‹ Démonstrations évangéliques (volume 2)Chapitre 22 sur 167 · XXXII. Schûdoo, Schûudoo, nvtiw wmir · texte numérisé non relu

XXXII. Schûdoo, Schûudoo, nvtiw wmir

Castell cite le mot ici désigné, et le traduit signification, symbole, mais il n'apporte point d'exemples. J'ai trouvé ce mot écrit comme je le donne, dans les OEuvres de Sévère d'Anlioche. Dans son explication du v. G du chap. X du livre I de Samuel il s'exprime ainsi, en se servant de ce mol: La reine de Saba est le type de l'Eglise (9). — Ailleurs, parlant des anges députés vers Abraham, il dit encore avec le même terme : Car ces trois anges étaient une figure de la très-sainte Trinité (10).

2 Ibid., p. m;, F.

Ibid., p. 255, A.

Ibid., p. 213.

d Ibid., p. 139, F.

6 Ibid., p. 251, n.

ibid., p. 253, 15.

(8) Ibid., p. 100, A. Voyez aussi, p. 173, D. (9) Ibid. , p. m.

MO) Cod. et a Peudroit cité sous le titre X de notre spécimen.

§ V. lutrt i mots empl mteur

tyriaq u - pow désigner i ■

Avec tant de mot ^ pour exprimer exa im ni l'idée de type, la langue syriaqu ; sède encore d'autre» loculiooa ou Cormes de l ingage dont elle se sert pour désigm r c* Lie 16e, bien que c< s manières de parler ne soient pas sans quelque obscurité, et ne soient pas toujours très-correctes. Ainsi, par exemple, les Syriens disent quelquefois qu'une chose c.-t aperçue dans une nuire, qu'une chose est appelée du nom 'l'une auti que nouj nous rappelons un événement au souvenir ou a la vue d'un autre; que certains types annoncent une chose à venir, etc. Le sj riuque en effel possède des locutions «I • te genre si nombreuses et si claires, que l'on pourrait liiro peut-être qu'il n'y a pas de 1 mgue au monde qui puisse en fournir autant. C'est ce qui m'a l'ail penser qu'il ne sérail pas hors do propos de donner ici une liste des termes qui s'emploient ainsi, Bans toutefois multiplier les exemples : car, quoique ces manières de parler ne puissent guère s'apprendre dans les lexiques, mais bien par la lecture seule des auteurs, il me semble néanmoins qu'après] la' longue liste de mots cités dans le spécimen que je viens de donner, celle que je vais donner présentement ne sera pas sans intérêt ni sans importance.

I. Bko, Etbaké, NpOIW n~z. Le mot ici désigné se traduit par contempler; c'est avec l'emploi de ce terme qu'il est dit que nous contemplons une chose ( qui est le prototype ) dans une autre (qui en est un type (1).

IL Ilhzo, Nïn. Ce mot, qui répond au verbe voir, s'emploie de la même manière que le précédent, tantôt activement (2), et tantôt passivement

III. Aiïda, 5JTIN. Ce mot veut dire déclarer. On dit qu'une chose nous en déclare ou indique une autre, ou nous la représente syinboli quemént.U est pris dans ce sens, tant par saint Ephrem (■«•)• que par Jacques d'Edesse (5).

IV. Ilcph, «W. Le mot indiqué ici se traduit par apprendre ou reconnaître. Voici un exemple dans lequel il est employé en ce sens : Dans l'homme courbe nous reconnaissons (nous voyons représente ) celui qui détourne sn vue du ciel. C'est ainsi que s'e\prime s;iint Ephrem ((>). Voyez aussi le même l'ère, p. 283, F; 28V, H.

Y.Cani, -::. Ce mot est traduit par appeler. 11 s'emploie dans le même sens que le suivant. Nous en citerons des exemples pris dans S. Ephrem (7).

VI. Craz, Âcrez, ii:n To. Le mot ici désigné vent dire annoncer, préfigurer, dans la conjugaison aphel. Il est employé de celte manière dansla phrase que voici: leôcsuyannoncait préfigurait les apôtres. Saint Ephrem v8). Jac-

(l) ibid., pp. --', \. ti 238, V, eic.

(3) Ibid., ri' -i;'- I ■■-- ;, b-, etc.

(Il ibid , p. tii, E.

(.'>) Assémaui, libl. oiiciU., L. I, p. 181.

(7) Ibid., p. î"0 k,i" (si ; 3, I.

