‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 156 sur 167 · MIS · texte numérisé non relu

MIS

pat rt l'usoi/r tir l'abu* du

i . i tinte. Ce t d< (à que tt - 1 ■'•,

■ r réclamer plut d'une foit contre certaine rets de» papes . qu on i oulait faire /> ■ à l'ombre êei'autortté de VBgliu l/<;/.,. M . Ce n est donc qae d'après l'application u réglés c] ii u n <- erreur peut paraîtra iSses manifeste pour autoriser à réclamer avec éclat contre les décision! pontificales. Il ne suffit pas de consulter l'Ecriture ; il but encore, [)our l'interpréter, recourir à la tradition, et, ce <|ui est plus Important encore, s'aider de l'autorité de l'Eglise, jtour ne pas porter ses idées privées dan. L'explication de la parole divine. Telle lut, M dire de l'auteur «pu* nous venons de citer, le sentiment de toit -, les Pères de l'antiquité même la plus reculée : In hue persuasions fn-rnnt , gui crsdtderunl tibi fht non esse sacras littertu iiiterpretari urhitrio proprio contra coi uni cxpoyilioncn , qui unie se c.rtilcrunt. ... hune, sihi let/em Vttare* omîtes prœfixerant , et actutatissime obt-ertwumt. ... Nec quisquam sibi blandiri potest , se Irqitimum sensum industrie intpenii mi reperiisse (De font, theol. reg. 7, p. 121 ). Saint Cvprien aura donc employé tous tes moyens pour découvrir l'erreur dans le décret de saint Etienne; c'est à Tamburini à le prouver: mais il ne saurait le taire d'une manière dé cisive, à moins qu'il ne possède dans son répertoire d'antiquités quelque monument poudreux et inconnu jusqu'ici , que ce l'ère aurait laissé. Tous ceux qui ont vu le jour établissent le contraire; il n'y l'ail usage que de l'Ecriture et do raisonnement . n'invoque jamais la conformité ou l'opposition de la tradition , qui dans ce suj t est inséparable de la coutume ; et il ne parait nullement s'inquiéter du jugement des autorités supérieures. En effet , voici le raisonnement du saint Martyr : lui facienda esse qute scripta sunt , Deus festatur. ... Si ergs aut in I-'vcn- (jclio prœcipitur mit in apostolnrum epistolis tel actibitx continctur, ut a quacunque fueresi veni entés née bupiizeniur. ... observeturéitivo h re c! sdn'cta traditio. Si vero «bique luvretici nihilëliudquamadversarii et antichristi nnminantur, si vitundi et perverti, et a srmetipsis damuuli pronttntiuntur ; quarc est ut I ■nntiir dtvnn indi u nobis non esse, t/uos constat apostotici coniestatione a semetipsis dumnaios esse? [Epist. 74 ad l'omp.) Si donc sa doctrine n'est pas exprimée en termes formels dahs l'Écriture, <i . pour expliquer celte Ecriture il n'a pas recours à la tradition de l'Eglise, s'il fait tout dépendre de ses raisonnements , pourra-t-on dire qu'il ait été fidèle à ces règles inviolables et pleines de sagesse, qui seules peuvent nous diriger dans la recherche des vérités catholiques? Et, s'il S'en est écarté , pourra-t-on justifier des réclamations et une obstination qui n'étaient motivées que par l'apparence d'une erreur lente? Les adversaires ne trouveraient dans leur système de quoi l'excu r. qu'autant qu'ils prouveraient qu'il ail exactement loyé I is mo sns né - pour con-

naître la roi de l'Eglise : sans cela , ses réclamations seront toujours censées illicites,

pane qu'elles n'étaient pis (ondées sur une li is • régulière et canonique dire sur

une tradition réelle ou au moins pu - Mais, dira-t on . le saint Evéque trouvait raisons e\ idenles . et aucune définition de l'Eglise ne l'obligeait A ) renoncer. Il l< s trouvait évidentes f Je le sais très-bien, mais C'était parce qu'il négligeait la tradition. Aucune définition n'était contraire ? Mais - il n'avait pas de motif de croire, la coutume contraire et la croyance universelle, h de l'Afrique , étaient pour lui un motif de défier de son jugement, de le suspendre ef de respecter mieux qu'il ne le lit l'autorité supérieure. Il s'agit d'un fait : de savoir quelle est la doctrine de l'Eglise ; or i|in I est celui* au moins parmi les catholiques, qui osi préférer à l'autorité de presque tout le monde catholique un raisonnement fonde sur des principes généralement admis par le parti contraire lui-même, tels qu'étaient les i. \ de l'Ecriture apportes par saint Cvprien! D'après les règles de la prudence ii dei au moins rester en suspens. Le saint martyr devait donc prudemment se défier de son jugement et par conséquent présumer favorablement de celui du pontife romain, il ne fit ni l'un ni l'autre; donc, dans celte controverse, il ne tint pas compte des justes et vraies notions des prérogatives du pape; il n'accorda pas au Saint-Siège ce que les novateurs eux-mêmes ne lui refusent e

