'ils nous disent donc avec précision par qui les conciles doivent être acceptes; autrement il sera à jamais impossible de déterminer le tribunal, dont les décisions doivent régler notre, foi.
3. Outre cela, supposé la nécessité de l'acceptation postérieure de l'Eglise dispersée pour qu'on puisse regarder un concile comme œcuménique et légitime, bien certainement les évoques de celle Eglise ne pourront se prononcer ni pour ni contre sans connaissance de cause. Il faudra donc qu'auparavant ils s'assurent par l'examen le plus exact de la liberté, de la science et de l'équité des Pères qui composaient le concile, que le bon ordre a été observé dans sa célébration , que les opposants oui pu exposer librement leurs raisons , qu'on leur a prêté attention , enfin qu'ils balancent tous les débals et tout ce que les novateurs exigent de plus. Mais qui ne voit qu'on s'engagerait dans un scepticisme complet par rapport à tous les conciles célébrés jusqu'à présent, s'il fallait en soumeltre l'œcuménicité et la légitimité à un tel examen? En vérité, n'y aurait-il pas toujours trop de sujels de craindre qu'à défaut d'un examen suffisant ou de monuments authentiques, les évêques de l'Eglise dispersée ne reconnussent comme légitime et œcuménique un concile qui ne le serait pas réellement, et ne rejetassent celui qui le serait? Celte conséquence est tellement liée aux principes de nos adversaires, que le Gros lui-même ne peut s'empêcher de le reconnaître : Tmnpossunt plerirjur episcopi décréta erronco subscribere, quum pro œcumenico habere concilium, quod non est œcumenicum, adeoque et pro legilimo decretum tntis coiicilii, quod legitimum non sit, nul rejiccre concilium , quod fucril ni]) ;a œcumenicum, ejusque décréta {De Eccl., p. 453). Il n'y aurait donc plus d'hérésie, ou s'il pouvait y en avoir encore, ce ne pourrait être que par la bonhomie des hérétiques qui seraient assez simples pour SOU tenir leurs erreurs et en même temps reconnaître pour œcuménique le concile qui les condamnerait, et qui concluraient que l'E-
draient encore de droit. Chaque évêque pourrait dire : On ne peut tenir un concile pour œcuménique, tant qu'il n'a pas pour lui le consentement unanime de l'Eglise dispersée; or il ne peut l'avoir, si moi, si mon diocèse, si ma province, nous y refusons le nôtre : et lors même que la plus grande partie le recevrait et s'y soumettrait, qui m'assure que ce ne soit pas îa suite d'une erreur sur la doctrine ou sur le fait? Et voilà les analhèmes sans force, l'autorité des conciles anéantie, la foi incertaine, le tribunal de l'Eglise renversé, toutes les barrières ouvertes à l'erreur : voilà l'hérésie triomphante dans tout l'univers catholique : nous voilà réduits à la triste nécessité de la combattre par le raisonnement, seul moyen qui nous reste de prouver l'équité des décisions des conciles ; voilà enfin la raison, l'unique principe, la base unique de notre croyance. Telles sont les conséquences auxquelles on est nécessairement conduit par le système des novateurs, malgré l'affectation qu'ils mettent à exalter l'autorité de l'Eglise et à nous la présenter comme noire seul guide, notre guide nécessaire dans les voies de la foi.
4. Et voici une autre preuve de la vérité de ce que j'avance. N'est-ce pas dans l'union, dans la totalité des pasteurs qu'ils placent la véritable force, le caractère authentique d'une décision dogmatique? N'exigent-ils pas que la totalité de ces pasteurs accepte le concile, pour y reconnaître la voix et l'aulorité de l'Eglise? Oui, certainement. C'est ce qu'ils prêchent du haut de leurs chaires, ce qu'ils propagent parleurs écrits. Donc aucune doctrine ne sera embrassée, aucun concile reçu, sur l'autorité de l'Eglise universelle. Car supposons que la totalité des pasteurs se compose de mille évêques : pour former l'Eglise, et par conséquent pour donner une autorité irréfragable, il faudrait qu'il y eût un ensemble complet, cl que tous ces évêques, sans en excepter un seul, s'accordassent à professer celte doctrine, à accepter ce concile; par conséquent le premier, le second, le troisième , etc., jusqu'au millième , auraient donné à celte doctrine, à ce concile leur assentiment particulier , sans savoir si l'Eglise donnait ou refusait le sien, et par conséquent avant de s'être assurés si ce qu'ils adoptaient était la parole de l'Eglise; ils n'auraient donc pu l'adopter euxmêmes sans quelque inquiétude, sans quelque incertitude; ils auraient même pu, par une raison semblable, le rejeter, et laisser , pour leur part, les dogmes catholiques dans l'indécision (1). Et, si chaque évêque refusait
(1) Tour so conserver le renom de catholiques , les nnvateurs ont coutume de ré|H>udre qu'il» n'admettent telle ou tulle doctrine qu'autant qu'elle est consacrée par le cou» seulement universel. Sous ce prétexte, un évêque bien con.Ai a cru pouvoir se (lis|>enser de répandre dans mm
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de commencer, pour ne pasprevenlrl E On n'arrive au nombre de mille que par autant d'unités, et ru outrant le calcul par l'une d'elles : on ne peut donc obtenir i acceptation de l'Eglise, si personne ne veut être le premier. On ne saurait donc imaginer IM1 m0yen plus sûr pour planter l'étendard de i.i raison sur les ruines de 1 autorité . que d'enseigner que le concile n« peut passer pour œcuménique et légitime, qu après avoir été universellement a< ceplé.