- irug ne l'emploi*

\ il.. Sa.' mot cor-

i .1 .m verbe apprends connaître

[intelligen . Il est pris en ce sens dans celte

phrase : Dans les douzi reconnais-

sons (pou voyons i e

I h rem 2 . Consultez le m ' t. I, p. 267, E; 283, B, I

VIII. Phalth 1 int Mich . tendu pi >i -s longuement sur le mol :

Bigné dans le lexique de Castell : mai • il a encoreomia plusieun : <-.ir il ne signifie

pis seulement comparer, mais même dé$\ pur une comparaison typique, s'il est permis

ainsi, l n i oici un exemple tii Baint Ephrem : Par /• % a {Dieu) représente et désigne ceux, etc.

Mais à la p il esl pris lans l<

\ ulgaire, peut-être a-t-il la même signification.

IX. Qro, n-~. Ce mol est pris dans la pb suivante dans le sens de appeler. Par autel, U appelle, il désigne ici le cœur, c'est-à-dire que, sous le nom d'autel , il veut dire /<• cœur. \ S:ini Ephrem. Ce même Père l'emploie encore ainsi, t. I. p. 275, A; 281 l : 282, U. 285, F; 28'i. A; 290, C.

X. Schamak, HOW. Ce mot a la même signification que le précédent el s'emploie absolument de la même manière, comme on pourra s'en convaincre aisément en lisant saint Ephrem, t. I. p. 280, C, F. 200, F.

A ces expressions je pourrais encore < n ajouter d'autres qui, bien qu'elles ne d gnentpas d'une manière aus^i formelle l'idée qui nous occupe, s'emploient cependant de la même manière. Telles sont (elles qui correspondent aux mots latins illuminatit, os~ tendit (5), meminii <i , exposait 7 . Je les omets prudemment, ainsi que daulres, pour me renfermer dans de justes limiti -

§ VI. — Récapitulation de ce qui vient d'être dit. De la manière de parler d<> Suri lorsqu'ils veulent faire rfes types «« ligures

Voilà donc la richesse de la langue \ que en fiqures el symboles: et d'abord j'espère avoir suffisamment démontré combien sont imparfaits encore même les meilleurs lexiques de celte langue: combien il y a d" mois dans ci s lexiques auxquels il faut ajouter de nouvelles significations, ou ranger dans un meilleur ordre celles qui y sont données, ou les confirmer par d' - exemples. Car ce que j'ai fait plus particulièrement pour les mots que j'ai expliqués, je pourrais le faire également pour une infinité d'autr c'est effectivement ce que j'espère faire un jour. Comme eu effet j'entendais ac d'une extrême pauvreté une langue et une littérature pour laquelle j'avoue que prouve une vive affection, el que cette cusalion parlait des rangs mêmes des th.

(1) Ibid., p. 213.

il Ibid., p. i

G ïbid.

(I i bi I , p. 'i', \ C

H0RJ1 SYRIACiE.

giens, j'ai cru que le mieux était d'en appeler aux philologues, qui sont plus compétents que qui que ce soit à prononcer sur ces matières, puisqu'ils s'attribuent le droit de déciJer des sens et de la propriété des mots. C'est ce qui m'a déterminé à publier un petit spécimen du supplément que je me propose de donner au public, après avoir employé à sa composition de longues années et des études laborieuses et pénibles. Ce petit spécimen est approprié à la cause que je défends aujourd'hui et ne sort pas de ses limites : c'està-dire que je n'y ai fait entrer que les documents qui me paraissaient propres à dirimer pleinement la question qui nous occupe. Je me suis toutefois attaché plus particulièrement à n'y rien omettre de tout ce qui était propre à réfuter Horne, que j'avais rapidement parcouru l'année d'auparavant.

Mais pour faire mieux ressortir la fausseté de l'accusation portée contre la langue syriaque , voici un résumé ou tableau synoptique des documents que j'ai produits.

I. Mots auxquels Castell donne la signification de type, et qui sont accompagnés d'exemples satisfaisants :

Ils sont au nombre de quatre.

II. Mots auxquels il assigne le même sens, mais sans en citer d'exemples satisfaisants :

Il n'y en a qu'wi seul.

III. Mots qui signifient symbole, quoique cette signification ne leur soit pas assignée dans le Lexique de Castell :

Ils sont au nombre de vingt et un.

IV. Mots ayant la même signification qui ne se trouvent pas dans Castell :

Il y en a deux.

V. Mots que les Syriens n'emploient pas aussi directement pour désigner l'idée de symbole :

Ils sont au nombre de treize.

VI. Mots dont la signification n'est pas aussi certaine, et qui ont cependant été discutés et expliqués ci-dessus :

Il y en a quatre.