7. Ce siège, en vertu de son indefeclibilité, u lu part principale dans les jugements d- . m;:tii|ii s. il peul décider, sa décision n g i toutes les Eglises et fiert au moins à les animer contre l'erreur; il a le droit de se faire obéir des évéques lorsqu'il emploie les moi/ canonique* pour maintenir l'intégrité de la foi ; et c'est un devoir précis pour eux de s'unir n leur chef pour lu défense de lu irrité (Yera Jdea, p. 2, c. k, § 1). Quels beaux privilèges! Demandons à C\ prien et à Firmilien s'ils sont réels ou imaginaires. Le premier nous dira que les décisions du pape n'ont d'autre autorité que celle que leur donnent les raisons qui y sont alléguées Ep. ~\ ad PompA; qu'en présence d'une décision sortie du Vatican, il est permis non-seulement do penser, mais d'agir d'après ses pro sans craindre d'être retranché de la communion ecclésiastique, parce que févéque ne doit de compte qu'à Dieu [Serin. Cqpr. ail conc). On ne peut dire que, par ce com| te dû à Dieu seul, il n'ait voulu parler que de l'intention secrète ( Le Gros, c. 4-, concl. 3, ;). 37 j ; car il enseigne en termes précis qu'il n'a à craindre que le jugement de Dieu , même dans la résistance qu'il oppose rai rieurement à toute décision sur ce sujet. l£u effet il parle d une chose nécessairement liée à un acte extérieur, d'une dc-approhaliou ensuite de laquelle il avait a craindre de perdre la communion de l'Eglise, ce qui ne peut arriver que par la manifestation de celte desapprobation; il parie d'un ministère exteneur dans le gouvernement de li - is /"/>. ndSteph.). Il fait donc les évéques indépendants du pape, non-seulement quant à leur foi in-

TRIOMPHE DU SAINT-SIEGE ET DE LÉGLISE

térieure, mais encore dans leur conduite extérieure; indépendants d'après le principe général, qu'ils n'ont que Dieu pour juge, non-seulement dans le cas d'une erreur évidente, mais dans tous les cas possibles ; et par conséquent, même en matière de doctrine et de praliquesqui y tiennent étroitement, il refuse au pape toute espèce d'autorité, ne lui donne pas la part principale, compte pour rien ses décrets, ne se croit pas obligé de lui obéir, lorsqu'il fait usage des moyens canoniques pour maintenir Vintégritê de la foi, moyens que saint Etienne faisait consister dans la tradition négligée par saint Cyprien, comme nous l'avons vu. Si nous nous adressons au second, à Firmilien, il nous déclare, s'il est possible, plus ouvertement encore, que l'autorité de chef ne sert de rien, qu'on ne peut l'appliquer aux. questions alors agitées, qu'il n'y a pas la moindre obligation de s'y soumettre même extérieurement; bref, que le pape frustra prœtendit apostolorum (Pétri et Pauli) auctoritatem, lorsqu'il s'avise de commander aux autres quoi que ce soit, et que, loin de pouvoir exclure de la communion de l'Eglise ceux à qui il la refuserait, il se déclarerait lui-même, par ce refus, schismatique et apostat (Epist. adCypr.).

8. Voilà la doctrine qu'on veut nous opposer. Est-elle généralement admissible, et doit-on penser ainsi de la primauté d'autorité du Siège apostolique? Les protestants en seraient d'avis ; mais ce ne peut être la pensée d'un catholique, et les novateurs modernes eux-mêmes n'admettent pas ces principes.

