‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 18 sur 167 · SLR LES OBJECTIONS CONTRE LE SENS LITTÉRAL · texte numérisé non relu

SLR LES OBJECTIONS CONTRE LE SENS LITTÉRAL

Des vers. 26-28 du chap. XXVI de S. Matthieu, etc., TIRÉES DE LA LANGUE SYRIAQUE.

§ I. On expose l'état de toute la discussion. Il n'est personne, à mon avis , pour peu qu'il soit versé dans les sciences théologi-

3ues, qui ne sache quels frais d'érudition et e génie ont faits les ennemis du catholicisme, pour donner un sens figuratif aux paroles sur lesquelles nous faisons reposer Le dogme de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie. Ils n'ont rien omis pour atteindre leur but; ils se sont servis pour cela de tout ce qu'ils ont pu trouver dans

les trésors cachés des écrivains ecclésiastiques (1), dans l'archéologie des Hébreux (2) et

( I ) Le principal d'entre eux est Aubcrtin, dont l'immense ouvrage ne sacramenlo eucharisties , etc. , fut publié après la mort de l'auteur, par les soins de Blondel. Davent.,1654, i a-fol.

(2) Voyez, entre autres, ïluxtorf, Decœtta Domini, §§ 46, 74, et nesynagoga Judœorum, xn, p. 25 1 ; Whitlry, Hamniond, Leclerc , et autres dans Elsley, ^violations aux quatre Evangiles, Londres, 182i, t. 1, p. 41b"; Kuinoel , commentaire sur les livres historiques, eic. Leipsick, 1816,' t. I, p. 733 ; Adam Clarke , Discours sur l'eucharistie . pi . 50-54, etc.

i l lONSTRATlON l.\ iNGÉMOUI

dans lu langage même des Ivltrei ri qui leur n para propre à appuyer leur k nliroenl. Prendre Ira . rotes contre ions coi enneinii de noire foi . telle n'est pas ma i o lonlé) ti I n'esl pai i>i mon bul ; car tous l< argumenta produits par eux ayant 6lé « I «'* j .• i suffisamment, je ne <li-> pas réfutés, mais même renversés et anéantis, par des hommes non moins recommandables par leur érudi lion que par leur génie . je ne saurais espé rer de donner sur ce sujet rien de nouveau. C'est ce que ne me permet pas non plus le titre de H or œ syriacœ, que j'ai mis à la léle il<> ce livre, et qui indique par lui-même que : ■ dois me borner à traiter de ce <|ui peut servira ('intelligence de La philologie syriaque, ou des lumières que peut fournir cette philologie pour l'intelligence des autres sciences.

Parmi ces ennemis du dogme catholique, il s'en (si trouvé qui ont osé appeler sou leurs drapeaux la philologie dont je viens «le parler, et se la revendiquer comme toute Favorable à leur parti dans la question qui nous occupe. Comme tout le nœud de la difficulté consiste en ce que les catholiques soutiennent que les paroles de l'institution de l'eucharistie doivent se prendre dans le sens naturel et littéral, tandis que les protestants ont recours aux; types et aux ligures , il est tic la dernière importance d'examiner avre tint de soin V usage cl la manière de parler, que nous puissions nous assurer si ces paroles , dans la langue où elles ont été proférées , sont susceptibles également d'un sens fi (juré , ou bien si elles ne peuvent être prises que dans le sens littéral.

D'abord quelques-uns des premiers coryphées de la secte protestante, tels que Calvin, Piccard, Mélanchlhun et autres, ont affirmé de la manière la plus positive que Jésus-Christ (2) parlait hébreu (ils eussent mieux fait de dire qu'il parlait l'idiome araméen); que ce dialecte manque si totalement de termes pour rendre l'idée de figure ou de signe que Jésus-Christ, voulant instituer un symbole de son corps , n'a fu se servir que du mot est. D'où ils infèrent qu'il ne faut voir aucune emphase dans celle expression. et que toute sa force se réduit à une signification douteuse. qui peut exprimer tout aussi bien l'idée de fi jure que celle d'existence.

Dernièrement, en Angleterre, Thomas liai 1well Horne s'est appliqué à reproduire sou. une forme nouvelle les arguments de ces sectaires, dans un livre (3) qui a été reçu

(1) Outre les auteurs déjà cités, coosult.cz encore Welstein, Nouveau Testament, commentaire sur suint Matthieu, p. 319; Lightfoot, now hebraicce, U U de ses œuvres,

11..1 i.,n.i..n, iiîo'a .. toi. i.\. .i.i. ...... . i «: . «■:...

!.. ^i^ , i.irmiMui , nu ic m n <;ii u , i. u ne a, .s m ... i * a,

Rotterdam, 1686, p, 381; Ëicbhoro, ' eberdie SÙKelzungsj forte des liril. ibendmatls, dans sa tUgemeine Biblioiti., t. vi, pp. 789-772. Nous exposerons ses arguments dans la suite.

(2) Yoy. le oonlinualBur de Touraely, que nous citerons pins tard, n Qutkl vi'i Iiiiih i,r idem lue sa ijuoil latine di- M'i'is simiijicat, e\ éo nonuulli, posl Cameronem (in Mvrotbecio) et Leinperenriuul , eolligunl . quod llcbi aeis desil ejusmodi v»x (]ii;e -, amtiftcat exprimât » VVolf, dirai plutôt, et crilica; etc. Baie. ITU, t. i,p r>7l.

'3) Introduction à l'slnd; el a la science critique des saintes ËcI'Uutcs , 5* édition, corrigée, Londres, !$£>;

avec tjn vil enthousiasma par eei coreligionnaires i , cl r imprime plusieurs fo dans un i nui t i tpai • «le temps, il méritait bien en effet ce succès , si Ton considère la vaste érudition de sou auteur et le travail opiniâtre de \ ingl années que lui en a coulé omposilion . quoique cependant il contienne, au sujet d.s catholique ueoop d'assertions fausses el tout à fait in : d'un savant. Voici, entre autres rh comme il parle des paroles de l'insliluliofl de la sainte eucharistie :

a Si les paroles de l'institution de l'eucharistie eussent été prononcées parJésus-t hrist en anglais ou en latin, il \ aurait quelque raison de supposer que notre Sauveur v <îii lait qu'elles lissent prises à la lettre: mais elles furent prononcées en syriaque . idiome

dans lequel, comme également dans les langues hébraïque et chalaaïque, il n'j a point de terme propre pour exprimer I i fier, de représenter cl d'indiquer. D'où il résulte que nous trouvons la phrase hot si souvent employée dans les saintes Écritures pour dire / présente ou signifie. Ainsi dans li Genèse, » etc., etc. Il apporte ici en preuve «les exemples si souvent allég puis il continue en ces termes : 11 est i n core digne de remarque que nous possédons une version complète.' des Evangiles en langue syriaque, qui date du commencement du second siècle, sinon de la fin du premier; i ' il est probable qu'elle contient les pai mêmes qui furent alors prononcées r x trc-Seigneur. Le texte grec des versets du chapitre XXVI de saint Matthieu rend mot à mot ces paroles , et il n'esl personne même aujourd'hui qui , voulant s'exprimer en syriaque, employai auprès du peuple dont cet idiome est la lingue naturelle d'autres termes que ceux dont il s'agit, c'est à-dire: Ckci est mon corps : et , Ceci est mon pour dire Ckci représente mon corps el représente mon sang » (2).

ouvrage ou quatre tomes , imprimé en caractères lins . et enrichi de plusieurs spé ment de manu ê linons

rues; il contient toute une introduction critique, et herméneutique, générale el spéciale, aux deux Testaments.

(.1) Voyez, Bibliothèque biblique, Edimbourg, p. 211.