5 On dira peut-être que les évéques, on leurqnalité de juge* de la foi, ont le droit «te raire l'examen que nous avons du de la célébration et des décisions de tout concile, même œcuménique, sans que pour cela il s'ensuive qu'ils ne restent pas soumis a I autorité de l'Eglise : que, en remontant aux temps antérieurs, leurs recherches n'ont d'autre but nue de reconnaître quelle était -lors la doctrine de l'Eglise, déjuger si celle du concile v est couronne; et que, en l'acceptant dans o cas de celle conformité, ils 1 acceptent réellement sur l'autorité de l'Eglise elle-même. Quelle futilité! Voici où l'on en viendrait par là Chaque évèque en particulier a ce droit, puisque ch icun d'eux est juge de la foi. Mais celui qui peut examiner juridiquement n est responsable envers aucun tribunal, s il se l rompe et ne découvre pas la vérité ; donc l évéque qui , par une erreur de ce genre, ne reconnaîtrait pas l'œcuménicilé et la légitimité d'un concile, ne pourrait pas clic séparé de la communion de l'Eglise; car il ne pourrait l'être qu'autant qu'il refuserait de se soumettre à l'autorité de cette même Eglise représentée par ce concile. Mais il a le droit d'examiner si tel concile la représenle suffisamment, c'est-à-dire s'il est ou n'est pas le tribunal légitime auquel il doit se soumettre ; il ne peut donc être puni comme contempteur de l'autorité de l'Eglise, s'il juge de bonne foi, bien que faussement, que ce concile ne la représente pas suffisamment. Et voilà tous les évéques qui peuvent impunément rejeter tous les conciles: voilà comment chacun pourrait imaginer ou se faire à son gré une Eglise, selon qu'il croirait y retrouver ses propres doctrines. El puis, si l'on veut s'engager dans les sombres régions de I antiquiié,Pil n'y a rien de plus facile que de parvenir-, ou à force de préventions . ou à la faveur de monuments obscurs ou incomplets, à donner de la réalité à des rêves. Mais telle est, en particulier, l'unité cl la perpétuité de l'Eglise, (îue, si nous voulons nous conformer à sa. foi, nous ne devons distinguer que dans le langage l'Eglise ancienne de l'Eglise moderne, et que nous ne pouvons juger de l'une que sur i'auioriie de l'autre : ou, en d'autres termes, nous ne pouvons faire un acte de foi sur l'aulorilé de l'Eglise primitive , qu'en nous ap-
tliocèse la magnifique instrnciio.i pastorale de Meodona contre les théories hérétiques : ellcu'étali pas eu© r;isii .|| a ise. Cependanl son lrou| eau
vi, ni inuiilemeni qu'il su décide enfla, ou a lui i nvnr ce précieux trésor des plus belles vérités, ou à déclarer que cette pièro ne contient pas la véritable doclrinn de l'Eglise: m l'un ni l'autre ne s'es! encore fini , m ne se fera jamais
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puyaulsur la foi de l'Eglise actuelle, qui nous assure de la croyance des temps passés: autrement, et sans ce fondement essentiel, nonne produirions qu'un jUg 'mi nt humain. Par conséquent on ne pourrai! dire avec vérité, qu'un évéque qui n* subordonnerai! | jugements à celle rè^le, procédât c mine iiu de la foiel en même temps comme un fils obéissant de l'Eglise, appuyant se<< pi n- -"n autorité : condition nécessaire, sans laquelle on pourrait facilement prendre pour l'Eglise véritable ellégilîme celle qui nele serait pas G. Ce n'est pas encore là la dernière absurdité. Les fidèles eux-mêmes, s.ms exception, auraient le même droit d'examini r les conciles, et pourraient par conséquent se soustraire à l'autorité «1 ise enseignante; car nos adversaires provoquent cet exameu généralement de la pari «le tous les fidèle- . en leur apprenant les motifs qui prudemment peuvent faire dont' r de la légitimité el de l'œcuménicilé des concile-, et en leur prouvant ainsi qu'ils doivent en attendre l'acceptation postérieure fondée sur un