SI
TRIOMPHE DU SAINT-SIÈGE ET DE l/ÉGLISE.
été aliter sentenliatum et de finit um par le pape ou par le Siège: assurant qu'ils étaient bien loin de prétendre, par leur sentence, par cette décision toujours su bordonnée, ofr/ù/nre in casu ad credendum; déclarant même qu'ils reconnaissaient que ce pouvoir n'appartenait qu'au pape, évèque universel, dont les décisions par conséquent obligent partout, même à croire et à enseigner publiquement contre le jugement subordonné des évoques, dans le cas où il le désapprouverait? Pourquoi tant de soumission aux décisions du pape, s'il ne leur attribuait pas un plus grand degré de certitude qu'à celles de l'évêque de Paris, s'il les estimait peut-être moins que celles de l'université? Il faut donc supposer qu'il regard ait le jugement du pape comme le jugeaient suprême. A quel propos fait-il donc arriver le Saint-Siège? Et comment admettre ensuite l'appel au concile? Et sur quoi motiver l'appel? Le jugement du pape ne serait-il pas, dans cette hypothèse, suprême et non suprême tout à la fois? Ainsi nos adversaires, qui professent pour cet auteur tant de vénération, n'ont pas le droit de nous faire un crime de ne compter pour rien son autorité, tant qu'ils n'auront pas prouvé jusqu'à l'évidence qu'il n'est pas tombé en contradiction avec lui-même : jusque-là on sera toujours dans l'incertitude sur sa véritable doctrine. Nal.alis Alexander lui-même le reconnaît, et c'est pour cela qu'il a recours à Gerson, pour expliquer pir sa doctrine celle de Pierre d'Ailly, in cujus respontionibus aligna supplenda sunt ex Gersonio ejus discipulo. Mais il ne paraît pas que, même avec ce secours, il en ait pu saisir assez bien la pensée pour réussir à le concilier avec lui-même. En effet, il prétend qued'Ailly, en attribuant à la chaire de saint Pierre le privilège d'une foi indéfectible, a entendu le pape décidant ex consensu Eeclesiœ (Sec. 13, Biss. 12, Schol. 7); et cette explication, au lieu de faire disparaître la contradiction, la rend encore plus frappante; car, dans cette hypothèse, il aurait confondu le Siège apostolique avec l'Eglise universelle, puisque les décisions du pape, accedente Eeclesiœ ennsensu, sont regardées par nos adversaires euxmêmes comme décisions de l'Eglise universelle : ce qui est contraire à son principe, non ad solam Sedem apostolicam' pertinere causnrum firfei omnimodam examinalionem, et à l'égalité qu'il établit ailleurs entre l'autorité du Saint-Siège et celle du pape. D'ailleurs, si l'on admettait l'interprétation de Nat ilis Alexander, il s'ensuivrait nécessai rement en tout cas, que, dans les matières de foi, le jugement en dernier ressort n'appartiendrait pas exclusivement à l'Eglise universelle, et c'est précisément le contraire qu'on voudrait conclure de la doctrine du dé puté de l'université. Ses contradictions deviennent donc de plus en plus saillantes, et nous incitent dans une véritable impossibilité de déterminer avec précision son sentiment: c'est assez ordinairement le cas de ceux qui se laissent emporter par la chaleur de la dissuasion. Nous en avons uno preuve encore
plus claire dans les lettres de saint Gyprlen sur la question de la réitération du baptême; on a besoin de recourir aux explications les plus subtiles, pour le sauver d'une hérésie formelle sur l'autorité hiérarchique,
5. Eh bien ! supposons 1 i doctrine de Pierre d'Ailly telle que l'entend le Gros; qu'en résu!te-t-il? Cette doctrine sera-t-elle celle de la faculté de théologie? Rien n'oblige à le croire. Sa mission avait un double objet, de soutenir le droit qu'elle avait de condamner provisoirement les opinions erronées, et du prouver que celles de Montesson étaient de ce genre. Cette double tâche une fois remplie, la faculté n'avait pas autre chose à lui demander. Or la partie de son discours où il traite la première question, ne renferme aucune proposition, aucun raisonnement qui ne tende à ce but, et il n'est pas douteux qu'il ne l'ait réellement atteint. Il peut se faire que, par incident, il y ait fait entrer quelque principe, qu'il y ail avancé quelque proposition en apparence contraire à l'infaillibilité du pape; mais comme ces principes et ces propositions n'ont pas une connexion tellement nécessaire avec la conséquence qu'il en lire, qu'il suffise de les nier pour renverser celle-ci, et comme ces principes ne sont pas d'ailleurs le seul fondement sur lequel il appuie cette conséquence, on ne pourri jamais eu inférer qu'en admettant le résultat de ses raisonnements , il faille aussi nécessairement admettre les bases qu'il leur donne. Il établit d'ailleurs le droit des évêques et des facultés de théologie de juger provisoirement et d'une manière subordonnée, par tant