(-2) Home traite de l'interprétation des figures conte nues dans les sainis livres , et eile li s ; aroles de INostitulion de l'eucharistie comme modèle des qui ne

doivent pas être prisa la lettre : parce que , dit-il , prises dans lé sens littéral, elles seraient en opposition avec l contexte, avec les passages analogues el autres de ce geun . Voici les paroles mêmes de Horne, que j'ai lâché de rendre le plus Ùèletnenl possible, telles qu'on les lit d

- : t If the words ol institution liad bceu Bpokeo : nii/lisli or latin ai Drst, there might nerhaps havi some' reason ftfr sunposiog that ourSaviour meanl to be literally underslood. Uni ihev were spbken in ayrî c . which, as well as in the bebrew and chaldee i there is no word, which expn sses lo signjfy, dénote. Heoce it is Uiat we lind the expression it û, frequenlly used in the saered Wrillngs for it repn i

signifies. So in Gènes It is lurthcr worthy ol remart .. .

tbal we bave i complète version of tl - in tli •

syriac language , which was executed ai tbeeomuieixv incnl ofthe second, if not al the close ol Ihe Brst, ceniun:

and in lliem il is probable thaï we Il ve Ihe pi. cise ffi'i s spoken by our Lord in lltis <*i Uie pass

M: nili XXVI, 20-38, Ihe ; i eV is a verbal translation, >*>i would ai) mau even in ihe présent day, speaHug io Uiu

I!Ori.£ SYMAC/E.

Iff

Ainsi, d'après tous ces écrivains, nous ne pouvons déduire aucun argument en noire faveur des paroles de l'institution, puisqu'elles ne nous offrent qu'une phrase équivoque qui peut se prendre également en deux sens diamétralement opposés, et que même, en la comparant aux autres phrases de même genre, celle-ci est favorable à leur opinion. S'il en était ainsi, ils ôteraient aux catholiques cet argument, le plus solide certainement de tous, qui semble résulter tout naturellement de la force intrinsèque de ces paroles si claires.

Il est certain toutefois que ce mode d'argumentation ne peut servir en rien la cause de nos adversaires; tout ce qu'il en pourrait résuller,c'esl que, pour interpréter cette phrase équivoque, il faudrait recourir aux autres moyens que fournit pour cela l'herméneutique ; il faudrait considérer ce qui a précédé ces paroles , ce qui les a accompagnées et ce qui les a suivies ; rattacher ensemble teut ce qui a été écrit sur cette matière (1) ; examiner attentivement les passages analogues (2) s'il en existe; et, sans parler des autres, rechercher ces antiques traditions des Eglises, qui, coulant par tant de canaux divers , qui tous cependant dérivent de la source commune des apôtres, s'accordent toutes, dans tous les lieux de l'univers, à reconnaître qu'il faut s'attacher au sens naturel et littéral des paroles dont il est ici question. Mais c'est là l'affaire des théologiens; pour moi, je ne suis ici que philologue. C'est, à mon avis, la meilleure tactique guerrière, que de ne pas seulementéviter les traits de nos adversaires, mais encore de les retourner centre eux : ne nous contentant pas, appuyés comme nous le sommes sur la force de la vérité , de mépriser comme impuissant et incapable de nous nuire leur glaive déjà tant de fois émoussé contre les catholiques, mais le leur arrachant même des mains, el le faisant servir contre eux et pour leur ruine.

C'est pourquoi j'ai pensé que ce ne serait pas un petit avantage pour la cause que nous défendons, que de me revêtir moi-même des armes dont nos adversaires se glorifient avec tant de jactance, et de me présenter ainsi sur la brèche. J'essaierai donc de réfuter, par la langue syriaque, les objections qu'ils tirent du génie de celle langue contre <e dogme catholique; je prouverai même que le génie de celle Unique, tious est ici de tout point favorable; pat là je procurerai aux théologiens, absorbés par d'autres études et d'autres soins, ce secours philologique, quel qu'il puisse être ; et j'exciterai el encouragerai ,

tame tanguage , use, amoug tbc peoplc lo «boni il was veruacular, other ternis to express, Tins reurcscnl mu budn, abd ihh represent nui bluud. » Par. il, ch. o, secl. 1, t. il, p. 890.

(I iSainl Jérôme, sur saint Mallliieu, I. IV, au cliap. T6, lit, do Vcniso, tTiW, t. vil. part. I, p. 203.

(21 lîcouli / \\ oit s'exprimait! ainsi, aur raison, après les paroles citées pins liant: «Sed \ i<i<- llaclespanium qui inhi i nctera observai, si vel maxime iil largiamur, negari non pos e Grcecot hubere ejusniodi veibum, tjuo evaoga hsia' un [xHuisscnl , si quidem ea verbi Uni notlo '

CSSOt. »

autant qu'il est en moi , le zèle de ceux qui parcourent la carrière des sciences sacrées à se livrer à l'étude des langues orientales , si négligée el presque entièrement oubliée parmi eux.

§ II. Des raisons apportées déjà par d'autres, pour détruire cette objection de nos adversaires.

L'auteur des Additions faites aux Traités théologiques du savant Tournely (1) a entrepris de réfuter l'argument des anciens sectaires que j'ai cites ; mais, si je ne me trompe, ses efforts n'ont pas toujours élé heureux : étant, comme le lecteur s'en aperçoit aisément, complètement étranger aux langues orientales. Ainsi, pour prouver la fausseté de l'assertion faite par les hérétiques : qu'il n'y avait aucun terme dans la langue parlée par Jésus-Christ pour exprimer l'idée de figure, il cite, d'après le lexique rabbinique de Buxlorf, le mot horaah (n.sTin) comme voulant dire signifié ou signification (2) ; mot au moyen duquel, dit-il, le Sauveur aurait pu s'exprimer ainsi : Sch horaah guphi ('Si;, ntmn nYI Îttj. Mais je doute do la solidité et de la légitimité de celte manière de s'exprimer : car le terme employé semble plutôt indiquer la signification des mots ou des phrases, dans le sens grammatical , que dans le sens de types ou symboles. C'est ce qu'on peut conclure tant d'après les autres interprétations de ce mot données par Buxlorf, que de ce qu'il paraît évident qu'il le prend uniquement dans le sens de signification et de signifié (3).

11 n'a pas élé plus heureux en citant, aussi d'après Buxlorf, le mol dugma ( NQaTT) , qu'il déduit, après Cuidon, du grec U-jim, lorsque la signification de ce mol et l'autorité de R. Elie (4) nous apprennent à le rapporter au mot tay/we. Mais , autant qu'on en peut juger d'après les exemples allégués par Buxlorf, il p irait certain que ce mol ne peut nulle part se prendre dans le sens de type ou de symbole. Après cela il cite deux mots syriaques auxquels il attribue, sans aucune raison solide, la vciiu d'exprimer l'idée de figure. Le premier est ramas, qui, comme il a soin d'eu avertir, est traduit dans les lexicographes protestants Schaaf cl Lcusden par les mots annuil , innuit, indicavit, designavil, il fit signe, il indiqua, il désigna (5); d'où il y attache aussi le sens de désigner symboliquement. Si ce savant eût lu, dans le lexique que nous venons de citer, tout l'article concernant le mol en question, il y eût trouvé certainement annuil designavil ahqiod,ocu

(t) Edil. de Venise, 1703, t. VIII, p. ii.

(SlBuxlorf, Lexique chald. tic, col, 'J.si.

(5) C'est-à-dire en comparant la col. llol , nu on lu e.îci : « Dans les rabb. n 2b veut dire locution , manière de parler, terme signifié , signification d'un terme , » avec la col. i Gô5 , OU il dit que le mol rr; vuul dire iiijnilié,

signification , wu il'un mol. Voyez encore la col. 961.

(i) D'après Buxtorf, ibid., col. 50Î.

(.'i) Lexique syri ique concord., 1M0., 1 ar Charles SrhiisJi Edil. secunda, Leyde, 1717, p. :>'iô.

DÉMONSTRATION ËVANGËLIOI E.

t%itmanibus,pedibu$. Kl en effet, les passages

OQ ce mot se h! dans les saint» >| l.t ri! lires ne

f»fu \ «-ni comporter un autre seni que eehrfà; ci il n'est point <iie , p;tr Bchaaf ou par Caslell, d'exemples où il doiveétre autrement interprété (1).

Il n'a pas pluj de succès par rapport an mot tchauda, qu'il cite en second lieu et

qu'il rond par nunt uni/, sii/ni/iinrit , minuit, signum (ledit, il annonça, il signifia, il indiqua, il fil Signe (2). Or tout ce qu'on peut «lire relativement au sens dans lequel on doit prendre ces interprétations, c'est qu'il est certain que la signification de repréienter les choses par des symboles n'a été confirmée jusqu'ici par aucun exemple de la part des" lexicographes; d'où il suit que c'est sans autorité suffisante qu'elle a été attribuée au mot en question.