examen exact : Alii <ji(ileu>, dit Opslraet, i» dubium revoembunt, an sufficiens in concilio fuerit numerui episcoporum, ut omîtes orbis episcopos reprœsentaret; alii, an episcopi taies fuerint dtgtdtale et eminenlia, quai es opurtet esse m concilio gênerai i, ut eœteri, qui absunt, censeantur illis suas vices committere; alii, an de l'cclesiarum, quorum epiteopi affuerunt, (raditione salis fuerint inslrucli. Disceptabunt alii an conciliant convocatum fuerit légitime; au convocali fuerint omnes orbis rpiscopi; en in concilio omnia légitime peracta sint;an salis mature discussa et examina/a : an salis unanimi consensu decisa; an salis libère; an metus nul lus sice à potislate seculari. site ab ccclesiaslica incussus; an vis nulla illata, etc. ; Dise. U, de ConciL, n. 6). Ainsi le fidèle, pour ne pas mettre sa foi en danger, devra, pour chaque concile, peser toutes ces circonstances , dont chacune suffirait pour en compromettre la légitimiié et l'œcuménicilé. L'Eglise, dir.ii-on, l'accepte , et cela sulïit. Mais, de même que le conc:le peut ne pas employer tous les moyens suggérés par la prudence humaine afin de ne pas tenter Dieu, el par conséquent p*.ut manquer d'être légitime par toutes les manières que l'on vient de dire; de même, qui nous assure que l'Eglise dispersée ne néglige aucun de ces moyens, el que, dans l'examen ( t le jugement de ce concile, elle échappe à des difficultés auxquelles elle n'a pas échappé lorsqu'elle était assemblée pour fixer les dogmes? Alors ces difficultés deviennent plus grandes encore: car chaque évéque est seul: de plus grands obstacles l'empêchent de procéder convenablement dans la discussion ; il est plus sous l'influence des considérations humaines . plus e\; dominer par l'intérêt, à se laisser intimider par l'autorité politique. Ainsi , supposé que nos adversaires voulussent (mais telle n'est pas, el telle ne peut être leur intention, s'ils ne veulent se conlredireeux-mémes . su posé qu'ils voulussent dispenser le fidèle d'examiner les procèdes du concile qui décide, ils ne
ÏKIOMI'IIE DU SAINT-SIÈGE ET DE L'EGLISE
peuvent le dispenser d'examiner ceux de l'Eglise qui accepte. L'Eglise, disent-ils, esl infaillible; donc nous sommes certains que, quand elle accepte un concile, elle a pris toutes les précautions pour ne pas se tromper elle-même ainsi que ses enf.inls : la Divinité elle-même y est intéressée. C'est trèsbien; mais de même qu'on ne peut prononcer surla légitimité et l'œcuménieitéd'un concile que d'après un examen rigoureux, de même ce n'est que d'après le second examen dont nous venons de parler, que l'on peut décider si les Eglises qui acceptent sont l'Eglise universelle : et cette décision est si difficile, que c'est précisément sur cela qu'on motive la nécessité des conciles. L'Eglise et les conciles seront donc subordonnés à l'examen des simples fidèles, sinon pour leur doctrine, au moins pour leur légitimité; les fidèles seront donc, aussi bien que les évoques, les juges de leur foi, comme ils le sont du tribunal auquel ils doivent se soumettre; il n'y a donc point d'autorité pour eux, ni par conséquent point de foi. Voilà les conséquences de l'acceptation prétendue nécessaire ; c'est de détruire toute autorité, d'anéantir l'Eglise. Au contraire, quand, du haut du Siège apostolique, le pape parle pour confirmer les règlements et les décisions des conciles , tous entendent sa voix, la distinguent au milieu des clameurs des réfraclaires , sont frappés de l'union admirable qui règne entre les membres et le chef; personne n'a à craindre que ce concile, dans son accord avec le pontife romain , ne constitue pas l'édifice immobile fondé sur la pierre que Jésus-Christ a donnée pour base à son Eglise ; personne ne peut s'empêcher d'y reconnaître et d'y respecter l'Eglise elle-même.