d'autres preuves tirées de l'Ecriture, des Pères et des monuments historiques, qu'il est tout à fait inutile d'y ajouter l'argument de la fjillibilité du pape; d'autant plus que ses conclusions s'allient aussi bien avec l'infaillibilité du pipe qu'avec l'infaillibilité de l'Eglise seule. S il en est ainsi, l'université ne pouvait-elle pas, dans la mission qu'elle lui donnait, écarter un argument sans lequel sa thèse n'en était pas moins évidente, et qui pouvait être négligé sans inconvénient ? Combien d'ouvrages d'auteurs ecclésiastiques ne pourrait-on pas citer, que l'Eglise a approuvés et qui sont en grande faveur dans les écoles, quoique l'Eglise n'ait pas adopté tous les systèmes philosophiques, p ir lesquels ils prétendaient expliquer les mystères de la religion, ni les écoles, toutes leurs opinions, souvent contraires à celles qu'elles professent? L'Eglise et les Pères n'y voient qu'une ■chose, la défense de la vérité et l'erreur combattue; à plus forte raison les théologiens n'en demandent-ils pas ou ne doivent-ils pas en demander davantage. Ainsi peu importe que la faculté de théologie ait fait publier ce traité de Pierre d'Ailly, peu importe qu'il renferme des propositions contraires à l infaillibilité du pape : si l'auteur n'en fait pas dépendre uniquement ce qu'il avait à prouver; si elles n'ont pas avec sa thèse une liaison si intime, qu'on ruine celle-ci en niant celles-là, et que d'ailleurs la faculté n'ait pas
i.\. non i ii. '.i.i goire ivi.
mini testé son opinion d'une manière plus explicite : on ne lera jamais en droit de lui attribuer la doi trine exprimée par ce» propositions, mais seulement (•••Ile qui résulte du bal Fondamental de l'ouvrage, cest-à-sjire '1rs preuves par lesquelles y esl établi le droit que Monlcsson lui refusait ainsi qu'aux évéques.
G. En se donnant tant de peine pour gagner à son parti l'autorité de celte université, on a l'air d'y attacher un grand prix; et il faut convenir que , entre les arguments moraux, son opinion aurait beaucoup de poids, si l'on pouvait bien prouver que telle était dus lors la doctrine qu'elle souliut à la face du inonde entier et que Clément VII ne condamna pas. Mais je trouve dans ce que Tamburini rapporte de l'origine et de l'établissement des académies de théologie, aussi bien que dans l'histoire particulière de cille de
ance,de bonnes raisons de ne pas la regarder, au sujet surtout des droits de la primauté, comme l'organe de la tradition universelle. Ainsi, quelle qu'ait été sa pensée en approuvant le traité de Pierre d'Ailly, le proi'eiseur que je viens de citer me met dans la nécessité de me déclarer contrel i conséquence qu'en tire le Gros : car il me fait observer que les facultés elles-mêmes ne se sont pas toujours assez bien garanties de quelques systèmes particuliers , même les plus absurdes; de ce nombre est, à son avis, celui de la suprématie du pape, où elles furent autrefois (levées et nourries : Cum institutio lycœorum iis temporibus farta sit, quibus dominabatur opinio de absolula Ponlifiris in Ecclesia universa ac suprema aucloritate; nullum erigi possc lycœum coçjitatum est, qnod fultum non esset aucloritate apostolica... Pontificia diploniata habet facilitas Sorbonica , pontificia diplomata babel et noslra Ticinensis (De font. Theol. , Dis. IV, c. k, § 33) : tels sont les titres de leur fondation et de, leurs privilèges. Si donc ces universités se sont plus tard départies de leur doctrine primitive, il s'ensuivrait que la doctrine de la tradition aurait été altérée. Mais la tradition est constante et invariable ; il faut donc dire que, dans l'un ou dans l'autre cas, elles ont professé une doctrine contraire à la tradition. Et, si nous n'avons pas d'autres monuments, nous ne pourrons décider si c'était lorsqu'elles soutenaient la suprématie du pape, ou lorsqu'elles se déclarèrent pour l'opinion contraire: ce qui s n f fi t en général pour qu'on ne puisse juger avec assurance de la doctrine de la tradition par celle de ces sociétés, même les plus anciennes et les plus respectables. En effet, elles se composent de théologiens et de canonisles qui, séparés les uns des autres, ne s'accordent pas toujours, selon Tamburini , à nous présenter la doctrine de la tradition , et qui, réunis, peuvent être censés aussi enseigner leurs opinions particulières. Limbi fabula, dit-il, cotnmuni scholast icortun suffra- (jio tain certis fidei veritatibus oiim accensebatur , ut eadem in cateehismos Iransierit , et ad publicam fidelium intlructionem deducia sit. Non memoro qnwdam ad hicrarcliiam ecclesia-
îlSi
an% pertinent ia, parti m metria, partim tria a, qua (amen per aiiquot iheologorim et canoniilarum ■
■:>'■ , ut fidei dur/mata , fa.