De tout cela il résulte clairement que l'auteur dont nous parlons , pour n'avoir pas connu la langue syriaque , n'a pas réussi comme il eût été à désirer, en citant deux mots auxquels ne convient pas la signification qu'il leur attribue, à s'en tenir aux exemples apportés jusqu'ici. Cependant il est arrivé, par bonheur ou par hasard, qu'il ne s'est pas beaucoup écarté de la vérité : car je me fais fort, soit dit sans envie, de montrer tout d'abord que cette signification convient à ces deux termes; et cela par des exemples très-clairs, tirés des auteurs syriaques les plus classiques. On voit assez par là combien il peut arriver aisément que des hommes d'ailleurs fort érudits , voulant résoudre ces sortes de difficultés philologiques sans avoir une connaissance suffisante des matières qu'ils entreprennent de traiter, tombent dans l'erreur.

§ III. Les arguments de notre adversaire peuvent lui nuire à lui-même.

Quelle est la langue dont Jésus-Christ et ses apôtres se servaient dans leurs entretiens: c'est une question qui est encore pendante au tribunal des philologues; je conviendrai cependant volontiers (3) avec Home que, dans leurs rapports familiers, et surtout dans la célébration des rites sacrés, ils cm-

(I) Ex. gr. saint Luc,!, Gl; V, 7; saint Jean, Mil, 21, eic.

(2) Lexique syr. p. 231. Scliaaf a transporté à yeux clos ces significations du lexique de Caslell dans le sien: et, malgré tonte la bonne opinion qu'il avait de sa connaissance de la langue syriaque ( consultez sou discours académique sur la science des langues orientales et des connaissances qu'il avait de ces langues, Leyde, 1720, p. 10], et quoiqu'il ait compose: certainement un très-bon lexique syriaque du Nouveau Testament, si on le considère comme concordance, il ne |aiali pas cependant avoir été très-profondément versé dans l'étude critique de celle langue. J'en parlerai

plus au long dans une autre dissertai ion : en attendant, écoulez le jugement qu'en i parié »» homme assurément fort érudit, quoique les catholiques n'aient pasa s'en louer beaucoup: «Quaul acequcvousmttdResdes&tresstft'iaa^tis, attribuées a Charles Scliaaf, elles me plairaient davanl ige, si je connaissais moins la simplicité et l'oUpwra de Scbaaf.Je sais que c'est un lion homme , mais qui est bien moins habile dans la langue syriaque qu'il ne le vent paratlre. i Trésor épistol.— La Croix, t. m, p, 281. Voyez aussi Udd., p 53.

(3) v oyez là dessusr.ApH ndtee plne a la Bo de cette dis- •ATiaiiou, sur la langue du Christ et des apôtres.

io

ployaient l'idiome sraméea ou sjro-ehaldalque. Que Borne prenne don. bien garde de ne pas admettre trop Facilement des ivriasines en expliquant des termes grées! où at-il donc pris qu'il faille traduit i iqn«

une phrase asseï claire et évidente par ellemême, ÇOmme celle dont nous parlons, pour

en saisir le \rai sens? Que d erreurs on i ainsi commises dans l'interprétation des lirres sacrés, par celle manie perpétuelle de recourir à des syriasmes.dans des choses qui n'exigeaient nullement ce mode d'< xpli ition l I Que de mots et de phrases avaient élé taxés de svriasmes ou d bébraYsmes par les anciens critiques, que le génie et le zèle des critiques modernes ont retrouvés dans les auteurs i les plus accrédités ! Si Kvpke a pu dire a\ec vérité que l'ignorance de la tangue grecque a fait commettre aux élran-

(i) (Jmconquc est tant soil peu versé dans les écrits des Inlilisles modernes en aura sous la main nulle ex. Personne n'a lait davantage intervenir les syriasmes dans rinterprétaUondeslivressaintsque Bollenius, oui daussa tradui non allemande , met i resque en t rincu ê qu'il but traduire le texte grec en syriaque pour en saisir ] table sens. (Voyez Eichboro AUgemeine Biul t \ ,, 518, 519.) C'est ainsi pareillement que Paulusius et les interprètes de son école ont cherché à Taire dispai dire presque tous les miracles de Jésus-Clirisl, usant pour cela entre autres moyens, de ce recours aux syriasmes Citons comme un exemple des plus récents Hen. Christ Hein -

Voyez Ephémérldes excgclico-tliéologiques Gissa ,1821, p. S6.), qui, en parlant de Jésus mardumt sur te lue de Galilée, et voulant | rouver que le Chrisi t ce lac sur une barque, mais trouvant que h» ,,.,,.

saint Jean nfonrim W t*. -.*,*.,?,.. W , [S, porUiec

hypothèse uu coup fatal, a recours a un bébraïsme Vovaul eu effet que le mol nf««td, est rois par les interûrèies alexandrins pour I hébreu N"2 efpn , et se dit d.

s,?a.UI,' •'' .en conc,ul <lue «■»* Jean a pu employer san« difficulté le verbe -,,-.,-,. dans le sens demnigalion Mais d ne vit pas qu il était le j met d'un hébraisme i lus spécieux que solide. Car, quoiqu'il soit dit dans les Lcntures que les vaisteuux et les jwissons mare/lent d.ns la mer (selon la version donnée par les interprètes "reé et latins) il n'est point dit , que i« sache, que «eux oui sont portez sur des vaisseaux marchent dans h mer f> sainl Jean ne dit pas qu'un vaisseau marchait sur la mer ' mais bien que c'était Jésus qui marchait ainsi sur les eaux de la mer. Que si ce premier sens même vous mr-.i vous trouvez chez les Latins un exemple de ce irenre nui vient parfaitement à notre sujet. Voici comme citon narle d une terre qu'il était question d'acheter : «Oppidum vali dumprope slet,aut marc, aui anuris, qua navrs ambulant , qu elle soit située auprès d'une place forte où les v i.sse-.ù» irarclieiit sur (narcourenl) la mer ou un fleuve f / <• / . ritst., c. 1, dans le t. I des écrivains ne ,:f r, y \ ITSÔ, p. 10). Mais de ce que les Latins, non moiiîsqueles Hébreux, disent que les vaisseaux marchent au mer, personne ne s'avisera d"applj nier la même phrase à ceux qui sont portes sur des vaiss-aux; aussi l parle-tilde la manière la plusemnRatim squaiid

il dit qu'il tniarcha a travers les mers . qU'j| , anxNirui la terre en bateau, Haria wubularil, terrant narioarù . quoiquil parle du passage de TH. Ileapoiu, effectué, com.ùe OS le sol. sur un | . ni de liateaui

(2) C'est-à-dire I! sius, VI i r, w, tstein, BanheL Kv ke

I.lsner, etc. l'our en citer un seul exempl \ discourant sur le mol wa, dont le sens est tomafail cl or

en soin Mallh. XXIII, 15, a recours a un béhraisme • . li

a plu, du-il, ii l'écrivain sacré d'employer le mot

de lui imposer une signifloUon nouvelle. Celj est r enu du

mot hébreu rrer ; et il conclut en disant qu'il n'est | 3S reçu chez les Grecs de prendre ce mot dans ce sens-b i ( ommentaire de Jean Vorslius sur les Lébraisn [Nouveau I. si., ,,1,1 Ajustent., 1683, t. I.cli i p 20) Si vous consultez Kyi.ke (dans l'ouvrage que nous cilert.i.s bientôt, 1. 1, p. lij|, vous trouverez un nouvel exempl,' de ■ e mot eui| lo.e dans le môme sens par Stnhna et un autre qui >• i beaucoup d'analogie

HORiE SYRIACjE.

yers beaucoup d'erreurs dans V interprétât ion des livres du Nouveau Testament (1) , nous pouvons ajouter, avec autant de raison, que l'ignorance de la langue araméenne a plus d'une fois entraîné dans l'erreur ces critiques, au nombre desquels il faut compter Home , en attribuant aux termes et aux locutions en usage chez les Orientaux une signification qui ne leur convient pas.