Pourquoi donc exalter si fort la liberté sacerdotale de ceux qui les avancèrent? Mais nos adversaires savent-ils faire la part de la passion et de la vérité? Sans doule ; déjà, nous répond -on, les évêques d'Afrique avaient la conviction que le pape pouvait prononcer des décisions erronées, et ce fut celte conviction qui leur fit croire qu'ils pouvaient réclamer avec liberté : jusque-là leur doctrine était irréprochable; en réclamant, ils firent usage d'un droit originel. Quant à la forme de leurs réclamations, il faut attribuer les expressions dures qu'ils emploient à la vivacité de l'émotion que leur causa la conduite irrégulière d'Etienne envers leurs envoyés et envers Cyprien. Mais si ce sentiment pénible les emporta au delà des bornes dans le mépris qu'ils témoignèrent pour les décrets du pape, et fil qu'ils lui refusèrent réellement les égards dus à ses prérogatives non contestées; qu'est-ce qui nous empêche de croire que ce fut aussi sous cette seule influence qu'ils lui refusèrent l'infaillibilité? Nos adversaires peuvent-ils nous contester cette supposition? Allégueront- ils la doctrine de l'Eglise, dont ces Pères n'auraient pas voulu s'écarter? Mais ils s'en écartèrent en perdant ces sentiments de respect qu'on doit toujours au successeur de saint Pierre (Cosa è un appcllante? p. 162), et en n'accordant pas aux privilèges de la primauté la considération convenable. Pourquoi donc no supposerions-nous pas , qu'ils s'en soient

pareillement écartés en lui refusant celui â; l'infaillibilité? S'ils ne font pas autorité pour la doctrine de l'Eglise sur l'étendue des privilèges de la primauté, et pour le respect et la vénération que nous leur devons, nous ne pourrons certainement pas davantage nous en rapporter à eux pour l'infaillibilité, sans faire une supposition ridicule et tout à fait arbitraire. Dira-t-on que, à l'exception de quelques expressions trop dures, leur doctrine est très-saine et ne présente rien de contraire à celle de l'Eglise? Il n'y a que des expressions dures? Tout y repose sur les fausses idées qu'ils avaient de la primauté d'autorité: l'examen que nous en avons fait ne laisse aucun doute là-dessus; leurs sentiments sont d'accord avec leurs paroles, et ne sont que la conséquence de leurs principes, llépondra-t-on que, malgré leur emportement, ils admettaient la primauté du pape? N'importe; car à quoi sert de la reconnaître, lorsqu'on en conteste les droits? Mais, répliquent-ils, ces droits restent intacts, si l'on explique saint Cyprien par lui-même ; ailleurs il a laissé des monuments non douteux de son orthodoxie relativement à la nature de la primauté. Il suffit donc, pour le justifier, de rappeler les sentiments qu'il avait manifestés avant le rescrit d'Etienne, c'est-àdire avant la violente indignation qui s'empara de lui. Eh 1 qui ne voit qu'il devait être dominé par des pensées contraires, selon l'étal de calme ou d'irritation où se trouvait son esprit? Un protestant ne pourrait-il pas profiter, à sa manière, de ces variations, et expliquer ce que saint Cyprien avait dit avant l'opposition du pape, par ce qu'il dit et fit d'accord avec les autres évêques, après en avoir eu connaissance? Nos adversaires ont beau s'appliquer à concilier entre elles ces doctrines diverses ; ils n'y réussiront jamais ; la contradiction est trop patente; et si jamais, par impossible, ils en venaient à bout pour les autres privilèges du Saint- Siège, nous serions toujours en droit d'exiger qu'on interprétât de même sa doctrine sur l'infaillibilité du pape. Si donc, lorsqu'il était de sang-froid, si, avant ces querelles, il ne l'a pas ouvertement déclaré faillible, tout ce qu'il aura dit et fait depuis relativement à cela, ne devra aussi être imputé qu'à la passion, et par conséquent nos adversaires ne pourront jamais rien conclure du fait seul de la réitération du baptême, considéré isolément et sans rapport à ses sentiments antérieurs. De tout cela il résulte qu'ils se flattent vainement d'affaiblir les textes du saint martyr, qui sont favorables à noire opinion, en rappelant sans cesse ses débals avec saint Etienne, et en disant généralement avec Opstraet : Nimis absurdum esse pro pontifuia infallibilitate objicere ipsum Cyprianum, qui tam airiter rcstilit definilioni SÏepliani potnificis de baplismo hœrelicorum (De sumino pontif, q. k, p. 335).