28 . <in l <• raison j a i-il donc • poire que les Ihéologi ns ■ i i< i < annnis-
pieiiin ni e suite, dans b s unit I
intre* principes, d'autres théories? Mais
Supposons (pie Ions les riiembn fa-
cilités célèbres s'arcordenl à \ i la
i éme doctrine. Si on h ur oppose la finie des oioL'ii ns ci des canonistrs étrangers qui soutiennent l'opinion contraire, de quel (olé y aura-l-il plu* de garanties? A la venté , cela semblerait être du coté des univi i:és, parce que c'est là que les question! sont plus mûrement examinées et disent* ( mlradii loirement. M.iis |i s autres théologiens et les autres canoniste s aussi se 11 i lient d'avoir bien examiné la chose, et attentivement balancé les preuves avec les objections. Donc c'est un fait à vérifier, avant de décider pour les uns OU pour les autres , et les seconds auront toujours en leur faveur l 'impossibilité morale qu'un si gr ni nombre de i vants, malgré la diversité des car. eiéres . des études, des nations, sans s'être personnellement communiqué leurs idées . aient : ■ rencontrer parfaitement dans un même sentiment, et n'y aient pas été amenés par i évidence de la vérité : c'est le raisonnement que fait Melchior Canus. Dans les sociétés au contraire , l'on est sous l'influence des partis, de la politique, de la violence, (inadagnini . avec sa malignité ( rdinaire , en trouve un exemple, décis'Ten faveur de nos adversaires, dans les assemblées mêmes du clergé de France , qu'il assure avoir clé forcées par les terribles menaces du roi. sous l'influence des Jésuites, à demander et à recevoir la condamnation de VÂugustinus de Jansénius; et il renvoie ses lecteurs à l'Histoire ecclésiastique , les assurant qu'ils t trouveront plusieurs exemples de déeisi as mi sérabi 'es , rendues par un très-grand notnkrt d'eve'i/ues , poussés par les promesses ou les 7nenaces de souverains puissants . dont la retigion avait été surprise par d'adroits novmtcurs [Osser. II , par. I, n. 197). Tosini s'exprime plus clairement encore sur le compta de la Sorbonne , du Clergé et du parlement de France, au sujet de l'infaillibilité du pape, et il prétend qu'on la reconnaissait ou qu'on la niait . selon les exigences des relations de cette cour avec Rome ( Istor. drl Gians. lib. H, p. 70. /. III, p. 84 el suir. ). Cette farullé de théologie pourra-t-elle donc ôtaa regardée comme l'organe de la tradition el le garant de la croyance de sent siècles? Au reste, je ne prétends pas parla en soumettre dans tous les cas la doctrine à des interprétations; je ne fais que suivre la règle établie par Tamburini lui-même au sujet de la maxime connue . qu'on ne peut sans témérité rejeter le sentiment unanime des scolasliques; lien restreint l'application au cas seul où l'on a rationum momenta, caque solidu ac gracia [Tamb., I. c. î ±2 . Or ne suisje pas bien fonde à ne pas subir avcug'émcnl
<W, TIllOMPIlE HU SAINT-SIEGE ET DE L'ÉGLISE. S3(»
le joug des opinions de cette société, lorsque tera-t-on ? Le pape décide, les partisans de j'entends un de ses partisans me dire qu'elle la doctrine-condamnée forment oppo^tion à a, comme bien d'autres , abandonné la doc- la décision, élèvent partout de bruyantes trine où elle fut nourrie et élevée; qu'elle a clameurs , embrouillent et dénaturent l'état été subjuguée par les partis, par la force; de la question; à force de ruses et de séducque plusieurs fois elle s'est fait un jeu de lions, ils augmentent le nombre de leurs l'opinion de l'infaillibilité du pape pour corn- disciples et de leurs protecteurs : ils se mulpiaire à la cour? Nous apprenons tout cela liplient sans mesure , répandent des doules, de nos adversaires, qui ne sont peut-être imaginent de nouvelles objections , s'élè\ent pas toujours très-véridiques, mais qui au contre le pape avec une audace lou-ours moins doivent en être crus lorsqu'ils racon- croissante, se moquent de ses censures, lent des choses à leur désavantage. De quel méprisent l'autorité des Eglises les plus \éfronU peuvent-ils donc nous apporter, comme nérables qui adhèrent à ses jugements; et de une preuve décisive de la tradition calholi- la première d'enlre elles , de celle qui en est que, l'approbation qu'elle donna au traité la mère, de l'Eglise-romaine , ils en appelée Pierre d'Ailly ? Celte société n'csl-elle lent à l'Eglise universelle; mais pour proudonc l'interprète de la tradition que lors- verde nouveau, si elle ratifie leur condamnaqu'clle proscrit le molinisme et l'infaillibilité lion, qu'il est presque imposable qu ils regardu pape, et cesse-l-elle de l'être lorsqu'elle dent jamais celte décision comme la sienne et condamne le jansénisme et reconnaît infail- qu'ils y reconnaissent sa voix. ; ils se vantent libles les oracles du Vatican? Voi;à pour- de respecter son autorité, la pressent même tant les transformations que ces modernes d'en faire usage, mais uniquement pour avoir docteurs lui font subir; faut-il s'en étonner, l'occasion de vomir leur venin contre son quand on les voit en faire autant à l'égard ch; f et ses membres, uniquement pour la de l'Eglise? fouler aux pieds, si eile vient à décider au- „ „ xlx; trament qu'ils ne le veulent. Telles sont les LHAPIinii XIX. oppositions auxquel.es les décisions les | lus Les oppositions que les popes ont quelquefois solennelles sont en bulle dans nuire siècle : rencontrées, ne prouvent pas qu on fût yé- voilà comment procèdent les opposants de néralement persuadé que leurs jugements »os jours ; ils voudraient bien trouver dans soient réformables. l'antiquité des exemples qui ussen jusliîier
leur conduite coupable 1 1 subversive de tout 1. Si les décisions du pape sont des déci- ordre dans l'Eglise. C'e-l pourquoi ils inv. nsions suprêmes dans l'Eglise , elles sont par tent des décisions là où il n'y en a pas, trouconséquent irrérormab.es ; si elles sont irré- vent des points de dogme dans des questions formables et suprêmes , on ne peut s'empê- de discipline, nous donnent pour des opposicher de les regarder comme infaillibles ; si lions formelles de simples relards à recevoir elles sont infaillibles, l'Eglise ne peut ap- les jugements du pape, retards souvent obliprouver les résistances et les oppositions gés par les circonstances des lieux, des temps qu'elles rencontrent. Donc si des monuments et des personnes, et prudemment accordes incontestables nous présentent des exemples par ces mêmes papes; ils nous présentent de personnes qui oui fortement et constata- les réfractaires comme les défenseurs de fument résisté aux décisions des papes , qui en nilé de l'Eglise, les plus sages, les plus cclaiont appelé à l'autorité de l'Eglise , sans que rés et les (dus saints que l'on trouve dans celle-ci ait jamais condamné ces oppositions l'histoire; ils exagèrent ld nombre de leurs et ces appels; ii sera reconnu que la tradi- partisans jusqu'à le comparer à l'Lg ise unilion universelle est contraire à la prétendue verselle , afin de la rendre complice de leur suprématie des jugements du pape, et que opposition et de pouvoir affirmer hardiment, P. erre d'Ailly ainsi que l'université de. Taris avec le Gros, qu'il est des décrets des pontifes ont pu soutenir que ces jugements ne sont romains que l'Eglise universelle n'a jamais pas en dernier ressort ni indéformables, mais observés. Après cela, ne croyez pas que, pour que l'on peut réellement, in causa fidei , a donner de la consi tance à ces inventions pontifice appel lare ad concilium. Ce raison- chimériques, ils se incitent en grands frais nenient est très-juste ; et si l'on trouve efi'ec- de recherches historiques ; il leur suffit d'un tivemenl des exemples de ce genre, et où seul témoignage de quelqu'un des historiens l'on ne puisse expliquer le silence de l'Eglise dont nous avons parle; ceux-ci sont pour que par l'approbation de ces résistances et eux l'o gane infaillible de la tradition : ce de ces oppositions, la question est résolue sont leurs théologiens, leurs canonistes. contre nous ; mais il est certain que nos ad- Mais ils sont forcés de convenir qu'ils monversaires ne pourront jamais nous présenter trcnl ou une aveugle crédulité par une défédes oppositions telles qu'il les faudrait pour rence si illimitée pour ces écrivains, ou de cela, ni les justifier par l'approbation de la mauvaise foi en dénaturant eux-mêmes l'Eglise. Assurer un l'ail est une chose qui les faits, ou une noire malice en les intérieur coûte peu , parce qu'ils savent bien que prêtant à leur gré. Ln effet, dans toute lhisleurs partisans ne prendront guère la peine loire ecclésiastique on ne saurait trouver de le vérifier. La seule autorité des Fleiiry, d'exemple d'une opposition directe à une des Racine et d'autres historiens semblables seule décision solennelle , authentique et leur suffit pour qu'ils se dispensent de toute dogmatique du pape, qui soit resiée impunie autre recherche. Or quels faits nous présen- cl qui n'ait rendu suspecte la foi de l'oppo-
DÉMONSTRATION ftVANGÉLIQUE. GREGOMK XVI.
■ont, oa qui m puisse être attribuée a une notre cause qu'à la persuasion antérieure de l.i (aillibililé absoloe du pape, ou que le p n'a il librement lolérée par amour pour la paix, ou enfin donl on ne puisse prouver que l'Eglise ne s'est po rien associée nui <>pposants. Dans le premier cas, l'argumi des ndversaires est étranger à la question ; dans le second, il porte a faux; il.ni-> le troisième, ils sont obligés île reconnaître avec non-, ([(ic le pape a use librement d'indulgence; dans le quatrième, de convenir que l'Eglise, bien loin d'approuver, blâme bien plulôlcesopposilions. Ils doivent donc avouer, en général, (pic la conduite il' s opposant* et de cenv <|iii en prennent la défi use ne fait que ressortir davantage l'équité de ses ju .<■ments et ne set t qu'a dévoiler le en a 1ère méchant des rebelles et de leurs tristes avorals.
2. Je le prouve. Nos adversaires font ici un grand étalage de connaissances liist Tiques: mais tout ce qu'ils peuvent produire se réduit à quelque règlement de dis ipline ou à quelqui s oppositions qui semblent être dirigées contre l'Eglise el e-méme. L'opposition de sùint P..ul à saint Pierre, celte des Asiatiques au pape Victor, des Africains à saint Etienne, au sujet du baptême réitéré, et à Zozime, à l'occasion du livre de Céleste; celle de Maxence, de Fulgence, de Ferrand, diacre, etc., à Félix 111 et à Hormisdas, pour la fameuse proposition Unus de Trinitate est pnssus ; celle (les évéques d'Espagne et de France au cinquième concile, quoique déjà confirmé par le pape. Tels sont les principaux monuments qu'on nous présente et d'où l'on veut conclure que tant que le jugement du pape n'était pas devenu irréformuble par le consentement de V Eglise universelle, il a toujours été permis de le contredire, sons tomber dans la rébellion [Cosncun appellante, art. II, /;. 