Si donc, par rapport aux passages dont il est ici question, l'argument de notre adversaire est solide , qu'il prenne garde qu'en interprétant les autres il ne se soit , comme on dit vulgairement , préparé une croix à luimême. Bien des fois déjà les défenseurs de la doctrine catholique ont fait remarquer que les anglicans ne sauraient guère produire aucun argument contre la présence réelle de Jésus-Christ, que les sociniensne puissent, avec autant de raison, retourner contre eux (2). C'est ce qui arrive aujourd'hui , si je ne me trompe, à Horne. Car s'il est vrai que l'idiome araméen, qui était, selon lui, la seule langue que les apôtres eussent apprise dans leur enfance, ne possédait aucun terme pour exprimer l'idée de figure , et qu'on se servailtoujours du verbe substantif pour l'exprimer; on pourra dire, avecautantdc raison, qu'ils ont introduit le même usage dans les écrits qu'ils nous ont laissés en langue grecque. De là viennent en effet tant de syriasmes dans le Nouveau Testament. Des savants ont reconnu, après un mûr examen, que les apôtres en écrivant en grec ont employé beaucoup de mots dans le sens où les termes qui leur correspondaient dans leur langue maternelle se trouvent pris quelquefois (3) : c'est ce que m'apprend Horne lui-même. Il dit en effet que la raison qui a porté saint Luc et saint Paul, écrivant en grec, à employer est pour Tà significare , pour signifier , c'est que, dans la langue syriaque on ne trouve aucune expression qui rende celte idée (k). Si l'on admet une fois cela , qui pourra mettre un frein à la licence des interprétations ?

Qui ne sait, par exemple, quelle force,

( I ] Observations sacrées de Georges Dav. Kypke sur les livres du Nouveau Testament. Wratisl., 1733, t. 1, préf. p. 7.

(•2) Voyez les traités du savant Jean Lingard , occasionnés \mr la publication, etc. Newcast., 1813, pp. 52elsuiv , 01 336.

(•3) Je dis les protestants, parce que je parle ici à un protestant. Louis de Dieu ( préf. a une gramm. de la langue hébr.,syr. etcliald., Francf. 1680] , s'exprime ainsi : « Les auteurs sacrés ont conçu ou pensé en syriaque Ce qu'il.* ont écrit en grec. » — Piulusius, ( kritisches Kominenlar, etc. T. Il, p. 413) : « Nahm elwa.... der griechisi h redende Araniseer das griecliischc Won selbst in ebender Ahsdelrnung , vie das ihm augewohiRo aramicisclie» , c'est-à-dire : Peut-Être qu'un Araméen uu Syrien parlant grec a pris le mol grec dans un sens aussi étendu que celui qu'avait le mot araméen dont il avait coutume de se servir. — Voyez aussi Ernesti (Inslit. sur le N. T., 5* éd., LiMps.,180!), p. 87): Eiciiborn et Schaaf , (aux endroits cilcs à lu 5' note du § I , et à la 2' note de ce § ci ; Michaëlis, Inirnd. au IN. T., traduite en anglais par Marsh, 4' éd. 1-orid. Ittt3,l. I, p. 126; Adler, Explication de quelques termes de saint Matin, cl de saint Marc, employés selon le génie de la langue syriaque, etc. Havn. 1781, p. 4; consultez aussi Thèse suriM Hébrawnes de suint Matth. Lipsal, 1191, p. 2. J'en omets une infinité d'autres.

(4) A l'endroit cité, où, parmi les exemples que j'ai omis, il en cite plusieurs tirés de ces deux évangcliste.s.

quelle emphase les anglicans eux-mêmes attachent à cette phrase de saint Jean , @sit i'N 6 Jiyos, le Verbe était Dieu 1 Qui peut ignorer quels efforts pénibles n'ont pas faits les ariens et les sociniens pour éluder la force de ce texte! Avec quelle chaleur Pholin (1) et d'autres après lui ont soutenu qu'il fallait séparer du premier membre de la phrase le mot ô Uyo;, et le joindre à la phrase suivante, tandis que, d'un autre côté, Crellius prétend qu'il faut lire 8eeû (2), de Dieu, plutôt que e«éj, Dieu : par la raison que la force du mot i'n les incommodait si fort I Comme Horne a bien servi leur cause , si ce qu'il dit est vrai, savoir: que saint Jean faisait usage d'une langue qui ne possède aucun terme propre à exprimer l'idée de figure; et que , même aujourd'hui, pour me servir des termes de Horne, si quelqu'un, parmi le peuple dont cet idiome est la langue maternelle, voulait exprimer que le Verbe est l'image de Dieu, il n'emploierait point d'autres mots que ceux-ci , Le Verbe était Dieu! De là vient, comme je l'ai déjà dit , qu'en écrivant en grec , saint Jean aurait employé la même phrase , aussi bien que saint Paul et saint Luc , pour la raison alléguée par Horne. De là aussi les sociniens peuvent soutenir, avec autant déraison, qu'il ne faut voir aucune emphase dans le mot n N; citer aussi comme parallèles et analogues tous les passages apponés par Horne ; et de plus, ramasser ensemble tous ceux où le Christ est dit formellement et expressément limage de Dieu , comme expliquant clairement celte formule ou phrase douteuse et équivoque (3) 1 Voilà comme Horne , en cherchante combattre les calholiquespar son argument , fournit aux ennemis les plus acharnés de son Eglise un nouveau trait, qu'ils doivent retourner contre lui et les siens I

§ IV. — Non seulement la langue syriaque ne manque pas de termes pour exprimer l'idée de figure ou de symbole, mais elle en apeutêtre plus qu'aucune autre langue.

Mais il s'agit ici d'une question de fait. Ou bien Horne ignore complètement la langue araméenne [h) , ou bien il veut en imposer

(1) Saint Aml>roisc dit : « Scindil vestimentum Puotinuî. cum legil : lu principio cral Verbimi . et Verbuin cr;t a|.ud Deum et Dcus eral. Inlegrum enini vestimentum esi si legas:Et Deus erat Verbuin. >. In Protem, Lue. éd. Rom. 1579, l. m, p. S: E. — De même l'auteur des Questions sur l'Ancien et le N. T., à l'appcu'il. du t. III des OEnvres de saint Ang., éd. Maur., Paris, 1680, p. 82.

(2) Consultez Je'au All>. Beugel ( Appar. crit. p. 214 ) ; Chr. Ben. Micliaëlis ( Traité critique J)c variis lecl. N. T. COUte collrg., § Il , p. 18) et Wetstein sur saint Jean, I, 1.

(3) Voyez II aux Corinlh., IV, 4; et aux Coloss., I, 15.

(4) Quoiqu'il | aile souvent de l'utilité de cette langue et des autres, il ne montre jamais, autant e,uc je puis m'en souvenir, qu'il les sache; au contraire il n'est pas rare qu'il commette des méprises en ce genre. Ainsi, t. i, p. 221, il dit (pie « Jérusalem est appelée quelquefois kadcsli ( en hébreu kcdusclici, et en syriaque kcdullia) , ou nainle, ce qui correspond au cadi/ti d'Hérodote. » Mais quoique les Syriens Changent Bouveutle V7 des Hébreux eu Uni, jamais cependant ce changement n'a lieu dans le mol dont il s'agit lui; c'est ce que les plus novices dois ces langues doivei.t savoir (Consultez Jahn, Einleitung in die gotll. llu< lier dts

DÉMONSTRATION •".'. w.l'.l

avec mauvaise fui à ses Ici leurs. J'aime mieux m'en tenir à la première hypothèse; mais je crains bien cependant qu'on homme <j u i se prononce d'nne manière aussi tranchante sur des matières qu'il ne connaît pas, n'encoure même alors nécessairement le reproche «if mauvaise loi. En effet l'idée de tymbole se trouve quelquefois exprimée dans les saintes Ecritures; et comme nous en avons, ainsi que le «lit fort bien noire adversaire, une version syriaque, il faut que celte idée s'} trouve rendue au moins de quelque mat mais si elle y esi rendue de quelque manière, il y avait doue des termes, dont Jésus-Christ pouvaitseserviren instituant l'eucharistie (1). J'avoue toutefois que, si on consulte les lexiques syriaques, on trouvi ra peu de mois de ce genre qui expriment l'idée de lype, et ceux qui s'j trouvent cités ne sont guère appuyés par dos exemples satisfaisants, Il \aul donc mieux recourir aux auteurs mêmes qui passent parmi leurs compatriotes pour avoir le plus purement parlé et écrit la langue syriaque (2;. En consultant ces auteurs , j'espère , non-seulement réfuter d'une manière victorieuse et invincible l'argument de notre adversaire, mais j'ai de plus la confiance qu'en déterrant des trésors là même OÙ il ne voit qu'une extrême indigence , je ferai apercevoir aux philologues orientaux combien est encore imparfaite la connaissance de celte langue, si l'on s'en tient aux ressources que nous avons entre les mains.

Voici donc un spécimen de plusieurs mots qui manquent dans les meilleurs lexiques ; en le composant, je ne me suis pas proposé de ranger dans un meilleur ordre les significations qu'ils donnent ; je n'ai voulu que suppléer, dans les mots qui signifient figure, les significations nouvelles que j'ai décou-

A.T., 2"" éd., t. I, p. 2(12). Je pourrais peut-être m'ex| rimer d'une manière plus sévère sur la science tiébraïi|Qe Je llonie, s'il lu fallait ; car il contient dos erreurs dont je ne saurais m'ex| tiquer la cause, si elles ue proviennent I ;.s do l'ignorance de la langue sacrée.

(1) Ainsi, Ep. aux Romains, V , H, Adam est appelé le (i/pedu Christ a venir. Dans ce passage Scbleusner (Nonveau Lexique grec-latin sur le Nouveau Test. , 4™* éd., i. u, p. 117,"), voudrait traduire le mol »»« par ressemblance, siiitilititdiiicm; mais consultez Théopbylacte, en cet endroit. Ainsi encore on trouve inceSuipa, ép. aux Hébreux, VUI, ">. et IX, 25, où If contexte montre évidemment qu'il veut dire symbole. Dans tous ces passages, la version syriaque sim; le se sert d'une expression à laquelle je démontrerai plus complètement que cette si ;n Bcalion appartient.

(2) Jacques, évêqne d'Êdesse , nomme les principaux d'entre eux (Bible orient. d'Asséutaui , i. I, p. 475] :ce s ml S. Ephrem, Jacqui s de Sarug, Xenaja | Pbiloxèue) ci d'autres encore, auxquels il (aut assurément ajouter Jacques d'Edcsse lui-même, auquel appartient la gloire d'à» voir rendu ii la langue sou ancienne [.urelé (//>/</.). et Grégoire Barhébrams, qui ne le cède h aucun des grammairiens syriaques s'il en esi qui craignent que ces éeri- \ ains ne rendent témoignage que de l'idiome syriaque plus moderne, qu'ils fassent attention que Borne eu appelle a ceux dont il i si la langue maierui lie, et que d'ailleurs les tingnes orientales ue changent p:is aussi facilement que les uAlres : t Das Syrische in der Pesctiiloaus i nu 11 Jalir-

rte, ist von dem Syrisclien des*Abulfarag «idei Bar-

liuhrsus, m dei Uill fer zweyteo 11. d le des Mil Jahi -

liunderts nlcht verseliiedcu , » c'esl-a-dire. Le syriaque l'i Bctaîto (le la version simple) du second siècle nui iltere

• ■u nen du syrlaq l'Ai ml fa un c ou de Rarhébreus , qui

rlatc du milieu ou de la Un di ecle laun, ul»i

snp . i ■ -'' ,;

SI

< uvcrles , « i i mtcui s que i ,

remarquées dans l< - significations déjà ttoucimen d'un tuppléuienl aua I. •■ ,

sv. /i. Dan an expUqt

mois syi laques qui expriment l'idée de lype et de figîare, M cite dans leur propre idiome ces mots auteurs syriaques où ils se trouvent enq sens. .Nous avons cm devoir les reproduire en bétM ci en italique, 1 1 ui nielli e, autant qu

• l olal de suivre l'illustre auteur d;ias les discussions. M.

I. Oto, KTttt.Ce mot suit exactement les significations du mot hébreu r*s: il ne faul dont pas s'étonner qu'il soit employé dans le sens

de type (t). Ainsi saint Ephrem , dans une explication mystique des animaux qu'il était détendu de présentera l'autel, dit, en parlant de celui qui avait les oreilles mutilées, qu'il était un tymbole expressif de la désolN isance (2). Consultez encore un autre passage de ce Père, t. 1 , p. 201, F.

II. Badeq, pn. Dans les lexiques on attache à ce mot l'idée d'indiquer, d'annoncer, etc. ; ajoutez-y de plus celle de représi »U r symboliquement. Nous trouvons à l'appui de ce dernier sens les exemples suivants et d'autres encore, tirés, comme ils le seront presque tous, de saint Ephrem. Le bouc, dit-il, qui était immolé, après que l'autre avait <:t<: envoy

le désert, représentait UChrist, qui est mort pour nous (3). La seconde pâque célébrée par les Israélites dans le désert était le type de cette pdi/ue parfaite qui se célèbre dans la rie future (i . Si l'on veut consulter un plus grand nombre de passages , on n'a qu'à parcourir le t. I des OFuvres du même Père, pp. 230 . F ; 238 , B ; 237 , E ; 2G7 , K ; 283 . !•: et F; 289, F.

lU.Dmo.vecn, Les lexicographes disent que ce mot a la propriété d'exprimer l'idée de ttiM*< li tude ou ressemblance; quelquefois même il indique une ressemblance qui renferme l'idée de type. Ainsi saint Ephrem, dans son explication symbolique des animaux qui étaient déclarés non propres aux sacrifices, s'expiime en ces termes : L'animal auquel on a coupé la queue représente un esprit toujours contentieux (5 . On le trouve employé dans le même

(1) Home prétend que la langue bébraîque n'a p terme pour exprimer ridée de symbole. Ji '"ter

par lui même, et c< la très-brièvement. En effet, il cite le \. 10 du cli. xvtl de la Genèse , comme un passage où le verbe est est uns pour symboliser ou représenter. D déclare à Abraham que la circoncision est son allian , esi-a-due le symbole de son alliance avec lui, VCD Tn* . Or, dans le verset qui snii immédiatement, il esi eu qu. la cii concision est TPTa TON: les deux pbraa - MM tout j l'ait semblables; et si, dans la première, le vertu i e.iieiidu. est mis pour syml

I.- mot ITW doit vraiment signifier symbole ! Consulta ibid., I\. I-. elc. Dans les m du uicmecha-

I me eues pu' ll>n:>'. 00 ne trouve absolument rien, rj ,,u - syr de S. 1 i breni, t I, p î\~ I ■ \

(:;\ y - l phrom.t. I, p .... i .

IlOIi.E SYKIACjE.

sens dans le môme autour. T. I , p. 243 , B.

IV. Dmuto, timon. Parmi les diverses significations affectées à ce mot dans le lexique de Castcll, se trouve celle d'imagination, sans aucun exemple à l'appui. Peut-être cependant répond-elle à la signification attribuée à la racine d'où il dérive , par Michaclis , d'après Jér. X, 7, conformément au lexique chald. de Buxtorf. On en rencontre un exemple dans saint Ephrem , 1. 1 , p. 209 , F , où il prononce le nom de ulcères imaginaires, ou qui n'existent qu'en idée; peut-être serait-il mieux de le traduire par apparences.

Ce même mot se trouve encore employé chez les philosophes et les théologiens dans le sens de forme, qui lui est naturel dans les écoles. Vous en trouverez un exemple dans un poème de Sulaca, cité par Assémani(l).

Enfin il répond exactement au mot grec t'jxo;, et veut dire par conséquent modèle: c'est ainsi qu'il est employé au livre des Actes des apôtres, XII, 44 , où il est question de la construction du tabernacle sur le modèle montré par Dieu à Moïse; et même aussi, type: j'en ai donné plus haut des exemples tirés de la version du Nouveau Testament. On le trouve également employédans ce même sens en divers endroits des auteurs syriaques. Ainsi , par exemple : Sitnéon et Levi étaient des figures du diable et de la mort (Ephr., t. 1, ;>. 112, F). Afin qu'ils eussent de la vénération pour le tabernacle , parce qu'il était la copie ou la figure du tabernacle céleste [Ibid., pag. 223, E). C'est ainsi que parle saint Ephrem : consultez aussi le t. I de ses œuvres, pp. 208, G; 231, À; 254, B.

C'est ce queconfirme Jacques deSarugdans son passage, que nous (itérons plusieurs fois dans la suite (In Levit. XIV; OEuvrcs de saint Ephrem, 1. 1, p. 243) ; il faut ajouter encore Marulhas, évêque de Tangrite, qui florissail au commencement du cinquième siècle ; je «itérai en entier plus tard le passage de cet écrivain , auquel je fais allusion, parce qu'il parle expressément de la présence réelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, et qu'il suffirait seul , quand tons les autres manqueraient, pour réfuter Horne ( Voyez §7).

V. Dumio.itïiyn.Ce moïse Irouvedans la version Peschilo, Ep. aux Romains, II, 20, employé pour le mot grec p^u*», cependant il parait signifieraussi symbole. C'est ainsi qu'on le trouve employé par saint Ephrem dans le troisième sermon De Margarita, de la Perle, dont il fait une figure de \nfoi (OEuvres, t. III, p. 154, F). Voici donc en quels termes il lui adresse la parole : Votre humilité a reçu la couronne, symbole du Fils (de Dieu).

VI. Mdamiono, N3*DTQ, Ce mot est traduit par assimilant, comparant, dans le lexique de Caslell. sans citer d'exemple à l'appui. J'ai rencontré deux fois celle expression ; mais il paraît certain par le contexte que, dans les deux c is, elle désigne une personne ou une chose qui est la figure d'une autre. Ces deux passages où je l'ai trouvée, sont d" Jacques

CU Bible oricnl , i. I, |i. 5»0.

d'EJesse,qui dit que Rebecca alla trouver MeU chisédech, prêtre du Très-Haut, qui était le type et la figure du Messie (Ibid., 1. 1, p. 173, D). Un peu plus loin on retrouve encore ce même terme (sous la lettre F) dans un endroit où sa signification ne saurait être douteuse.

VII. Hhavi ou Hhavè , vm ou Nin. Les lexicographes n'assignent pas d'autre signification à ce mot que celle d'indiquer et d'annoncer ; il serait plus juste de lui assigner celle de montrer d'une manière quelconque, non-seulement par des mots, mais même par des choses , tellement qu'il désigne aux fidèles les choses qu'ils ont sous les yeux. La difficulté pour moi n'est pas tant de produire des exemples de celte signification que de les choisir parmi le grand nombre que j'en ai recueilli. Ce terme en effet revient si souvent, que j'ai tout lieu d'être surpris qu'il soit traité si légèrement par Caslell, ou du moins qucMichaëlis,qui a fait ici quelques additions au lexique de Castell , ne se soit pas plus étendu sur celte expression.

Jacques d'Edesse, en expliquant la liturgie, se sert de ce mol pour déclarer que le prêtre, à l'élévation de l'auguste sacrement, le montre (Assémani, Bibl. orient., t. I , p. 483) au peuple. Il l'emploie dans ce sens en plusieurs circonstances (Ibid., p. 485, au haut, vu il se trouve deux fois). Il en est de même de saint Ephrem, qui s'en sert pour exprimer l'action de désigner du doigt une chose (T. I , p. 241, E) ; Xcnaja de Mabugen fait de même (Dans le. traité de la Trinité et de l'Incarnation. Assémani , Bibl. orient. , t. II , p. 21 ).

De cette signification il en naît tout naturellement une autre , celle de désigner typiquement une chose ; et il est pris en effet dans ce sens en plusieurs endroits des auteurs syriaques. Ecoutez saint Ephrem : L'encens mis sur la -gerbe (manipulo) désignait le mélange (commixtioncm) (1) de sa divinité avec son humanité (2). Ces animaux (les animaux déclarés impurs) représentaient ceux qui corrompent le cœur des autres (3). Je pourrais en citer d'autres exemples tirés des écrits du même auteur. T. I, p. 222, D ; 229, B ; 230, E ; 231, A, D; 232, A;233, A, C;23G, D;2W,F;255. A:2G1,D; 283, E; 290, A, F. -On peut citer encore Jacques d'Edesse, qui, prenant dans un sens allégorique tout ce qui concerne le sacrifice d'isaac , dit, entre autres choses, que l'âne qu'Abraham conduisit avec lui était le symbole de l'aveuglement des Israélites (4).

VUl.Mhhawonuto.tirnstTro.Ce mot est traduit par montre , indication, dans le lexique de Castell,' où il n'est accompagné d'aucun exemple. 11 est employé par saint Ephrem dans le sens de indication typique d'une chose (5), autant qu'on en peut juger d'après le contexte, quoique je ne puisse le donner

(I) Le Urès-illuslrc el très-savant Assémani, riblioili trient. , i. i, p. Kl , a solidement el savamment dâmoniré que, par celle phrase, qui u'esl pas (l'une 6iaclilude rigoureuse, les théologiens syriens entendaient non le mélange, mais bien l'union des deux natures. Voyei aussi p. 107".

5) ibid., p. 241, l

(I) Uni., p. 171, E.

(S) nid . p. 289, C

comme très-certain avant d'avoir recueilli d'autres renseignements.

1\. Taphi» ettaphas, zz-~t* DSS. Le mol

dont il s'agit ici doit M traduire si I n

croit Castell, par repri tenté typiquement; je ne me souviens punit d'en avoir tn>u\é d'exemples. Cependant la signification primitive de ce mot est transcrire ou transférer une image, comme le font les peintres : il se trouve employé en ce sens dans nqe n rsion syriaque, faite sur le texte grec par le moine Siméon (1). Nous parlerons plus au long de cette version dans une autre dissertation.

X. Tuphso, vosftO- Tous ceux qui ont tant soit peu louché du bout des livres les versions syriaques des livres sacrés savent que le mot ici désigné dérive du grec tûiwj, et qu'il ensuit exactement et rigoureusement toutes les significations, il est cependant très-légèrement traité par Castell et pas beaucoup moins brièvement par Scbaaf; c'est pourquoi j'ai jugea propos de donner ici quelques développements pour suppléera ce qui manque à ces deux lexicographes. Il veut dire forme, c'est-à-dire la forme ouïe moule dont se servent ceux dont l'art est de fondre les métaux pouren former toutes sortes de figures, autant qu'on le peut conclure du commentaire de saint Ephrem sur le chap. XXXII de l'Exode , où il est dit à l'occasion de la confection du veau d'or : Les artistes ou ouvriers prirent donc l'or, le jetèrent dans une forme ou moule, et en firent un veau en fonte (2).

De là ce mot a passé à exprimer \a forme ou figure en fait d'écriture. Nous avons un exemple de cette signification dans Barhébraeus , qui , en parlant de la lame d'or que le grand prêtre des Juifs portait sur son front , s'exprime en ces termes : Et fais-y graver en gravure sigillaire ces mots : La sainteté est au Seigneur, sanctitas Domino, c'est-à-dire Fais-y graver le nom du Seigneur en cette forme, mm, c'est-à-dire JAHJ AH. mm (3). De là on s'en est servi pour désigner des choses qui n'ont que l'apparence et non la réalité ; c'est en ce sens que saint Ephrem emploie ce mot pour désigner les grenouilles des magiciens d'Egypte, grenouilles qui n'existaient qu'en apparence,

(I) Cod. vatic. 136 (not. nov.), fol. 71.

M T. i, p. fU, E.

(3) Thetmrui nujster. de Grcg. Barhébrnens , Cod. Vatic. 171 [nolalioms nora?,qux numéros calalogi edili iinitalc antecediii, fol. 54, a iergo. Sur celle manière d'écrire le nom mi1 écoulez Barhébraeus dans son commentaire de l'Exode, Ul, li [ittd., fol. 2I>) : » Et Dieu dit a Moïse Ahijali ascluir liijuli [rTOTN "WM nVW). ce qui signi- Be, celui qui est, et qui est lêiiiubtenwni ; mais les (interprètes) grecs lisent MPI , pane que les Sei tante, par respect pour la majesté de ce nom, l'ont écrit en caractères hébraïques dans le teste grec, de celte manière mm. Or, comme le iod est le même en hébreu el eu grec , ci que

le lié hébreu ressemble au ri grec, si ou lit de droite 1 gauche, à la manière des Hébreux, on trouve JMIlMI. qui signifie, Celui qui est, tandis qu'en lisani de gauche à droite, h la laçon des Grecs, on trouve l'ii't, qui est un mol absolument ride de sens. » —Il répèle h peu | rès la même chose dans son commentaire du Ps. vill (fol. 84). Dans une matière nue les auieurs ne mitent qu'en passant j \ uyei Umt.-iciis de préférence ii tous les autres Gulll Géséuius, sur

l'origine , le < -aractère et l'autorité du IVnlateuque suna-

rltain. Halle, 1818, p. I-). j'ai préféré citer BaHiébrjeus

I pur donner l» spécimeu de sa manière de prononcer la lingue sacrée.

ÉVANG1 i ini l. 28

el les compare iret les grenouilles irritables (1). Plus loin il les désigne eni ore par le même mol qui correspond alors au grei -••*•naris, fantôme, Ce mot ne se Irouve pas employé autrement dans les oeuvres d< d'Anlioche, traduites du gre< en sj riaque par Paul, évéque de Callinique*, ;iu commencement ilu ifxième siècle 2 , Sa lettre a Soloo, évéque de Béleucie, sur la virite qu'Abraham reçut de* anges, est citée par parties dans le Cod. Vat. C1V Not noi . ) , qui renferme les commentaires sacres de saint Ephrem ci de Jacques d'Edesse, etc. , dispos es . < on me on dit , en forme de ckatnt ■! , Il \ est dit doue que ces anges ne mangèrent pas réelles» nt , mais qu't/l ne faisaient <ju< paraître le faire et le faisaient purement en apparence (k).

Enfin il Signifie type dans le sens strict du mot. Supposé donc , comme le prétend Suicer (5) , qu'il faille traduire par exemple ou modèle le terme -■—■-. dans la pr< ; I i Ire

de saint Paul aux Corinthiens, chap. X; comme le mot syriaque employé dans celle circonstance est aussi très-certainement mis quelquefois pour exemple ou modèle 6), ce dont, à mon grand élonnement, ne parle pas Castell, il s'ensuil qu'il faut aller au plu* sûr ; il est certain qu'à s'en tenir aux auteurs syriaques, il est difficile de trouver un mot qu'on puisse employer plus convenablement pour rendre l'idée de type. Cela est tellement hors de doute que j'avais presque résolu de m'ablenir d'en ciler des exemples , tant la chose me paraissait évidente. Je me bornerai aux suivants.

Voici ce qu'on lit dans saint Ephrem : Zabulon, habitant sur les rivages de la mer. était le type des peuples qui demeurent auprès des prophètes. I.e terme rendu par type est le mot syriaque même dont nous parlons (7). Sans compter !e grand nombre d'e\< mples que j'omets, on en trouvera encore d'autres dans le t. I des OEuvres de ce Père, pag. 173, C;2;J2. E; 2V3 , A : 252 , À ; 2oi , B (bis) . C : 239, C ; 263, B; 26V, C ; 265, E ; 2G8, D; 275, F; 276, C, D, E, F; 277, A, E.

L'emploi de ce mol n'est pas moins familier à Jacques de Sarug el à Jacques d'Edesse (8) : ce dernier s'en est seni dans les phrases suivantes : Melchisédech était le type du Messie (9) ; Isaac , marchant à son sacrifice, était le type du Christ ; et 1rs serviteurs qui l'accompagnaient, le type des Juifs (10). Et ainsi en di\crs endroits.

C'est ce que confirme Maruthas de Tangrile , dont je citerai le passage en entier au

Barhébra>us aussi se sert de cette expres-

(I) Ol'uvres. t. I, p. 20s, D.

(i') Voyei Asaémani, met. orient. , t. tt. p. 49.

(5) Sur ce codex voyestMtt., L I, p. 607. i \u chap. \\ lit de la G

| I user cnlés. de Suicer, mulerdam, I7i8. I. II. n. 1341'.

(tij Vnyc7 l'Evangile de saint Iran . XIII, 15, oé • se trouve substitué au tenue gi i qui BsaaréeMai

en cet endroit \eui dire exempte ou nu

|7) T. i, p. llô, A.

j« ibid., p. 215.

si) Ibid., p. 160, C.

(10) ibid.. p. 171, E.

HORiE SYKIACjE.

sion en divers endroits ; il est même un endroit (que j'ai oublié de noter) dans lequel je me souviens qu'il l'emploie en ce sens, jusqu'à se rendre ennuyeux. Dans sa préface au Lévil., il se sert de ce mot pour dire que les sacrifices de l'ancienne loi étaient le type ou la figure du sacrifice de Jésus-Christ (1).

XI. Tuphsonoit, rwxs'ra. Castell traduit avec raison ce mot par typiquement ; si l'on veut des exemples à l'appui, j'en citerai un plus loin, qui est tiré de Jean Maron,dont je rapporterai le passage en entier au § 7.

XII. Jugno, topv. Ce mot est le même que le grec eixâv, c'est-à-dire figure, effigies : il a donc pu, sans trop de violence, être employé pour exprimer symbole ou figure. Je n'en citerai qu'un exemple ; mais, dans cet exemple, ce terme se trouve joint à un autre dont la signification n'est aucunement douteuse. J'ai vu (dans la Perle, qui est une image de la foi) des mystères sublimes , des figures et des types de cette majesté (2).

XIII. Mtal, brio. Ce mot n'est donné par Castell que dans la conjugaison Aphel, mais il s'emploie aussi dans la conjugaison Pahel, et signifie comparer, assimiler. Ainsi il est dit dans un passage en vers de saint Isaac le Grand , que Jsaïe a comparé ou assimilé le monde au foin et d/7ter6e(3).Mais il se trouve aussi dans la conjugaison Pehal, et alors sa signification est : être semblable, et de là : être représenté typiquement (h-); rien n'empêche en effel que nous ne regardions comme un participe passé le verbe en question , que Castell traduit de diverses manières sans citer d'exemples : sa forme semble l'annoncer, car cette forme est très-usitée dans les participes passifs féminins (5). C'est ainsi qu'il est employé dans celte phrase : Le péché est représenté sous l'image de Sodome (6).

Enfin on le trouve souvent, dans la conjugaison passive Ethpahal, employé toujours comme vrai participe , avec la signification soit active, soit passive , et toujours dans le sens de type. Voici des exemples de la signi-

(1) Ubi supra, fol. 37.

(2) S. Ephrein, sermon I, De Marg., OEuvres, 1. 111, p. 150, C.

(3) lîibl. orient. d'Assémaui , t. I, p. 222, n. 19.

(1) Voyez Koran., Sur. II, vv. 262, 265, 266. Mais je citerai plus loin un exemple tout à fait évident de celle signification, tiré d'un canon de l'Eglise syriaque. Voyez §VIU.

[S] Il est alors déterminé à l'état de régime par un signe qui le précède. On sail que les grammairiens rapportent celte construction aux idiotismes de la langue syriaque (Voyez Olaiis Tychsen, Eléments syriaques, ROSlOCh, 1793. p. 23). Cet auteur cile des phrases du Noeveau Testament qui eu offrent des exemples frappants Ces phrases se trouvent en S. Matthieu, XXIII , 13, et ailleurs encore ; il s'en trouve une du léut. sing. en la seconde Ep. de S. Pierre, I, 1 (Eléin. syriaques, p. 93). Mais celte construction a lieu bien i lus souvent par rapport aux participes | assifs féminins, tels que nous en avons un exemple certain, Apoc. XII, 15, et ailleurs. Mais ce qu'il importe le plus de remarquer, c'est que des noms féminins se trouvent ainsi construits, s:ins Aire immédiatement suivis des signes qui les déterminent et qui paraissent avoir une signification adverbiale. Il yen a un exemple dans celle phrase deS. Ephrem, qui emploie ce mot pour dire d'un homme, qu'il n'est pas descendu riront dans l'enfer. OEuvres de S. Ephrem, t. I, p. 266, P. i » »

neation passive tirés de saint Ephrem , qui parle en ces termes de la ceinture du grand prêtre des Juifs : Par cette ceinture est désignée la ceinture de justice (1). Il dit encore au sujet de quelques animaux impurs , dont il parle dans un sens tout allégorique, que les voleurs sont représe ntés en eux (2). Voici maintenant des exemples de la signification active. L'aveugle, dit-il, en usant toujours du terme en question, représente celui quia perdu les yeux de l'âme (3). Et encore : Le mois désignait donc Emmanuel (4).