Sans compter donc ces quatre derniers mots , nous n'avons pas seulement un mot propre à exprimer l'idée de figure ou de symbole, comme nous le refuse absolument Horne, mais nous en avons plus de quarante qui , soit directement , soit du moins par une périphrase, sont employés très-évidemment dans ce sens par les auteurs syriaques les plus renommés, et dont cependant quelquesuns à peine se trouvent dans les lexiques avec celte signification.

Il résulte évidemment de là que notre divin Sauveur, s'il s'était servi en cette circonstance de la langue syriaque, aurait eu mille manières d'énoncer la proposition : Ceci est la figure de mon corps.

C'est là ce que je m'étais proposé de démontrer, savoir : que la langue syriaque offrait à Jésus-Christ les mots nécessaires pour dire en propres termes , Ceci est la figure de mon corps; car c'est là ce que nie mon adversaire. Mais peut-être pourrait-on soulever ici une autre question qui regarde les philologues : la question de savoir s'il était

DÉMONST. ÉVANG. XVI.

d'un usage aussi familier parmi les Syriens,

à la manière de parler desquels Horne luimême en appelle, de dire qu'une chose est ce dont elle n'est que le type. Je prends donc sur moi d'affirmer, sans crainte d'être contredit par personne, que les Syriens, non-seulement ont plus de termes pour désigner symbole ou figure que peut-être aucun autre peuple ; mais que même il n'est pas de peuple dont les écrivains emploient aussi fréquemment cette espèce de mots. En effet les commentateurs et les orateurs syriaques, même lorsqu'ils composent des homélies métriques, se font gloire d'accumuler les mots qui expriment l'idée de type, dans les cas mêmes où ils ont eu soin d'avertir qu'ils interprètent dans un sens mystique (1), et qu'ils cherchent davantage à trouver des significations symboliques; tandis que cependant ils n'emploient presque jamais en ce sens le mot est. C'est de quoi il est facile de se convaincre en lisant leurs ouvrages. Pour en donner un exemple spécial, je citerai saint Ephrem (2). On verra en lisant ses écrits, et entre autres son commentaire sur le livre des Nombres, qu'après avoir averti ses lecteurs qu'il parle dans un sens mystique, et avoir bien fait connaître ses intentions sur ce point , il n'emploie que deux ou quatre fois le verbe être pour désigner, et cela toujours lorsque le contexte détermine suffisamment le sens de ce verbe ; tandis qu'au contraire il emploie plus de soixante fois les mots signifiant symbole. Ainsi encore dans le commentaire sur le Deutéronome, il n'emploie que six fois le verbe substantif, tandis qu'il répète plus de soixante-dix fois le mol type. J'ose en dire autant des deux Jacques et de Barhébrseus.

En second lieu, ils évitent à tel point d'employer le mot est , lorsqu'il s'agit de figures , que toutes les fois qu'ils s'en servent, on peut non-seulement l'employer, mais qu'on l'emploie en effet dans la version latine sans la moindre équivoque (3) ; et que même les interprètes latins se servent quelquefois du verbe est dans le sens de symbole, là où dans le syriaque on trouve un mot qui veut dire symbole (4).

Souvent , enfin, ils accumulent et répètent tellement les mots dont j'ai donné plus haut la liste, qu'ils fatiguent presque leurs lecteurs et les ennuient, et qu'il est impossible de les traduire littéralement en toute autre

(1) Ainsi saint Ephrem (t. I, p. 113, C) , après avoir dit qu'il a parlé des bénédictions du patriarche Jacob, prises à la lettre , avertit qu'il va maintenant les interpréter typiquement. Cependant il emploie souvent les mots que j'ai cités pour exprimer fiqure. C'est ainsi que dans le Codex vatic. 103 (not. nov.), loi. 72, verso, on trouve, en tête d'un commentaire de saint Ephrem, ces mots : « Il suit tantôt le sens littéral et tantôt le sens spirituel; » et cet avertissement, si je m'en souviens bien, se trouve en tête de tous les autres livres du Pentatcuque commentés par saint Ephrem.

(2) Voyez la vie de saint Ephrem, en tête du tome III do ses œuvres, p. 34, au bas (quoique la version latine présente un autre sens) : il y est dit qu'il préférait les sens spirituels. Ce passage est omis dans le compend. d'Asséin mi (i-.ibl. orient., t I, p. 33).

(3) Comme dans les OEuvrcs de saiut Ephrem, t I, p. 237, F, 267, F.

(4) Voyez entre autres, Ibid. p. 254, A.

