XXI. Peschaq, etphaschaq, pT&sriN pWS
De l'idée A' exposer qui est propre à ce mot, on passe tout naturellement à celle de représenter symboliquement, qui est la seule signification qu'il puisse avoir dans le commentaire de saint Ephrem sur l'Exode. Ce Père, donnant une explication mystique de tout ce qui avait rapport au tabernacle et aux choses qui servaient à l'orner, dit au sujet de la couronne *vp&rui (5) qui entourait la table des pains de proposition, « qu'Emmanuel y était représenté typiquement (G). »
XXII. Tsur , elttsîr, "VXnnN Tï. L'expression ici indiquée est traduite dans le lexique de Castell par formavit, pinxil , il forma, il peignit. 11 faul j ajouter, il représenta typiquement ; il en est de même passivement de Eltaphel. Rien de plus ordinaire chez les auteurs syriaques que celle signification. En voici de nombreux cl frappants exemples. Le météore île feu qui passa au milan des victimes divisées, dans le sacrifice offert par Abraham , représentait symboliquement Jésus -Christ , qui est la lainière qui
Ibid. v. "227,, l).
■ c- 1 1 1 : 1 1 1 i , / ibl. orient., t. 1, p. 531. I^air, VI.
(:>) Voyez Reland, /'.'.s dépouilles du temple deJéntsalem uh'oii wét sur l'arc de ( iomplie de lile , à Home. Irai. ad lUieu. 1710. f> I
éclaire tout homme venant en ce monde (1).
— Jacob exprime en figure le peuple fidèle ("2). — Rebecca nous représente V Eglise (3).
— Le paon représente l'es fornicateurs (4-). — C'est ainsi que saint Ephrem emploie l'expression dont nous parlons. Si vous voulez d'autres exemples où elle soit employée en ce sens, vous n'avez qu'à consulter le t. I des OEuvrcs de ce Père, pp. 104, F; 110, B; 118, B; 171, E,F; 201, F; 223, F; 227, F; 229, P» (bit) ; 230, A , D, E ; 237, C ; 240, A ; 241, A ; 244, A, B; 251, F; 254. A, E; 255, A, B; 263, B ; 266, B ; 268, CE; 273, A ; 275, F; 276, D ; 282, C; 283, C; 284, B; 288, F; 289, B.
Jacques de Sarug lui allribue la même signification. Il s'en sert, par exemple, dans la phrase suivante : La mort du Seigneur et son crucifiement s'y trouvaient typiquement représentés (5). — Jacques d'Édesse n'agit pas autrement; il l'emploie aussi lui-même dans celle phrase : De cette manière Melchisédech portait la figure de celui qui était prédit par tes prophètes (6).
XXI11. Tsurto, VtrtVS. Image, figure, dans le sens même que nous cherchons. Ils représentaient comme en figure l 'abjection du peuple, juif (7). Ce mot répond au terme arabe qui veut dire figure (8).
XXIV'. Tsalmo, Nabï. Le mot ici désigné ne signifie pas seulement image ou simulacre, mais, par une transition toute naturelle, il est assez fréquemment employé pour image typique. Ainsi saint Ephrem dit en se servant de ce terme, que le buisson que vit Moïse était un symbole du Dieu vivant, puisqu'il n'était pas propre <) constituer un type de dieux morts (9) . Il n'est pas autrement employé, 1. 1, p. 283, C.
C'est ce que confirme le moine Sévère dans le fragment de sa lettre à Solon, que j'ai déjà ( i!é. Comme, dit-il, tout ce qui est arrivé dans la mission des anges à Abraham est la figure des choses que nous espérons en réalité.
XXV.Rozo, Arozo, NTlN NîfO.Dans le lcxique de Castell, comme dans celui de Schaaf , qui n'est qu'une copie du premier, on assigne au mot ici indiqué les significations que voici : secret, mystère; je crois que. dans les livres du Nouveau Testament, il répond toujours au grec /j.viTKpio-j. Mais à ces significations il faut eu ajouter une autre, savoir, celle de figui \ ei de type; et ce dernier sens apparlienttellement à ce mot araméen, qu'il est ensuite appliqué au mot grec, par manière desyriasme, par les auteurs sacrés. C'est ce qu'a très-bien \ '.i le plus illustre des lexicographes du Nouveau Testament, Jean Fréd. Schleusner (10), qui en appelle aux Œuvres de saint Ephrem de Syrie.
(I) ibid ,p. 163, \.
[2] ibid., i>. 170, !•:.
(ô) ibid., p. 177, P.
(.'i) Ibid., p. i!i">, il v cl ré] élé deux nu Irois f is.
mitrid., p. ir;u, i'
(7) J:ic(|ui's il'i.il; ■-> •. ttbi S''nrti, p. 175, F.