Je pourrais citer encore d'autres exemples tirés du même Père, t. 1, p. 230, D; 2G8 C • 276, A, B, C (bis); 282, D ; 290, D; 309 , C.

XIV. Nischo, twi2. Castell s'étend beaucoup, mais d'une manière confuse et embarrassée, sur ce mot; je ne prends pas à tâche de mettre ses observations en ordre, je ne veux que suppléer ce qu'il a omis.

Michaëlis déclare avec raison que ce mot signifie but ou fin, et il en apporte des exemples auxquels je pourrais en ajouter d'autres. On ne le trouve employé dans un autre sens que par Jacques d'Edesse dans son exposition de la liturgie (5) , où il est dit que le prêtre expose au peuple toute la dispensation (Assémani traduit le but ou la fin) de la grâce divine, c'est-à-dire la création , la rédemption, etc.

Il signifie aussi occasion : c'est le sens que lui donne le savant Assémani, dans l'interprétation d'un passage de Zacharie de Mélitc (6) ; en effet le contexte ne paraîl guère pouvoir comporter un autre sens.

Quelquefois il désigne le mètre poétique. Ainsi il est employé pour dire d'une pièce de vers sur Aaron , que cette pièce est écrite en vers (de sept syllabes), au mètre de saint Ephrem (7). J'ai trouvé la même phrase en tête de je ne sais quel poëme anonyme dans le Cod. Vatic. CL1II, not. nov. (8). Il signifie encore règle, pour désigner la règle dont se servent les copistes pour tracer des lignes et autres usages de ce genre; c'est ainsi qu'on le trouve plusieurs fois employé dans l'Epître de Jacques d'Edesse, que nous donnerons plus tard en entier, (elle qu'elle est dans le Cod. Vatic. CL1II (not. nov), fol. 185.

Ce même terme est employé aussi par les grammairiens dans le sens de points. Jacques d'Edesse, dans sa petite Grammaire syriaque, parle des personnes, des genres, des parties du discours , et enfin de ces points (9). Si l'on s'étonne de voir des noms appelés points par les Syriens, on n'a qu'à écouter le

(1) Ibid., p. 251, B.

(2) ibid., p. 21I.D.

(3) ibid.,\>. 146, E.

(4 ibid., p. 230, D.

!81 Bibl. orient., t. I, p. 182, au bas. 6) ibid., t. n, p. 61, au lus.

7) Ibid., t. Il, p. 140, au bas.

(8) Ce Codex est cité par Assémani , libl. orient., t. tt, p. 499. Nous en ferons la description dans notre seconde dissertation. Voici ce litre eu entier (fol. 202, verso): « Poème composé par un auteur fAmfay, sur les sepl climats, selon le mitre de S. Ephrem. ■

(9) ibid-, loi. 1V8, ver nu Voyez le savant Assémani, »bi mi/ra.

même auteur, qui ilil au u éme Syriens appellera .' . | « > i n t > . /

qu'ils .'■ont placé t au-

ment dis afférents, lani w'm-

i <[iic compost s. 11 1 s ênumère tous dans le

ipitre où il tri

-.il dit que t est d'eux surtout que

pci il l'élégance de la langue. La même - est pareillement employée par le iacre Chômas , dont le traité d< ■> | >- >i ni >. suit imn . iatcinent lagran m ;ire de Jacques d*Edesse, i ans le rodei que nous venons de citer.

Enfin, ce qui nous importe surtout, ce mot ne signifie pas moins symbole, lu ouïr/ .s, tint Ephrem : « .1 eva de nouveau sa main

avec la veryt , symbole de lu croix 1 . Lu couront sj bote de la tictoirt 2. 11 ne l'emploie pus autrement '1.1. p. 21b, F; it 219, E.

XV. Stiba, noo. C'est moins pour la défense de ma cause que pour corriger le lexiquede Cas tell, que je cite ici ce mot. 11 le traduit en effet par il figura , il rt ndit semblable, sans en . pporter d'exemple , ainsi qu'il a coulumi

Faire dans les mois moins usités; d'où il orrait bien arriver que, trompé par les apparences, on lui attribuât la propriété de constituer un symbole ou une Ggure. liais j'..i ;;ou\é ce mot deux Ibis dans s.iinl Rpbrem; et, dans les deux cas. il est employé comme participe, elnon transitive m< ni, autant qu'on en peut juger d'après le contexte : de manière r.u'il indique la ressemblance. Le saint docteur, après avoir dit que Jésus-Christ était ré par le sacrifice d'Abraham, en ce que ies oiseaux n'avaient pas èiè divisés, ajoute, en se servant du terme en question, qu'il était semblable à ta tourterelle. Cependant il , irait insinuer, comme le lecteur le remarquera, que la tourterelle contenait en elle

• type de Jésus-Christ ■'! . Dans un ai/ passage un peu obscur, il isl dit, si je ue me trompe, que l'aspect de Joseph a était -emblable à sa condition . > c'est-à-dire reluit à sa condition lorsqu'il fut élevé à la charge d'intendant de l'Egypte V .

XVI. Sucolo, vhyv. Plus loin je dirai quelque chose en forme de supplément sur la racine de ce mot. Après les autres significations données par Caslell et confirmées par des exemples, je lis encore celles-ci, signifient ion. sens, ajoutées comme en forme de supplément. il s'emploie donc pour désigner la signification d'un mot; vous en trouverez un exemple plus haut, à la noie 3 de la col. "27. Il est également emplow par les interprètes pour indiquer le srni d'un passage dans un auteur qu'ils expliquent; et les phrases syriaques, traduites par têtu primitif (51, autre iensi a interprétation, leur sont familières

De là ce mot est transporté à des ch (lui en signifient typiquement d'autres, il s'emploie -a->.,,, : ^ t- (parallèlement au mol

(1) T. 1, | - I (--') ibid., |». 251, B.

(5) Ibid., p. I (l) Ibid , p. 09, \

. | 170, li.

(6 \ fi m In il i ité, Plp.tC7 \

• I loin par le u \\\ , * . , , e

qui est dit en cet < ndroil Nous en li i exemple en saint Ephrem, t. 1. p. 263

■ 'i H est employé /; oit fois dans < e - ns. Il

a sert pareilh m ml dans cette phrase ou il dit que les bœufs étaient l> t\

urt 1 . 1! ne | irait

- non plus susceptible d'un autre sens d le L I des œuvres de ce Père, p. 289, B.

WU.Phél to, tayhs. Le mot ici indiqu rendu dans les \> siques par parabole, allégea i je ; et si l'on en croit Bar-Babluli, cité par Caslell, iLne s'emploie que pour les par. il tirées des créatures raisonnables. M lis ou se trompe certainement en < I : dut

Ephrem, qui assurément ne le cède à aucun auteur syrien pour la pureté du : ip-

pelle de ce nom 2 la parabole de la vigne, sortie de la bouche de Jésus-Christ i : ce qui montre évidemment que Caslell a besoin d'être corrigé en cet endroit.

De l'allégorie au synibole la transitif facile. Il ne faut donc pas s'étonner qm mot se trou îs i souvent employé en sens, qui manque dans tous les lexiques jusqu'ici publiés, et dont les exemples sui\ants lui assureront la possession. Lu nausét Juifs {qui est une maladie de l'estomac; est te symbole de l'erreur k). On en \oi on autre es mplë dans le même saint Ephrem , l. III . p. 157, D.

Ce met se trouve employé dans le même sens dans le titre d'un ouvrage de l'illustre docteur Jacques de Sarug, qui a composé une homélie métrique o 'sur les miracles de

us-Christ, qui étaient, dit-il, en se servant du terme en question, U s types de la gueri>on onde.

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