(Deux.)

iZ

DHMO.NslUVIluN

I iii-iic. Aium saint Kphrem, t. i , p. ~'J'» ■ i, cl suiv., répète trente fois dans lçspa<

</i ; huit lignes . les mois dont |e parie. \ 1 1 âge 283, D, il les emploie onsi (bis daai 'espace de dix-tept i goes. Il en est de même de Jacques de Sarug i, . qui les répète ,/"' foi> dans l'espace de treixt lignes, rai pari»; plus haut de Barhébrœus (21. Que conclure donc df tout cela '•' Horne prétend que la lan-

SiK- syriaque na possède aucun terme pour ne tyfnbole; et moi, j'ai prouvé, au contraire, qu'elle en a environ quarante ! Horne

prétend qu'il est ordinaire aux Syriens d'employer le verbe est pour dire signifier ; et

moi j'ai démontré que ceia est moins ordinaire aux S) riens qu'aux Latins !

$ VII. — Toula la question est décidée par le jugement des Si riens eux-mêmes.

.Mais que dirai— je de plus? Horne en a ap-

fielé à ceux dont l'idiome syriaque était la ungue maternelle : allons donc à eux. Il prétend qu'ils ne pouvaient dire que le pain est un symbole du corps de Jésus-Chrisl, qu'en disant qu'il est son corps. Mais que feraient les Syriens s'ils voulaient distinguer expressément la présence symbolique de Jésus- Christ de sa présence réelle ? Ils devraient, à en croire Horne, se servir de la même phrase dans les deux cas. Or c'est ce qu'ils ne font pas. Ecoulez, par exemple, Denis Barsalibée, écrivain qui ne manquait assurément pas de lumières et de talent, et dont le syriaque était la langue maternelle. Voici comment il s'exprime : Ils (le pain et le vin) sont appelés (3) et sont en effet le corps et le sung d'un Dieu, de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en vérité, et non

{\)ibid., p. 2i3.

(2) Aux articles 10 et 23 du spécimen.

(3) Je tra luis ainsi, plutôt mie de dire : nous savons , comme le fait Naironi (dans l'endroit que nous allons citer], parce que le sens se soutient mieux ei parce qu'il est ordinaire de prendre en ceseuslemolsyriaqueici employé. Michaélisen donne deux exemples(dans Castell, p. 309). Nous en avons un autre dans le titre placé a la tôle du Trésor des secrets : il y est dit nue ce livre a pour auteur le patriarche Grégoire , appelé (par le mol syriaque en question) Barhébraeus. J'ai déjà l'ail allusion i lus haut à ce | assage , sous le nom de Jean Uaron, auquel il est attribué pi r Naironi ; mais Asséinani prouve qu'il doil être restitué à Denis (liibl. orient-, l. H, p. 177). J'ai \u moi-même le Codex du Vatican qui contient cet ouvrage, et j'en ai extrait le passage suivant. Ass'unani en avait déjà donné la première partie (ibid., p. 100), sans donner la fin de ce passage, qui renferme un document de la plus haute importance, un témoignage des plus clairs. En voici la traduction : » Kl de même que Jésus paraissait être un homme, quoiqu'il lût Dieu, ainsi ces éléments paraissent être du nain et du vin,

et sont pourtant le c irps et le sang du Fils de Dieu

Ainsi encore le Saint-Esprit, lorsqu'il descend sur l'autel (qui est le type ou la ligure du sein virginal de Marie et du saint sépulcre) cli nqc la substance du pain et du vin cl en fait le corps et le sang du Verbe divin. » Asséinani, comme je viens de le d'ire, n'a pas donné cette dernière partie du passage; ei la raison que je crois pouvoir en apporter, c'est qu'il semble accuser Denis de nier la transsuostanli

il se serait laissé entraîner par quelques phrases un i eu obscures, quoique cependant celles que j'ai i si claires. Il s'ensuit que Lacroix, qui a répété la même chose, dans un bu i tout diflèrent, il est vrai, est tombé dans la même erreur (Histoire du christianisme d'Ethiopie et d'Arménie, La Haye, 1738, p. 17). Il compare l'autel au sein île la sainte Vu I M et au saint sépulcre , a cause des

étonnants miracles opérés dans l'un et dans l'autre, par rapport à l'humanité de Jésus-Christ (Consuli i bot cela 8. Ljmrem, t. lll, p. 123, A)

Symboliquement ou en figure (1). Voilà donc un auteur ijriaque qui attesté clairement qu'il y a des u nues pour distinguer une présence réelle i\ une présence symbolique.

M u- passons •' dis exemples plsia frappants et plus prei is encore, l-es gj rien- indiquent clairement qu'ils peuvent, dans leur langue, non-seulemeni distinguer l'existence

f si je puis parler ainsi, du symb'olt , mais , n .

ils pondent dei ni- tn / ;

présence réelle de J ucha-

sur ce qu'il n'a point dit, Ceci est la

figure de mon corps, mai- bien, Ceci est mon

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