9. Serait-il possible que ses autres paroles fussent susceptibles d'interprétation cl qu'on ne pût interpréter celles où il nie l'infaillibililé du pape, et confirme par le fait son sen-

DÉMONSTRATION KiVANGELIQUE GREGOIRE XVI.

liment à ce sujet ' lue telle distinction est

tout à l'ait inadmissible. Si l'on prend les unes dans la rigueur «les termes, pourquoi ne prendrait-on pas les autres de même? <>u veut entendre grammaticalement ce qu'il dit

de la nature delà controverse, pour en eonclure qu'il la regardait comme appartenant à la foi et que saint Etienne avait prononcé ex cathedra, ce qui fait précisément entre nous le sujet de la question : et puis il n'est pas de commentaires, de distinctions, de subtilités, qu'on n'invente pour le reste de sa doctrine? Ksl-il moins clair dans un endroit que dans l'autre? L'aperçu que nous en avons donné, le prouve. Nous pourrons donc aussi interpréter l'idée qu'il avait, que saint Etienne était tombé dans l'erreur sur un point de discipline. Veut-on savoir ce qui nous y autorise? ses expressions mêmes et les conséquences funestes qui en résulteraient s'il en était autrement : motif plus solide que celui qui fait que nos adversaires s'appliquent à interpréter sa doctrine sur les autres privilèges de la primauté : car nonseulement ils font violence aux textes qu'ils interprètent, mais encore ils vont contre l'évidence des faits, qui confirment l'explication littérale.

10. L'Eglise, dit-on, condamna son erreur sur le baptême, et ne censura pas sa doctrine sur le pape: donc elle ne contenait rien de contraire à ses prérogatives réelles et originaires. Rien de contraire? Nous l'avons vu. Pourquoi doncl'Eglise ne réclama-t-elle pas? pourquoi ne la proscrivit-elle pas? Et pourquoi, demanderai-je à mon tour, ne proscrivitellepasnon plus celle d'Etienne qui s'arrogeait une autorité contestée par les Africains? Les deux partis ne pouvaient à la fois appartenir à l'Eglise, et si son silence est approbatif, nous avons les évéques de presque tout Vunivers qui approuvaient la doctrine du pape, et parconséquentrepoussaient celle deCyprien.

De quel côté sera la plus grande autorité? Mais si nous en jugions ainsi, ce dernier aurait été hérétique, et toute l'apologie de saint Augustin serait renversée. Non, messieurs; vous nous mèneriez effectivement à cette conséquence, par la supposition que vous faites que saint Cyprien croyaittraiter un point de foi et s'opposer à une décision formelle du Vatican ; mais nous n'en venons pas là par nos raisonnements: une fois admis qu'il ne voyait dans la réitération du baptême qu'un point de discipline; une fois admis, qu'il ne croyait pas que saint Etienne eût défini le principe spéculatif, il n'y a plus de raison de lui appliquer celte note infamante. Dans l'un et l'autre cas, tout son tort est dans les procédés, il n'y a plus d'erreur sur la doctrine ; dans le premier cas, tout ce qu'il écrit au pape n'intéresse que la discipline ; dans le second, il n'attaque aucune décision dogmatique. Sa faute même, considérée sous ce double point de vue, perd beaucoup de sa gravité, et l'on est porté à excuser un si grand évêque, qui tout à la fois

Sressé d'un zèle ardent pour le salut des mes, le bien delà religion et l'autorité des saintes Ecritures, et agité par la crainte

de.

et

le

d'être léparé, i omme on l'en menaçait,

l'unité de cette Eglise, dont il avait une

haute idée, se trouble, l'émeut, l'irrite,

justifie par son exemple la réflexion que savant Marcbetli Etere. Cypr., Eserc. 3, i emprunte à saint Grégoire de Nazianxê Son viles tantum et plebetoi, $ed etiampra

ttantissimos quoique liros. Mur/tus interdum altimjit; ut salins Deisit, omniprorsuspeccata (iti/ue nnimi perturbatione vacure. C'étaitdoac une faute qui devait trou-. er sous la faux du martyre une satisfaction surabondante; au lieu que nos adversaires, tant profil pour leur système, la grossissent au point d'en faire une prévarication inexcusable, et de marquer d'une tache ineffaçable celte âme tamsancta, tamque pacata. Nous avons examiné en particulier jusqu'ici l'importance des oppositions principales éprouvées par les jugements du Saint-Siège et ,sans cesse reproduites par les appelants: voyons maintenant dans quel esprit ont été tracées les règles qu'ils nous donnent pour distinguer en général au milieu des oppositions la voix de l'Eglise.

Page 1