TRIOMPHE DU SAINT
re-sée, pourquoi soutenait-il cette observance avec tant de force et par la raison générale qu'il [mit obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes? Pourquoi la disait-il conforme à l'Evangile et aux règles de la foi? Pourquoi? Demandez-le à l'apologiste des appelants ; pour nous apprendre comment les enfants trèsobéissanls du Saint-Siège doivent formuler [expression de leur respect et de leur soumission pour le chef de la hiérarchie, tout en rejetant ses prescriptions disciplinaires , il nous rappelle la lettre de Robert, évéque de Lincoln au pape Boniface IV, à qui il déclare qu'il n'obéit pas à son ordre, parce qu'en refusant de le faire il remplit les devoirs que la loi de Dieu lui impose .... et qu'il veut obéir aux ordres de Dieu... fait lieu que son ordre.) n'est pas conforme à la doctrine des apôtres et de Jésus-Christ , attendu qu'il est contraire à la sainteté apostolique,... et par conséquent pour la deslructinn et non pour V édification ( Cosa e un appellanle? cap. 3, art. k. p. 233). Peut-on dire que cet évéque prétendît se conformer à l'Evangile et aux règles de la foi, en résistant ainsi aux ordres du pape? Sans doule, il nous l'assure lui-même ; et pourtant il ne s'agissait pas d'un objet de foi. Pourquoi donc Polycrale ne pouvait-il pas croire aussi que la pratique des évêques d'Asie, quoique de pure discipline, fût immédiatement ou médiatement conforma à l'Evangile? S'exprima-t il plus énergiquement que Robert? Les paroles que nous avons rapportées le témoignent.
3. Mais, je le veux , supposons que celle question appartienne à la foi, et que telle fût l'idée qu'en avaient Polycrale et les autres évêques. Qu'en résullera-l-il? Que l'opinion lût générale dans les Eglise^ d'Asie, que le pape est faillible? Pour conclure de la sorte, il faut n'avoir pas compris la lettre qu'on nous oppose, ni savoir ce que c'est que la prévention. Autre chose est, s'opposera ce qu'un décret soit rendu, autre chose est, s'y opposer lorsqu'il l'est déjà. Rien de plus fréquent que de voir des hommes entiers dans leur opinion, qui la croient exempte d'erreur cl sont même tout à fait persuadés qu'une vérité catholique en fait le fond, de les voir, dis-je, déclarer qu'ils seront inflexibles et inébranlables , malgré même une décision contraire ; c'est un effet de leur prévention excessive, qui leur fait croire que, s'ils sont condamnés, ils sauront bien trouver de bonnes raisons pour attaquer la légitimité de la sentence, plutôt que de se décider à renoncer à la doctrine qu'ils ont embrassée. L'important est de savoir si , après qu'il a élé prononcé contre eux, ils résistent réellement, ou se soumettent et reconnaissent leur erreur; car il peut se faire que l'acte de leur condamnation produire sur eux une impression, que la menace et la crainte n'avaient pa> opérée. L'archevêque de Reims , dans le concile de Trente, était sans doule catholique, et par conséquent il reconnaissait l'infaillibilité de l'Eglise ; cependant, dans la crainte qu'on n'y définit la suprématie du pape dans d'autres termes que ceux du concile de Flo-
siège et de l'église; stac
rence, il ne négligea rien pour l'empêcher, et déclara qu'il n'y adhérerait pas , et que de vita potius, qunm de sententia ( de la supériorité du concile) recederet. C'était un concile œcuménique, qui par conséquent représentait l'Eglise universelle; l'archevêque de Reims déclare qu'il en aurait rejeté la décision. Donc ou son vote seul était suffisant pour empêcher le concile d'être œcuménique, ou il annonçait la disposition de résister à l'Eglise. Aucun catholique ne peut accorder la première chose, aucun ne peut faire la seconde. On peut bien en trouver qui, aveuglés par leur attachement à leur système, s'obstinent à le défendre avec, le demi r excès de zèle, a\anl qu'il ne soit juridiquement condamné ; mais ils y renoncent lorsque la sentence est portée , et c'est ce que ce prélat aurait fait, si le concile avait consacré par une définition solennelle la doctrine en question.Combien d'exemples semblables ne pourrait-on pas trouver dans les discussions et les débals de presque tous b's conciles, avant qu'on en vînt à décréter? Or tout ce que prétendait Polycrale. c'était d'empêcher le pape de prononcer un décret contraire à son opinion et de fulminer l'excommunication; c'était pour cela qu'il employait lotis les moyens les plus efficaces, que pouvaient lui suggérer son attachement intime à l'observance de l'Asie et la crainte des schismes horribles auxquels l'Eglise aurait pu être en proie à celte occasion. Mais si un décret avait paru, si l'excommunication avait élé fulminée, aurait-il fait malgré cela ce dont il menaçait? On ne peut guère le décider avec assurance; et dans cet état de choses, on ne saurait rien conclure légitimement et rigoureusement.
h. Mais je veux tout accorder aux adversaires; je veux leur accorder que les Eglises d'Asie crussent le pape faillible, et 1 i question , de foi. Maintenant qu'ils pèsent euxmêmes leur autorité sur ce point-là. Pour être en droit de conclure quelque chose, il faudrait pouvoir faire deux comparaisons, impossibles dans la position où nous sommes; il faudrait comparer d'abord ces Eglises avec le reste de la chrétienté, et ensuite celles de ces Eglises qui croyaient à l'infaillibilité de l'Eglise avec celles qui n'y croyaient pas. La première comparaison est nécessaire, parce que, si le nombre des Eglises d'Asie , comparé au nombre de celles qui suivaient la pratique contraire, n'était pas assez grand pour empêcher de reconnaître dans celles-ci l'Eglise universelle, l'autorité de celles-là ne serait d'aucun poids : et cela non-seulement parce que, dans ce cas, elles auraient résisté à l'Eglise elle-même, mais encore parce que nous pourrions leur opposer l'autorité de cette même Eglise, qui, en restant attachée aux pontifes romains, et sans rien prononcer contre leur infaillibilité, ne désapprouvait cette opinion ni par le fait ni par la doctrine. La seconde comparaison n'est pas moins nécessaire, pane que, si parmi CCS Eglises il en était qui fussent disposées à se séparer de toute l'Eglise, plutôt que de renoncera leurs erreurs, el qui par conséquent
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allassent jusqu'à en nier l'infaillibilité, il avec Irop de n • ■•( pu 1. :t a faudrail nécessairement cesser de les cotnp- l'exercer avec plus de modération, I 1er parmi celles qui pensaient calholiquensent connaît en loi; si doni I s évéques d tsie de l'Eglise ; celles-ci seules auraient lui par- prétextaient sa faillibililé pour le lui r fa lie delà tradition et par conséquent pour- on peut dire avec plus de raison encore que raienl seules nous être op (osées. Mais coin- le pape !<• défendait el que saint Irénée le lui nn'iii procéd r ;i la première compai lison, ;i supposait a cause de sou inf.iillibilité. Or moins d'admettre ceil<*. qu'en onl faite Eusèbe quand nos adversaires parviendront— il et Constantin '.' Ce dernier cite lt<>iw, l'Italie, nous prou» pr que ces qua re i onditioni /' Afrii/iic, l'Egypte, l'Espagne, la France, la réuniss lient en fiveur de* Eglises d Asi '.' Kl Bretagne, la Libye, la Grèce, le Pont; la CM- s'ils ne le prouvent, de quel poids pourra élra rie, et par conséquent majorent Ecclesiarum leur autorisé pour les catholiques? Le défaut numerum, comme opposées à l'usage de cH- de la première laisserait croire que l'esprit les d'Asie. Cria mie fois admis, l'on ne pourra de parti le* aveuglait -. par le défaut de I jamais rien tirer de concluant de l'autorité conde elde h troisième, leur foi deviendrait de ces dernières Eglises, si l'on ne démontre suspecte; enfin sans la quatrième, il faudrait 1° que la doctrine de la faillibililé du pape n'en tenir aucun compte, avait été constamment professée par elles, 5. Peut-être suffil-il que l'Eglise i même avant leurs différends avec les papes, pas form llemenl prononcée contre les opei iwiii par suite de leur opiniâtreté à défen- posants . pour en arguer son approbation .' dre leurs observances particulières, déjà con- On catholique ne peui le dire, pue1 qu'on damnées par eux. ou qui pouvaient l'être; en viendrait par là à admettre comme autant car l'expérience prouve que plusieurs héré— de dogmes les erreurs souvent tolérées par tiques , qui , avant d'être condamnés, peu- elle pendant longtemps par amour punr la saîenl bien de l'Eglise, dont même ils solliri- paix ; un appelant peut encore moins le dire, taient souvent le jugement, se sont ensuite puisqu'il fait la grâce à n Ire opinion d'aélcvés avec opiniâtreté contre elle, après vouer qu'elle a été tolérée pendant plusieurs avoir vu leurs doctrines proscrites; et il est siècles, et qu'il soutient en général que l'Lassez naturel de penser que ces Eglises, d'à- glise ne réclame pas toujours contre des debord disposées à reconnaître l'infaillibilité crets même des papes ou d'autres évéques , dans le pape, auraient pu la lui refuser plus contenant l'erreur, quoiqu'elle ne les aplani, après en avoir éprouvé ou craint de- prouve pas l Le G os, de ï'ccl. c. 3. secl. 3, prouver les graves conséquences contre leurs concl. 11 . lit (mis comment prouverait-on anciennes pratiques (lj ; 2° qu'en tenant la que l'Eglise n'ait pis proteste par le fait faillibililé du pape, elles attribuaient au même de son attachement à ce- papes? Il moins l'infaillibilité à l'Eglise catholique: s'agit iri de savoir si le fait des Asiatiques est autrement leur autorité serait nulle; 3U par décisif contre nous ou non ; on ne peut donc conséquent, qu'elles croyaient réellement et rien en conclure, s'il ne présente qu'une auavec une pleine certitude que celle doctrine torité incertaine et douteuse. La seconde n'était pas suffisamment explicite dans les comparaison ajoute encore à cette incerli- Eglises de l'au re parti; car si elles avaient lude. En effet, il est très-certain que toutes pu raisonnablement le supposer, leur obsti- ces Eglises ne différèrent pas au concile de nation, dans un danger si manifeste de^ré- Nicée , et l'on est fondé à conjecturer qu'au sisler à l'Eglise, sulfirait pour nous faire temps même d'Anicet et de Victor, il yen douter également de leur docilité à se s m- avait plusic irs qui non-seulement rejetaient mettre à elle , dans le cas où elle se serait l'infaillibilité des papes, mais qui de p'.us prononcée en ce sens; 4° que les Eglises qui étaient imbues contre l'Eglise elle-même de n'avaient pas celle pratique ne rejet tient pas sentiments hérétiques et schismaliqnes, quoiaussi cette doctrine. On pourrait citer, com- qu'elles ne les manifestassent pas d'une marne ne rejetant pas cette doctrine, l'Eglise de nière directe. Les appelants voudront-ils M Lyon, dont l'évêque saint Irénée reprochait faire aussi une autorité de celles-là I Les à Victor sa conduite peu conforme à la paix, mettront-ils en masse avec les autres, pour à l'unité el à la charité, quoiqu'il pensai com- en faire un corps capable de fixer la tradition me lui sur ce point. Mais cela prouve préci- de ces temps-là sur cette prérogative des posément le contraire; car il ne l'accuse pas nos '.'Mais je pourrais, avec un droit égal, me d'avoir usurpé ce pouvoir, mais de l'exercer prévaloir de leur fui contre l'infaillibilité de
l'Eglise elle-même; et. si l'on m'objectait que
(I) Tos'uii (lib. n, p. GG) nous assure que , si le pape leur nombre ne devrait être compte pour i i n
avait passé aux Arnaud , aux Saint-Tyran , aux Quesnél , en comparaison de toutes les antres Eglises
aux Janséuius, aux Pascal, aux Nicole elà tant d'autres, Ut. l'Asie ou étrangères à l'Asie . je pourrais
leur doctrine sur la crace.sur lc> indulgences , snr les ■ ■• ■■ , ■ ,> . »
,,,,,,-s, ne., .M„,ne,"is|11,i;.r...i lasiauiM. l'iuf illibilité encore répliquer avec (auteur de \ Analyse
du pape, et qu'on lui laisserait toute sorte d'infaillibilité. i que la tradition ne se trouve pas toujours
Mais depuis qu'ils ont vu condamner leurs corypuées el dans le plus grand nombre, mais que, par itt-
teurs d.>ctri.,es peu/eu esl lidlu .pi,- danseur n ;..l...-i.u, ,(>n;l]!o> c'es, /,, ,,/„., },,:il quj croj, t>, Sl,„
des Litanies, ds liaient ajoute le vers-'t dnenn v III : x/e , . ., ., ' , , '. ' . ...
ta iyrmue du pomiferonunn, délivrez-nous, Seigiuw(Vi\- l"1"» la véritable doctrine. Hue s ensuit-lll
lav., Iiv. in, c. lu, ii. 3). En effet , ils oui ehercué a créer Ou il laut bâtir sur une autre bas . sur des
de nouveaux Henri ; et, s'ils n'j out pas réussi encore , ils fondements plus solides. Quand il est quel
ont vu du moins parmi eus d autres Volsey, dont ils ont a .. j • ......i.;,.., .. ,iiiol"iuiie r'psl narmi
craindre, la fin tragique, s'ils ne pleurent a temps et s'ils ,()n *'* i. u.m.i.on (auioiiqut . . . il p. uni
ue détestent leur Tnildéliié à fipîscopat, m jwjwrt è Dieu, les catholiques qu il faut la chercher. Il est