12(5). Or, celle conséquence est fort mal déduite, et, pour le reconnaître, il n'est même pas besoin d'examiner un à un les faits cités; c'est pourquoi, afin de ne pas fatiguer mes lecteurs, je me bornerai à ceux dont l'examen pourra servir de règle pour juger des autres. Quant au premier, il suffit de dire eu passant que Tamburini lui-même le trouve sans importance, par la raison que l'opposition de saint Paul à saint Pierre avait pour objet non une différence de doctrine, mais une différence de conduite, adoptée par saint Paul lui-même dans d'autres circonstances, et qu'on ne peut se prévaloir de cet exemple sans attaquer l'infaillibilité de saint Pierre, au moins connue apôtre. Le fait des Africains avec saint Etienne sera réserve pour le chapitre suivant. Je discuterai ici celui des Asiatiques avec le pape Victor, et j'en dirai assez pour qu'on puisse en conclure en gênerai que les autres faits ne prouvent rien. Voici le terrible argument qu'on lire de la conduite de ces évéques d'Asie : Le pope Victor, dans le second concile, voulut obliger te» évéques d'Asie à se conformer à la pratique de l'Eglise romaine et de toutes les autres tglisi % pour la célébration de la pâque : <t s'il n'en
Ml
tint pas jusqu'à hs excommunier, au moine en /it-il ta menace. Mais Puly craie et 1rs autres ne t'arrêtèrent pas aua ordres du pape, n cet illustre é\ i q u écrivit à Vict a - ni mes : i Niltil mot < < r hit quœad formidinnn inlenJantur. Etenim ul> illie, q majores iront, diclum scio : Oportet obedirt Deo magis, quam hominibus.» Ainsi* es grands étriim- I ne croyaient pas devoir abandonner '' qu ils jugeaient ju te <t légitime, parce c/ue le p .p. ir, u prescrivait, sous pHne d'excommunication, d'y renoncer Quoique ce
fait ne paraisse avoir trait qu'à un point de discipline, les anciens l'ont regardé comme intéressant le dogme Uni., png. 140. 1*VS , Je deman lerai donc a noire appelant, si lea évéques d'Asie s'opposèrent au pap se I, ou bien aussi à l'Eglise elle-même. D'après le principe de l'acceptation nous det ons dire, à l Eglise aussi ; car ils s'opposèrent aux papes Atiiccl il Victor, à qui s Clan ni unis lei ciles de Palcs'ine, de Pont, de Ruine, de Fiance, etc. (Eusèhe, li\. V, Hisi eccL, eh. :>.l . et tous les évéqu s de la chrétienté, si l'on en excepte les seuls évéques de I Mineure; par conséquent il y av., il le consentement sur lequel on prétend que saint Augustin s'appuyait lorsqu'il disait aux Pélagiens : Causa finita est Celui qui en douterait n'aurait qu'à taire un calcul exact des acceptations el des oppositions dans l'un et dans l'autre cas. La cause des Pélag eus était finie : Quia Auguslinus paesim memorat, eam hœresim a romanes tedis prœsulibus Innoctntin, Zozimo, CaUeslino, c toperanlibus synodis africanis, loto orbe, damnalam; qno facto uulla amplius, etiam atcumenicœ synedi , inr/uiiiio superessrt [Defens. Ci. gaU., p. 3, /. 9, c. 2). Donc la cause des Quarlodecimans était pareillement finie, puisque les papes, les conciles (en plus grand nombre peut-être) el la pratique d ■ toutes les Eglises avaient prononce : en qui fait dire à Natalia Alexander que le point n'appartenait pas au dogme; car autrement on n'aurait pu excuser d'hérésie des évéques qui s'opposaient à louie l'Eglise (liist. eccL, sect 1. diss. 5 . Donc, ajoulerai-je, ces évéques eux-mêmes n'en avaient pas celle idée, sans quoi il faudrait les surposer hérétiques d'esprit. Aussi en reçurent-ils la qualification près le concile, soit parce qu'ils s'obstinaient absolument dans leur opinion à laquelle ils mêlaient des fables judaïques [Cpiph.ll ir< t., .'>0 , soit parce qu'alors on entendait par hérésie toute espèce de scission avec I Eglise : et c\ si pourquoi on comptait parmi les hérétiques les audiens , qui partagèrent l'erreur des évéques d'Asie, quoique saint Bpiphane ait dit : Audianorum proprie schisma oc d< fetio. non hatresis est [Jndic. I. III. t. I. // Je renvoie ici le lecteur à l'histoire déjà i ilee de Nalalis Alexander pour éviter les répétitions inutiles. Mais, demandent les adversaires, si Polv craie n v croyait pas la foi inté-
(l) Il suffît de s'opioser au pape pour obtenir dp ses ennemis le nom de ;; -m /, de mcnie qu'il >nllii Je r< -. en lui la ilo m.' aia.ii nO in . ii.-l . | .mr eue qualifia de jvut esprit.
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