(8) Vovez Jean David Michaélis (Imrod . elc, M.
i. IV, i> 259) , Fréd. niiarlesHoseniuuIltfi (Su. lin sur ta l's , 2"» éd., i. Il, p 1073).
i'1) T i, p wi, r.
(in) Lexique, elc., i II, p. 178.
DEMONSTRATION EVANGÉLIQI E.
t c<l on ce sons on effet que ces deoi mots, le grec el le 13 risque, tonl emploi, es par saint l'aui, qui appelle le lien conjugal un '. ( le texte i! riaque emploie ici le mot <|ui nous occupe présentement), c'est-à-dire un symbole de cet amour indissoluble qui unit Jésus Christ à son Eglise (lj- ll> oui encore l'un et l'autre le même sent dans l'Apocalypse, XVII, 5, 7: il y est en effet question dune femme débauchée, meretrix, qui, suivant l'usage d'alors 2 , portail son nom suspendu à son front : or, comme son nom n'était pas un nom rentable et réel, mais le nom typique «l'une ville, c'est pour cela que ce nom est appelé ^uîtv.îuv ou symbole. De là rient qu'en premier lieu il est mis pour /wroipt63qc, c'est-à-dire que c'est un nom mystique et symbolique; car le nom inscrit sur le front «le cette femme n'était certainement pas, mystère, mais bien, la grande Babylone; c'est là en effet le seul et unique nom. J'ai fait ici celle remarque, parce que je voyais se renouveler, de nos jours , dans un ouvrage récemment publié en Angleterre (3), une calomnie des plus absurdes contre la religion catbolique , inventée autrefois par Jacques 1", roi d'Angleterre, par Downham , par Scaligcr et Pol (4) , et qui n'avait point d'autre source qu'une fausse interprétation de ce passage de l'Apocalypse. Enfin, les plus savants commentateurs parmi les protestants , et Jean- Godof. Eichhorn (5) entre autres, ont pensé avec raison qu'il faut séparer le mol pun^u? du nom de la femme, et le traduire par symbole. 11 faut donc par conséquent restituer au mot syriaque, même dans la version Peschito, la signification de symbole ou figure , qui manque dans les lexiques. Mais si nous feuilletons les auteurs syriaques, nous trouverons aussitôt une foule innombrable de passages où ce mot ne comporte point d'autre sens. Ainsi il est employé dans saint Ephrem pour dire que Noé était la figure de Jésus-Christ (6). — Tous les libérateurs qui furent suscités parmi le peuple d'Israël étaient la figure de ce grand Libérateur (7). — L'Agneau pascal était le type du Seigneur (8). Mais, pour ne pas m'étendre là-dessus à l'infini, ce mot
(I) Ep. aux Ephés.,V, 32.
(i) Ainsi Séiièquc (rontrov. 1,2) : « Stetisti | uella in
lupaoari twmen luum vependit a fronte , pretia sUipri
accepisli , » et J menai (satire VI, 123) :
Tune nuda papillis, Constilit auralis tilidum meiititu Lyciscffi, Quoique ce passage soit susceptible d'un autre sens qui lui convient peut-être mieux.
(3) Voyez l'vli Synopt. rrilicor., t. V, col. 1830. dont, j'aurais honte de rapporter ici les paroles . qui sont tout à fait indignes d'un critique.
(1) Jenning, mtiquités juives, édit. nouvelle, Londres, 1S23, t. i, p. 185.
(5)DansieCoinmenUiresurrApoc.GaeU<ngen,179t,t.n,p. 20ti. Ouvrage, comme tous ceux qui soni sortis de la plume de cet auteur, plein de génie et d'érudition, mais bible et peu solide dans ses principes fondamentaux d'interprétation, et rempli, dans ses détails, de paradoxes et d'opinions
dusses. Cette interprétation du passage en question avait été déjà aperçue parmi les catholiques par Ménocbius ,
Gagnaeus {scliutia in épis/, et jpocal., Taris, 1G33) et d'autres encore.
le) T. !, p. 133. A.
(7 lbid., p. 110, B.
(S) lbid , y. 213, A.
est employé dans ce sens, 1. 1 , pp. lus. i . 177, E; 201, I'; 213, A trois ou quatre • 217, F;219, 1 .: 222, F; 228, I). 1 ; 229, \. B
trois fois . i ; 230, \, I); 231 . I'. deui rois , i». I : 233, C, I . I : 236, I); 243, If : 244 . \; î iO, I 253, li trois lois, . 254, \
lt trois rois . <: trois I ris . B; 256 , l: . I); 2.i!), B, C; 269, 1): 281, C; 263, E;265( l; I . 266, B; 267, \. lt. C bit . D, E; 268, D l . 269, i 271, C; 275, E; 278 i 282.C: